Entretien avec Pedro Medrano Rojas, Sous-Secrétaire général et Coordonnateur en chef de la réponse au choléra en Haïti

Pedro Medrano Rojas, Sous-Secrétaire général et Coordonnateur en chef de la réponse au choléra en Haïti. Photo: ONU

5 décembre 2013 – Depuis octobre 2010, le choléra a eu de lourdes répercussions pour la petite nation caribéenne d’Haïti, qui continue par ailleurs de se relever du séisme dévastateur qui s’était produit 10 mois plus tôt.

Les Nations Unies ont oeuvré en étroite coopération avec les autorités nationales et les partenaires internationaux à prendre les mesures nécessaires afin d’endiguer l’épidémie, qui a touché 680.000 personnes et fait 8.000 morts.

En décembre 2012, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a lancé une initiative pour l’élimination du choléra en Haïti et en République dominicaine, qui met l’accent à la fois sur la prévention, le traitement et la sensibilisation. Cette initiative vient en appui d’une campagne qui existait déjà – l’Initiative pour l’élimination du choléra dans l’île d’Hispaniola – conjointement lancée par les chefs d’État de ces deux pays voisins.

Les Nations Unies et leurs partenaires ont lancé une série d’actions, notamment l’ouverture de dispensaires pour les malades du choléra, la construction d’usines de traitement des eaux usées, l’achat de vaccins anticholériques et le soSi nous pouvons mobiliser le soutien nécessaire, je suis convaincu que nous éradiquerons le choléra d'Haïti.utien à des campagnes de sensibilisation des communautés locales à l’hygiène.

En outre, M. Ban a nommé Pedro Medrano Rojas, du Chili, Coordonnateur Coordonnateur en chef de la réponse au choléra en Haïti depuis le Siège de l’ONU, à New York. M. Medrano est chargé de veiller à ce que le système des Nations Unies optimisent ressources et actions pour mettre en œuvre le plan du gouvernement haïtien.

Diplomate chevronné et vétéran de l’action humanitaire, M. Medrano s’est entretenu avec le Centre d’actualités de l’ONU à quelques jours du premier anniversaire du lancement de l’initiative du Secrétaire général pour l’élimination du choléra.

Centre d’actualités de l’ONU : Quel est votre mandat et qu’espérez-vous accomplir ?

Pedro Medrano Rojas : Le Secrétaire général des Nations Unies m’a demandé de m’occuper de la coordination du travail ici au Siège. Mon travail consiste principalement à fournir un appui et soutenir les efforts de nos équipes sur le terrain pour combattre l’épidémie de choléra sur l’île d’Hispaniola. Ma tâche, ici à New York, est d’assurer la cohérence de la réponse du système des Nations Unies vis-à-vis de cette épidémie. Je travaille avec le Vice-Secrétaire général et notre groupe de travail en Haïti, avec la Représentante spéciale Sandra Honoré et son équipe et avec le gouvernement d’Haïti, puisque il est très important d’être en contact et de coordonner nos efforts avec ce dernier pour éliminer le choléra.

Quelles sont les actions de lutte contre le choléra lancées par l’ONU? Pouvez-vous faire une évaluation des progrès accomplis sur le terrain ?

Pedro Medrano Rojas en mission à Mirebellais. Photo: MINUSTAH/Nektarios Markogiannis

Pedro Medrano Rojas : Je pense que nous avons fait des progrès significatifs . Nous avons réduit de moitié le nombre de cas et nous avons aujourd'hui une incidence plus faible qu’il y a deux ou trois ans . Le nombre de nouveaux cas déclarés chaque mois oscille entre 4.000 et 5000. Auparavant, c’était de l’ordre de 10.000 à 15.000. Le nombre de décès provoqués par l'épidémie a considérablement baissé.

