Afrique en Bref

Afrique Renouveau: 
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Le Conseil de sécurité prend des mesures contre l’emploi d’enfants soldats

Security Council action against using child soldiers
Photo: UNMIL / Eric Kanalstein

En juillet, le Conseil de sécurité de l’ONU a pris ses premières mesures concrètes pour identifier et isoler les groupes ou pays qui utilisent des enfants soldats. La résolution 1612 met en place un mécanisme de surveillance et de communication de l’information permettant à l’ONU d’obtenir des informations concernant les violations graves dont sont victimes les enfants dans les conflits armés afin que des mesures soient prises ultérieurement. Le Conseil a publiquement identifié 54 parties qui utilisent des enfants soldats dans le monde, notamment les milices Janjaweed au Soudan, l’Armée de résistance du Seigneur en Ouganda et les forces gouvernementales en République démocratique du Congo et en Ouganda. On estime que 250 000 à 300 000 enfants sont utilisés comme combattants, porteurs, espions et esclaves sexuels dans le monde, et que le problème est le plus grave en Afrique et en Asie.

Avec l’adoption de la résolution, “nous entrons maintenant dans ‘l’ère de l’application’,” a déclaré le Représentant spécial des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés d’alors, Olara Otunnu. Selon lui, la résolution rassemble “tous les éléments que nous avons développés, pour assurer l’obligation de rendre des comptes et le respect des dispositions sur terrain. C’est un tournant qui aura des conséquences énormes."

La résolution intime aux contrevenants d’établir des plans d’action assortis de calendriers pour mettre fin à toutes les violations contre les enfants dans les conflits armés. Tout manquement pourrait conduire à l’adoption de mesures telles que l’embargo sur les armes, l’interdiction de voyager et les restrictions financières.

L’Afrique peut progresser plus rapidement dans la réalisation des OMD, dit la CEA

Malgré le pessimisme généralisé, certains pays africains sont en passe d’atteindre les cibles fixées par la communauté internationale et dénommées objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), indique la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA). Quatorze pays d’Afrique subsaharienne, sur 30 dans le monde entier, ont pu, à ce jour, réduire le nombre de personnes connaissant la faim d’au moins 25 %, indique le rapport intitulé The Millennium Development Goals in Africa — Progress and Challenges.

Au moins 14 pays africains ont déjà réalisé l’objectif d’une éducation primaire pour tous, ou sont en passe de le réaliser. La proportion d’enfants qui vont à l’école en Afrique a augmenté, passant de 50 % en 1990 à 61,2 % en 2000.

Pour M. K.Y. Amoako, alors Secrétaire exécutif de la CEA, “l’Afrique a besoin de progresser bien plus rapidement et nous montrons la voie à suivre ; mais on donne parfois l’impression qu’aucun progrès n’est réalisé. Ce n’est pas le cas."

Cela étant, de nombreux pays sont à la traîne et certains ont régressé. ’espérance de vie moyenne, par exemple, est passée de 50 à 46 ans. Il est évident, indique le rapport, que l’ensemble de l’Afrique sub-saharienne ne réalisera pas les OMD à la date fixée. Mais la CEA soutient que les gouvernements peuvent réussir à réduire l’extrême pauvreté s’ils s’appuient sur les OMD pour élaborer leurs politiques de développement.

La CNUCED met l’Afrique en garde contre l’investissement étranger

Dans un rapport publié en septembre et intitulé ‘Le développement économique en Afrique : repenser le rôle de l’investissement étranger direct,’ la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) met en garde les pays africains contre une approche trop étroite qui privi-légierait l’investissement étranger direct (IED) compromettant ainsi le développement et la croissance économique à long terme. Le rapport appelle donc à adopter une adopter une approche plus équilibrée s’agissant de l’IED.

Attirer l’investissement étranger direct a occupé une place de choix dans les stratégies économiques en Afrique ces dernières années, en partie parce qu’il assure des apports financiers extérieurs sans accroître l’endettement des pays. “L’IED peut jouer un rôle constructif … en transférant du capital, des compétences et du savoir-faire,” dit M. Samuel Gayi, l’un des auteurs du rapport. Toutefois, ajoute-t-il, sa contribution au développement est fonction des conditions macroéconomiques et structurelles d’ensemble.

L’Afrique attire traditionnellement l’IED dans des secteurs de production primaire orientés vers l’exportation, notamment les secteurs du pétrole et de l’exploitation minière, sans guère de liens avec les autres secteurs économiques. Le fait que ces secteurs extractifs se disputent l’investissement a conduit à ce que certains observateurs qualifient de “course vers le bas”, note la CNUCED. Ce faisant, les gouvernements ont abandonné les “politiques nécessaires pour organiser un mode de croissance à plus long terme” tel que le développement des infrastructures.

Les réformes des politiques ont plutôt porté sur la libéralisation, la privatisation et la déréglementation. Bien qu’elles visent à améliorer le cadre d’investissement, elles n’ont pas permis d’accroître les flux d’IED vers les secteurs productifs ni de stimuler la croissance ou de réduire la pauvreté, indique la CNUCED.

Les apports d’IED à l’Afrique sont passés de 2,2 milliards de dollars par an au cours des années 1980 à un montant record de 18 milliards en 2004. Cette hausse tient toutefois à une augmentation de la demande de ressources naturelles telles que les combustibles fossiles, le platine, le chrome et les diamants, indique la CNUCED. Neuf des 10 principaux pays africains qui ont bénéficié d’investissement étranger direct en 2003 disposent d’importantes réserves minérales et pétrolières. Malgré les politiques visant à attirer l’IED, le continent n’a reçu qu’environ 2 % des apports mondiaux entre 2000 et 2004, contre 4,4 % pendant les années 1970.

Les politiques d’ajustement imposées à l’Afrique au cours des 20 dernières années n’ont amélioré ni la quantité ni la qualité de l’IED, dit M. Richard Kozul-Wright, économiste à la CNUCED. Et lorsque l’investissement étranger direct a été fourni, il n’a pas encouragé l’investissement local ni accru les revenus de l’Etat. M. Kozul-Wright prévient que le fait de s’employer à attirer davantage d’IED par la libéralisation et la rationalisation de l’Etat “ne fera pas l’affaire.”