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Points d'information ONU à Amman [20 mars - 20 avril 2003]
Par M. Nejib Friji, Porte-Parole
Bon après-midi. Le Secrétaire Général Kofi Annan se réunit aujourd'hui à onze heures avec les quinze membres du Conseil de Sécurité dans sa salle de conférence. Cette réunion sera consacrée totalement à l'Irak. Comme vous le savez, cette réunion a lieu suite aux pourparlers que M. Annan a eu avec les cent quatre vingt onze Etats membres des Nations Unies la semaine dernière. Il a discuté de la situation humanitaire dans ce pays déchiré par la guerre et le rôle des Nations Unies dans sa reconstruction.
Je donne la parole à M. David Wimhurst, porte-parole du Coordinateur humanitaire pour l'Irak.
David : Merci. Bon après-midi, Selon le CICR, tous les hôpitaux à Bagdad travaillent maintenant sous une pression intense. L'afflux des blessés à l'hôpital al-Yarmouk dans la ville a atteint 100 personnes par heure hier. L'hôpital al-Mahmoudia, qui se trouve au sud de Bagdad ne peut plus faire face au nombre de blessés. La situation en matière d'eau reste critique, au fur et à mesure que la pression du réseau diminue. Le CICR poursuit la distribution d'eau de la manière la plus étendue possible. Comme vous le savez, la station de pompage de Wathba est en panne et ce depuis le 3 avril à cause de l'interruption de l'électricité. A Anbar, à l'ouest de Bagdad l'installation des trois générateurs fournis par le CICR a été rétablie et permet d'approvisionner soixante mille personnes depuis hier . Cette région était sans eau depuis le vingt neuf mars. A Oum Qasr, la mission d'évaluation des Nations Unies a constaté que l'eau potable à travers la ville était insuffisante. La livraison d'eau aux hôpitaux est également insuffisante. L'UNICEF va acheminer de l'eau depuis le Koweït jusqu'à l'hôpital d'Oum Qasr et également une unité de premiers soins va être installé ainsi qu'un système de pompage de l'eau. Ce sont la des priorités. Des réservoirs temporaires additionnels de pompage vont être mis en place dans des points sélectionnés à travers la ville. L'UNICEF œuvre afin de réactiver les systèmes sanitaires existants. Dix sept techniciens ont été identifiés à cette fin. Le PAM a également rapporté que deux cents à trois cents personnes déplacées à l'intérieur du pays qui habitaient l'ancien quartier général de l'UNICOM ont reçu de la nourriture. L'UNICEF a également fourni des Kits en matière de santé à des hôpitaux locaux qui peuvent traiter deux cents à trois cents personnes par semaines mais ne peuvent plus fournir de soins d'urgence. Les sels de réhydratation et également des vaccins contre la variole et l'hépatite vont être fournis à l'hôpital d'Oum Qasr. Enfin, trois cents agents qui travaillent dans le système de distribution sont toujours a Oum Qasr et prêts a reprendre leur travail. Le système de rationnement par carte est en place et le Pam essaiera de réactiver les agents et le système de distribution d'eau utilisant les rations existantes par le biais des cartes. Cependant, il n'y a pas de carburant à Oum Qasr pour les véhicules, le pompage ou la cuisine.
Nejib : Merci et je donne la parole maintenant à Marteen Roest, porte-parole du PAM.
Marteen : Merci Nejib. Bon après-midi. Suite à l'arrivée du premier convoi essentiel de l'aide du PAM à l'intérieur de l'Irak depuis la Turquie et don j'ai parlé hier, notre personnel à Dohuk a commencé à distribuer la farine de blé. Vingt quatre mille personnes dans des régions fortement peuplées, à Amadia notamment qui se trouve non loin de la frontière turque, bénéficient de cette première distribution qui est de plus de deux cents tonnes. Le défit maintenant est de maintenir ce couloir depuis la Turquie. Jusqu'à présent, huit cent cinquante tonnes environ de la farine de blé ont été déchargées à Dohuk. Environ mille tonnes se dirigent dans un convoi de cinquante cinq camions à la frontière irako turque destiné à Irbil. Quant aux convois du PAM depuis la Turquie, les livraisons en retard des mois de mars et d'avril à cette région pour les commodités de base ont pu avoir lieu. Quant à Oum Qasr, nous n'avons pas de rapport final concernant la mission du PAM hier à Oum Qasr. Cependant, il semble qu'il y a de la nourriture dans la ville et qu'on n'a pas rapporté de pénurie pour l'instant. Alors que le port est ouvert, ce port ne peut néanmoins recevoir des grands bateaux, c'est à dire de plus de dix mille tonnes. Et le port n'a pas non plus d'électricité et les chemins de fer sont, selon des rapports, dans un état raisonnable, et les silos semblent être en bonne condition, c'est à dire un tiers de leur capacité normale.
