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A village in the eastern Congo hit by fighting in NovemberVillage de l’est du Congo éprouvé par les combats de novembre: deux cent cinquante mille civils ont été déplacés dans la région.
Photo: Reuters / Finbarr O'Reilly

RDC
L'ONU cherche à mettre fin aux combats

En décembre, des pourparlers se sont ouverts à Nairobi sous les auspices des Nations Unies pour essayer de mettre fin aux combats qui ont repris dans l'Est de la République démocratique du Congo (RDC). Ces affrontements ont déplacé jusqu'à 250 000 personnes dans cette région déjà durement touchée et risquent d'impliquer des pays voisins. Les négociations entre le Gouvernement et les représentants des principaux groupes rebelles ont été menées par le nouvel Envoyé spécial du Secrétaire général de l'ONU pour la région des Grands Lacs, Olusegun Obasanjo, ancien président du Nigéria, et Benjamin Mkapa, ancien président de la Tanzanie.

Les combats ont repris en août dans l'Est de la RDC lorsque des unités du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), groupe rebelle dirigé par Laurent Nkunda, ont mené une offensive contre l'armée du Gouvernement dans le Nord Kivu. À la suite du repli des forces gouvernementales et de l'intervention d'autres milices rebelles, le Conseil de sécurité de l'ONU a décidé d'augmenter de 3 000 hommes les effectifs de la force de maintien de la paix, la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC). Environ 90 % des 17 500 casques bleus de la MONUC sont déployés dans l'Est du pays. La MONUC a fait savoir début décembre que les conditions de sécurité restaient précaires, que des atrocités continuaient d'être commises contre la population civile et que les organismes humanitaires des Nations Unies avaient toujours beaucoup de mal à accéder aux personnes déplacées et autres groupes vulnérables.

Le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a rappelé qu'il ne pouvait y avoir de solution militaire au conflit. Lors d'un sommet extraordinaire des chefs d'État de la région tenu à Nairobi en novembre, il a déclaré craindre que d'autres pays de la région ne sombrent dans ce conflit de la RDC, l'une des pires tragédies humaines de notre époque, a-t-il rappelé, qui a fait plus de 5 millions de morts au cours des dix dernières années.

En présentant son rapport final au Conseil de sécurité en décembre, un groupe d'experts chargé de contrôler l'application de l'embargo sur les armes imposé par l'ONU dans ce pays a déclaré avoir obtenu des preuves indiquant que les autorités rwandaises avaient facilité l'acheminement de matériel et de personnel militaire, y compris d'enfants, au CNDP, tandis que les forces gouvernementales congolaises avaient apporté leur appui aux Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), groupe rebelle basé en RDC, en participant avec elles à des opérations communes contre le CNDP.


INSECURITE ALIMENTAIRE
La faim progresse

D'après l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde a augmenté de 40 millions en 2008. On dénombre désormais 963 millions de personnes sous-alimentées, a indiqué la FAO dans son rapport publié en décembre, L'état de l’insécurité alimentaire dans le monde 2008. La faim pourrait progresser encore du fait de la crise financière et économique actuelle, mettent en garde les auteurs du rapport.

En 2007, un habitant sur trois de l'Afrique subsaharienne – soit en tout 236 millions de personnes – a souffert de la faim de façon chronique, ce qui représente la proportion la plus élevée de toutes les régions du monde, d'après le rapport.

Dans l'ensemble, indique la FAO, l'Afrique a réalisé quelques progrès contre la faim au cours des dernières années, la proportion de la population souffrant de la faim de façon chronique dans cette région étant tombée à 30 % en 2003-2005, contre 34 % en 1995-1997. Le Ghana, le Malawi, le Mozambique, le Nigéria et la République du Congo ont tous réalisé des progrès remarquables, le Ghana ayant déjà atteint l'objectif du Millénaire pour le déve­loppement (OMD) qui consiste à réduire de moitié d'ici à 2015 le nombre de personnes souffrant de la faim.

Cependant, a rappelé le Directeur-général de la FAO, Jacques Diouf, tout progrès accompli dans la réalisation des OMD risque d'être enrayé par le prix élevé des produits alimentaires. La crise alimentaire n'est “nulle part" finie, a-t-il déclaré.

Nomination

JosMichel SidibéPhoto: UN Photo / Esklinder Debebe

Le Secrétaire général de l’ONU a nommé Michel Sidibé (Mali) directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA). M. Sidibé a débuté sa carrière dans le domaine de la santé au Mali il y a près de 30 ans et est arrivé au poste de directeur de pays pour la fédération internationale Terre des Hommes. En 1987, M. Sidibé a rejoint l’UNICEF et a été affecté en République démocratique du Congo et au Burundi et en Ouganda où il a été représentant de pays. M. Sidibé a rejoint ONUSIDA en 2001 et en 2007 il a été nommé directeur exécutif adjoint chargé des programmes. M. Sidibé a pris ses nouvelles fonctions le 1er janvier 2009 remplaçant ainsi le Dr Peter Piot (Belgique).