Entretien avec Hervé Ladsous, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix

Hervé Ladsous, le Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix

16 novembre 2011 – Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a nommé début septembre Hervé Ladsous, de la France, au poste de chef des opérations de maintien de la paix de l’ONU.

Diplomate expérimenté, M. Ladsous a auparavant été directeur de cabinet du Ministre français des Affaires étrangères. Par le passé, il a aussi été ambassadeur de la France en Chine et en Indonésie et Représentant permanent adjoint de la France auprès de l’ONU à New York.

En tant que Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux opérations de maintien de la paix, Hervé Ladsous a effectué fin octobre sa première visite sur le terrain, au Soudan du Sud et au Soudan.

De retour à New York, il s’est entretenu avec la Radio et le Centre d’actualités de l’ONU sur sa nouvelle fonction.

Centre d’actualités de l’ONU : Avant votre nomination au poste de Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, vous avez occupé un large éventail de postes diplomatiques. Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris que vous étiez nommé à ce poste? Qu’avez-vous ressenti?

Hervé Ladsous : Après près de 40 ans de diplomatie nationale, l’idée de pouvoir servir les Nations Unies, une organisation dont j’apprécie les idéaux depuis très longtemps, m’a ouvert une nouvelle perspective d’engagement pour le maintien de la paix. J’ai trouvé cela extrêmement stimulant et passionnant.

Centre d’actualités de l’ONU : JusteIl faut que l’ONU reste à la pointe de la réflexion et de l’action parce qu’elle est de toute façon incontournable et irremplaçable.ment le passage de la fonction de diplomate à celle de chef des opérations de maintien de la paix, avec pour deux patrons, Ban Ki-moon et les 15 membres du Conseil de sécurité, s’est-il opéré facilement? Que faites-vous pour vous adapter à vos nouvelles fonctions au siège des Nations Unies?

Hervé Ladsous : La question ne se pose pas. On change effectivement de leadership. On travaille sous l’autorité du Secrétaire général et des États membres du Conseil de sécurité et plus généralement des 193 Etats membres de l’organisation. Et bien je crois que c’est quelque chose que l’on accepte de manière tout à fait naturelle. Ce sont de nouvelles loyautés, de nouveaux mécanismes mais cela ne provoque en moi aucun état d’âme. C’est très stimulant, un point c’est tout.

Centre d’actualités de l’ONU : Quand il vous a désigné pour assumer ces fonctions, Ban Ki-moon a déclaré que vous apporterez un jugement politique de grande valeur et une compréhension profonde des défis qui attendent l’ONU. Quels sont ces défis?

Hervé Ladsous : Ce sont les défis permanents de l’Organisation des Nations Unies depuis qu’elle existe, le principal défi étant de rester pertinent sur toutes les grandes problématiques internationales. Celle de la paix qui me concerne plus directement. À cela s’ajoutent tous les grands débats qui agitent la planète sur le développement, le climat. Sur tout cela effectivement, il faut que l’ONU reste à la pointe de la réflexion et de l’action parce qu’elle est de toute façon incontournable et irremplaçable.

Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon (à droite), rencontre Hervé Ladsous, nouveau Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix. (3 octobre 2011)

Centre d’actualités de l’ONU : Vous êtes en charge de 120.000 casques bleus, avec un budget de 7 milliards de dollars. Quelle est votre politique s’agissant du comportement abusif de certains casques bleus déployés sur le terrain ?

Hervé Ladsous : D’abord les comportements abusifs sont très rares. Ils devraient être inexistants. Et de ce point de vue là j’entends bien poursuivre une politique très claire au sein du Département que je dirige. Il s’agit d’une politique de tolérance zéro. Mais il faut voir que sur 120.000 casques bleus, ce sont plutôt les comportements exemplaires qui émanent de l’immense majorité. Je me suis déjà rendu sur le terrain pour voir certaines missions de maintien de la paix et je trouve que l’impression qui s’en dégage, c’est d’abord beaucoup d’admiration pour leur dévouement, leur talent, le courage dont ils et elles font preuve. Ceci étant dit, je ne tolérerai aucune carence de comportement.

Centre d’actualités de l’ONU : Vous vous êtes rendu récemment au Soudan et au Soudan du Sud. Que voudriez-vous nous dire à propos de cette visite? Qu’est ce qui nécessite votre plus grande attention?

Hervé Ladsous : Je voudrais dire tout d’abord, que dans le cadre de cette tournée, je me suis également rendu en Ethiopie pour rencontrer les représentants de l’Union africaine. Je considère que le partenariat entre les Nations Unies et l’Union africaine doit se renforcer sans cesse, à la lumière de toutes ces crises qui concernent le continent africain. Pour en revenir à ma visite des deux Soudan, je crois que le sentiment qui domine c’est un sentiment de relative inquiétude parce que la relation entre le Soudan et le Soudan du Sud n’est pas ce qu’elle devrait être. Il y manque incontestablement la confiance. Et l’objectif que nous devons viser, c’est d’aider ces deux pays à résoudre leurs difficultés bilatérales et à instaurer une confiance qui sera le gage d’une relation plus stable à l’avenir.

