En 1991, une épidémie de choléra s’abattait sur Lima, au Pérou, à cause de la mauvaise qualité de l’eau et du manque d’installations sanitaires. Au total, 320 000 personnes ont été touchées et 2 600 sont mortes. Le secteur de la pêche s’est effondré et le tourisme a chuté. Avec l’argent que lui auraient normalement rapporté ses exportations, le Pérou aurait eu les moyens de doter l’ensemble de sa capitale de réseaux d’adduction d’eau et d’égout convenables.

On sait aujourd’hui que l’épuration des eaux et la réduction de la pollution sauvent des vies et diminuent les coûts. Lorsque les villes françaises ont amélioré leurs réseaux d’adduction d’eau et d’égout, entre 1850 et 1900, l’espérance de vie des citadins est passée de 32 à 45 ans. Au début du XXe siècle, certaines villes de la vallée de l’Ohio, aux Etats-Unis, recevaient de l’eau non traitée, d’autres de l’eau traitée. Dans ces dernières, le taux de mortalité imputable à la typhoïde a chuté de plus de 80 % en dix ans, tandis qu’il est resté le même ailleurs.


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