“Les pays les moins avancés sont à un tournant”, estime Cheick Sidi Diarra

Cheick Sidi DiarraCheick Sidi Diarra, Secrétaire général adjoint de l’ONU. En dépit des progrès enregistrés, les PMA doivent encore mener une ‘‘transformation structurelle” pour éliminer la pauvreté et développer leurs économies.
Photo: Afrique Renouveau / Michael Fleshman

La lutte contre la pauvreté dans les Pays les moins avancés (PMA) était au menu d’une réunion d’une semaine organisée au siège des Nations Unies à New York. Cette conférence, qui a duré du 10 au 14 janvier, visait à orienter les débats de la Quatrième Conférence de l’ONU sur les PMA en mai prochain à Istanbul en Turquie.

Le Secrétaire général adjoint de l’ONU Cheick Sidi Diarra, principal animateur des débats, a affirmé à l’ouverture de la conférence que de nombreux PMA avaient accompli des progrès considérables au cours des 10 dernières années. Toutefois, a-t-il poursuivi, il n’y a pas eu de ‘‘transformation structurelle’’ indispensable à l’élimination de la pauvreté et au financement des besoins d’infrastructure, de santé et d’éducation. Même si certains PMA affichent depuis quelques années des taux de croissance parmi les plus élevés du monde, a-t-il encore souligné, plus de la moitié de la population de ces pays vit toujours dans la pauvreté absolue.

L’ONU estime que 48 pays, dont 33 en Afrique, sont des PMA. Parmi les critères permettant de les distinguer, on compte notamment le revenu, la richesse, les niveaux d’éducation et d’autres indicateurs de développement économique. Historiquement, seuls trois pays ont quitté la catégorie des PMA (le Botswana, le Cap Vert et les Maldives) et comptent désormais parmi les pays en voie de développement. La réunion d’Istanbul vise à insuffler un nouvel élan aux activités de développement international.

M. Diarra, Haut Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement, prédit que la réunion du 9 au 13 mai à Istanbul définirait le programme de développement des pays les plus pauvres pour les années à venir. À son avis, l’augmentation des investissements dans l’infrastructure, dans les secteurs manufacturier et agricole, ainsi que celle l’accroissement de l’aide au développement et des investissements privés, ainsi qu’un meilleur accès aux marchés mondiaux et une aide accrue dans la lutte contre les changements climatiques sont essentiels pour permettre aux pays les plus pauvres de combattre la pauvreté.

La mise en place de programmes plus efficaces sur le plan national et l’intensification de l’aide internationale devraient permettre à la moitié des PMA de ne plus appartenir à cette catégorie dans les 10 prochaines années, a conclu M. Diarra. ‘‘Nous sommes à un tournant”, a-t-il déclaré aux journalistes à l’ouverture de la conférence. ‘‘Les prochains jours et mois seront décisifs.”

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