Hervé Ladsous, le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de maintien de la paix, fait un exposé devant le Conseil de sécurité sur les perspectives et les défis de la réforme du secteur de la sécurité en Afrique. (12 octobre 2011)

Centre d’actualités de l’ONU : Quand vous avez rencontré les dirigeants soudanais et sud-soudanais, y avait-il des signes avant-coureurs de la détérioration des relations entre les deux pays telle qu’on l’observe aujourd’hui ?

Hervé Ladsous : Ces deux pays ont pris une décision majeure qui a été celle de divorcer. C’est une décision politique qui s’est concrétisée par l’indépendance du Soudan du Sud au mois de juillet dernier. Mais les deux partenaires doivent maintenant fixer les modalités matérielles de cette séparation. Il y a des aspects qui concernent la frontière, d’autres qui concernent, notamment la zone d’Abyei, dont le sort devra être déterminé. D’autres problèmes concernent le partage des revenus pétroliers. Certains sont, également, liés aux accusations, échangées entre les deux pays, de soutien des insurgés de part et d’autre. Bref, il faut essayer de résoudre tout cela. L’ancien Président sud-africain Thabo Mbeki à la tête du panel de Haut niveau y travaille très activement avec le concours de Haile Menkerios, l’Envoyé spécial des Nations Unies pour le Soudan et le Soudan du Sud et nous, nous sommes évidemment en appui de tous ces efforts.

Centre d’actualités de l’ONU : Le Soudan du Sud et la Mission de l’ONU au Soudan du Sud (MINUSS) accusent les Forces armées soudanaises de frappes aériennes sur des camps de réfugiés. L’armée soudanaise nie tout bombardement au Soudan du Sud et accuse la mission de l’ONU de prendre parti pour le gouvernement du Soudan du Sud. Que répondez-vous à ces accusations?

Hervé Ladsous : Je l’ai dit devant le Conseil de sécurité : il y a eu un certain nombre d’incidents qui ont été rapportés notamment par des organisations non gouvernementales. La Mission de l’ONU sur le terrain (MINUSS) est en train de vérifier. Mais nous avons des témoins. Selon ces témoins, qui sont des employés des Nations Unies, il y eu un largage de bombes sur le camp de réfugiés de Yida tout près de la frontière entre les deux Soudan. Une des bombes n’a pas explosé. Donc nous allons mener l’enquête, mais les faits sont incontestables.

Centre d’actualités de l’ONU : Les deux Soudan s’accusent mutuellement de provoquer la guerre. Le Président du Soudan du Sud estime que le gouvernement soudanais prépare une invasion militaire de son pays et le gouvernement soudanais accuse le Sud de fournir une assistance militaire aux rebelles. Tout cela est visiblement à l’origine de cette escalade. Qu’en pensez-vous ?

Hervé Ladsous : Il y a dans les États du Kordofan méridional et du Nil bleu dans la République du Soudan des combats très intenses menés par le SPLA-nord auxquels l’armée soudanaise riposte. Tout cela a été un facteur de tension supplémentaire ces dernières semaines.

Hervé Ladsous, le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de maintien de la paix, inspecte les forces de la MINUAD lors d’une visite à El Fasher, au Nord-Darfour. (30 octobre 2011)

Centre d’actualités de l’ONU : Pensez-vous qu’une solution très rapide sur le statut d’Abyei et sur le partage des revenus pétroliers réduirait les tensions entre les deux pays? Où on est-on du dossier d’Abyei?

Hervé Ladsous : Sur Abyei, clairement les deux parties avaient convenu d’un calendrier qui n’a pas été respecté sous divers prétextes. L’on espère qu’on va progresser rapidement dans les jours et les semaines qui viennent, notamment sur la question de l’administration de la zone. Mais il faut que les deux parties retirent leurs forces de sécurité, leurs forces de police, étant entendu que la Force des Nations Unies à Abyei, la FISNUA, est déjà déployée à hauteur de plus de 3.000 hommes. Son mandat est d’assurer la sécurité dans la zone; la sécurité des résidents et la sécurité des migrants. Comme vous le savez Abyei est une zone de passage pour des pasteurs nomades qui descendent vers le Sud en traversant Abyei. Il faut effectivement progresser le plus vite possible pour que la stabilité, l’ordre et la sécurité soient assurés dans cette région, en attendant que la Force déploie de surcroit, si le Conseil de sécurité en décide ainsi, plusieurs centaines de spécialistes de l’observation des frontières.

