MANUA), dont il est le chef, aide les autorités électorales dans le pays à préparer les élections prévues pour le 20 août. Elle soutient aussi les stratégies de développement du pays et contribue à faciliter ses relations avec la communauté internationale. Auparavant, Kai Eide a été représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo en 2005 ainsi que représentant spécial pour la Bosnie-Herzégovine de 1997 à 1998. Il est entré au sein du corps diplomatique norvégien en 1975." /> MANUA), dont il est le chef, aide les autorités électorales dans le pays à préparer les élections prévues pour le 20 août. Elle soutient aussi les stratégies de développement du pays et contribue à faciliter ses relations avec la communauté internationale. Auparavant, Kai Eide a été représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo en 2005 ainsi que représentant spécial pour la Bosnie-Herzégovine de 1997 à 1998. Il est entré au sein du corps diplomatique norvégien en 1975." />

Kai Eide, représentant spécial de l’ONU pour l’Afghanistan

Kai Eide, représentant spécial de l’ONU pour l’Afghanistan.

4 août 2009 – Kai Eide est représentant spécial du Secrétaire général Ban Ki-moon pour l’Afghanistan depuis mars 2008. La Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), dont il est le chef, aide les autorités électorales dans le pays à préparer les élections prévues pour le 20 août. Elle soutient aussi les stratégies de développement du pays et contribue à faciliter ses relations avec la communauté internationale. Auparavant, Kai Eide a été représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo en 2005 ainsi que représentant spécial pour la Bosnie-Herzégovine de 1997 à 1998. Il est entré au sein du corps diplomatique norvégien en 1975.

Centre d’actualités de l’ONU : Qu’est-ce qui vous a conduit à vous lancer dans une carrière diplomatique ?

Kai Eide : J’étais actif dans les mouvements politiques de jeunesse depuis que l’âge de 18 ans et mon principal centre d’intérêt était les relations internationales. J’ai fait campagne pour l’entrée de la Norvège dans l’Union européenne et après avoir échoué de façon lamentable j’ai postulé au ministère des Affaires étrangères.

Je ne sais pas vraiment ce qui m’a poussé vers les relations internationales. C’est difficile à dire. Je me suis toujours intéressé à la politique et à la vie politique et à l’époque je voulais devenir homme pEt je ne cesse de répéter qu’il est illusoire de penser que ce sont avant tout les forces militaires qui peuvent mettre fin au conflitolitique. Dans ma famille, trois générations d’officiers se sont succédé dans l’armée et je ne pouvais pas être la quatrième génération.

C’est plutôt les gens autour de moi. La plupart étaient des responsables politiques qui ont joué un rôle de premier plan dans notre pays et qui ont façonné la politique extérieure. C’était les amis que je m’étais fait lors de mes activités dans les mouvements politiques de jeunesse.

Un de ceux-là était mon ami depuis l’âge de 22 ans. Il s’agissait de Carl Bildt, qui est devenu Premier ministre de la Suède de 1991 à 1994 et qui a servi plus tard en tant qu’Envoyé spécial des Nations Unies dans les Balkans.

Centre d’actualités de l’ONU : Vous êtes à la tête de la MANUA depuis plus d’un an. Comment voyez-vous votre travail aujourd’hui, comparé à vos débuts ?

Kai Eide : J’ai commencé ce travail en sachant que cela serait difficile mais c’est beaucoup plus difficile que je ne l’avais anticipé. Je savais que ça serait la mission la plus difficile qu’on m’ait jamais confié mais je dois dire que ça a été encore plus ardu que je ne le pensais.

Ce n’est pas anormal parce qu’on ne se rend compte des réalités qu’une fois sur le terrain. Ces 18 mois ont été difficiles et l’Afghanistan reste un endroit difficile.

Centre d’actualités de l’ONU : A quelles réalités avez-vous été confronté à votre arrivée à Kaboul ?

Kai Eide : Je me suis rendu compte de la nature très fragmentée du gouvernement afghan, disposant d’institutions très affaiblies ; un pays caractérisé par une grande pauvreté et des taux d’analphabétisme très élevés ; et un pays de plus en plus englouti dans un conflit armé.

