Afrique Horizon

Afrique Renouveau: 
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REGION DES GRANDS LACS
Un sommet pour la paix et l’intégration

Les 14 et 15 décembre, les chefs d’Etat de la région des Grands Lacs se réuniront à Nairobi (Kenya) pour signer un accord destiné à apporter paix, stabilité et prospérité à des pays en proie depuis longtemps à des guerres civiles et des conflits. L’accord comprend des projets, des plans d’action et des protocoles négociés au cours des deux dernières années par les gouvernements et les peuples des 11 pays qui participent à la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs, parrainée par l’ONU et l’Union africaine.

M. Ibrahima Fall, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs, explique que l’accord constitue un cadre de coopération et d’intégration régionale entre les pays de la région dans quatre domaines : paix et sécurité, démocratie et bonne gouvernance, développement économique et intégration régionale, questions sociales et humanitaires.

Mr Ibrahim Fall Ibrahima Fall, Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU pour la région des Grands Lacs : “Si nous pouvons stabiliser et développer la région, nous pouvons contribuer à construire une Afrique plus forte.”
Photo: UN / Mark Garten

La conférence bénéficie de l’appui d’un groupe de pays bailleurs de fonds, les Amis de la région des Grands Lacs, co-présidé par le Canada et les Pays-Bas. Ce groupe participera également à la phase de mise en œuvre de la conférence. Les pays participants sont : Angola, Burundi, République centrafricaine, République démocratique du Congo, Kenya, République du Congo, Rwanda, Soudan, Ouganda, Tanzanie et Zambie.


POLITIQUE DE PRÊT RESPONSABLE
La Norvège annule les ‘dettes illégitimes’

En octobre, la Norvège a créé un précédent en annonçant l’annulation de 80 millions de dollars de “dettes illégitimes” accumulées par cinq pays en développement — Egypte, Equateur, Pérou, Jamaïque et Sierra Leone. C’est la première fois qu’un pays créancier cite le manque de légitimité comme critère d’annulation de dettes. Le Ministre norvégien du développement international, Erik Solheim, a déclaré que la décision avait été prise quand le gouvernement a reconnu “l’échec de la politique de développement”. Entre 1976 et 1980, le pays a exporté des navires vers les pays en développement, politique destinée principalement à profiter à l’industrie norvégienne de la construction navale en crise plutôt qu’à aider au développement des pays concernés. “L’annulation de ces dettes aura des conséquences sur notre façon d’envisager à l’avenir une politique de prêt responsable”, a-t-il conclu.

Les militants anti-dettes font depuis longtemps campagne pour l’annulation des dettes qui résultent de politiques de prêt imprudentes, y compris au profit de gouvernements irresponsables. “C’est une décision audacieuse qui a des ramifications importantes pour les autres prêteurs”, affirme Mme Gail Hurley de l’ONG Réseau européen sur la dette et le développement (Eurodad). “Il n’est pas juste que les populations des nations endettées continuent à payer le prix d’une politique de prêt passée qui était corrompue, imprudente et fondée sur des motifs politiques. Aujourd’hui, le silence a été brisé et nous demandons instamment aux pays créanciers, en particulier les pays européens, de suivre le courageux exemple de la Norvège.”


DISTRIBUTION DE L’AIDE
La CNUCED prône une nouvelle approche

La Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) demande que soit adoptée une nouvelle approche dans le domaine de la distribution de l’aide au développement, avec notamment l’établissement d’un fonds indépendant administré par l’ONU, afin que les pays riches soient à même de respecter leur promesse de doubler l’aide au développement accordée aux pays pauvres. Dans un rapport publié en septembre, la CNUCED argumente que de nouvelles dispositions devraient remplacer “le système chaotique actuel, dans lequel un trop grand nombre d’organismes … font la promotion de trop nombreux projets de développement qui entrent parfois en concurrence, sont souvent mal adaptés aux objectifs de développement des bénéficiaires, sont coûteux à administrer et dont la multiplicité des règles et des conditions plonge souvent les gouvernements africains dans la confusion et la paralysie."

D’après ce rapport, intitulé Le Développement économique en Afrique 2006, l’aide au développement en direction de l’Afrique devrait non seulement être doublée, mais également être déboursée de manière multilatérale, éventuellement par un fonds des Nations Unies indépendant des pressions politiques.

Nominations

Mr Shola OmoregiePhoto: UN Photo

Le Secrétaire général de l’ONU a nommé M. Shola Omoregie (Nigéria) au poste de Représentant en Guinée-Bissau et chef du Bureau d’appui des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Guinée-Bissau (BANUGBIS). M. Omoregie travaille à l’ONU depuis 1978 à divers postes. Il a été le premier Représentant résident au Botswana du Commissaire des Nations Unies pour la Namibie (1978), avant d’occuper le même poste en Angola. Il a aussi fait partie du Comité spécial des opérations de maintien de la paix des Nations Unies et été jusqu’ici membre de la Division des affaires du Conseil de sécurité au sein du Département des affaires politiques de l’ONU.

M. Victor da Silva Angelo (Portugal) a été nommé Représentant exécutif au Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone (UNIOSIL). Il remplira également les fonctions de Représentant résident du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et de Coordinateur résident des Nations Unies dans ce pays. Il a auparavant représenté le PNUD en République centrafricaine, au Timor oriental, en Gambie, en Tanzanie et au Zimbabwe. Il a aussi été Directeur régional adjoint pour l’Afrique au siège du PNUD à New York.