Afrique Horizon

Développement humain : l’Afrique progresse lentement
Afrique Renouveau: 
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Pour certains pays africains, le Rapport sur le développement humain 2011* contient de bonnes nouvelles. Publié par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), ce document classe les pays en fonction de trois indicateurs du développement humain : l’espérance de vie, l’éducation et le revenu (ensemble ils forment l’indice de développement humain, IDH). Au Kenya et au Nigéria, l’extrême pauvreté a reculé grâce notamment à des progrès en matière d’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène. Le Ghana a fait des progrès remarqués et se classe désormais parmi les pays ayant un niveau moyen de dévelopement humain.

Selon le rapport, l’IDH de la quarantaine de pays les plus mal classés (dont de nombreux pays africains) a progressé de 82 % entre 1970 et 2010 ; soit deux fois plus vite que celui de la plupart des pays du monde. Si une telle croissance persiste lors les 40 prochaines années, la majorité des pays mal classés atteindraient des niveaux égaux ou supérieurs à ceux des pays les mieux classés actuellement, poursuit le rapport.

La Norvège, l’Australie, les Pays-Bas, les États-Unis et la Nouvelle-Zélande sont en tête du classement. La Libye, premier pays africain est 64e. Viennent ensuite l’Île Maurice au 77e rang, et la Tunisie au 94e. L’Égypte se classe 113e, l’Afrique du Sud est 123e et le Nigéria est en 159e position. Dix pays africains figurent en queue de liste et c’est la République démocratique du Congo (RDC) qui occupe le 187e et dernier rang.

Le rapport reconnaît que bien que de nombreux pays d’Afrique aient réalisé des progrès, la plupart doivent encore relever divers défis : revenus insuffisants, niveaux de scolarisation limités et espérances de vie inférieures au niveau moyen mondial à cause de décès liés au paludisme et au sida notamment.

Les mauvais résultats obtenus par certains pays d’Afrique subsaharienne sont en partie le fait de conflits armés, comme en RDC et au Libéria. Et les progrès réalisés dans les pays pauvres pourraient être annulés et la tendance inversée d’ici le milieu du siècle si des efforts ne sont pas faits pour combattre les menaces liées au changement climatique, note le rapport.

L’indice des inégalités entre les sexes, un indicateur récent, a fait baisser le classement de certains pays africains, dont la République centrafricaine, le Tchad, la RDC, le Libéria, le Mali, le Niger et la Sierra Leone, tous parmi les dix pays les plus marqués par ces inégalités. « En Afrique subsaharienne, les plus grandes pertes proviennent des inégalités entre les sexes dans l’éducation et des taux de mortalité élevés ainsi que du taux de fécondité des adolescents. »

L’indice de pauvreté multidimensionnelle (IPM), qui examine des facteurs comme l’accès à une eau propre, aux combustibles pour faire la cuisine et aux services de santé (en plus de mesurer le revenu), place le Niger au dernier rang pour le nombre de pauvres proportionnellement à la population. Il est suivi par l’Éthiopie et le Mali. Le rapport 2011 couvre un nombre sans précédent de pays (187). En 2010, il ne couvrait que 169 pays. Ceci signifie que les résultats de 2011 ne sont pas comparables avec les chiffres de l’année précédente.

Nigeria Stock Exchange in LagosInspection de bouteilles de bière dans une brasserie au Rwanda. Selon la Banque Mondiale, le Rwanda est le pays d’Afrique qui a le plus assaini le climat des affaires. Il se classe désormais juste derrière l’Espagne.
Photo : Reuters


Selon la Banque mondiale, le climat des affaires s’améliore en Afrique subsaharienne

Entre juin 2010 et mai 2011, la majorité des pays d’Afrique subsaharienne ont rendu la vie plus facile pour les entreprises. Seule l’Europe de l’Est a fait mieux. Dans son dernier « Indice de la facilité de faire des affaires », la Banque mondiale constate que 36 des 46 économies de la région ont amélioré l’environnement des affaires. Un record qui bat celui établi en 2005. Six pays africains (Rwanda, Burkina Faso, Mali, Sierra Leone, Guinée-Bissau et Sénégal) figurent parmi les 15 premiers du classement en termes d’amélioration du climat des affaires.

Au Rwanda, le pays africain dont l’économie est actuellement la plus favorable aux entreprises, la Banque note parmi les changements récents une forte baisse des frais d’enregistrement à payer pour la création d’une entreprise, une plus grande accessibilité des informations sur le crédit et l’obligation pour l’entreprise de présenter des formulaires relatifs à la taxation tous les trois mois plutôt que tous les mois. Le Rwanda se place maintenant globalement au 45e rang des destinations d'affaires, juste derrière l’Espagne. Parmi les mesures destinées à améliorer l’environnement réglementaire pour les entreprises locales en Afrique, on compte la première révision en 18 ans apportée à un cadre légal et institutionnel commun à 16 pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale.

Malgré cette tendance positive, la Banque mondiale note que l’Afrique subsaharienne est encore la région du monde où la création et la gestion d’une entreprise restent les plus complexes et les plus coûteuses.

Nominations

José Graziano da SilvaPhoto : Photo ONU / Paulo Filgueiras

Le Secrétaire général de l’ONU a nommé Hervé Ladsous (France) Secrétaire général adjoint pour les opérations de maintien de la paix. Au moment de sa nomination, M. Ladsous était chef de cabinet au ministère des Affaires étrangères de son pays. Après avoir rejoint le ministère en 1971, M. Ladsous a occupé un certain nombre de postes, notamment en Asie et aux Amériques. Il a été ambassadeur de France en Chine et Représentant permanent adjoint à l’ONU. M. Ladsous remplace Alain Le Roy.

Margaret VogtPhoto : Photo ONU / Eskinder Debebe

Albert Gerard Koenders (Pays-Bas) a été nommé Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et Chef de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). En tant que ministre de la coopération pour le développement de son pays (de 2007 à 2010), M. Koenders a participé aux initiatives intégrées de soutien à la paix en Afghanistan, au Burundi, au Tchad, en République démocratique du Congo et au Soudan. À l’ONUCI, il remplace Choi Young-jin (République de Corée).

Christine LagardePhoto : UN Habitat / BSHF

Aisa Kirabo Kacyira(Rwanda) a été nommée Directrice exécutive adjointe et Sous-Secrétaire générale du Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat) par le Secrétaire général. Mme Kirabo apporte à son poste de vastes connaissances et une solide expérience de plus de 15 ans comme cadre supérieur dans des organisations gouvernementales et non-gouvernementales. Depuis février 2011, elle était gouverneur de la province Est, la plus grande province du Rwanda. De 2006 à 2011, elle a été Maire de Kigali, l’une des villes à la croissance la plus rapide du monde.

Sahle-Work ZewdePhoto : Photo ONU / Evan Schneider

Ian Martin(Royaume-Uni) a été nommé Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU et Chef de la nouvelle Mission d’appui des Nations Unies en Libye (MANUL). Il était auparavant Conseiller spécial du Secrétaire général pour la planification post-conflit en Libye, après avoir rempli d’autres fonctions au sein de l’ONU en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso, au Burundi, en Éthiopie et en République démocratique du Congo.

 

*Programme des Nations Unies pour le développement. Rapport sur le développement humain 2011. Durabilité et équité : Un meilleur avenir pour tous. http://hdr.undp.org/fr/rapports/mondial/.