Commission du développement durable : 30 milliards de dollars nécessaires chaque année d'ici à 2015

11 avril 2005 – Le Président de la Commission du développement durable a appelé les Etats Membres à prendre des mesures pour faire des progrès dans la réalisation des objectifs du développement durable tandis que le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales a invité les bailleurs de fonds à apporter un financement supplémentaire pour mettre en œuvre un plan d'investissement, précisant que les besoins pour atteindre les objectifs sont estimés à un montant de plus de 30 milliards de dollars par an.

« L'objectif cette année est de prendre des mesures qui permettront d'obtenir des progrès sensibles en matière de coopération internationale dans le but de réaliser les objectifs de développement durable », agréés au Sommet de Johannesburg en 2002, a déclaré le Président de la Commission du développement durable et Représentant d'Antigua-et-Barbuda, John Ashe, dans un discours prononcé à l'ouverture de la 13e session de la Commission du développement durable de l'Assemblée générale.

Ces objectifs visent notamment à réduire de moitié du nombre de personnes qui n'ont pas accès à l'eau et l'assainissement d'ici à 2015 et de permettre à 100 millions de personnes d'accéder à des logements décents.

« Nous avons un très grand défi à relever au cours de ces deux prochaines semaines », a affirmé le Président la Commission du développement durable, soulignant qu'il s'agissait aussi d'une opportunité d'accélérer la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).

De son côté, José Antonio Ocampo, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, qui a présenté aujourd'hui les travaux de la Commission lors d'une conférence de presse à à l'ONU, a déclaré que « la 13e session de la Commission du développement devait être l'occasion de se concentrer sur les politiques et mesures concrètes que les pays pourront approuver afin d'accélérer la mise en œuvre des objectifs de développement durable ».

Les objectifs et buts dont nous sommes chargés sont étroitement liés aux autres OMD, a-t-il ajouté, rappelant que « sans eau, nous ne pourrons irriguer l'agriculture si vitale aux sociétés les plus pauvres » et expliquant que « le temps que consacrent les filles pour approvisionner leurs familles en eau les empêche souvent d'aller à l'école ».

À côté du VIH/sida, de la tuberculose et du paludisme, les maladies liées à l'eau tuent des millions de personnes chaque année, a également rappelé José Antonio Ocampo. « Depuis 1990, plus d'un milliard de personnes ont gagné un accès amélioré à des sources d'eau potable ou à des assainissements. Mais si nous voulons que ces progrès se confirment, en matière d'eau et d'assainissement, nous devons nous assurer au cours de la prochaine décennie que des sources d'eau potable sûres atteignent 1,5 milliard de personnes et que les services d'assainissement touchent 1,9 milliard de personnes de plus ».

Le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales a par ailleurs invité les bailleurs de fonds à apporter un financement supplémentaire pour mettre en œuvre un plan d'investissement bien conçu en précisant que les besoins pour atteindre les objectifs en matière d'eau, d'assainissement et d'établissements humains sont estimés à un montant variant entre 30 et 40 milliards de dollars par an.

« Même s'il est du devoir des riches de financer la fourniture de services essentiels comme l'eau et l'assainissement, l'allègement de la dette est également essentielle, a-t-il insisté en soulignant l'option que constitue l'échange de dette contre des investissements dans le domaine de l'eau et de l'assainissement » (voir toutes les déclarations de la journée dans le communiqué de presse).

• Retransmission de la conférence de presse de Jose Antonio Ocampo[30mins]

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