|
||||||||||||||||||||
|
ARCHIVES :
Points d'information ONU à Amman [20 mars - 20 avril 2003]
Mr. Nejib Friji, Porte-parole des Nations Unies
Nejib : Bon après midi, le secrétaire général poursuit ses consultations concernant l'Irak avec les groupes régionaux des Nations Unies. Il va rencontrer aujourd'hui à 11H00 le groupe africain. Il se réunira aussi avec le groupe latino-américain et celui des Caraïbes à 4H00. Il sera accompagné de Louise Frechette, Vice secrétaire général, le coordinateur humanitaire des Nations Unies Kenzo Hoshima et le directeur du bureau de l'Irak Benan Sevane. Après les récentes informations au sujet de l'Irak, qui ont été fourni par le Vice -secrétaire général Louise Frechette, les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leurs préoccupations concernant l'accès de la population irakienne aux secours. L'ambassadeur du Mexique Adolfo Aguilar Zenser qui préside le Conseil de sécurité pour le mois d'avril, a dit dans un communiqué à la presse que les membres ont noté les remarques de Mme Frechette, à savoir que la situation n'était pas critique pour le moment , cependant le danger persiste. Le président du Conseil a également dit et je le cite : "les membres ont exprimé leurs préoccupations concernant l'accès au secours pour la population irakienne. Suite à l'adoption de la résolution 1472 qui a ajusté le programme pétrole contre nourriture, des mesures immédiates ont été prises afin d'établir les priorités des contrats et la coordination avec les pays avoisinants afin d'établir des ports alternatifs de fourniture de l'équipement d'urgence. Dans une réunion à huis-clos au Conseil de sécurité qui a eu lieu jeudi, Mme Frechette a dit qu'il y a des indications qu'il y a un engagement pour un montant de 1,2 milliards de dollar en réponse à l'appel d'urgence de 2,2 billions de dollars qui a été lancé la semaine dernière par les Nations Unies. Mme Frechette a noté également des pénuries d'eau et d'électricité dans des villes y compris à Basra et Bagdad. Ces pénuries sont très sérieuses. Elle a également dit au conseil que l'équipement sanitaire et le traitement d'eau et les équipements hygiéniques font défaut. La coupure de l'eau potable a augmenté les risques d'épidémies et les hôpitaux commencent également à manquer d'équipements. Le Vice secrétaire général a souligné que des centaines du personnel national des Nations Unies poursuivent leurs efforts afin d'aider dans les conditions actuelles.
Je vous remercie et je donne la parole au représentant du PAM, M. Khaled Mansour.
Khaled : Merci Nejib, bon après midi . Le personnel national, environ une centaine dans les pays limitrophes déploient leurs efforts. Aujourd'hui un convoi de 475 tonnes à bord de 19 camions se dirige vers les frontières turques pour traverser vers l'Irak. Ils sont en train de traverser au moment où nous parlons. Cet équipement fait défaut dans les provinces du nord qui n'ont pas reçu leurs rations de farine de blé depuis le début de mars. Les stockes de farine de blé à Dahouk et dans les deux gouvernorats du nord sont négligeables. Il n'y a pas eu de distributions, ces derniers jours, ni à Irbil ni à Souleimanya. Environ cinq milles tonnes de nourriture ont été distribuées depuis l'éclatement de la guerre. La plus part des familles ont encore leurs provisions. La majeure préoccupation est celle qui concerne la sécurité. Les prix du marché sont de 80% plus cher pour ce qui est de la farine du blé, 50% pour l'huile végétal et le thé. Autrement les fruits et les légumes et le poulet sont les produits principaux vendus sur les marchés et nous avons reçu jusqu'à présent de la communauté internationale 25%. Il y a donc cinq jours depuis le lancement de notre appel et James Morris, Directeur exécutif du PAM a qualifié cette réponse comme un bon début afin de faire face à cette situation. Je vous remercie.
Nejib : Merci Khaled et je voudrai souhaiter la bienvenue à notre nouvelle collègue Wivina Belmonte, Porte parole de l'UNICEF. Vous avez la parole.