Voila la situation d’un côté. D’un autre côté il s’agit d’un pays où les efforts de la communauté internationale sont tout aussi fragmentés et dépourvus de cohérence.

Aussi, je suis arrivé à la tête d’une Mission des Nations Unies bien plus faible que ce à quoi je m’étais attendu. Je suis arrivé plein d’enthousiasme à propos du mandat ferme et ambitieux, mais qui n’a pas son répondant dans les ressources sur le terrain. Ce n’est pas si rare, mais j’ai l’impression que l’écart entre le caractère ambitieux du mandat et le caractère limité des ressources est particulièrement grand.

Centre d’actualités de l’ONU : Quelle a été votre principale frustration dans la poursuite des efforts des Nations Unies en Afghanistan ?

Kai Eide : Ma principale frustration a été de construire la mission et d’acquérir les ressources dont nous avons besoin pour faire le travail demandé.

Ce n’est pas qu’une question de chiffres. Il s’agit de recruter les bonnes personnes. Or, quand on fait face à des problèmes dans des domaines très spécifiques il faut des gens qui ont des qualifications très particulières et elles sont difficiles à trouver et difficiles à recruter. L’année dernière il s’est passé un événement historique lorsqu’on a réussi à doubler le budget de la Mission [qui est passé de 76 millions de dollars à 163 millions pour 2009) et cela nous a permis de recruter un nombre significatif de nouvelles personnes.

Il y a de façon surprenante un nombre important de gens qui veulent venir ou revenir en Afghanistan mais notre grand problème est de trouver les gens qui ont les qualifications nécessaires pour nous permettre de remplir le rôle que l’on attend de nous.

La communauté internationale souhaite aussi aujourd’hui que l’on soit présent dans chacune des 34 provinces du pays. Pour l’instant nous sommes présents dans 20 provinces à peu près. Nous nous étendons progressivement. Je voudrais accélérer le processus, bien évidemment autant que cela est possible du fait des conditions de sécurité.

Centre d’actualités de l’ONU : Vous vous êtes exprimé de façon assez ouverte sur la question des victimes civiles. Pensez-vous que les forces militaires internationales font assez pour limiter le nombre de victimes civiles dues à leurs opérations, et que pensez-vous qu’elles puissent faire de plus ?

Kai Eide : Je pense que je me suis exprimé de façon très, très claire à la fin du mois d’août et au début du mois de septembre derniers, à la suite des événements intervenus dans le district du Shindand, dans l’ouest du pays [où la MANUA a signalé la mort de 90 civils lors d’une opération militaire contre les insurgés] – cela a vraiment constitué un tournant.

Il y a eu un profond désaccord entre nous et la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) [la coalition des forces militaires présentes en Afghanistan] au cours des premières semaines après l’incident. Nous affirmions que 90 civils avaient péri. Les militaires au début prétendaient que 5 ou 7 non-combattants étaient morts, concédant plus tard le chiffre de 35 ou 37.

Il y avait donc un écart important entre notre évaluation et leur analyse finale, mais pour moi il est clair que cela a représenté un tournant à de nombreux égards. Je pense que la Mission des Nations Unies ne s’était jamais prononcée de façon si claire sur une question liée aux droits de l’homme. Nous avons acquis un profond respect de la part de la population et cela a renforcé notre relation avec le gouvernement.

Un certain nombre de directives tactiques avaient été émises par l’ancien commandant de l’ISAF, [le général David] McKiernan, mais j’ai pu constater que la question figurait aussi au premier plan des priorités du nouveau commandant, [le lieutenant général Stanley] McCrystal. Je pense donc qu’il s’agit d’un changement important dans l’attitude de l’armée et je suis convaincu que nous avons joué un rôle important à cet égard.

Centre d’actualités de l’ONU : Vous avez servi aussi l’ONU au Kosovo et en Bosnie-Herzégovine. Y a-t-il des enseignements tirés de ces expériences que vous pouvez appliquer à votre rôle en Afghanistan ?