Je crois que le système des Nations Unies s’est mobilisé dès le premier jour où l'alarme a été donnée en Haïti . Au sein l'équipe de pays en Haïti, nous nous efforçons de soutenir les efforts du gouvernement dans le cadre de son Plan national, qui constitue notre cadre de référence. Dans ce contexte, le système des Nations Unies joue un rôle de premier plan, en coordonnant à la fois les actions entreprises avec les partenaires ainsi qu’entre organismes des Nations Unies. Nous devons reconnaître les progrès accomplis, mais aussi les défis qui continuent de se poser. Il est possible d'éliminer le choléra, comme cela a été démontré dans d'autres parties du monde, dans des conditions parfois beaucoup plus difficiles, et de réduire sensiblement non seulement le nombre de cas, mais aussi celui des décès imputables au choléra.

A mon avis, un aspect remarquable, c’est l'effort consenti par le gouvernement et le peuple d'Haïti, qui ont fait face au séisme, aux cyclones et autres catastrophes naturelles. Malgré tous les problèmes auxquels ce pays a dû faire face, et les maigres ressources mises à sa disposition par la communauté internationale, les progrès sont significatifs même s’il reste beaucoup à faire.

Quels sont les partenaires auxquels vous souhaitez rendre hommage et est-il possible de forger de nouveaux partenariats dans le cadre de la lutte contre le choléra ?

Pedro Medrano Rojas : Je tiens d'abord à souligner les efforts déployés par Haïti lui-même, un pays qui a vu son infrastructure de santé s’effondrer, un pays confronté à une situation désastreuse en termes d'eau et d'assainissement, un pays malmené par les ouragans et les tempêtes, mais qui a, néanmoins, déployé un effort colossal. Le leadership du Ministère haïtien de la santé et de la gestion de l'eau et de l'assainissement, a été remarquable.

Pedro Medrano Rojas, Sous-Secrétaire général et Coordonnateur en chef de la réponse au choléra en Haïti Credit: UNTV

Parmi les pays de la région, je tiens à saluer les efforts de Cuba, des médecins cubains en particulier, qui ont effectué un travail remarquable. Ils sont plus de 700 à avoir coopéré étroitement avec le Ministère de la santé, avec des résultats vraiment étonnants, compte tenu des conditions actuelles.

Je dois mentionner aussi le travail d'autres organisations comme Médecins sans frontières, International Medical Corps, la Croix-Rouge internationale, pour ne pas mentionner bien sûr l'Organisation panaméricaine de la santé qui a renforcé les capacités du gouvernement en matière de surveillance et d'alerte, l'UNICEF pour tout ce qui touche à l'eau et à l'assainissement, ou encore l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). De nombreux autres pays se sont impliqués, comme le Mexique et le Brésil.

En dépit de contributions individuelles, ainsi que des ressources mises à disposition par la communauté internationale, ce qui a permis les progrès constatés, nous devons redoubler d’efforts.

Quelles initiatives supplémentaires pourraient être prises ?

Pedro Medrano Rojas : Je crois qu'il y a deux domaines prioritaires : le traitement médical et la prévention, qui devront être intégrés à court terme. Sur les moyen et long termes, des investissements doivent être consentis pour fournir Haïti en infrastructures de base, afin de permettre aux populations d'avoir accès à l'eau potable et à des systèmes d'assainissement fiables.

Nous parlons d'une véritable tragédie aux proportions régionales. Nous savons tous ce qu’Haïti subissait avant l’apparition du choléra, avec des taux de mortalité infantile et maternelle déjà très élevés.

Je tiens à souligner une chose. Le choléra, même si il touche aujourd'hui Haïti et la République dominicaine, pourrait se propager à d'autres pays de la région. Des cas ont été signalés à Cuba, dans certains pays des Caraïbes et au Mexique. La région a été confrontée par le passé à une épidémie, qui avait éclaté au Pérou dans un bateau à quai, avant de se propager à plus de 18 pays de la région, touchant plus d’un million de personnes et faisant plus de 10.000 morts.

La possibilité que l'histoire se répète n’est pas exclue.

