L'Assemblée générale élit le suédois Jan Eliasson à la présidence de sa 60ème session

L’Assemblée générale

13 juin 2005 – Cent ans après la naissance de Dag Hammarskjöld, deuxième Secrétaire général de l'ONU, l'Assemblée générale, a élu, à sa tête, un autre Suédois pour présider les travaux d'une année qui marque aussi le soixantième anniversaire de l'ONU.

Jan Eliasson a été, de 1988 à 1992, Représentant permanent de son pays auprès de l'Organisation avant de devenir le premier Sous-Secrétaire général des Nations Unies aux affaires humanitaires, indique un communiqué de presse de l'ONU paru aujourd'hui à New York.

A l'issue de la séance de l'Assemblée générale, le Président de la 60ème session a présenté une conférence de presse à au Siège de l'ONU.

• Retransmission de la conférence de presse [44mins]

Destiné à présider l'Assemblée générale au moment où les États Membres doivent se prononcer sur des réformes approfondies de l'ONU, Jan Eliasson a estimé que le test ultime sera celui du multilatéralisme dont l'objectif est de rendre les Nations Unies capables de faire la différence dans la vie des peuples et les régions en crise à travers le monde.

Il a salué, à cet égard, « le courage et la vision » dont a fait montre le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, dans son rapport intitulé « Dans une liberté plus grande: vers le développement, la sécurité et les droits de l'homme pour tous ».

Pour le Président élu, ce sont les propositions les plus exhaustives et les plus cohérentes qui n'aient jamais été faites pour renforcer l'ONU et la hisser à la hauteur du triple défi du développement, de la sécurité et des droits de l'homme. Jan Eliasson a rappelé que ces propositions ont été transformées en un projet de Déclaration sur lequel devront se prononcer les chefs d'État et de gouvernement attendus à une Réunion de haut niveau, du 14 au 16 septembre prochain (voir notre dépêche du 3 juin 2005).

« Les Nations Unies ne sont pas la panacée », a reconnu le Président élu pour lequel l'Organisation reflète la volonté collective des États Membres et leur intérêt pour le renforcement du système multilatéral.

Réussir le test du multilatéralisme n'améliorerait pas seulement les perspectives d'une coopération internationale plus efficace mais permettrait aussi de combler les fossés grandissants et les déséquilibres dangereux qui caractérisent le monde actuel.

Dans sa déclaration, le Président élu a par ailleurs évoqué son expérience à la tête du Département des affaires humanitaires, avant d'avertir: « après le Cambodge, le Rwanda, Srebrenica et le Darfour, nous ne pouvons nous contenter de dire plus jamais ça, sans compromettre l'autorité morale de l'ONU et de sa Charte ».

Jan Eliasson a promis que sa Présidence serait guidée par les valeurs et les principes qui sont les piliers de la politique étrangère de la Suède, à savoir la foi dans la coopération multilatérale, l'impératif de la prévention, le respect de l'état de droit et des droits de l'homme, la solidarité avec les pauvres et les persécutés, l'attention aux droits des femmes et des enfants, et la santé de la planète.

En l'occurrence, a-t-il dit, les normes et les structures internationales doivent être perçues comme servant l'intérêt de chaque nation. Il faut offrir des solutions et des méthodes internationales qui correspondent aux besoins du monde actuel. Nous devons aiguiser les outils dont dispose l'ONU et développer des concepts qui reflètent l'état de préparation à s'attaquer aux défis fondamentaux du jour.

C'est l'essence même du projet de réforme des Nations Unies, a insisté le Président élu, en ajoutant qu'il s'agit de mettre sur pied une ONU qui réponde, de manière efficace et légitime, aux besoins urgents du monde et apporte de la valeur ajoutée aux efforts visant la sécurité, la prospérité et la dignité humaine.

En réussissant, a conclu le Président élu, nous donnerons de l'espoir dans l'avenir, dans un monde où la peur et la suspicion gagnent du terrain. Nous devons mobiliser la volonté politique pour inverser les tendances négatives et prévenir la polarisation et le pessimisme. Nous devons réaliser que nous avons une occasion unique et la capacité de le faire à un moment historique, a encore dit le Président élu.

Outre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité: la Chine, les États-Unis, la Fédération de Russie, la France et le Royaume-Uni, les postes de vice-présidents de l'Assemblée générale seront occupés par l'Angola, la République centrafricaine, la Guinée-Bissau, le Kenya, le Mail et la Tunisie, pour le Groupe des États d'Afrique; l'Inde, la République islamique d'Iran, la Malaisie, le Myanmar et le Pakistan, pour le Groupe des États d'Asie; l'Arménie, pour le Groupe des États d'Europe orientale; le Brésil, le Paraguay et la République bolivarienne du Venezuela, pour le Groupe des États d'Amérique latine et des Caraïbes; et Israël, pour le Groupe des États d'Europe occidentale et autres États.

• Retransmission de la séance de l'Assemblée générale [91mins]

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