Kai Eide : Je préviens toujours ceux qui viennent d’autres missions de ne pas trop compter sur leur expérience précédente. Il ne fait pas de doute qu’il est utile d’avoir été sur le terrain, mais les leçons spécifiques que l’on peut tirer des Balkans ou même de l’Iraq sont très limitées.

Il y a des enseignements généraux que j’ai constatés par exemple dans d’autres missions et c’est le retard accumulé dans le développement, la réforme et le renforcement des forces de police. C’est arrivé ici aussi.

Mais encore davantage, nous avons mis beaucoup trop de temps à nous pencher sur la question critique d’un système judiciaire efficace. C’est arrivé dans les Balkans et c’est un problème considérable ici en Afghanistan. C’est un des principaux échecs que je vois répété d’une mission à l’autre.

Centre d’actualités de l’ONU : Quelle est votre évaluation du respect acquis par la Mission dans le pays ?

Kai Eide : Je pense que nous bénéficions du respect des leaders afghans et de la population. Cela vient du fait que le système des Nations Unies est présent depuis plus de 50 ans et que notre tradition a toujours été de servir les groupes les plus vulnérables de la société afghane, ce qui continue d’être un élément important de nos efforts, dont les gens se souviennent.

Il est difficile de maintenir ce respect à tous les niveaux et il faut maintenir un équilibre entre nous et les autres acteurs internationaux. Par exemple, il est important d’avoir une bonne relation de travail avec les forces militaires, mais nous devons aussi insister sur l’indépendance et l’intégrité de notre propre mandat de l’ONU. Nous devons travailler ensemble et ne pas être vus comme une pièce rapportée de l’opération militaire. C’est extrêmement important et je garde cela à l’esprit en toutes circonstances. Je dois ajouter un autre élément important : il n’est pas utile d’arriver dans une mission et d’agir comme un bulldozer. La principale tâche lorsque l’on arrive dans une mission est d’obtenir la confiance de la population et de ses chefs. Cela demande du temps et il faut investir dans l’établissement de cette confiance en respectant la culture, l’histoire et la religion du pays dans lequel vous êtes.

En général, la contribution de l’ONU et de la MANUA est vue de façon positive. Il faut se souvenir qu’il s’agit d’une mission relativement petite dans un pays de près de 30 millions d’habitants, bien plus grand que la France avec une superficie de 650.000 km2. C’est énorme.

Centre d’actualités de l’ONU : Quel est le plus grand défi auquel est confronté l’Afghanistan aujourd’hui ?

Kai Eide : Le plus grand défi, bien sûr, est le conflit armé en cours et d’arriver à y mettre un terme. Et je ne cesse de répéter qu’il est illusoire de penser que ce sont avant tout les forces militaires qui peuvent y arriver.

Ce sont les efforts politiques qui doivent être en tête de notre agenda. Je suis heureux de voir que progressivement ceci est compris plus largement au sein de la communauté internationale mais il y a encore du chemin à faire pour comprendre que ce que nous faisons doit se fonder sur une stratégie politique et non sur une stratégie militaire.

C’est, selon moi, le plus grand défi, mais ensuite il y a d’autres défis auxquels la mission de l’ONU est confrontée plus que d’autres et où nous faisons des progrès significatifs.

On a beaucoup parlé de l’insuffisante coordination des donateurs et de l’insuffisante efficacité des efforts d’assistance. Au cours des derniers mois, nous avons constaté des progrès significatifs en la matière.

Cela provient de plusieurs éléments. Nous avons vu une augmentation du degré de confiance à l’intérieur du gouvernement. Nous avons vu un gouvernement afghan moins fragmenté qui est davantage capable de développer son propre programme national avec le soutien de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA). Cela doit conduire à des efforts accrus par la communauté internationale pour soutenir ce gouvernement qui a facilité ces derniers mois nos efforts pour coordonner les donateurs.

Centre d’actualités de l’ONU : Qu’est ce qui peut être fait sur le front politique pour s’attaquer au conflit armé ?