Dans un camp de personnes déplacées à Port-au-Prince, des résidents reçoivent de l'eau de javel et des tablettes de pruficiation d'eau. Photo: MINUSTAH/Logan Abassi

Bien qu'un effort a été lancé, non seulement par le système des Nations Unies, mais aussi par la communauté internationale et les organisations que j'ai mentionnées, nous devons reconnaître qu'il s'agit d'une situation d'urgence susceptible de prendre des proportions désastreuses et nous devons y répondre globalement, et pas seulement en termes d'objectifs immédiats. Ou bien, ce problème deviendra endémique et les coûts pour éliminer une pandémie seront beaucoup plus élevés.

Avez-vous des responsabilités en ce qui concerne la plainte déposée contre l’ONU ?

Pedro Medrano Rojas : Non, cela ne fait pas partie de mon mandat. Mon rôle est d’aider le Secrétaire général et le Vice-Secrétaire général à se doter d’une approche cohérente et coordonnée à l’appui des efforts déployés par les Nations Unies et ses partenaires à l’appui du gouvernement d’Haïti. Je ne m’occupe pas de questions juridiques. Aujourd’hui, nous mettons l’accent sur les meilleurs moyens de combattre cette épidémie, qui est la plus vaste qu’ait connue l’hémisphère. Les gens meurent et ces décès sont évitables. Personne ne devrait mourir à cause du choléra dans le monde d’aujourd’hui. C’est notre plus gros effort à fournir. Il faut également souligner que nous avons travaillé longtemps en Haïti, et pas seulement sur le choléra. Par le passé, nous avons été proches du peuple d’Haïti, en soutenant le gouvernement, en soutenant les nécessiteux. Nous l’avons fait au fil des années, dans divers domaines – eau, assainissement, aide alimentaire, nutrition et reconstruction du pays après le séisme. Aujourd’hui, […] nous avons le sentiment qu’il faut faire de notre mieux pour éradiquer le choléra, c’est notre travail. Nous l’avons déjà dit, […] il est inacceptable que quiconque meure du choléra dans le monde d’aujourd’hui. Dans un pays comme Haïti, nous montrons que c’est possible d’empêcher cela, avec les ressources adéquates. Malheureusement, nous n’avons pas les ressources suffisantes pour lutter et éradiquer cette maladie.

Mais pour revenir à votre question, je suis préoccupé par l’épidémie. Je pense que c’est notre responsabilité principale. Nous allons, comme le Secrétaire général l’a dit, faire de notre mieux pour éliminer le choléra dans ce pays.

En coopération avec les Services de secours catholiques, la Mission de stabilisation des Nations Unies en Haïti (MINUSTAH) distribue des traitements anticholériques à des victimes d’inondations. Photo: Victoria Hazou/MINUSTAH

Pouvez-vous nous parler du suivi donné aux efforts antérieurs pour enquêter sur l’épidémie de choléra, comme les conclusions du Groupe d’experts et la création subséquente d’un Groupe de travail ?

Pedro Medrano Rojas : Immédiatement après le début de l’épidémie, le Secrétaire général a demandé à un groupe d’experts indépendants de lui faire des recommandations. Et ils ont fait ces recommandations. Ces recommandations sont la base de notre travail. Nous avons œuvré pour les appliquer. Un groupe interne a ensuite été établi au sein du système des Nations Unies pour faire rapport périodiquement sur les progrès accomplis dans la mise en œuvre des recommandations. Nous rendrons public, au début de l’année prochaine, un rapport pour présenter ce que nous avons fait dans différents domaines. Ces recommandations sont la base de notre travail, pas seulement en Haïti, mais aussi dans différentes parties du monde.

Le Secrétaire général a lancé son initiative il y a maintenant un an. Comment envisage-t-il redoubler d’efforts ?

Pedro Medrano Rojas : Je pense qu’il est important de rappeler que, depuis le début, le Secrétaire général s’est totalement impliqué et s’est montré très préoccupé par la situation en Haïti. Son initiative venait en appui du plan national [haïtien] pour l’éradication du choléra. Il a saisi toutes les occasions pour mobiliser la communauté internationale afin que celle-ci apporte son soutien matériel et financier pour lutter contre cette épidémie. Aujourd’hui, nous pouvons affirmer que nous avons fait des progrès. Nous avons pu réduire le nombre de cas de moitié comparé aux années précédentes. Mais cela ne suffit pas.

