Afrique Horizon

Sud-Soudan : retour au pays natal
Afrique Renouveau: 
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Jeunes citoyens d'une nouvelle nation. Le retour pour des sud Soudanais de WanjokJeunes citoyens d'une nouvelle nation. Le retour pour des sud Soudanais de Wanjok, un village de l'État du Nord Bahr El Ghazal.
Photo: ONU / Paul Banks

Le flot a commencé peu avant le référendum, en janvier. Les Sud Soudanais décidaient alors si leur territoire resterait partie intégrante de ce vaste pays ou deviendrait indépendant. Jour après jour, des milliers de Soudanais originaires du Sud du pays et vivant dans le Nord ont commencé à prendre le chemin du retour. Suite à l'écrasante victoire du camp favorable à l'indépendance, le flot est devenu torrent. A la mi-février, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) annonçait qu'autour de 200 000 Soudanais originaires du Sud étaient revenus du Nord du pays. Simultanément à Khartoum, la capitale du Soudan, environ 75 000 autres réfugiés du Sud étaient candidats au retour. Les organismes humanitaires s'attendent à voir plus de 800 000 personnes originaires du Sud revenir du Nord au cours de l'année.

Nombreux parmi ceux qui reviennent ont été absents pendant des dizaines d'années, a expliqué un porte-parole du HCR. D'autres sont nés et ont été élevés dans le Nord et vont se retrouver dans des endroits totalement nouveaux pour eux, a-t-il également commenté. On estime qu'une des principales motivations pour beaucoup de ces personnes originaires du Sud est l'inquiétude sur leur statut de citoyen dans le Nord à la suite de ce référendum; mais de nombreux autres veulent assister à la naissance de leur nouveau pays qui aura lieu officiellement en juillet. Le HCR estime qu'il aura besoin de 53,4 millions de dollars pour aider ces populations à revenir dans le Sud.

ONU Femmes
Lancement d'une nouvelle agence mondiale pour les femmes

Longuement attendue, la nouvelle agence mondiale pour les femmes, l'Entité des Nations Unies pour l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes, a été officiellement lancée au Siège de l'ONU à New York le 24 février dernier. Après quatre ans de préparatifs, cette nouvelle agence, baptisée ONU Femmes, va rassembler sous l'égide d'une puissante organisation unifiée un grand nombre de programmes des Nations Unies spécialisés. Cette initiative doit permettre aux Nations Unies de jouer un rôle plus efficace en faveur de l'égalité des sexes et des droits de la femme dans le monde.

"La décision d'établir ONU Femmes reflète une frustration générale face à la lenteur du changement," a déclaré Michelle Bachelet, l'ex-présidente chilienne qui a été choisie comme première directrice exécutive de l'agence. "Il n'est plus acceptable de vivre dans un monde où les filles sont déscolarisées et contraintes à des mariages forcés dès leur plus jeune âge, un monde où les opportunités d'emploi pour les femmes sont limitées et où la menace de violences sexistes fait partie du quotidien — à la maison, dans la rue, à l'école et au travail."

Avec un budget initial de 500 millions de dollars par an, ONU Femmes se concentrera sur cinq priorités : renforcer le rôle et la participation des femmes dans la vie politique, lutter contre la violence, impliquer les femmes dans les processus de rétablissement de la paix, assurer leur autonomie économique et intégrer leurs préoccupations dans les processus de prise de décisions. "Je suis déterminée à ce que ONU Femmes apporte une dynamique nouvelle aux débats sur l'égalité des sexes et lui insuffle une nouvelle énergie. En faisant appel à de multiples talents, ONU Femmes parviendra à rassembler les hommes et femmes de différents pays et de différentes sociétés dans une entreprise commune," a conclu Mme Bachelet.

Suivez les activités de ONU Femmes à www.unwomen.org/fr

lutter contre la mÉningite
Un nouveau vaccin contre la méningite pour l'Afrique

Un nouveau vaccin, mis au point par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) et le Programme de promotion des techniques appropriées pour la santé (Program for Appropriate Technology in Health — PATH), offre aux médecins et aux responsables de la santé en Afrique une nouvelle arme pour lutter contre la méningite. Cette maladie, une infection bactérienne des membranes cervicales et de la moëlle épinière, a touché en 2009 plus de 88 000 personnes dans la "ceinture de la méningite" qui s'étend du Sénégal à l'Éthiopie, provoquant plus de 5 000 décès. L'OMS rapporte que 10 % à 20 % des survivants sont victimes de séquelles à long terme : lésions cérébrales, surdité et difficultés d'apprentissage. On estime qu'en Afrique 450 millions de personnes sont menacées par cette maladie.

