Ban Ki-moon's speeches


Statement by UN Secretary-General Ban Ki-moon, UNESCO Director-General Irina Bokova and UN and League of Arab States Joint Special Representative for Syria Lakhdar Brahimi: The destruction of Syria’s cultural heritage must stop

Secretary-General Ban Ki-moon, UN Headquarters, 12 March 2014

As the people of Syria continue to endure incalculable human suffering and loss, their country’s rich tapestry of cultural heritage is being ripped to shreds.

World Heritage sites have suffered considerable and sometimes irreversible damage. Four of them are being used for military purposes or have been transformed into battlefields: Palmyra; the Crac des Chevaliers; the Saint Simeon Church in the Ancient villages of Northern Syria; and Aleppo, including the Aleppo Citadel.

Archaeological sites are being systematically looted and the illicit trafficking of cultural objects has reached unprecedented levels.

There are alarming reports that Syrian heritage has been deliberately targeted for ideological reasons. Human representations in art are being destroyed by extremist groups intent on eradicating unique testimonies of Syria’s rich cultural diversity.

All layers of Syrian culture are now under attack -- including pre-Christian, Christian and Muslim.

The destruction of such precious heritage gravely affects the identity and history of the Syrian people and all humanity, damaging the foundations of society for many years to come. The protection of cultural heritage, both tangible and intangible, is inseparable from the protection of human lives, and should be an integral part of humanitarian and peacebuilding efforts.

We therefore make the following joint appeal:

  • We call on all parties to halt immediately all destruction of Syrian heritage, and to save Syria’s rich social mosaic and cultural heritage by protecting its World Heritage Sites, in line with UN Security Council Resolution 2139, adopted on 22 January 2014.
  • We condemn the use of cultural sites for military purposes and call on all parties to the conflict to uphold international obligations, notably the 1954 Hague Convention for the protection of cultural property in the event of Armed Conflict and customary international humanitarian law.
  • We appeal to all countries and professional bodies involved in customs, trade and the art market, as well as individuals and tourists, to be on alert for stolen Syrian artifacts, to verify the origin of cultural property that might be illegally imported, exported and/or offered for sale, and to adhere to the UNESCO 1970 Convention on illicit trafficking of cultural property.

Our efforts to save Syria’s cultural heritage must be part of wider efforts to end violence and move to peace. Destroying the inheritance of the past robs future generations of a powerful legacy, deepens hatred and despair and undermines all attempts to foster reconciliation. Now is the time to stop the destruction, build peace and protect our common heritage.

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DÉCLARATION DE M. BAN KI-MOON, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES, MME IRINA BOKOVA, DIRECTRICE GÉNÉRALE DE L’UNESCO, ET M. LAKHDAR BRAHIMI, REPRÉSENTANT SPÉCIAL CONJOINT DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES ET DE LA LIGUE DES ÉTATS ARABES POUR LA SYRIE : HALTE À LA DESTRUCTION DU PATRIMOINE CULTUREL SYRIEN

Tandis que le peuple syrien continue de subir des souffrances et des pertes incalculables, le riche patrimoine culturel du pays est mis en lambeaux.

Les sites du patrimoine mondial ont été gravement, parfois irrémédiablement, endommagés. Quatre sont utilisés à des fins militaires ou ont été transformés en champs de bataille : Palmyre, le Crac des Chevaliers, l’église de Saint Siméon dans les villages antiques du nord de la Syrie, et la ville d’Alep (dont la citadelle).

Les sites archéologiques font l’objet d’un pillage systématique et le trafic de biens culturels a atteint des proportions sans précédent.

Selon certaines informations alarmantes, le patrimoine syrien est délibérément pris pour cible pour des raisons idéologiques. Les œuvres d’art représentant des êtres humains sont détruites par des groupes extrémistes déterminés à faire disparaître ces traces uniques de la riche diversité culturelle de la Syrie.

Pas une seule strate de la culture syrienne — préchrétienne, chrétienne, islamique — n’est épargnée.

La destruction d’un patrimoine aussi précieux porte gravement atteinte à l’identité et à l’histoire du peuple syrien et de l’humanité toute entière et sape pour longtemps les fondements de la société. La protection du patrimoine culturel, matériel comme immatériel, est indissociable de la protection des vies humaines et devrait faire partie intégrante de l’action humanitaire et des efforts de consolidation de la paix.
Aussi lançons-nous ensemble l’appel suivant :

  • Nous appelons toutes les parties à mettre immédiatement fin à la destruction du patrimoine syrien et à préserver la riche mosaïque sociale de la Syrie et son patrimoine culturel en protégeant les sites du patrimoine mondial qui s’y trouvent, conformément à la résolution 2139 (2014) adoptée le 22 février 2014 par le Conseil de sécurité.
  • Nous condamnons l’utilisation des sites culturels à des fins militaires et appelons toutes les parties au conflit à respecter les obligations mises à leur charge par le droit international, en particulier la Convention pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé signée à La Haye en 1954 ainsi que le droit international humanitaire coutumier.
  • Nous appelons tous les pays et tous les groupements professionnels intervenant dans les domaines des douanes, du commerce et du marché de l’art, mais aussi les particuliers et les touristes, à se méfier des objets d’art syriens, qui sont susceptibles d’avoir été volés, à vérifier l’origine des biens culturels qui pourraient avoir été importés, exportés ou offerts à la vente illégalement, et à adhérer à la Convention de l’UNESCO concernant les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels signée en 1970.

Il faut que la sauvegarde du patrimoine culturel de la Syrie s’inscrive dans l’action que nous menons pour mettre fin à la violence et avancer vers la paix. La destruction des vestiges du passé dépouille les générations futures d’un puissant héritage, accroît la haine et le désespoir et hypothèque toute tentative de réconciliation. Il est temps de mettre un coup d’arrêt à ces destructions, de construire la paix et de protéger notre patrimoine commun.