Kofi Annan regrette que le Conseil des droits de l'homme ne s'intéresse qu'à la question palestinienne

Kofi Annan

21 novembre 2006 – Interrogé aujourd'hui à Genève par la presse sur le Conseil des droits de l'homme, le Secrétaire général de l'ONU a regretté que le nouvel organe de l'ONU ne s'intéresse qu'à la question israélo-palestinienne, espérant qu'il se pencherait sur d'autres questions comme celle du Darfour où les attaques contre les populations civiles continuent.

Dans la mesure où « il se concentre sur la question israélo-palestinienne sans même débattre du Darfour, certains se demandent ce que fait ce Conseil et, s'il a un sens de l'équité, pourquoi il ignore certaines situations », a souligné Kofi Annan.

Depuis sa création en mars dernier, le Conseil des droits de l'homme a tenu trois sessions extraordinaires, toutes les trois consacrées à la question israélo-palestinienne.

La première, consacrée au Territoire palestinien, a eu lieu le 5 juillet (dépêche du 06.07.06).

La seconde s'est tenue le 11 août. Consacrée à la situation au Liban, le Conseil s'était abstenu d'examiner les exactions commises par le Hezbollah, malgré les appels de Louise Arbour, la Haute Commissaire aux droits de l'homme (dépêche du 11.08.06).

Lors de sa troisième session qui s'est tenue la semaine dernière, le Conseil a condamné l'attaque israélienne sur le quartier résidentiel de Beït Hanoun (dépêche du 16.11.06).

En revanche, le Conseil des droits de l'homme ne s'est toujours pas penché sur la question du Darfour. Les violations graves des droits de l'homme commises dans cette région du Soudan ont pourtant été dénoncées, à plusieurs reprises, par le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) et par le Secrétaire général.

Dans son dernier rapport sur la question, le HCDH a dénoncé au mois d'octobre de nouveaux massacres « à grande échelle » commis par les milices arabes, soutenues par le gouvernement du Soudan, sur les villages du Darfour, peuplés principalement de tribus africaines (dépêche du 09.10.06).

A plusieurs reprises, Kofi Annan a demandé aux membres du Conseil des droits de l'homme d'examiner les graves violations commises en toute impunité dans cette région du Soudan (dépêche du 18.09.06).

Lors de sa conférence de presse donnée hier à Genève, le Secrétaire général a aussi rappelé qu'il avait espéré que les membres du Conseil des droits de l'homme commencent par examiner leur propre action en matière de droits fondamentaux.

Selon la résolution qui a mis en place le Conseil, chaque membre doit faire l'objet, au cours de son mandat, d'un examen de son action dans le domaine des droits de l'homme.

Le texte prévoit que l'Assemblée générale pourra suspendre le droit d'un membre qui aurait commis des violations flagrantes à y siéger.

Les Etats-Unis avaient rejeté en mars la résolution, déplorant que la proposition du Secrétaire général d'élire les membres à la majorité des deux tiers n'ait pas été retenue pour rendre plus difficile l'accession de pays qui ne respectent pas les droits de l'homme.

Ce mois-ci, à l'occasion d'un débat à l'Assemblée générale sur le premier rapport annuel du Conseil, plusieurs délégations ont critiqué sans ménagement les débuts du nouvel organe des Nations (dépêche du 10.11.06).

Le Conseil des droits de l'homme a été l'objet de vives critiques de la part de délégations déçues par l'absence de résultats concrets ou la persistance des vieux réflexes de l'ancienne Commission qui a remplacé le Conseil.

Le Conseil siège à Genève depuis le mois de juin.

La Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) a indiqué aujourd'hui que les combats continuaient au Darfour entre les milices pro-gouvernementales et les rebelles, a rapporté aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général à New York.

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