Nejib : Merci Marteen et je donne la parole à Fadèla Chaib, porte-parole de l'OMS.
Fadèla : J'ai distribué à l'extérieur de cette salle un papier détaillé concernant les enfants en Irak. Aujourd'hui je voudrais mettre l'accent sur quelques points et comme vous le savez, le sept avril de chaque année, l'OMS célèbre la journée mondiale de la santé. le thème de cette année, est " Un environnement sain pour les enfants ". Par conséquent, nous voudrions mettre l'accent aujourd'hui sur les douze millions d'enfants, à savoir la moitié de la population et l'impact que la guerre a sur leur vie. Nous avons tous vu ces images choquantes des enfants victimes de ce conflit, et nous aimerions rappeler toutes les parties à ce conflit à leurs obligations afin d'éviter des blessures causées à des civiles. Bien avant le début de ce conflit, les enfants irakiens souffraient de l'impact combiné de la pauvreté et des sanctions internationales. Le taux de mortalité infantile était avant la guerre deux fois plus élevé qu'il ne l'était en 1990. Un enfant sur huit mourrait avant d'atteindre l'age de cinq ans, un sur trois est mal nourri et un sur quatre commence sa vie avec un poids a la naissance inférieur a la normale. Les trois tueurs principaux sont les infections respiratoires aiguës, les maladies diarrhéiques et la rougeole. L'OMS reste également très préoccupée concernant l'impact psychologique de ce conflit, et également la perte des membres de familles sur leurs enfants et également les dommages physiques et psychologiques qui prendraient des années avant d'être soignés et qui laisseraient des traces indevinable sur les enfants. L'OMS a lancé un appel pour recevoir trois cents vingt cinq millions de dollar afin de couvrir les besoins sanitaires urgents en matière d'eau, de nutrition pour les populations vulnérables notamment les enfants. Il reste par conséquent impératif de s'assurer de la réinstallation rapide d'un environnement sain pour les enfants afin qu'ils puissent y vivre et grandir.
Nejib : Merci et je donne la parole à Wivina Belmonte, porte-parole de l'UNICEF.
Wivina : Merci. En ce jour journée mondiale de la santé, on peut supposer ce qu'un enfant de huit ans peut imaginer de cette catastrophe qu'il vit et de ce cauchemar qu'il vit. Cet enfant vit sans électricité et les hôpitaux reçoivent plus de cent blessés par heure, les écoles sont fermées et leurs nuits sont interrompues par les bruits de bombardements et de pilonnages. Les images que nous voyons sur les écrans de télévision nous montrent que les plus touchés sont les enfants blessés durant les conflits. Ce qui est plus difficile à montrer mais qui a un effet dévastateur est la pénurie d'eau et également les conditions de la santé qui se détériorent et la pauvreté et l'impact sur les enfants. L'UNICEF est très préoccupé par cette situation et nous sommes actifs au sud de l'Irak, au Nord et avec de la fourniture à Bagdad qui ont été prépositionnée avant le conflit.. Aujourd'hui l'UNICEF a envoyé un convoi de onze camions à travers les frontières du Koweït, destinés au sud de l'Irak y compris Bassora, Safwan et Zubair. Chaque camion transporte des provisions d'urgence, des milliers de tonne de l'eau potable et également de l'équipement médical destiné à ceux qui ont le plus besoin. Le convoi d'aujourd'hui, qui comprend soixante camions, est envoyé au sud de l'Irak avec plus d'équipements. Nous devons atteindre plus d'enfants dans plusieurs endroits. Avec chaque jour qui passe et avec la poursuite du conflit, l'alarme humanitaire sonne. C'est une question d'accès, c'est une question de distribution, une question de temps et également une question de vie pour les enfants irakiens.
Nejib : Merci. Je donne la parole à M. Chris Lom, porte-parole de l'OIM.
