Unis contre le terrorisme de part et d’autre du Sahara

Seven governments in the Sahara-Sahel region are combining efforts to counter terrorist groups Sept gouvernements de la region Sahélo-saharienne unissent leurs efforts pour combattre les groupes terroristes à l’instar d’Al Qaida au Maghreb Islamique. L’AQMI a revendiqué l’attaque (ci-dessus) contre les Nations unies à Alger en décembre 2007, faisant 17 morts parmi le personnel de l’Organisation.
Photo: Evan Schneider / ONU

Pour les pays de la bande sahélo-saharienne, les attaques terroristes représentent toujours “une véritable menace, ” estime le ministre algérien des affaires étrangères Mourad Medelci. Une menace aggravée par les liens qu’entretiennent les groupes terroristes avec le “crime organisé,” les trafiquants de drogues et d’armes qui sévissent le long des frontières éloignées et mal surveillées de la région. Afin d’y faire face, juge M. Medelci, les pays africains doivent non seulement mieux coordonner leur lutte contre le terrorisme et la criminalité, mais aussi améliorer les conditions de vie des populations les plus pauvres.

Signe de la coopération croissante entre les gouvernements de la région subsaharienne en matière de lutte contre le terrorisme, une rencontre a eu lieu à Alger le 16 mars dernier et a rassemblé M. Medelci et ses homologues de six pays africains de la zone sahélo-saharienne : Burkina Faso, Libye, Mali, Mauritanie, Niger et Tchad. Le mois suivant, c’était au tour de responsables de la sécurité militaire de ces mêmes pays de se retrouver à Alger sur l’enjeu de la coordination de leurs activités.

Alors qu’ils se réunissaient, plusieurs incidents sont venus rappeler la gravité de la situation : prise d’otages en Mauritanie et au Mali, une attaque contre une caserne militaire au Niger qui a coûté la vie à cinq soldats, ainsi qu’une autre attaque en Kabylie qui a fait sept morts parmi des agents de sécurité. La plupart de ces incidents ont été revendiqués par Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), un groupe composé majoritairement d’algériens, responsable notamment de l’attentat contre le siège des Nations Unies à Alger en décembre 2007.

Des groupes du même type ont fait leur apparition ailleurs sur le continent, en Afrique de l’Est et en Somalie notamment. Consciente de la dimension continentale du problème, l’Union africaine (UA) a développé un plan d’action. Le document encourage les gouvernements à adopter des mesures de lutte contre le terrorisme et à réduire la pauvreté, les privations et l’exclusion qui sont tous des facteurs susceptibles d’alimenter le mécontentement  et de servir de prétexte aux actions terroristes.

Fin avril, Ramtane Lamamra le Commissaire de l’UA pour la paix et la sécurité a réaffirmé la détermination de l’organisation à combattre le terrorisme. Tout en relevant que l’AQMI et les autres groupes prenaient des otages et exigeaient de l’argent pour leur libération, il a exhorté les gouvernements à ne pas verser de rançon, car autrement ils encourageraient les terroristes.  La lutte contre le terrorisme, a-t-il précisé, “passe par le refus de céder au chantage.”

La question de savoir comment traiter les prises d’otages suscite la polémique. Deux semaines avant la réunion d’Alger, l’AQMI a enlevé un ressortissant français dans le nord du Mali et exigé en échange la libération de quatre de ses combattants emprisonnés. Un tribunal malien a autorisé leur remise en liberté et le ressortissant français a été relâché. La Mauritanie, qui avait l’intention de juger l’un de ces combattants a rappelé son ambassadeur au Mali en guise de protestation.

A Alger, cette crise était à l’ordre du jour. Les sept gouvernements présents ont convenu de respecter la décision de 2009 de l’UA qui condamne le paiement de rançons aux groupes terroristes et d’appliquer la résolution de décembre 2009 du Conseil de sécurité qui déclare illégal le versement de rançon aux terroristes.

Les ministres ont aussi relevé que les activités terroristes représentent “une menace et un facteur d’instabilité pour toute la région et constituent un obstacle au développement socio-économique,” en particulier lorsqu’elles se conjuguent avec les trafics transfrontaliers de drogues, d’armes et de personnes. Ils ont noté qu’en agissant de concert, il est possible de “restaurer la région sahélo-saharienne dans son rôle d’aire commerciale, de paix, de stabilité et de coopération bénéfique.”

Les ministres sont également tombés d’accord sur les points suivant :

  • Renforcer la coopération bilatérale et régionale afin d’assurer la paix, la sécurité et le développement socioéconomique  de la région;
  • Poursuivre l’application de programmes de développement durable pour améliorer les conditions de vie des populations, notamment l’intégration sociale et économique des jeunes;
  • Lutter contre le terrorisme et la criminalité en suscitant l’appui des populations locales;
  • Favoriser une approche intégrée contre le terrorisme par les gouvernements, les organisations régionales et la communauté internationale;
  • Renforcer la coopération judiciaire et le contrôle de la circulation d’argent illicite, et
  • Intensifier la coordination entre les hauts commandements militaires des sept pays.

En Avril, l’armée algérienne a lance une offensive majeure contre des centaines de combattants présumés de l’AQMI. Le 13 avril, les chefs des armées des sept pays se sont rencontrés à Alger. Selon le général Ahmed Gaïd Salah, le chef d’état major de l’armée algérienne, ses homologues et lui ont décidé de la mise en place d’un centre de coordination sécuritaire basé à Tamanrasset dans le sud de l’Algérie. De plus, ils sont parvenus à un accord sur le renforcement de la surveillance des frontières en vue de combattre les terroristes et les trafiquants.

En relevant les défis sécuritaires, a poursuivi le Général Saleh, nous permettrons à “nos autorités politiques respectives de se consacrer au développement économique et social de nos peuples.”

– Afrique Renouveau en ligne