Kofi Annan recommande des négociations directes pour assurer l'autodétermination du peuple du Sahara occidental

18 octobre 2006 – Dans un rapport publié aujourd'hui, le Secrétaire général a recommandé au Conseil de sécurité d'inviter le Maroc et le Front POLISARIO à engager des « négociations directes, sans conditions préalables, afin de parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette d'assurer l'autodétermination du peuple du Sahara occidental ».

« Les pays voisins, l'Algérie et la Mauritanie, devraient être également invités à ces négociations et seraient consultés séparément sur les questions qui les touchent directement, conformément au format qui avait été appliqué au cours du mandat de mon précédent Envoyé personnel, James A. Baker III », affirme le Secrétaire général dans son dernier rapport sur la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO), établi sur la base de l'évaluation des activités de son Envoyé personnel Peter van Walsum.

« Une fois que les parties auront répondu favorablement à l'appel du Conseil, je formulerai d'autres propositions concernant le format des négociations, le rôle de l'Organisation des Nations Unies et d'autres modalités », dit Kofi Annan, qui recommande au Conseil de sécurité de proroger le mandat de la Mission pour une nouvelle période de six mois, jusqu'au 30 avril 2007.

« Si aucune des deux parties ne peut accepter cette approche ouverte à tous, il n'y aura pas de négociations. Il s'agirait là d'un sérieux revers pour le Maroc, qui souhaite vivement que la communauté internationale reconnaisse sa souveraineté sur le Sahara occidental », souligne le Secrétaire général.

Mais, insiste le rapport, « un revers pour l'un n'est toutefois pas automatiquement une victoire pour l'autre, et le Front POLISARIO ne devrait pas se réjouir non plus, car à mesure que se prolonge l'impasse, la communauté internationale s'accoutume inévitablement de plus en plus à l'exercice d'un contrôle du Maroc sur le Sahara occidental ».

« L'accord de pêche conclu en juillet 2006 entre l'Union européenne et le Maroc en est un excellent exemple. Après avoir consacré juste un peu plus d'un an à sa mission, mon Envoyé personnel est convaincu que le Front POLISARIO serait bien inspiré d'entamer des négociations maintenant, tant qu'il règne au Conseil de sécurité un consensus autour de l'idée selon laquelle une solution politique négociée doit prévoir l'autodétermination du peuple du Sahara occidental », souligne Kofi Annan.

« Durant la visite qu'il a récemment effectuée dans la région, mon Envoyé personnel a demandé à ses interlocuteurs laquelle des deux options avait leur préférence, de la poursuite de l'impasse ou de négociations sans conditions préalables. Des responsables du Front POLISARIO ont répondu qu'ils opteraient pour la poursuite de l'impasse, en ayant pleinement conscience que cela ne pouvait que mener à la reprise de la lutte armée », souligne le rapport.

« Certains d'entre eux ont ajouté que même si les dirigeants du Front POLISARIO devaient continuer à appeler à la retenue, il pourrait devenir impossible de résister à la pression exercée par les jeunes Sahraouis frustrés qui voulaient se battre. Ces déclarations ont apporté un éclairage quelque peu différent sur le sentiment qu'avait mon Envoyé personnel quant à l'existence d'une large tendance à la résignation eu égard au statu quo concernant la question du Sahara occidental », indique Kofi Annan.

Au plan militaire, le rapport rappelle que « le cessez-le-feu est entré en vigueur le 6 septembre 1991. Aujourd'hui, 15 ans plus tard, les parties militaires n'ont toujours pas de contacts directs, ce qui continue d'avoir un effet négatif sur la confiance mutuelle et d'empêcher l'adoption de procédures qui pourraient aider à stabiliser la situation pendant les périodes critiques », souligne le Secrétaire général, qui a engagé les parties à coopérer avec la MINURSO et à lever les entraves à ses activités.

Dans le domaine humanitaire, le rapport se félicite du fait que les échanges de visites familiales entre le territoire et les camps de réfugiés de la région de Tindouf reprendront bientôt. « Les communautés comptent sur ces visites pour maintenir le contact entre les membres de familles qui ne se sont pas vues depuis plus de 30 ans ».

Il appuie aussi la recommandation du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) tendant à ce que « tout soit mis en ?uvre pour assurer le respect, par tous les acteurs, des droits de l'homme du peuple du Sahara occidental ».

La question du Sahara occidental a été abordée récemment à la Quatrième Commission de l'Assemblée générale (voir le compte-rendu de la séance).