Centre d’actualités de l’ONU : Au Darfour, où la situation sécuritaire détériore, les soldats de la paix sont pris pour cible et tués. Comment la Mission de l’ONU et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD) peut-elle protéger les civils si elle a du mal à protéger ses propres soldats?

Hervé Ladsous : Il y a eu effectivement des incidents tout à fait regrettables, sur lesquels j’ai demandé la coopération totale des autorités soudanaises pour établir les faits. Je pense en particulier au problème qui s’est passé il y a un peu plus d’un mois à Zam Zam où trois casques bleus ont été tués. Il y a eu une autre attaque à proximité de Nyala qui a fait un tué parmi les casques bleus. Cependant, je me suis rendu à El-Fasher et dans un camp situé un peu plus au sud et je me suis rendu compte que, de façon générale, il y a une moins mauvaise sécurité. Il y a moins d’incidents qu’il y a un an. Alors nous espérons que le processus de paix basé sur l’accord de Doha progressera. C’est bien à cela que nous travaillons.

Pour commémorer sa visite à El Fasher, au Nord-Darfour, Hervé Ladsous, le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de maintien de la paix, plante un arbre. 30 octobre 2011.

Centre d’actualités de l’ONU : Vous avez rencontré des civils dans les camps de réfugiés et de déplacés au Darfour, quelles étaient leurs doléances?

Hervé Ladsous : Ceux que j’ai rencontrés, n’ont, majoritairement, qu’une attente, à savoir celle de pouvoir rentrer dans leur région d’origine ; d’où la nécessité de faire progresser le dossier de la sécurité. Ils ont sollicité l’aide des Nations Unies. Pour répondre à leurs demandes, j’ai demandé aux équipes sur le terrain de monter des projets qui leur permettent de retrouver une vie normale.

Centre d’actualités de l’ONU : En République démocratique du Congo (RDC), la résolution 1991 du Conseil de sécurité adoptée le 28 juin 2011, a réaffirmé que la protection des civils est prioritaire. Aujourd’hui la MONUSCO compte un peu plus de 19.000 hommes. Est-elle, selon vous, bien équipée pour sécuriser des centaines de milliers de Congolais qui ont fui leurs maisons à cause de l’insécurité omniprésente à l’est et des violations continues des droits de l’homme?

Hervé Ladsous : Vous avez raison de le dire, le problème réside à l’est du pays. Et pour répondre directement à votre question, je dirais que non, la MONUSCO n’a pas tous les moyens. Il lui manque en particulier des hélicoptères, qui sont indispensables quand survient une alerte d’attaque de civils. Cela s’est encore produit récemment avec des viols en masse. Il faudrait davantage de moyens pour pouvoir se rendre sur place, au plus vite, pour agir.

Des résidents du village de Shangil Tobaya, situé à 65 km au sud d’El Fasher, au Nord-Darfour, accueillent Hervé Ladsous, le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de maintien de la paix. A ses côtés, Ibrahim Gambari, Représentant spécial conjoint pour l’Union africaine et les Nations Unies au Darfour. (30 octobre 2011)

Centre d’actualités de l’ONU : De quels moyens supplémentaires avez-vous besoin pour que le Maintien de la paix soit plus efficace et plus robuste. Faut-il plus d’hommes, plus d’argent, ou une meilleure organisation sur le terrain?

Hervé Ladsous : Je crois qu’il faut sans cesse renforcer et améliorer l’organisation. Les hommes et les femmes, les effectifs, sont en général suffisants. Mais il faut davantage d’aéromobilité, donc plus d’hélicoptères, notamment dans certains cas, comme celui de la République démocratique du Congo. Il faut des hélicoptères d’attaque, des hélicoptères militaires qui sont tout à fait indispensables.

Centre d’actualités de l’ONU : Certaines Missions du maintien de la paix, notamment au Libéria et en Haïti sont en état de réduire leurs effectifs. Où faut-il les redéployer à votre avis?

Hervé Ladsous : Il ne d’agit pas tellement de raisonner en termes de vases communicants. Je pense que sur la base notamment des résultats du scrutin présidentiel qui vient de se terminer au Libéria, il y aura sans doute matière dans les mois qui viennent, et si le Conseil de sécurité en décide ainsi, à réduire les effectifs. Vous avez raison de dire que nous sommes en train de les réduire en Haïti pour revenir au niveau qui était celui de la force avant le tremblement de terre. Mais cela ne se traduira pas par le renforcement d’autres missions. Je crois qu’il faut gérer chaque situation dans le contexte qui lui est propre et sur la base des décisions qui ont été prises par le Conseil de sécurité.

Centre d’actualités de l’ONU : S’agissant du Libéria, dans un entretien accordé à la Radio des Nations Unies la semaine dernière, la Présidente Ellen Johnson-Sirleaf a dit que son pays devrait davantage se concentrer sur le développement et qu’elle allait travailler conjointement avec votre Département, sur une stratégie de sortie appropriée des casques bleus et de passage du relais aux forces de sécurité nationales. Pensez-vous que le Libéria est prêt pour cette transition?