Kai Eide : Dès que les élections seront passées, nous aurons besoin d’un processus de réconciliation. C’est un processus de paix qui doit être fondé sur une stratégie politique. Cela ne peut pas être fondé sur une stratégie militaire. Je pense que cela est de mieux en mieux compris, même si lorsque j’entend des responsables politiques de premier plan parler de réconciliation cela est encore largement basé sur une stratégie militaire.

Un processus de paix authentique devra être lancé dès que les élections seront terminées et le nouveau gouvernement formé. Une fois que nous entrerons dans une saison plus calme sur le terrain, nous aurons six mois pour mettre sur les rails ce processus de paix.

Centre d’actualités de l’ONU : Le pays va organiser des élections le 20 août. Comment se passent les préparatifs ?

Kai Eide : En ce qui concerne la sécurité, une liste préliminaire de bureaux de vote a été établie par la Commission électorale indépendante il y a quelques semaines. Nous examinons actuellement cette liste pour voir comment nous pouvons ouvrir le plus grand nombre possible de bureaux de vote. Les services de sécurité – l’armée et la police afghane, la Force internationale d’assistance (ISAF) – font tout leur possible avec la Commission électorale.

Il est extrêmement important que nous soyons en mesure d’ouvrir le plus possible de bureaux de vote, afin que les élections soient ouvertes à tous les Afghans. C’est un défi mais c’est notre ambition afin d’avoir des élections crédibles qui soient acceptées par la population. Nous saurons dans quelques semaines dans quelle mesure nous aurons été capables d’avancer en la matière.

Les autorités et la MANUA sont en contact avec les autorités locales pour s’assurer qu’elles mobilisent leurs propres citoyens pour créer un environnement sûr dans leurs villages afin de nous permettre d’ouvrir autant de bureaux de vote que possible. C’est un travail difficile et c’est un travail qui nécessite beaucoup d’énergie actuellement.

Centre d’actualités de l’ONU : Il y a eu une attaque contre un collaborateur d’un candidat de l’opposition Abdullah Abdullah récemment. Est-ce que cela affecte les préparatifs ?

Kai Eide : Il y a eu un certain nombre d’attaques : celle que vous mentionnez ainsi qu’une attaque contre le colistier du Président Karzaï il y a deux jours. Ce sont les menaces les plus sérieuses au processus électoral. Nous les avons fermement condamnées, bien sûr, mais nous pensons aussi que la campagne électorale a été digne et qu’il y a eu un débat politique intense. Il y a eu des défauts, mais mon impression générale est que la campagne électorale jusqu’à présent a été bonne.

Centre d’actualités de l’ONU : De quel type de dirigeant les Afghans ont-ils besoin à ce moment de leur histoire ?

Kai Eide : Ce dont l’Afghanistan a besoin sont des responsables politiques tournés vers l’avenir et les réformes et qui peuvent assurer le développement économique et renforcer les institutions de ce pays, en matière de sécurité comme du côté civil.

Il est important de comprendre les circonstances difficiles auxquelles on doit faire face, à la fois en ce qui concerne les élections et l’Afghanistan en général. Si vous regarder les institutions par exemple, elles sont extrêmement faibles. Aujourd’hui, sur environ 360 districts, la moitié seulement a des bureaux pour le gouverneur du district. Cela illustre la faiblesse des institutions sur le terrain.

Quand vous regardez les élections, les partis afghans emploient désormais 165.000 personnes pour travailler dans les bureaux de vote. Plus de 3.000 ânes ont dû être utilisés pour transporter le matériel électoral dans les zones les plus reculées du pays.

Cela illustre, selon moi, la complexité de ce processus électoral. C’est l’élection de loin la plus difficile et la plus complexe que j’aie jamais vu dans ma vie. Aussi, notre ambition concernant l’élection doit être réaliste.

Centre d’actualités de l’ONU : Le gouvernement devrait-il ouvrir des pourparlers directs avec les Taliban et les amener sur le terrain politique ?

