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Le Bureau du Conseiller Spécial pour l’Afrique (OSAA) organise la Seconde Conférence Internationale sur ”le DDR et la Stabilité en
Afrique” à Kinshasa (République Démocratique du Congo) du 12 au 14 Juin 2007. Cette conférence s’inscrit dans la logique et la suite de la
Première Conférence Internationale sur le DDR et la Stabilité en Afrique qui eut lieu à Freetown, Sierra Leone, du 21 au 23 Juin 2005.
Le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) d’ex-combattants et ceux associés aux groupes et forces armés est souvent un prérequis
essentiel à une stabilité post-conflit et un retour à la normale, surtout dans le contexte africain. Le DDR établit le travail préparatoire requis
pour la sauvegarde et la pérennité des communautés dans lesquelles ses individus pourraient vivre en citoyens respectueux de la loi, tout en
construisant une capacité nationale favorable à une paix, une sécurité et un développement durables. OSAA, qui est spécifiquement mandaté pour mobiliser
l’aide internationale pour la paix et le développement en Afrique, vise à contribuer au dialogue entre les différents protagonistes de DDR, à assurer
le soutien de la communauté internationale aux projets de DDR ainsi que les autres programmes qui contribuent à la paix et la stabilité en Afrique.
La Première Conférence Internationale en Sierra Leone avait rassemblé plusieurs voix africaines sur le thème du DDR et de la stabilité sur le
continent. La prochaine conférence à Kinshasa aura le même objectif, et notamment, faciliter un dialogue riche, particulièrement entre protagonistes
africains, dans le but d’identifier les meilleures pratiques du DDR et les leçons à tirer de celles-ci.
Entre 20-25 pays des différentes sous-régions africaines, des experts
internationaux et des représentants d’organisations régionales et
internationales auront aussi l’opportunité d’échanger des idées et de
débattre sur l’efficacité et l’aboutissement de leurs programmes respectifs.
Outre la dimension panafricaine de cette conférence, qui aura pour but de
faciliter le partage d’expériences et de perspectives sur toute l’étendue du
continent, une attention particulière sera accordée au DDR et a la stabilité
dans la région des Grands-Lacs. La conférence aura lieu plusieurs mois après
le succès, à Kinshasa, de la Conférence des Grands-Lacs et aussi la tenue
d’élections libres et démocratiques en République Démocratique du Congo qui
aboutissent à l’installation d’un nouveau gouvernement.
Les principaux objectifs de la Conférence sont:
-
Renforcer les capacités des acteurs et experts
africains en matière de DDR en mettant à leur disposition un forum de partage
de leurs expériences respectives. Cet objectif spécifique découle des
recommandations de la conférence de Freetown, qui visait à encourager la
création d’un réseau des acteurs africains permettant à la fois une intégration
régionale des efforts en matière de DDR, et le partage d’expériences visant à
améliorer les programmes de DDR à travers le continent. La conférence de
Kinshasa entend développer, renforcer et élargir ce réseau.
-
Favoriser
le dialogue africain sur des questions spécifiques d’importance particulière,
afin d’améliorer la compréhension mutuelle et de développer des
recommandations. Les questions spécifiques qui seront abordées par la
conférence de Kinshasa comprendront :
-
Combattants sur sol étranger
(COFS – combatants on foreign soil), qui constituent un obstacle majeur
à la paix et à la sécurité en Afrique, en
particulier dans les environnements de sortie de crise. En effet, dans la
mesure où de nombreux conflits africains intègrent une dimension régionale, le
problème des combattants sur sol étranger se rencontre dans presque tous les conflits
actuellement en cours sur le continent. Cette affirmation se vérifie
particulièrement dans la Région des Grands lacs, où les conflits concernent
notamment des combattants originaires du Soudan, du Tchad, de la RDC, de
l’Ouganda, du Rwanda et du Burundi. Outre le fait que les programmes de DDR
doivent réduire les risques de déstabilisation des pays voisins liés à la
présence de ces combattants, il convient par ailleurs d’être attentif aux
manipulations des programmes de DDR par ces acteurs. Ceux-ci les ont, en effet,
souvent utilisés non dans l’optique prévue mais pour multiplier leurs intérêts
en sélectionnant les programmes offrant les bénéfices les plus attractifs.