Nous avons acquis la certitude que cette maladie peut être éradiquée. Dans des circonstances très difficiles, nous avons pu réduire de moitié le nombre de nouveaux cas et avons aussi pu réduire en moyenne le taux de mortalité à moins de 1%. Ceci est, à mon avis, un réel progrès. Mais, à l’approche du deuxième anniversaire de l’Initiative, le message à faire passer, c’est que nous n’avons toujours pas achevé notre mission. Nous devons redoubler d’efforts. Nous avons les preuves qu’il est possible de réduire le nombre d’infections si nous consentons les investissements nécessaires au cours des six prochains mois. Pour cela, nous avons besoin d’équipements, de médicaments, de fournitures, de tablettes de purification d’eau […]. Si nous arrivons à mobiliser les ressources nécessaires […], nous serons en mesure de réduire de façon considérable le nombre de cas et le taux de mortalité au cours des deux à trois années à venir.

Notre objectif est ambitieux, c’est-à-dire « zéro décès » et d’empêcher que l’épidémie ne devienne endémique. Nous avons atteint un seuil critique. Il est désormais indispensable que la communauté internationale comprenne que ceci n’est pas simplement un problème haïtien. C’est un problème régional et un problème pour la communauté internationale entière à l’heure de la mondialisation. Il est illusoire de penser qu’une épidémie puisse être contenue dans un seul pays ou dans une île.

Quels sont les besoins de court et de long terme pour éliminer le choléra d’Haïti ?

Pedro Medrano Rojas : Tout d’abord, nous devons disposer des traitements médicaux adéquats ; le centre de traitement du choléra doit être pourvu en personnels bien formés ; nous avons besoin de médicaments et de kits pour distinguer une simple diarrhée du choléra et de lits d’enfants ; nous devons renforcer le système d’alerte et développer une capacité de réaction ; et nous devons travailler là-dessus. Sur le moyen terme, nous devons également redoubler d’efforts pour contenir l’épidémie, prendre des mesures de prévention, ce qui suppose des conditions d’hygiène, de l’eau potable et de l’assainissement…Peut-être pas une large infrastructure, qui serait idéalement la solution. Un pays avec eau courante et assainissement sera mieux à même de combattre le choléra. Ces deux domaines – traitement médical et prévention – sont déterminants à court terme.

A moyen et court terme, nous devons consolider les systèmes existants – réseaux d’égoûts, systèmes d’eau et d’assainissement. Mais nous ne pouvons pas attendre que ces structures soient mises en place. Nous devons agir dès maintenant. Nous avons dit ce dont nous avons besoin […]. L’une des préoccupations majeures qui sont les nôtres, c’est de pouvoir atteindre les communautés les plus isolées et les plus éloignées des centres de traitement. C’est tout simplement impossible pour une famille qui gagne moins d’un dollar par jour d’avoir accès à un traitement médical. Nous devons pouvoir les leur fournir. C’est là l’une des préoccupations principales dès maintenant: comment mobiliser les ressources et l’engagement de la communauté internationale pour veiller à ce que les moyens de répondre à l’épidémie soient mis à disposition.

A combien estimez-vous le montant des ressources nécessaires ?

Les services de santé locaux se sont associés à des partenaires internationaux pour ouvrir des dispensaires pour les malades du choléra afin d'endiguer l'épidémie. Photo: MINUSTAH/Logan Abassi

Pedro Medrano Rojas : Nous ne parlons pas d’un montant colossal, comparé à ce qu’il est nécessaire de débloquer pour d’autres crises, ailleurs dans le monde. Le plan décennal pour l’élimination du choléra est estimé à deux milliards de dollars. Ceci permettrait à 90% de la population d’avoir accès à l’eau et à l’assainissement au terme de cette période. Dans l’immédiat, c’est-à-dire les deux prochaines années, nous estimons avoir besoin de 400 millions de dollars, dont la moitié a déjà été mobilisée. Il y a donc un fossé immense à combler. Pour intervenir dès maintenant, 60 millions de dollars seraient suffisants. Nous avons été en mesure de lever un tiers de cette somme. Au cours des six prochains mois, nous avons besoin de ressources qui nous permettront de mettre en œuvre la phase d’urgence du plan lancé au niveau national.

