Mexico, Mexique

Construite sur une île du lac Texcoco au début du quatorzième siècle, la cité aztèque de Tenochtitlan était la plus grande ville des Amériques. Reconstruite après la conquête espagnole, Mexico devient le centre politique, administratif et financier d’une bonne partie de l’empire colonial espagnol. La modernisation s’effectue rapidement dans la deuxième moitié du dix-neuvième siècle. La ville possédait la meilleure infrastructure du pays, le plus grand marché de consommation et une main-d’oeuvre relativement qualifiée, ce qui a largement favorisé son développement industriel.

Mexico ne comptait plus que 30 000 habitants après les ravages causés par une épidémie de variole en 1520. La croissance sera lente pendant les quatre siècles suivants, jusqu’à l’explosion démographique du vingtième siècle, sous l’effet des flux migratoires plutôt que par suite de l’accroissement naturel de la population. De 1,6 million d’habitants en 1940, Mexico est passée à 3,1 millions en 1950, 5,4 millions en 1960, 9,1 millions en 1970, 13,9 millions en 1980 et 15,6 millions en 1995.

Diverses politiques favorisant la concentration des activités industrielles dans la capitale sont à l’origine de ce spectaculaire essor. Mexico bénéficiait de l’électricité, du pétrole et d’autres sources d’énergie, détenait des installations d’adduction d’eau et d’évacuation des eaux, faisait l’objet de vastes programmes d’aménagement routier. Les activités industrielles les plus importantes comprennent la confection de vêtements, la fabrication de meubles, les réparations, l’édition, la production d’objets en caoutchouc, plastique et métal, ainsi que le montage et la réparation d’appareils électriques. La majorité de la production était jusqu’à récemment destinée aux marchés locaux et nationaux plutôt qu’à l’exportation, mais ce n’est plus le cas depuis la signature de l’Accord de libre-échange nord-américain.

L’urbanisation a profondément détérioré l’environnement. L’approvisionnement en eau atteint 300 litres par jour et par personne, mais le réseau d’adduction reste insuffisant. Même si 80 % de la population possède des installations sanitaires, les résidents des quartiers périphériques ne sont pas raccordés au réseau d’égout et une bonne partie des eaux usées sont acheminées vers le nord, sans traitement, pour irriguer les terres agricoles.

La pollution est sans conteste le plus gros problème de Mexico. On estime que les 2,6 millions d’automobiles privées qui parcourent la ville sont responsables de 50 % des embouteillages et de 80 % de la pollution de l’air.

Les plans d’aménagement du territoire tentent de décentraliser les activités mais les régimes fiscaux et d’autres mesures gouvernementales rendent souvent la capitale plus attrayante que les régions. En outre, les Mexicains sont sensibles à plusieurs facteurs d’ordre social, politique, éducatif et culturel qui les incitent à rester dans la capitale, ce genre de vie étant considéré comme le signe de la réussite personnelle. Il est donc improbable que la place prédominante de Mexico dans la vie du pays change beaucoup d’ici la fin du siècle.

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