Ebola : l'OMS estime que l'ampleur de l'épidémie est largement sous-évaluée

Un employé dans un centre de traitement contre la maladie à virus Ebola en Sierra Leone prend soin d’une malade. Photo IRIN/Tommy Trenchard

15 août 2014 – L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a estimé vendredi que l'ampleur de l'épidémie d'Ebola dans quatre pays d'Afrique de l'Ouest (Guinée, Libéria, Nigéria, Sierra Leone) était largement sous-évaluée et pourrait durer pendant un certain temps.

« On s'attend à ce que l'épidémie dure un certain temps », a expliqué l'OMS dans un communiqué de presse. « Les employés sur les sites de l'épidémie voient des preuves que le nombre de cas et de décès notifiés sous-estime largement l'ampleur de l'épidémie. » Près de 2.000 cas d'Ebola ont été notifiés et 1069 ont été enregistrés dans les quatre pays d'Afrique de l'Ouest.

L'OMS coordonne une augmentation massive de la réponse internationale, avec le soutien individuel de divers pays, d'agences de contrôle des maladies et d'agences du système des Nations unies.

De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) utilise ses capacités logistiques pour fournir de la nourriture à plus d'un million de personnes enfermées dans les zones de quarantaine, là où les frontières de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone se rencontrent. Plusieurs pays ont convenu de soutenir la fourniture de denrées alimentaires prioritaires pour cette population.

L'OMS a déclaré qu'elle s'efforçait de collecter le maximum d'informations sur le terrain afin de cartographier en détail l'épidémie, identifier les zones de transmission et localiser les installations et les stocks pour le traitement des malades.

« Un bon soutien logistique dépend de la connaissance que l'on a des installations qui ont besoin de désinfectants ou d'équipements de protection individuelle, des installations où de nouvelles salles d'isolement doivent être construites, et des endroits qui ont le plus besoin d'agents de santé ».

La Directrice-générale de l'OMS, le Dr Margaret Chan, a rencontré un groupe d'ambassadeurs des missions des Nations Unies à Genève afin d'identifier les besoins les plus urgents et les faire correspondre avec un soutien international rapide.

L'OMS a rappelé que ces mesures sont prises dans un contexte d'extrême pauvreté, de systèmes de santé défaillants, d'une pénurie de médecins, et d'une peur rampante.

L'agence onusienne a également estimé que la récente couverture médiatique concernant l'usage de traitements expérimentaux a créé des attentes irréalistes.

« L'OMS a indiqué que l'utilisation de médicaments et de vaccins expérimentaux dans les circonstances exceptionnelles de cette épidémie est éthiquement acceptable. Toutefois, les stocks existants de médicaments expérimentaux sont soit extrêmement limités, soit épuisés », a précisé l'agence.

« Alors que de nombreux efforts sont en cours pour accélérer la production, les livraisons n'augmenteront pas pendant les mois à venir. Ensuite, les livraisons seront trop faibles pour avoir un impact significatif sur l'épidémie », a ajouté l'OMS.

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