Quel est le bilan de l’épidémie de choléra en Haïti ?

Pedro Medrano Rojas : Actuellement, 680.000 Haïtiens sont malades du choléra. Cette année [2013], nous allons avoir en gros 50.000 cas de plus. Mais le taux de mortalité a baissé pour atteindre un peu moins de 1% en moyenne. Ce n’est pas acceptable, mais nous en sommes là. Nous devons redoubler d’efforts pour ne plus connaître de pertes. Nous avons le sentiment que dans les deux, trois prochaines années, nous serons en mesure de diviser par deux ce chiffre, mais aussi de réduire de deux tiers le nombre de cas actuels. Et peut-être que dans quatre, cinq ans, nous pourrons faire des progrès vraiment susbstantiels dans l’élimination de nombreux cas de choléra.

Notre préoccupation principale, c’est que, malheureusement, des crises concurrentes ont d’une manière ou d’une autre conduit à négliger la situation à Hispaniola, en particulier en Haïti. Il est temps pour la communauté internationale de comprendre que, sur la base de ce que nous avons fait – non seulement l’ONU, mais aussi d’autres partenaires, en particulier le gouvernement haïtien – il est possible d’éliminer le choléra sur l’île. Mais, pour y parvenir, nous devons disposer des ressources et de l’engagement nécessaire […]. Nous avons déjà mentionné certaines institutions et gouvernements, qui ont vraiment contribué de manière considérable. Nous espérons que d'autres pays suivront ces exemples. […] En fin de compte, les Nations Unies sont ce que la communauté internationale veut qu’elles soient. L'ONU ne peut rien faire en l’absence du soutien des États Membres. A ce stade, ce dont nous avons besoin, c’est de la ferme volonté de la communauté internationale pour réaliser nos objectifs .

Quelles sont vos principales préoccupations d'avenir?

Systèmes de captage d'eau à Petit Bourg de Borgne, en Haïti - Mars 2013. Credit: UNICEF

Pedro Medrano Rojas : Tout d'abord, le manque de soutien de la part de la communauté internationale. Haïti peut y arriver, mais ne peut pas y arriver seul. Nous nous engageons à faire de notre mieux...Nous nous soucions de la population d'Haïti. Nous nous engageons à faire de notre mieux. Ce qui est inquiétant, c’est que les progrès accomplis puissent être inversés si nous n'avons pas les ressources nécessaires pour mettre fin à l’épidémie et consentir les investissements nécessaires pour son élimination... Espérons que la communauté internationale comprenne qu’il ne s’agit pas juste Haïti, mais d’un problème de santé mondial.

Alors que nous nous approchons du quatrième anniversaire du séisme dévastateur de 2010, que pouvez-vous nous dire, ainsi qu’au peuple d'Haïti, sur l'engagement de l'ONU ?

Pedro Medrano Rojas : Comme je l'ai déjà dit, nous avons déjà été sur place, en période de besoin. J'étais moi-même en Haïti avant le tremblement de terre, à un autre titre, aux côtés de travailleurs humanitaires. L'ONU a toujours été là à chaque fois que nécessaire. Nous avons également souffert avec ceux qui ont perdu la vie en Haïti, leurs parents, leurs proches. Beaucoup de nos collègues ont également été victimes du tremblement de terre. Mais nous avons pris un engagement. Les intérêts de la population d'Haïtinous tiennent à cœur. Le peuple d'Haïti comprend cela, parce qu'ils nous ont vu sur le terrain, travailler en étroite coopération avec lui. Dans ce cas particulier, le Secrétaire général a affirmé au Premier Ministre haïtien que « nous sommes avec vous et nous allons continuer d’être avec vous ». Si nous pouvons mobiliser le soutien nécessaire, je pense que nous allons éradiquer le choléra en Haïti.