Afrique en Bref

Afrique: règlement pacifique d’un contentieux frontalier
Afrique Renouveau: 
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Les Présidents du Nigéria et du Cameroun ont signé un accord en juin mettant fin à un contentieux frontalier de longue date, au terme duquel le Nigéria s’engage à retirer ses troupes de la Péninsule de Bakassi, région riche en pétrole du Golfe de Guinée, dans les 60 jours. Le Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a qualifié cet accord de “remarquable exercice en matière de prévention de conflits”. Il a félicité les Présidents Obasanjo du Nigéria et Biya du Cameroun pour leur “patience, ténacité, souplesse et modération”.

Photo: Cameroon President Paul Biya  shakes hands with Nigerian President Olusegun Obasanjo  as UN Secretary-General Kofi Annan applauds Pour marquer le règlement du contentieux de Bakassi, le Président camerounais Paul Biya (à gauche) serre la main du Président nigérian Olusegun Obasanjo (à droite) sous les applaudissements du Secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan (au centre).
Photo: UN / Eskinder Debebe

La question de la péninsule de Bakassi a fait l’objet pendant de longues années d’un désaccord profond entre les deux pays, les tensions frôlant parfois le conflit armé. Pas plus tard que l’an dernier, deux soldats camerounais ont été tués dans des échauffourées. En 1994, le Cameroun a porté le contentieux frontalier devant la Cour internationale de Justice. Celle-ci a tranché en 2002 en faveur du Cameroun, mais le Nigéria n’a pas tout de suite accepté cette décision. Des pourparlers ont suivi dans le cadre de la Commission mixte Cameroun-Nigéria, qui viennent d’aboutir au retrait volontaire du Nigéria.


Des pays pauvres prônent la bonne gouvernance

Malgré l’insuffisance de leurs ressources humaines, bon nombre des 50 pays les moins avancés (PMA) de la planète ont réalisé d’importants progrès en matière de bonne gouvernance au cours des 20 dernières années, affirme une étude de l’ONU récemment publiée. Les conclusions de l’étude, intitulée Governance for the Future : Democracy and Development in Least Developed Countries, remettent en cause l’opinion répandue selon laquelle les pays les plus pauvres ne peuvent établir des régimes démocratiques stables.

L’étude, qui note que de nombreuses “initiatives novatrices de gouvernance démocratique” sont actuellement appliquées dans les pays les moins avancés, dont 34 en Afrique, a été réalisée par le Programme des Nations Unies pour le développement et le Bureau du Haut Représentant des Nations Unies pour les pays les moins avancés, les pays sans littoral et petits États insulaires en développement. “Certaines des solutions les plus efficaces et imaginatives pour résoudre les problèmes liés au développement proviennent des PMA eux-mêmes”, a commenté le Secrétaire général adjoint Anwarul K. Chowdhury, qui dirige le Bureau des PMA.


Croissance économique de l’Afrique : des raisons d’être optimistes

La croissance économique en Afrique sera probablement très importante en 2006, estime un rapport détaillé publié en mai par la Banque africaine de développement (BAfD) et l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE) des pays industrialisés. The African Economic Outlook 2005/2006 prévoit en effet que la croissance du produit national brut (PNB) du continent atteindra 5,8 % cette année et 5,5 % en 2007.

Pourtant, la plupart des pays africains continuent de se heurter à d’importants obstacles dans la lutte contre la pauvreté et la réalisation des autres objectifs du Millénaire pour le développement adoptés par la communauté internationale, soulignent le Président de la BAfD Donald Kaberuka et le Directeur du Centre de développement de l’OCDE Louka Katseli, tout en précisant que le renforcement de la croissance fournit “des raisons d’être optimiste”.

A partir d’études détaillées menées dans 30 pays africains, représentant 86 % de la population du continent et 90 % de sa production économique, le rapport attribue cette croissance à plusieurs facteurs : la croissance soutenue au sein de l’OCDE et en Asie, qui stimule la demande de produits africains, ainsi que la hausse des cours mondiaux du pétrole et des exportations africaines de métaux. Il y a aussi le relèvement économique dans plusieurs pays victimes de la sécheresse, l’accroissement des investissements privés, l’augmentation de l’aide extérieure et des mesures d’allègement de la dette, une plus grande transparence dans la gestion publique, une meilleure stabilité politique et des progrès en matière de démocratie.

Le rapport reconnaît toutefois que la croissance est inégale. De surcroît, préviennent ses auteurs, leurs prévisions se fondent sur des “hypothèses quelque peu optimistes”. Les cours mondiaux du pétrole pourraient par exemple se maintenir à des niveaux plus élevés que prévu, augmentant la facture pétrolière des pays importateurs et freinant leur croissance. La hausse progressive de l’aide extérieure n’est pas non plus certaine.

A l’occasion de la publication du rapport, le Secrétaire général adjoint Legwaila Joseph Legwaila, nouveau Conseiller spécial de l’ONU pour l’Afrique, a salué l’importance accordée dans le rapport aux questions de gouvernance. “Nous savons que les réformes fiscales et monétaires et la restructuration économique en général n’ont aucune chance d’aboutir si elles ne s’accompagnent pas de progrès dans le domaine de la gouvernance politique”, a-t-il dit.

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