Kai Eide : Le premier et plus important défi auquel nous sommes confrontés après l’élection est de maintenir la stabilité du pays et de vérifier que tous les candidats acceptent les résultats, que ceux qui n’ont pas gagné l’élection acceptent les résultats afin que nous puissions avoir un environnement calme et stable après l’élection.

Il faut envisager une situation dans laquelle cela prendrait près de quatre semaines avant que le décompte et le processus de contestation soient terminés et les résultats finaux certifiés. Il est très important que nous nous impliquions tous pour garantir la stabilité du pays pendant cette période.

Quand le nouveau gouvernement sera formé, un processus politique devrait être ouvert dès que possible à tous les secteurs de la population, y compris les insurgés.

Centre d’actualités de l’ONU : L’Afghanistan a subi des interventions militaires et le trafic de drogue depuis des décennies. Quels sont les investissements que la communauté internationale peut faire pour influencer la manière dont ces deux phénomènes déstabilisateurs sont gérés sur le long terme ?

17 millions de bulletins de vote sont arrivés à Kaboul et devaient être envoyés dans près de 29.000 bureaux de vote dans les 34 provinces d’Afghanistan (22 juillet 2009).

Kai Eide : D’abord, nous devons mieux établir nos priorités. Nous essayons de tout faire en même temps. Cela ne produit pas de résultats à long terme.

Nos priorités actuellement, du point de vue de l’ONU, sont les suivantes :

D’abord, réformer et renforcer le secteur agricole, dans lequel nous avons travaillé très étroitement avec le gouvernement afghan. Un nouveau programme national a été développé. Il a le soutien de la communauté internationale et il nous éloignera de la situation dans laquelle nous nous concentrons uniquement sur la sécurité. Il créera des emplois et permettra peut-être à l’Afghanistan d’exporter des produits agricoles.

Deuxièmement, l’infrastructure. Ce pays a absolument besoin de meilleures infrastructures. Nous nous vantons souvent du nombre de kilomètres de routes construits. La question est de savoir où nous construisons ces routes et les voies ferroviaires. Nous devrions concentrer nos efforts en termes d’infrastructures sur l’impact que ces projets auront pour aider l’Afghanistan à développer ses propres atouts économiques.

Par exemple, en ce qui concerne les minerais, l’Afghanistan a les plus larges réserves de minerai de fer d’Asie. Cela offre un potentiel énorme pour la croissance économique. Aussi, j’aimerais que nous nous concentrions sur les infrastructures qui pourraient être les moteurs économiques et les centres de croissance de ce pays.

Mais ce sont des projets qui n’ont pas le type d’impact à court terme que de nombreux donateurs cherchent. Ce sont des projets à long terme qui nécessitent des investissements à long terme. C’est là où se trouve le potentiel qui permettra à l’Afghanistan de développer sa propre économie et de réduire sa dépendance à l’égard de l’aide internationale.

Il y a une quatrième priorité, qui est le renforcement des institutions. J’ai appelé la communauté internationale à développer un vaste programme de renforcement des institutions parce qu’elles sont extrêmement faibles. Il ne s’agit pas seulement de développer les ressources humaines. Les infrastructures sur le terrain au niveau provincial et du district sont très faibles.

Centre d’actualités de l’ONU : Est-ce que cela aiderait à éradiquer le trafic de drogue et la production d’opiacés ?

Kai Eide : Je pense que nous tous réalisons que l’éradication n’est pas la solution. Nous devons investir davantage dans des modes de vie alternatifs. C’est une partie importante du programme agricole qui a été lancé il y a deux mois.

L’année dernière, il y a une réduction de la production de pavot de 6% et il y a eu une augmentation du nombre de provinces qui ne cultivent pas le pavot. Nous sommes passés de 16 à 18 provinces sans pavot. J’espère que cette année nous serons en mesure de dépasser les 20 provinces sans pavot, ce qui signifie que la production de pavot ne sera plus un problème pour tout l’Afghanistan. C’est un problème qui restera lié à quelques provinces dans le sud. J’espère vraiment que nous verrons une réduction significative dans l’Helmand, qui est de loin le plus gros producteur d’opium aujourd’hui.