Chris : Meri Nejib. Je voudrais fournir les dernières informations concernant la situation sur les frontières entre la Syrie et l'Irak et également entre la Jordanie et l'Irak. Hier, treize palestiniens, parmi les trente trois palestiniens qui se trouvent au camp de transit à Rouaiched ont été autorisés à partir à Amman afin de rester avec leurs familles. Aujourd'hui, un Malien qui était dans le camp a pu rentrer à Bamako.
Depuis Amman avec l'OIM., Nous n'avons pas enregistré de nouvelles arrivées durant les vingt quatre dernières heures. Le nombre total de ressortissants des pays tiers qui sont arrivés en Jordanie est de sept cent cinquante six, parmi lesquels cinq cents six sont rentrés chez eux avec l'assistance de l'OIM. Il y a environ deux cents trente ressortissants des pays tiers dans le camp à Rouaiched. En Syrie, nous n'avons pas enregistré de nouvelles arrivées durant les dernières vingt quatre heures. Le personnel de l'OIM à la frontière Abu Kamal s'est retiré de manière temporaire de Deir al-Zor hier après avoir évacué trois nationaux et un réfugié irakien suite aux bombardements non loin de la frontière. Des explosions ont également été entendues hier à la frontière à al-Yarubia qui est un point de passage. Un bus de l'OIM qui était la bas a pu les transporter à l'intérieur de la Syrie, et ce à titre temporaire. L'OIM Syrie a rapatrié deux cents trente sept nationaux des pays tiers depuis le début du conflit. Et en dernier lieu, en Iran nous avons pu aider à transporter cent quarante soudanais de la région de la zone tampon sur les frontières irano irakiennes qui sont rentrés de Kermânchâh à Khartoum.
Nejib : Merci. Avez-vous des questions ?
Q : Merci, ma question est destinée à. Nejib. Vous avez certainement remarqué que le ministre irakien de l'Information a dit que si les Nations Unies restent gouvernées par les Etats-Unis ce sera un bordel. Quel est votre commentaire concernant cette remarque ?
R : Le peuple iraquien est la principale victime de ce conflit. Son destin devra être notre première préoccupation. Le Secrétaire Général a exprimé à maintes occasions sa compréhension au sujet de la frustration du peuple irakien et des autorités irakiennes. Mais vous comprendrez que ce genre de commentaire ne sera pas digne d'une quelconque réaction.
Q : Vous avez dit que l'horloge humanitaire sonne. Nous avons vu la semaine dernière que des convois humanitaires ou l'aide humanitaire a été distribuée par les forces envahissantes. Cependant nous avons remarqué que la population est très frustrée. Combien de temps allez-vous attendre ? Qu'en est il des pourparlers avec les personnes, avec les autorités avec qui vous être entrain de discuter, peut-être les militaires? Est-ce que vous pensez que vous allez avoir cet accès car comme vous le dites chaque jour qui passe augmente la souffrance du peuple irakien ?
R : Comme Nejib l'a dit tout a l'heure , le Secrétaire Général se réunit avec les membres du Conseil de Sécurité après avoir rencontré les membres des groupes régionaux la semaine dernière. Et nous sommes entrain de planifier cette aide humanitaire, et aussi longtemps que nous n'avons pas cet accès à l'intérieur du pays, notre tache reste difficile. Nous cherchons à avoir cet accès dans les plus brefs délais dans la plus part des localités à travers le pays afin de distribuer cette assistance. Je ne pourrais vous donner un calendrier précis car cela est impossible pour l'instant.
Q : Y a-t-il des discussions en ce moment avec les autorités militaires ? Devez-vous attendre que des réunions aient lieu à l'intérieur du Conseil de Sécurité ou essayez-vous de votre part de faire quelque chose ?
R : Nous avons des échanges d'informations avec le centre des opérations humanitaires basé au Koweït. C'est le point focal qui communique des informations aux forces militaires sur le terrain. Par contre, pour ce qui est d'organiser de l'assistance médicale d'envergure en Irak, nous n'avons pas encore pris des mesures à cet égard, le conflit se poursuit dans des régions ce qui limite l'aide. Et comme vous le savez, le CICR n'a pas pu atteindre certaines régions. Bien sur, nous avons des plans afin d'arriver a accéder à toutes les régions de l'Irak mais comme je l'ai dit, la question est celle de l'accès sur et nous avons l'espoir que nous allons pouvoir avoir cet accès Nous avons l'espoir que cette situation puisse de débloquer dans les plus brefs délais.
