Villes d’aujourd’hui, Villes de demain

Qu’est-ce qu’une ville ?
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Définition
La ville fait partie de notre vie de tous les jours; on dit souvent « j’habite en ville », « j’habite près d’une ville » ou « je vais en ville ». Nous comprenons bien ce que veulent dire ces phrases, parce que nous avons une image de la ville : les rues éclairées, les grands immeubles, les embouteillages...

Mais comment définir précisément ce qu’est une ville ? Où fixer ses limites ? Comment la distinguer d’une localité, d’un village ? Cela ne présentait pas de difficulté autrefois. Une ville était constituée d’un ensemble d’habitations regroupées autour d’un lieu de culte, église, mosquée ou synagogue, avec une place centrale, un marché et une mairie. Les plus grandes étaient entourées de remparts. Aujourd’hui, les remparts ne sont plus que des sites touristiques et le moindre village a son marché et sa mairie. Comment donc délimiter ou définir ce qu’est une ville ?

Nous pouvons regarder dans un dictionnaire.

Mais le dictionnaire ne dit pas grand-chose sur les aspects physiques d’une ville. Il nous en donne une idée générale, sans préciser quand une agglomération est suffisamment importante pour être appelée « ville » ni où en situer les limites.

En fait, on ne s’entend pas sur ce point. La définition varie d’un pays, d’une municipalité et d’un expert à l’autre. Ainsi, la population de Londres, en Grande-Bretagne, est officiellement inférieure à sept millions d’habitants. Mais les limites retenues excluent toute une partie de la métropole. En tant qu’agglomération, Londres regroupe quelque 12,5 millions de personnes. Au contraire, Shanghai, en Chine, se définit comme une immense municipalité de 6 000 kilomètres carrés, sur laquelle vivent treize millions de personnes et qui englobe de vastes terres agricoles ainsi que quelques villages. D’autres villes rencontrent les mêmes problèmes du fait de l’ambiguïté des définitions.

Certaines agglomérations se définissent en fonction de critères purement physiques, la ville étant limitée à la zone « totalement bâtie ». D’autres intègrent les localités proches, parce que leurs habitants et leurs activités économiques sont en liaison étroite avec la ville -- il s’agit, dans ce cas, d’une définition « économique ». D’autres étendent encore plus leur emprise, incluant, comme à Shanghai, certaines terres agricoles et des régions essentiellement rurales. Une telle définition peut être pratique pour l’aménagement urbain et pour des questions administratives.

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Evolution
On dit que les villes sont la forme extrême de l’organisation sociale. Pensez à la complexité du réseau routier, aux moyens de transport, aux codes du bâtiment, aux marchés, à l’approvisionnement en denrées alimentaires, aux établissements d’enseignement, et vous comprendrez ce que l’on veut dire par là. Mais tout cela ne s’est pas fait en un jour. C’est le résultat de longues années de développement.

S’il y a des milliers d’années que les hommes construisent des villes, le cadre urbain tel qu’on le connaît aujourd’hui remonte à quelques siècles seulement. L’industrialisation a attiré une multitude de gens à la recherche d’un emploi, dans les usines le plus souvent. Depuis, le nombre et la taille des agglomérations n’ont cessé d’augmenter à un rythme sans précédent, dans le monde entier. C’est ce qu’on appelle l’« urbanisation ».

Cities in contrast On mesure l’urbanisation par l’évolution de la population d’une ville, d’année en année. Ce pourcentage est le taux de « croissance urbaine ». Par exemple, si 200 personnes vivaient dans votre village l’année dernière et si on en dénombre aujourd’hui 210, son taux de croissance s’établit à 5 %. Dans le monde, la croissance urbaine la plus rapide de l’histoire est survenue ces cinquante dernières années. Alors qu’en 1950 moins de 30 % de la population habitait dans une ville, nous sommes aujourd’hui plus de 45 % de citadins.

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Révolution
Près de la moitié de la population mondiale vit en milieu urbain. Dès les premières années du XXIe siècle, les citadins seront plus nombreux que les ruraux. En 2025, la population urbaine aura plus que doublé, passant de 2,4 milliards en 1995 à 5 milliards -- autrement dit, l’équivalent de 86 % de toutes les personnes sur terre aujourd’hui seront entassées dans des villes. Cette concentration de la population est considérée comme le plus fort courant migratoire de tous les temps.

Examinons d’un peu plus près ce flux migratoire. Notre monde est essentiellement urbain parce qu’une bonne partie de la population est citadine, bien sûr, mais aussi parce que c’est dans les villes que l’on peut bénéficier des avantages de la vie moderne. On a plus vite accès aux progrès techniques (comme ceux qui ont permis d’élaborer ce projet en ligne). La culture y est plus présente, avec les musées et les galeries, les journaux et les maisons d’édition qui favorisent la créativité et la production artistique. Dans la plupart des pays, les métropoles sont devenues les moteurs de l’économie, à l’origine parfois de 80 % du produit national brut (PNB). Enfin, les progrès sociaux surviennent plus rapidement dans les villes. L’hygiène y est meilleure, le degré d’alphabétisation plus élevé, les possibilités d’emploi plus variées et l’égalité entre les hommes et les femmes plus avancée.

Pourtant, beaucoup trop de nouveaux arrivants qui rêvaient d’une vie meilleure se réveillent chaque matin dans les taudis de bidonvilles insalubres. Dans les villes du monde, 500 millions de personnes n’ont pas de logement ou vivent dans un état de dénuement qui menace leur survie. La surpopulation engendre des problèmes de déchets, de santé et de pollution. Et ce n’est pas tout. Il y a aussi la violence, la criminalité, la drogue, la surconsommation d’énergie et d’autres ressources. Ces problèmes ont des répercussions bien au-delà du milieu urbain, jusque dans les campagnes et parfois dans le monde entier. On le voit, les villes renferment en leur sein les grands défis de notre civilisation.

La ville a deux facettes, l’une positive, l’autre négative, promesse de réussite et menace de catastrophe. Nous n’arriverons peut-être jamais à construire une ville parfaite, mais on peut certainement changer les choses. Dans un document récemment publié par le Centre des Nations Unies pour les établissements humains (Habitat), intitulé « Rapport mondial sur les établissements humains », on affirme que seule « une révolution dans la solution des problèmes urbains » saura contrer les effets néfastes de l’essor des villes et mettre fin à la dégradation du cadre de vie. On insiste sur un autre point important : le problème ne vient pas des villes elles-mêmes, il vient de la façon dont elles sont administrées et dont elles se développent.

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