-
DDR et Justice Transitionnelle
ces deux éléments ont généralement tendance à se
développer de manière relativement autonome, voire isolée. Une telle situation
est regrettable, dans le sens où non seulement elle gâche de réelles
opportunités de coordination, mais elle menace également le succès de la mise
en œuvre du DDR, et les perspectives de réintégration et de réconciliation à
long terme. A titre d’exemple, les efforts entrepris par des institutions
telles que la Cour pénale internationale pour poursuivre les leaders rebelles
pour crimes de guerre peuvent parfois dissuader les factions combattantes
d’entrer dans un processus de DDR. Une meilleure coordination s’avère dès lors
nécessaire entre les acteurs extérieurs et locaux, afin d’éviter toute
contradiction entre les objectifs de paix et de justice. Par ailleurs, les
programmes de DDR cherchent souvent à réintégrer d’anciens combattants au sein
de communautés qui ont été victimes d’exactions de la part de ceux-ci pendant
la période de conflit. L’intégration des anciens combattants dans ces
communautés requiert souvent un processus de justice transitionnelle qui permet
aux deux parties de dépasser leur relation conflictuelle.
-
Enfants et femmes associés aux forces et groupes armés
Les missions de maintien de la paix dans les
pays africains en sortie de conflit ne peuvent pas faire l’impasse sur les
questions très spécifiques posées par les anciens combattants de sexe féminin,
les enfants soldats et les autres enfants associés aux dynamiques de conflit.
Les programmes de DDR doivent être restructurés de façon à pouvoir intégrer une
telle approche. Cela a déjà été le cas dans quelques programmes récents, mais
ceux-ci n’ont pas été à même de répondre aux problèmes liés au genre, les
jeunes femmes et filles associées aux groupes armés étant souvent,
intentionnellement ou non, exclues de ces programmes. De plus, même les
programmes de DDR qui ciblent spécifiquement les enfants ne sont souvent perçus
que comme des greffons à un processus de DDR plus large, ce qui est en soi
problématique. Les objectifs des programmes ciblant les enfants peuvent en
effet différencier largement de ceux de programmes plus généraux, et ils
requièrent par ailleurs un plus grand degré de flexibilité. De même, il est de
plus en plus reconnu comme indispensable de prendre en considération les besoins
spécifiques des anciens combattants de sexe féminin, mais cette attention
accrue n’a débouché que de manière très irrégulière sur des résultats
satisfaisants. Il n’existe pas encore à ce jour de vision commune sur la
manière de répondre aux besoins spécifiques des EAFGA, ou des femmes adultes,
dans les programmes de DDR tels qu’ils sont actuellement conçus.
-
Lien entre SSR et DDR
en pratique, la prise en considération des
questions de SSR n’intervient qu’après la conclusion des programmes de DDR.
Cependant, ce séquençage a déjà prouvé ses limites. L’exploration des relations
étroites existant entre programmes de DDR et de SSR apporte en effet un
bénéfice mutuel au développement respectif des deux processus, ce qui se
vérifie plus particulièrement encore en Afrique. Les considérations du SSR sont
essentielles à la planification et à la mise en œuvre de la démobilisation et
de la réinsertion des anciens combattants. L’un des enjeux est en effet la
transformation du rôle des anciens combattants dans une optique constructive et
favorable à la situation sécuritaire d’une société en sortie de conflit, par
des moyens tels que leur absorption dans les rangs de l’armée et de la police,
tout en maintenant une supervision effective du gouvernement pour permettre la
stabilité politique et le développement de la société. Une instauration
correcte du secteur de la sécurité est un prérequis indispensable à la création
d’un environnement favorable à l’investissement et au commerce international,
ainsi qu’à la croissance économique qui conduira à la création d’emplois et à
l’instauration d’un système économique fiable.
-
Formuler des recommandations sur les bonnes
pratiques et stratégies à intégrer dans les programmes de DDR en Afrique, et
plus particulièrement dans les problématiques mentionnées ci-dessus.
-
Attirer plus spécialement l’attention des
acteurs africains et internationaux sur l’importance d’améliorer le contexte
général politique, social et économique des pays en sortie de conflit, dans un
cadre général de reconstruction de la paix. Le renforcement des programmes de
réinstallation et de réhabilitation, des systèmes de justice et de sécurité, de
la création d’emplois et d’autres secteurs sont autant de facteurs s’inscrivant
dans la continuité des programmes de DDR, prévenant ainsi le retour dans le
conflit. Bien qu’ils ne s’insèrent pas dans les programmes de DDR en tant que
tels, ils n’en constituent pas moins des enjeux transversaux qui influencent
considérablement le succès du DDR, et appellent de ce fait une coordination
renforcée entre les différents acteurs impliqués au niveau national, régional
et international.
Rapport inédit
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