Wivina : Des étapes positives concernant la distribution de l'aide de l'UNICEF au sud de l'Irak. L'UNICEF envoie six camions aux faubourgs de Basra aujourd'hui, ce qui constitue la première opération qui a pu atteindre l'intérieur du pays depuis le début des hostilités. Nous avons environ onze camions qui traversent depuis le Koweït. Ces camions vont livrer des aides à Safwan, Zoubeir et au sud de Basra. Cela comprend de l'eau potable et également des kits de santé d'urgence. Lorsque les chauffeurs sont revenus de Zoubeir il y a quatre jours, ils ont rapporté qu'une liste de cinquante médicaments font défauts pour les enfants. Aujourd'hui une partie de cette aide a été fournie aux hôpitaux. Un kit de médicaments (...) un défi, et ce défi reste majeur pour l'UNICEF. La route également à l'intérieur du nord de l'Irak depuis la Turquie a été couronnée de succès. Deux camions d'équipements de base ont commencé depuis le début de cette semaine et nous allons voir douze autres camions qui vont partir demain. Parmi nos préoccupations majeures, la coupure d'électricité et également le manque d'eau potable. Nous avons remarqué comment la situation s'est détériorée à Basra lorsque l'eau a été coupée. Donc l'UNICEF a concentré ses efforts afin de s'assurer que l'eau potable peut être disponible à Bagdad même s'il y a une coupure d'électricité. Cinq millions de personnes dépendent de l'eau potable pour leurs besoins quotidiens et comme vous le savez le manque d'eau constitue un danger notamment pour les enfants. Les enfants dans toutes les régions de l'Irak sont piégés par un conflit et ils sont les premiers à payer le prix.
Nejib : Merci Wivina et je donne la parole à David Wimhurst, Porte parole du coordinateur humanitaire pour l'Irak.
David : Bon après midi, je voudrai commencer par les informations récentes concernant les mouvements de populations à l'intérieur de l'Irak. Environ trente milles personnes déplacées de la région de Amara dans le gouvernorat de Missane se trouvent à cinq kilomètres environ de la frontière iranienne. Pour l'instant il n'y a pas eu d'indications qu'ils ont l'intention de franchir la frontière. Dix milles personnes auraient quitté Bagdad et se dirigent vers Badreh qui se trouve à dix kilomètres de la frontière. Il y a d'autres rapports qui rapportent qu'il y a d'autres petits groupes de déplacés qui ont besoin d'assistance à Oum Qasr, Basra, Najaf et Nassirya, mais nous n'avons pas de chiffres concernant ces groupes. Au nord du pays l'UNOPS, Mine Action Programme et d'autres ONG sont en train d'œuvrer notamment en matière d'éducation, Mine Risks Education qui concerne également une reconnaissance d'explosifs. A Bagdad, le CICR poursuit la fourniture de l'eau potable aux hôpitaux et également aux stations de distribution d'eau potable au sud de la ville. Des réparations d'usines se poursuivent. Le manque d'électricité dans la ville présente une grande menace à la population. A Basra la situation en matière d'eau semble être sous contrôle, les usines de traitement d'eau à Chahine et Zoubeir fonctionnent de nouveau et 80 milles personnes qui ont été coupées ont pu être re-alimentées. L'évaluation humanitaire à Oum Qasr et la première évaluation en matière d'eau potable, sanitation et en matière de nourriture. Notre équipe retournera à Koweït ce soir.
Nejib : Merci et je donne la parole au porte parole du HCR, Peter Kessler.
Peter : Merci, nous n'avons pas eu d'afflux de réfugiés irakiens, cependant nous continuons de répondre aux besoins d'un certain nombre d'irakiens. Le gouvernement syrien a confirmé aujourd'hui sa politique de frontières ouvertes pour les réfugiés irakiens. Le HCR a également demandé aux pays limitrophes d'offrire un séjour de trois mois à tous les demandeurs d'asile venants de l'Irak. Durant la semaine dernière, notre bureau à Damas a été approché par environ 2600 irakiens qui demandent d'être enregistrés par le HCR, c'est à dire de 40% des demandes que nous recevons quotidiennement. Cependant ces irakiens disent qu'ils sont partis par ce qu'ils ont peur de la guerre ou bien à cause de la détérioration de la situation sécuritaire. Certaines familles chiites qui sont arrivées en Syrie, des femmes ont dis que leurs maris sont restés en Irak pour protéger leurs propriétés. Nous sommes en train d'agrandir le camp de réfugiés Al Haoul, qui se trouve au nord-est de la Syrie afin de l'accommoder à un éventuel afflux de réfugiés irakiens. Nous sommes aussi en train d'emmagasiner des provisions pour dix milles personnes. A Al Haoul, nous avons un stock qui peut répondre aux besoins de vingt milles personnes. Pour l'instant les Irakiens résident à Damas chez des amis ou des parents, comme je l'ai dis les autorités syriennes vont assurer une protection à tous les Irakiens. Nous avons dis à ces Irakiens qu'ils n'ont pas besoin de s'enregistrer auprès du HCR. Merci.
