Violences contre les femmes : un nouveau rapport de l'ONU dénonce un fléau généralisé

10 octobre 2006 – Dans un rapport approfondi débattu hier à l'ONU sur « toutes les formes de violence à l'égard des femmes », le Secrétaire général a dénoncé un fléau « généralisé » qui menace les progrès vers l'égalité, le développement et la paix.

« La violence à l'égard des femmes constitue une violation des droits de l'homme, qui s'enracine dans les relations de pouvoir traditionnellement inégales entre les hommes et les femmes, ainsi que dans la discrimination systémique à l'égard des femmes omniprésente aussi bien dans la sphère publique que privée », affirme le rapport du Secrétaire général.

L'étude, commanditée en 2003 par l'Assemblée générale et présentée hier à sa Troisième Commission conclut que « la violence à l'égard des femmes est universelle et se produit dans toutes les sociétés et cultures, mais qu'elle revêt différentes formes et n'est pas vécue de la même manière ».

« Les formes de violence auxquelles les femmes sont exposées, ainsi que la manière dont elles en sont victimes, sont souvent façonnées par la convergence de leur statut de femme et d'autres facteurs comme la race, l'origine ethnique, la classe sociale, l'âge, l'orientation sexuelle, le handicap, la nationalité, le statut juridique, la religion et la culture », indique le rapport, qui estime qu'il faut en conséquence « adopter différentes stratégies, tenant compte de ces facteurs ».

Au long de ses 156 pages, le rapport expose que l'élaboration et l'adoption de normes et règles internationales relatives à la lutte contre cette violence ont enregistré des avancées majeures lors des deux décennies écoulées.

« Cette réglementation sert de base à l'engagement des États et d'autres parties prenantes, le système des Nations Unies notamment, de s'employer à y mettre un terme. Les États sont ainsi tenus de prévenir de telles actes de violence; d'entamer des poursuites lorsqu'elles se produisent et de punir leurs auteurs; et d'ouvrir des voies de recours et de réparation aux victimes ».

Mais, souligne le document, un décalage inacceptable demeure entre les normes internationales relatives à la violence à l'égard des femmes, d'une part, et la mobilisation concrète de l'audience politique et des moyens pour les appliquer, d'autre part.

Parmi les nombreuses recommandations apportées en conclusion du rapport, le Secrétaire général souligne la nécessité de préciser les obligations des États dans les divers contextes où surgit la violence à l'égard des femmes.

L'État a la responsabilité de prévenir, réprimer et éliminer la violence à l'égard des femmes. Toutefois, le rapport préconise aussi les partenariats avec des ONG et d'autres acteurs de la société civile et du secteur privé comportent de gros avantages, en particulier dans la mesure où les organisations de femmes dirigent souvent des programmes que les pouvoirs publics sont à même d'appuyer et de reproduire ou d'institutionnaliser.

Saluant le rapport, la directrice du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA), Thoraya Ahmed Obaid, a déploré le fait que « trop de femmes étaient soumises à la violence puis à la honte ».

« Il est temps de mettre fin à la tolérance envers ces crimes et à la complicité. Nous ne pourrons pas nous débarrasser de la pauvreté, ni du VIH/sida, si nous faisons pas disparaître ces violences contre les femmes et les jeunes filles », a-t-elle affirmé, dans un communiqué publié hier à New York.

La Troisième Commission a aussi débattu hier du rapport du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM).

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