Epidémie de chikungunya : le directeur de l'OMS visite l'Ile Maurice pour évaluer la situation

7 mars 2006 – Actuellement en visite dans trois pays de l'océan indien, le directeur de l'agence des Nations Unies pour la santé se trouve aujourd'hui à l'Ile Maurice afin d'évaluer l'étendue de l'épidémie de chikungunya, maladie virale transmise par la piqûre d'un moustique qui s'est déclarée en mars 2005 dans la région.

« Actuellement en visite à Madagascar, l'Ile Maurice et au Kenya, Lee Jong-Wook rencontrera aujourd'hui les autorités mauritiennes pour discuter des épidémies chroniques qui affectent le pays ainsi que de l'épidémie de chikungunya », a déclaré Fadela Chaib, porte-parole de l'Organisation mondiale pour la santé (OMS) lors de son point de presse au Palais des Nations à Genève.

« Les dernières évaluations de l'épidémie révèlent 2.553 cas de chikungunya à l'Ile Maurice et 2.406 cas à l'Ile de la Réunion », a indiqué le porte-parole, qui a précisé que quelque 157.000 personnes auraient été infectées depuis le mois de mars 2005.

« Les Iles Seychelles ont recensé 4.650 cas de la maladie, Mayotte, 924 cas et quelques cas sont apparus récemment à Madagascar », a ajouté Fadela Chaib.

« Le chikungunya est une maladie infectieuse tropicale transmise à l'homme par l'intermédiaire de moustiques contaminés, souvent de l'espèce Aedes aegypti. Le nom de chikungunya signifie en Swahili 'marcher courbé' », selon l'OMS.

La maladie, qui occasionne de fortes douleurs articulaires en particulier aux chevilles et aux poignets, « donne aux sujets atteints une posture courbée caractéristique ».

Cette maladie se traduit également par de fortes fièvres et des céphalées.

Rarement mortelle, elle peut persister pendant plusieurs semaines dans l'organisme.

Des épidémies de chikungunya se sont déjà produites en Afrique, en Asie du Sud-Est, dans le sud de l'Inde et au Pakistan. Elle sévit particulièrement pendant la saison des pluies. La principale mesure de prévention consiste à empêcher la prolifération des moustiques, également appelés vecteurs, en réduisant le nombre de gîtes larvaires, affirme l'agence des Nations Unies.

Le 21 février dernier, l'OMS avait décidé d'envoyer une équipe d'experts, en visite actuellement dans l'Ile de la Réunion, l'Ile Maurice, les Iles Seychelles et Madagascar, pour évaluer l'étendue de l'épidémie et tenter d'y remédier (dépêche du 21.02.06).

L'OMS avait également annoncé que son équipe aurait pour objectif de mettre en place une campagne d'éducation sanitaire de grande envergure dans les médias pour sensibiliser la population aux mesures de protection à prendre.

Une conférence de presse avec les experts, actuellement sur le terrain, est prévue le 10 mars prochain à Genève.