Hervé Ladsous : C’est quelque chose dont il va falloir parler avec les nouvelles équipes issues de cette élection. Il est clair que nous voulons travailler la main dans la main pour gérer un processus dans lequel le maintien de la paix cèdera le pas progressivement à la consolidation de la paix. Évidemment, le développement c’est quelque chose qui va justifier un engagement beaucoup plus fort de toute la famille des Nations Unies; de leurs agences qui auront certainement un grand rôle à jouer aux côtés du gouvernement libérien.

Centre d’actualités de l’ONU : En Côte d’Ivoire, pensez-vous que la Mission des Nations Unies (ONUCI) est encore nécessaire à l’heure ou l’on voit la situation politique dans ce pays se stabiliser?

Hervé Ladsous : La situation politique s’est largement stabilisée et je pense que le scrutin législatif qui va se tenir en décembre concourra à cette stabilisation. Pour autant, la force des Nations Unies demeure nécessaire pour accompagner ce processus, pour aider le gouvernement ivoirien à gérer la réforme du secteur de la sécurité, le désarmement et la démobilisation d’un certain nombre de militaires. Ces tâches qui s’inscrivent dans la durée justifient le maintien de l’ONUCI. Mais peut-être, là encore, sous réserve des décisions du Conseil de sécurité, la Mission opérera à un niveau un peu réduit.

Hervé Ladsous (à gauche), le Secrétaire général adjoint de l’ONU aux opérations de maintien de la paix, rencontre Riek Machar Teny-Dhurgon, Vice-Président de la République du Soudan du Sud, à Juba. (3 novembre 2011)

Centre d’actualités de l’ONU : Le maintien de la paix a mené récemment une opération robuste en Côte d’Ivoire avec l’aide de la force française Licorne. Y aura-t-il d’autres opérations de ce genre à l’avenir ou la Côte d’Ivoire est-elle un cas unique?

Hervé Ladsous : Je crois que la Côte d’Ivoire était un cas très spécifique. Effectivement vous avez raison de le dire. J’hésiterais en revanche à utiliser délibérément le mot « robuste ». Je sais qu’un certain nombre d’Etats membres ne s’associent pas à ce concept. Je crois que les forces de maintien de la paix ont des mandats plus ou moins affirmatifs. Certains sont sous chapitre VII, mais tous ne le sont pas. Donc je dirais qu’il n’y a que des cas d’espèce mais ensuite quand un mandat a été fixé il doit effectivement être mis en œuvre et tout doit être fait dans ce but.

Centre d’actualités de l’ONU : Pensez-vous qu’il est nécessaire que le maintien de la paix ait plus de forces européennes sur le terrain? Comptez-vous faire passer ce message au Conseil de sécurité?

Hervé Ladsous : Ce constat est vrai. Le fait est que ce sont les pays du Sud qui contribuent le plus aux opérations de maintien de la paix. Les pays du Nord sont sans doute plus impliqués dans les processus politiques de fixation des mandats, dans le financement des opérations de maintien de la paix puisque les gros contributeurs au budget sont effectivement des pays du Nord. Mais il y a un problème qu’il faut résoudre et je pense qu’il faudrait que davantage de pays du Nord, d’Européens, aident les pays du Sud à s’équiper. Il faut qu’ils les aident à avoir les meilleurs équipements possibles en termes de véhicules, d’hélicoptères. Le maintien de la paix est un partenariat entre le Conseil de sécurité, les pays contributeurs de troupes, les pays qui financent et puis, bien entendu, les pays dans lesquels ces missions travaillent. Et ce partenariat doit être par tous les moyens renforcé, amélioré et rendu plus efficace.

Centre d’actualités de l’ONU : A titre personnel, qu’est ce que vous souhaitez accomplir dans les trois prochaines années, et que feriez-vous différemment?

Hervé Ladsous : Avec un mois d’ancienneté dans le poste, je me garderais d’avoir d’immenses projets de réforme. Je crois que la première chose à faire c’est de faire le boulot. Donc gérer les opérations en cours de la manière la plus efficace et la plus raisonnable possible. Mais dans le même temps, le maintien de la paix évolue. C’est vrai il y a de nouveaux concepts qui apparaissent et au fil des années, toute une série de réflexions sont venues, quelque peu, éclairer le sujet. Je pense au rapport Brahimi il y a une dizaine d’années, je pense, également au rapport « Nouvel horizon » publié il y a trois ans. Eh bien il faut poursuivre et approfondir tout ce travail conceptuel, pour que les opérations de maintien de la paix soient toujours en phase avec leur époque et restent un outil totalement pertinent au service de la diplomatie multilatérale.