Q : Quels mécanismes allez-vous utiliser afin d'arriver aux populations notamment les Bagdadi, étant donné que vous n'avez pas une équipe à l'intérieur de Bagdad. Des milliers de personnes ne savent pas comment vous atteindre.
R : Ils vont utiliser les moyens qui s'avèrent nécessaires. Mais aussi longtemps que nous n'avons pas cette sécurité et aussi longtemps que nous ne pouvons pas avoir accès sur, nous sommes très limités. Comme vous le savez il y a des organisations qui oeuvrent et qui utilisent des stocks qui sont disponibles mais comme vous le savez les stocks médicaux sont entrain de diminuer. Comme je l'ai dit, je n'ai pas de calendrier, tout ce que je peux vous dire pour l'instant est qu'il y a une planification et aussi vite que cette opération sera possible nous le ferons.
Nejib : Il incombe aux forces belligérantes à l'intérieur de l'Irak d'assurer la protection des civiles et de répondre à leurs besoins.
Q : Ce matin, à l'ambassade des Etats-Unis, le chef de l'équipe "Desaster Team" a dit qu'il n'y a pas de crise humanitaire majeure à l'intérieur de l'Irak, et qu'il n'y a pas non plus de millions personnes déplacées à l'intérieur de l'Irak. Il a parlé de quelques centaines, voir des milliers pas plus. Je crois qu'il ne s'agit pas là d'une définition que l'on peut donner au mot " majeure ", puisqu'il a dit qu'il n'y a pas de . Quelle est votre réflexion, quel est votre commentaire ?
R : Le nombre des déplacés est difficile a estimer. Nous essayons d'avoir un chiffre exact. Cependant, je crois qu'ils sont plus de mille personnes depuis le début du conflit notamment au Nord. Quant au sud, comme nous l'avons dit, les derniers jours, ce nombre ne cesse de s'accroître. Si vous parlez de la situation alimentaire, comme vous le savez les réserves alimentaires iront jusqu'à la fin d'avril, et nous sommes à deux semaine de la fin du mois d'avril, donc la situation est déjà très critique. Le problème est bien la fourniture de médicaments aux hôpitaux et comme vous le savez, il y a une pénurie d'eau ce qui pourrait entraîner des épidémies. C'est une situation critique dans les domaines que je viens de mentionner et cette situation restera critique jusqu'à ce l'assistance soit fournie et ce de manière très rapide.
Q : Si l'assistance est prioritaire, avez-vous l'intention de collaborer avec les autorités militaires et également avec le centre basé en Jordanie ?
R : Nous aurons recours à l'escorte militaire en dernier lieu pour protéger la vie du personnel humanitaire. Nos contacts seront d'abord avec le centre humanitaire au Koweït. C'est là que nous allons échanger des informations concernant ce sujet. Nous travaillons à travers ce centre qui est basé au Koweït.
Q : Pensez-vous que la situation à Bagdad nécessiterait cette escorte militaire afin de fournir l'aide humanitaire ?
R : Je crois que le moyen le plus rapide serait par avion et je crois que c'est la façon la plus logique et pour l'instant nous n'avons pas de plan étant donné la situation sécuritaire sur le terrain.
Q : Est-ce que vous compter sur les Irakiens afin de délivrer cette aide et à quel degré de coopération vous attendez vous?
R : Comme je l'ai dit, à Oum Qasr nous voudrions renouveler les réserves alimentaires et par conséquent nous allons réfléchir à la possibilité d'utiliser ce système. Il y a également des organisations nationales irakiennes qui vont aider dans le domaine de l'assistance humanitaire et nous poursuivons cette coopération avec ces organisations.
Q : Ma question est adressée à l'OIM. Pourriez-vous nous donner d'autres informations concernant le réfugié irakien qui a été évacué durant les derniers jours et qui peut-être n'avait pas de document de voyage ?
R : Ce réfugié irakien a été évacué avec d'autres ressortissants des pays tiers depuis la frontière Abu Kamal au campo de réfugiés Al-Hull en Syrie, étant donné les combats qui ont lieu sur les frontières irakiennes.
Nejib : je ne vois pas d'autres questions. Je vous remercie et je vous donne rendez-vous ici à la même heure demain. Merci. |
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