Suivi du NEPAD

S’assurer le soutien des milieux d’affaires pour les Objectifs du Millénaire en Afrique
Afrique Renouveau: 
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L’Afrique ne pourra réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) que si elle réussit à mobiliser tous les acteurs intéressés, dont le secteur privé. Tel est l’avis de la centaine de participants à une conférence qui s’est déroulée le 4 juillet à Londres. Tenue la veille du Sommet du Groupe des Huit en Ecosse et le jour de l’ouverture du Sommet de l’Union africaine en Libye, cette manifestation a lancé officiellement un projet du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), appelé “Bending the Arc” qui a pour objet d’encourager les milieux d’affaires du continent à faire avancer les OMD. Cette manifestation, organisée conjointement par le Secrétariat du NEPAD, l’African Business Roundtable (ABR), et l’ONU, était en outre par-rainée par Coca-Cola, Visa International, Nestlé et d’autres sociétés.

Il est indispensable de rendre l’Afrique plus séduisante pour les milieux d’affaires si “l’on veut mettre fin à sa dépendance envers l’aide extérieure et lui assurer la croissance autonome qui permettra de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement,” affirme Bamanga Tukur, patron de l’ABR et président du Groupe du NEPAD chargé du secteur des entreprises.

Mark Malloch Brown, chef de cabinet du Secrétaire général de l’ONU, a salué l’objectif du projet, car “les pouvoirs publics ne peuvent à eux seuls” réaliser les OMD. Il a cependant mis en garde contre l’adoption “de solutions purement privées” qui risquent de placer les coûts de l’eau ou des technologies de l’information hors de portée des populations démunies. L’Afrique a besoin de “partenariats novateurs, au sein desquels des garanties d’Etat, une réglementation publique efficace, et, le cas échéant, une aide publique à la création d’entreprises contribuent à offrir des mesures d’incitation et un cadre législatif propices aux activités du secteur privé et à relier les populations à ces infrastructures élémentaires."

Les participants ont convenu qu’il appartenait aux milieux d’affaires :

  • d’offrir des plans de santé, y compris pour la prévention et le traitement du VIH/sida à leurs employés et aux familles de ces derniers
  • d’instaurer la bonne gouvernance dans l’entreprise ainsi que des procédures comptables transparentes
  • de contribuer au renforcement des moyens d’action d’autres partenaires, dont les gouvernements et la société civile, pour la réalisation des OMD
    de payer des impôts
  • de mobiliser le soutien du secteur privé au NEPADet de collaborer avec les différentes communautés économiques régionales du continent pour stimuler la concurrence et faciliter l’accès aux marchés.

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L’évaluation intra-africaine se poursuit

Lors de la réunion au sommet d’Abuja (Nigéria), qui a été con-sacrée à la mi-juin au Mécanisme d’évaluation intra-africaine, l’équipe de gestion du processus a soumis ses deux premiers rapports nationaux, sur le Ghana et le Rwanda. “C’est là, a affirmé le Président nigérian Olusegun Obasanjo, un grand progrès qui traduit notre volonté absolue d’améliorer la situation.” Le processus d’évaluation prévoit l’examen par une équipe d’experts africains des pratiques de gouvernance politique et économique des pays qui y participent.

Les autorités du Ghana et du Rwanda pourront répondre aux conclu-sions des rapports et indiquer les mesures qu’elles entendent adopter pour améliorer leur gouvernance à la prochaine réunion d’évaluation intra-africaine en novembre 2005. Vingt-trois pays africains participent actuellement au mécanisme et les pra-tiques en vigueur au Kenya et à Maurice seront examinées prochainement; ce sera ensuite le tour des pratiques en vigueur en Ouganda, au Nigéria et en Algérie.

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‘Poissons pour tous’

Le secteur de la pêche en Afrique assure la subsistance de 10 millions de personnes et l’alimentation de 200 millions d’autres. Il s’agit bien d’une activité essentielle à la sécurité alimentaire et au développement économique du continent, ont affirmé les chefs d’Etat africains à l’occasion de la réunion au Sommet “Poissons pour tous” qui s’est déroulée en août.

Some 10 million people work in Africa’s fishing sector Quelque 10 millions de personnes travaillent dans le secteur de la pêche en Afrique, qui en nourrit 200 millions d’autres.
Photo: FAO / A. Conti

Le Sommet, qui s’est tenu à Abuja (Nigéria), constituait un suivi au Programme intégré du NEPAD pour le développement de l’agriculture en Afrique et a permis de souligner les possibilités qui s’offrent à ce secteur d’activité et les dangers qui le guettent. Les participants ont estimé qu’on pouvait “accroître les profits dans les secteurs de la pêche et de l’aquaculture durables pour satisfaire une demande toujours croissante d’alimentation à base de poisson dans nos pays ainsi qu’à l’échelle mondiale.” Ils ont, néanmoins, exprimé leur grave préoccupation devant “l’épuisement des ressources de la pêche, la détérioration des environnements aquatiques et les menaces posées aux secteurs de la pêche et de l’aquaculture durables."

Les dirigeants réunis ont notamment préconisé :

  • l’intensification de la coopération régionale dans les domaines de la pêche et de l’aquaculture
  • une participation plus active des commu-nautés de pêcheurs et d’aquaculteurs et des membres de la société civile au pro-cessus de prise de décisions
  • l’établissement d’un climat propice aux investissements dans les activi-tés de pêche et d’aquaculture
  • l’utilisation judicieuse de l’esprit d’entreprise des petits pêcheurs, des aquaculteurs, des commerçants de poissons et des fournisseurs de services
  • la préservation et la restauration des environnements aquatiques
  • et la promotion du commerce de produits de pêche artisanale et industrielle
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