Nejib : Je donne la parole au représentant de l'OIM, Chris Lom.
Chris : Merci Nejib, bon après midi, je voudrai vous donner quelques informations concernant les nationaux des pays tiers. En Syrie aujourd'hui, 41 soudanais ont quitté le camp de transit Abou Kamal, en direction de Damas. Ils vont quitter Damas pour Khartoum cette nuit avec l'OIM. Un groupe d'égyptiens qui sont arrivés mercredi à Abou Kamal ont décrit le voyage depuis Bagdad comme étant dangereux et exhaustif. Le groupe a dit qu'il a payé 1200 dollars pour le voyage à bord d'un camion. Ils ont rapporté que les routes sont fortement endommagées par les bombardements. Hier en Jordanie 19 égyptiens et 9 somaliens ont traversé la frontière Karama où ils ont été pris par les bus de l'OIM pour être transportés à 50 Km au camp de transit de Roueished. Aujourd'hui huit Somaliens et 11 Djiboutiens sont partis de Amman à Mogadiscio et Djibouti. Hier le nombre des réfugiés des pays tiers a atteint 738 depuis le début du conflit. Environ 506 de ces réfugiés sont de retour chez eux avec l'assistance de l'OIM. Il y a aujourd'hui environ 242 de nationaux qui se trouvent dans le camp de Roueished qui est géré par le Croissant rouge jordanien et supporté par la Fédération internationale des croissants rouges et de l'OIM. En dernier lieu vous pouvez trouver sur notre site Web également dans un communiqué de presse à l'extérieur de cette salle, la situation et la chronologie des développements. Ce système qui a été établi en collaboration avec le National Geographic comprend une analyse (...) concernant les activités de l'OIM dans la région.
Nejib : Merci et je donne la parole à Fadéla Chaib représentante de l'OMS.
Fadèla : L'OMS reçoit des rapports d'un nombre croissant de blessés civils à l'intérieur et au tour de Bagdad et à Basra et dans d'autres villes du sud et du centre de l'Irak. Le CICR rapporte une situation troublante dans la ville d'Al Hilla qui se trouve à 100 km de Bagdad où 300 personnes seraient blessées. L'hôpital semble être dépassé par les malades et œuvre afin de faire face à la situation. Il est clair que les blessés sont le résultat direct du conflit et constituent le problème de santé majeur en Irak. Aujourd'hui les pénuries en médicaments et en équipements médicaux sont également menacés par le siège. Les hôpitaux ne peuvent plus faire face et par conséquent les soins de santé publique deviennent notre préoccupation majeure afin de fournir l'aide médicale. Hier j'ai parlé de l'éruption de la rougeole à Kapanka qui se trouve à 20 km de Souleimanya. Une équipe a visité ce village hier. Il a été rapporté qu'il n'y a pas de nouveaux cas. Tous les centres dans la région ont été mis en alerte et les enfants dans ce village ainsi que dans les villages avoisinants vont être vaccinés. A propos de l'eau, l'OMS reste très préoccupée par le manque de l'eau notamment à Bagdad ces derniers jours et cela est grave car étant donné la hausse des températures à travers l'Irak et la pénurie de l'eau va inévitablement causer l'éruption de maladies transmissibles ou contagieuses. Merci
Nejib : maintenant, place aux questions.
Q : savez vous quelle est la situation des générateurs de soutien à Bagdad ? Avez vous des informations concernant l'état de ces générateurs ?
R : non je n'ai pas reçu d'informations. Je peux vous donner une information concernant ce que nous avons fait avant le conflit. Un système d'eau à Bagdad même en cas de conflit doit fonctionner. C'est là un lien entre l'eau potable et la santé des enfants. L'eau potable reste cependant nécessaire pour la santé des enfants. Bien avant le conflit l'accès à l'eau potable était un problème. Je crois que 1,5 de personnes n'avaient pas accès à l'eau potable. Cela compte pour 70% des maladies infantiles. Ces maladies sont par exemple la diarrhée. Un enfant souffre de 15 cas de diarrhée étant donné qu'il boit de l'eau non potable par conséquent un générateur de soutien doit être réparé et doit continuer à fonctionner. Merci.
