Le Conseil des droits de l'homme tient une session spéciale sur le Darfour

12 décembre 2006 – Le Conseil des droits de l'homme a ouvert aujourd'hui une session extraordinaire sur le Darfour, au cours de laquelle Kofi Annan a demandé aux Etats membres d'adresser une mise en garde sans ambigüité aux parties et de dépêcher sur le terrain une nouvelle équipe indépendante pour enquêter sur les abus commis récemment.

« Vos délibérations aujourd'hui ont une importance vitale. Il est essentiel que le Conseil envoie un message clair et uni pour prévenir les parties concernées, au nom de la communauté internationale, que la situation actuelle n'est tout simplement pas acceptable et ne pourra pas perdurer », a déclaré le Secrétaire général, dans un message vidéo au Conseil des droits de l'homme.

Kofi Annan a exhorté les Etat membres du Conseil à « ne pas perdre de temps et à envoyer équipe d'experts indépendants et universellement respectés pour enquêter sur la dernière vague d'abus ».

« Il est urgent de passer à l'action pour prévenir d'autres violations, notamment en demandant aux responsables des comptes sur les nombreux crimes qui ont déjà été commis », a-t-il ajouté.

Les combats entre l'armée soudanaise et les groupes rebelles ont augmenté au cours des dernières semaines. Les attaques contre les populations civiles aussi.

« En toute impunité, les milices armées continuent d'attaquer les civils sans défense, détruisant des dizaines de villages et provoquant le déplacement de milliers de personnes », a rappelé le Secrétaire général.

« Au cours des six dernières semaines, plusieurs centaines de civils ont été tués et plus de 80 000 personnes ont été obligées de fuir leurs maisons », a rappelé également Louise Arbour, Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, dans un discours prononcé au Conseil.

« Des viols massifs et d'autres violations des droits de l'homme flagrantes se poursuivent. L'impunité qui règne permet et même encourage les auteurs de ces crimes à continuer », a dénoncé Louise Arbour.

La Haut Commissaire a aussi dénoncé les abus commis par les rebelles, responsables de « meurtres, viols, tortures et de la destruction des habitations des civils qui ont le malheur de se trouver sur leur chemin ».

« L'échec systématique à prévenir la violence au Darfour, à protéger la population civile et à porter les auteurs devant la justice doit pousser le gouvernement du Soudan, le Conseil des droits de l'homme et la communauté internationale à mettre en oeuvre toutes les promesses faites concernant l'assistance, la justice et les réparations », a-t-elle estimé.

La session extraordinaire a été convoquée à la demande de l'Union européenne, appuyée par 33 des 47 États membres du Conseil des droits de l'homme, indique un communiqué de l'ONU publié à Genève (dépêche du 30.11.06).

La résolution 60/251 de l'Assemblée générale portant création du Conseil dispose que le nombre requis pour tenir une session extraordinaire est de 16 membres, à savoir le tiers des 47 membres du Conseil.

A l'ouverture de la troisième session ordinaire du Conseil qui se termine cette semaine, Kofi Annan, avait demandé au Conseil de ne pas concentrer toute son attention sur le conflit israélo-palestinien, au détriment d'autres situations, tout aussi graves, ajoutant que le Darfour était un exemple flagrant à cet égard (dépêche du 29.11.06).

Cette session sera la quatrième session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme depuis sa création. Les première et troisième sessions extraordinaires du Conseil étaient consacrées à la situation dans le territoire palestinien occupé, et se sont tenues respectivement les 5 et 6 juillet et le 15 novembre. La seconde session s'est tenue le 11 août et était consacrée à la situation au Liban.

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