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Des solutions pour lavenir des villes Des fées dans la ville : Femmes et solidarité ![]()
Dans les collines dal-Muqattam, au sud-est du Caire, 17 000 « zabbaleen » vivent dans un quartier grouillant de monde, parcouru par détroites ruelles de terre. Leur travail consiste à trier et à recycler les masses de déchets produits par la population de la ville.![]() Depuis que lon ne peut plus circuler en charrette dans le secteur moderne de lagglomération, les zabbaleen utilisent des camionnettes pour aller chercher les ordures ménagères. Ils trient les matières recyclages et les revendent, dans le cadre dun programme soutenu par lAssociation pour la protection de lenvironnement. Les activités de cette association visent à améliorer la santé et le bien-être des enfants de ces familles, particulièrement des jeunes filles. ![]() Au Centre des femmes dal-Muqattam, installé dans un bâtiment flambant neuf qui tranche sur la monotonie du quartier, un programme de recyclage des vieux tissus sadresse aux jeunes filles les plus démunies, celles qui viennent de familles très pauvres, qui ne sont pas allées à lécole et qui doivent aider leurs parents à trier les ordures. ![]() Depuis 1988, vingt jeunes filles ont appris à confectionner des tapis à partir de chiffons en coton, sur des métiers à tisser artisanaux. Elles peuvent aussi fabriquer des couvertures en patchwork et, depuis peu, du papier à lettres, des enveloppes et de jolis tableaux inspirés de lart populaire. Au bout de trois mois, les étudiantes reçoivent leur propre métier à tisser ou une machine à coudre pour continuer à travailler chez elles. Elles sont rémunérées à la pièce; lassociation vend leur production dans des expositions, dans des hôtels et dans un magasin des faubourgs dHéliopolis. ![]() Mais ce projet est beaucoup plus quun cours dartisanat. En élevant le statut social des jeunes femmes, il améliore leur qualité de vie et celle de leur famille, parfois de manière inattendue mais très perceptible. Le programme offre des cours dalphabétisation et monte des pièces de théâtre sur les dangers du mariage et de la maternité précoces ainsi que sur limportance de la santé préventive de la mère et de lenfant. On a observé une baisse notable de la taille des familles parmi les femmes qui ont suivi le programme quand elles avaient 11 ou 12 ans. « Celles qui se sont mariées il y a quatre ou cinq ans nont quun enfant et la plupart affirment nen vouloir quun ou deux » précise une bénévole de lassociation. ![]() Certaines tisseuses, comme Gehan Guirgis, 19 ans, et Shayeda Atteya, 17 ans, ont aussi reçu une formation en soins de base à domicile. « Nous allons chez les gens » explique Gehan « pour leur donner des conseils sur les soins prénatals, rappeler aux enfants de ne pas marcher pieds nus dans les ordures, dispenser les premiers soins, faire vacciner les enfants, parler du contrôle des naissances et accompagner les femmes qui veulent aller à la clinique. » ![]() Gehan, qui a sept frères et soeurs, est fiancée. « Je veux un seul enfant » déclare-t-elle. « Mon fiancé est daccord. Jai vu tellement de problèmes, tellement de misère dans la vie de ces mères de famille nombreuse. Comment pourrais-je vouloir me mettre dans la même situation ? » ![]() « Avant dentreprendre le programme, je navais jamais quitté mon quartier » confie Gehan. « Je ne rencontrais personne et jétais très timide. Aujourdhui, nous organisons des excursions hors de la ville, et nous sommes même allées en Grèce à loccasion dune réunion. » ![]() Shayeda ajoute : « Cela nous a donné une liberté que nous ne connaissions pas. » ![]() (Adapté de Létat de la population mondiale 1996, UNFPA) LOGEMENT ENVIRONNEMENT ET SANTÉ ELIMINATION DES DÉCHETS VIOLENCE ET INSÉCURITÉ EN MILIEU URBAIN RETOUR AU TEXTE |
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