Q: à M. Chris Lom. Je reviens du camp de réfugiés à Rouaiched. Il y avait un porte-parole du Croissant Rouge, M. brahimi. Il m'a dit qu'aujourd'hui et également hier, on n'a pas vu de nouveaux réfugiés. Il a dit également qu'il n'avait que 467. Comment expliquez-vous cette différence?
R: Les informations que j'ai, je les ai reçues hier soir à la fin de la journée. Sept cents quarante huit donc, avec cinq cents six qui retournent chez-eux. Je ne comprends pas pourquoi il y a cette différence. Tout simplement je voudrais juste vous demander de voir le papier que j'ai distribué hier. Et concernant les départs et les arrivées durant les 24 dernières heures, comme je l'ai dit huit égyptiens, onze djiboutiens, il y a donc des djiboutiens et des somaliens qui doivent quitter aujourd'hui. Je ne comprends donc pas pourquoi en fait il y a cette différence de chiffres.
Q : Concernant la situation alimentaire, je me rappelle que les responsables irakiens ont dit qu'ils ont suffisamment de provisions pour sept mois. Comment donc allez-vous agir ? Est-ce que vous pensez que donc par conséquent que les personnes ont de la nourriture pour sept mois et par conséquent qu'ils ne vont pas demander votre aide ? Deuxièmement, je crois qu'il y a eu des cargaisons qui ont été envoyées et qui ont été retournées par les autorités irakiennes. Avez-vous une information concernant la politique qui consiste à faire retourner cette aide et comment les Nations Unies réagissent-elles à ce genre d'initiative ?
R: Le gouvernement qui gère le programme " Pétrole contre nourriture " au sud et au centre, et nous, au nom du gouvernement depuis l'année dernière la distribution double ont été fournies. Cependant, d'après notre évaluation en prenant en considération que même les rations normales ne pourraient suffire au-delà de vingt jours, et des pauvres ont reçu des rations supplémentaires mais ils les ont vendus sur le marché. Par conséquent, nous pensons que d'ici fin…à partir de mars, ils ne pourront avoir ces vivres pour une période de six mois. Oui, sur le papier, les gens ont de la nourriture jusqu'en juillet. Cependant, au Nord, les rations ne couvrent pas tout. Par exemple, ils ne couvrent pas la farine de blé qui reste une composante très importante de ce programme.
Q : Pour David : Pourquoi des camions ont rebroussé chemin?
R : Nous avons vu des rapports concernant cette question, c'est là une décision qui a été prise par les autorités irakiennes et nous ne pouvons pas parler en leur nom. Nous tous ici, nous pensons que la situation à l'intérieur de l'Irak devient, de jour en jour très critique.
Q : Pourquoi le gouvernement a décidé de ne pas accepter ces camions ?
R : C'est une question que vous devez poser aux autorités irakiennes.
Q : Non, ma question était la suivante : Est-ce qu'une telle situation est déjà arrivée par le passé et comment allez-vous réagir ?
R : Tous convois des Nations Unies qui irait à l'intérieur de l'Irak se fera selon un accord avec toutes les parties en conflit y compris, je l'espère, les autorité irakiennes. Par conséquent, il y a cet accord et nous travaillons conformément à cet accord et nous n'avons pas anticipé pour ce qui est donc des réactions.
Avez-vous d'autres questions ? Deux questions.
Q : Avez-vous des informations concernant l'impact des bombes à fragmentation sur la populations civiles?
R : Non, nous n'avons aucune information concernant la situation. Nous pouvons tout simplement extrapoler par rapport à ce qui s'est passé dans le passé. L'UNICEF avec le CICR œuvre en vue d'élaborer un protocole additionnel concernant ces bombes à fragmentation et également les mines. Ces bombes constituent donc un legs du passé et ne devraient pas être utilisées, donc notre majeure préoccupation est leur usage et également lorsque ces bombes n'explosent pas forcement. Donc nous ne sommes pas devant des fragments et des débris de ces bombes mais également quinze à vingt pour cent de ces bombes n'explosent pas. Certaines de ces bombes sont colorées et elles attirent les enfants et par conséquent les enfants sont blessés par ces bombes à fragmentation.
Q : Ma question est au PAM. Vous avez dit que cinq cents tonnes et dix neuf tonnes. Vous avez parlé de cinq cents tonnes et dix neuf camions. ?
R : Alors si vous voulez des chiffres précis, dix neuf camions. Dix neuf qui traversent et d'autres vont traverser demain, de la Turquie au nord de l'Irak.
Je vous remercie, et je vous vois après-demain, je répète bien après demain dimanche à la même heure. |
|||||||||||||||||||