ONU : la Jordanie doit agir pour mettre fin à la violence contre les femmes

Rashida Manjoo, Rapporteuse spéciale sur la violence contre les femmes. Photo ONU/Jean-Marc Ferré

24 novembre 2011 – La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, Rashida Manjoo, a exhorté jeudi la Jordanie à prendre des mesures supplémentaires pour éradiquer la violence contre les femmes et pour assurer l’égalité des genres.

Dans une déclaration faite à Amman à la fin de sa visite de deux semaines au Moyen Orient, Mme Manjoo a prévenu les autorités jordaniennes qu’une approche purement juridique ou programmatique ne suffira pas à régler le problème en raison des rôles traditionnels qu’occupent les femmes.

« Les femmes doivent avoir accès à des opportunités et un environnement ouvert pour parvenir à des résultats égaux », a déclaré la Rapporteuse spéciale en appelant à des mesures spéciales telles que des systèmes de quotas et de traitement préférentiel, afin d’intégrer les femmes dans la vie économique et politique, ainsi que dans l’éducation et le marché du travail.

« L’inscription de l’interdiction explicite de la discrimination basée sur le genre et le sexe de la Constitution donnerait un outil efficace aux femmes pour remettre en cause les inégalités et servirait à informer et sensibiliser l’ensemble de la société jordanienne », a souligné Mme Manjoo suite à la décision d’un comité de révision constitutionnelle de refuser d’inclure une référence à la discrimination basée sur le genre dans un amendement.

« La Jordanie a fait de grands progrès dans le domaine de l’éducation des femmes et des filles. Malheureusement, et malgré ces progrès, les femmes ne représentent que 14% de la force de travail du pays », a-t-elle ajouté en encourageant plus d’incitations pour créer davantage d’emplois pour les femmes dans le secteur privé.

Mme Manjoo a également évoqué le problème de harcèlement et de violence sexuelle. Bien que la plupart de ses interlocuteurs aient déclaré que cela n’est pas un problème en Jordanie, « il est nécessaire de prendre acte que la violence et le harcèlement sexuel existent à l’intérieur comme à l’extérieur des familles dans toutes les sociétés », a-t-elle rappelé.

« Le fait que certains sujets soient considérés tabous dans une société qui se dit elle-même traditionnelle, conservatrice, patriarcale voire tribale, peut expliquer le silence des femmes au sujet des manifestations de cette violence », a indiqué la Rapporteuse spéciale.


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