Le Monténégro devient le 192e Etat membre de l'ONU

28 juin 2006 – Moins d'un mois après s'être séparé de la Serbie, le Monténégro est devenu aujourd'hui le 192e État membre des Nations Unies, suite à l'adoption par acclamation d'une résolution de l'Assemblée générale, réunie en séance plénière.

« Je déclare la république du Monténégro admise au sein des Nations Unies », a déclaré aujourd'hui le président de l'Assemblée générale, Jan Eliasson.

Sous les applaudissements des membres de l'Assemblée, le président du Monténégro, Filip Vujanovic, le ministre des Affaires étrangères et le représentant auprès des Nations Unies ont été ensuite conduits à leurs nouveaux sièges, près de la délégation mongole.

? Retransmission de la séance plénière [59mins]

« Je suis sûr que le Monténégro s'efforcera d'entretenir de bonnes relations avec ses voisins et de promouvoir une forte coopération régionale dans les Balkans, apportant ainsi de la stabilité à cette région éprouvée par les conflits ces dernières années », a affirmé Jan Eliasson, dans un discours prononcé à l'Assemblée.

Prenant la parole à la tribune, Filip Vujanovic a rappelé que le Monténégro avait restauré son indépendance le 21 mai dernier par la voie d'un référendum démocratique, devenant ainsi la nation la plus jeune au monde.

Le Monténégro a proclamé son indépendance le 3 juin, après un référendum organisé le 21 mai qui a vu 55,5% des électeurs apporter leur soutien à la séparation d'avec la Serbie.

Organisé en étroite coopération avec l'Union européenne, ce scrutin a été le signe de l'engagement des Monténégrins à intégrer les structures européennes et, plus largement, à rejoindre les rangs de la communauté internationale, a-t-il affirmé.

En sa qualité de nouveau membre des Nations Unies, le Monténégro est prêt à soutenir activement l'Organisation dans ses efforts de règlement des conflits et de consolidation de la paix dans le monde, a affirmé le président monténégrin.

La nouvelle république est aussi prête à respecter les obligations découlant de la Charte des Nations Unies, de tous les instruments signés et ratifiés par l'État de Serbie-et-Monténégro, ainsi que des principes du droit international dont la Cour internationale de Justice (CIJ) est garante, a-t-il ajouté.

De son côté, le représentant de la Serbie a assuré que son pays qui, pendant près d'un siècle a été rattaché au Monténégro, s'efforcerait de nouer des relations étroites et amicales avec ce nouveau membre de l'ONU.

Il a rappelé que le bon voisinage et la coopération régionale étaient les piliers de la politique étrangère de son pays dans ses efforts visant à garantir une stabilisation durable dans les Balkans.

« En obtenant son indépendance par un processus non violent et démocratique, conduit de manière équitable et ouverte, le Monténégro a montré au monde entier non seulement sa patience mais aussi sa maturité politique », a déclaré le Secrétaire général, lors de la cérémonie de la levée du drapeau.

? Retransmission de la cérémonie [142mins]

Les Monténégrins ont aussi montré que « les problèmes les plus difficiles pouvaient être résolues de manière pacifique », a-t-il ajouté, estimant que c'était « un message particulièrement important compte tenu du passé violent dans la région des Balkans ».

Kofi Annan a ajouté que malgré sa petite taille et sa population peu nombreuse, le pays avait à jouer « un rôle significatif dans le maintien de la stabilité dans la région ».

Suite à la demande du président Vujanovic, le Conseil de sécurité avait recommandé à l'Assemblée générale, la semaine dernière, d'admettre la nouvelle république en tant que membre de l'ONU (dépêche du 22.06.06).

Avant le Monténégro, la Suisse et le Timor-Leste ont été les deux derniers Etats à rejoindre l'ONU en 2002.