Ce nouveau vaccin par injection, baptisé Menafrivac, est disponible à une fraction du coût des vaccins existants et fournit une protection plus durable et peut être administré en toute sécurité aux enfants à partir de l'âge d'un an. C'est le premier vaccin mis au point exclusivement pour l'Afrique et il est destiné à combattre la souche de la maladie la plus communément répandue sur le continent. Les premières livraisons ont été effectuées en décembre au Burkina Faso, au Mali et au Niger, trois pays parmi les plus touchés par des épidémies de méningite. À ce jour, environ 20 millions de personnes ont été vaccinées.

rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture
Ralentissement des pertes de couverture forestière en Afrique

En 1990, les forêts africaines couvraient près de 750 millions d'hectares et représentaient 23 % de la superficie totale du continent. Vingt ans plus tard, elles occupaient moins de 675 millions d'hectares. Cependant, note L'Etat des forêts du monde 2011, un rapport de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), il y a une bonne nouvelle : les pertes de couverture forestière du continent ralentissent. Entre 1990 et 2000, note le rapport, 40 millions d'hectares de forêts ont été détruits ; au cours de la dernière décennie ce chiffre est tombé à 34 millions d'hectares.

Deux grandes raisons expliquent cette réduction, précise le rapport. En premier lieu, il y a les efforts déployés par les pays d'Afrique du Nord pour préserver leurs forêts. Les pertes nettes dans cette région sont tombées à 41 000 hectares par an, alors qu'elles se chiffraient auparavant à 590 000 hectares par an. La deuxième raison est l'effort fourni récemment par le Soudan pour recueillir des données sur l'état de ses forêts. Les chiffres disponibles pour 2000-2010 se sont révélés très inférieurs aux estimations effectuées au cours de la décennie précédente. En outre, les pays d'Afrique du Nord et le Soudan occupent la première place sur le continent en matière de reforestation. Avec 6 millions d'hectares de plantations forestières (sur un total de 15 millions pour toute l'Afrique), le Soudan montre l'exemple.

En Afrique, comme dans une grande partie du reste du monde, note également le rapport, bien que la déforestation ait ralenti ces dernières années, elle se poursuit à un rythme élevé. Les régions du continent qui ont la plus importante couverture forestière (Afrique centrale et Afrique australe) n'ont généralement enregistré que de modestes réductions de ces pertes. Les forêts africaines représentent 17 % de la couverture forestière de la planète.

Nominations

Kwaku AningPhoto: International Atomic Energy Agency

Kwaku Aning a été nommé Directeur général adjoint de l'Agence internationale de l'énergie atomique des Nations Unies (AIEA). M. Aning est le premier Africain à accéder à ce poste. Avant d'intégrer l'AIEA en 2000, M. Aning a occupé divers postes à New York, en Angola et à Genève. au cours d'une carrière de 23 ans aux Nations Unies.

Christian Manahl (Autriche) a été nommé Représentant spécial adjoint pour la Somalie. M. Manahl était depuis juin 2010 Directeur de la Division des affaires politiques de la Mission de l'Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), après y avoir exercé les fonctions de Directeur par intérim depuis février 2007. Il avait auparavant été conseiller politique principal du Représentant spécial pour le Soudan de l'Union européenne et avait également travaillé au Groupe des politiques du Haut-Représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune.

Karin LandgrenPhoto: ONU / Paulo Filgueiras

Le Secrétaire général des Nations Unies a nommé Karin Landgren (Suède) Représentante spéciale et Chef du Bureau intégré des Nations Unies au Burundi. Mme Landgren était auparavant Représentante du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) en Afrique, en Érythrée et dans la région des Grands Lacs. Elle succède à Charles Petrie.

Corentin Ki DoulayePhoto: UNAMID / Albert Gonzalez Farran

Corentin Ki Doulaye (Burkina Faso) a été nommé Représentant spécial adjoint par intérim de l'Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD). M. Ki Doulaye a été ambassadeur du Burkina Faso aux États-Unis et au Canada ainsi que représentant de l'Union africaine pour laquelle il a occupé plusieurs postes, dont celui de Chef du Groupe de travail intégré sur le Darfour et Chef du Bureau de l'Union africaine au Tchad.