Manille, Philippines

Manille était un petit port de mer établi à l’embouchure de la Pasing depuis le douzième siècle. Capturé par les Espagnols en 1570, le riche royaume musulman de Maynila est proclamé capitale des Philippines et restera sous domination espagnole pendant près de quatre siècles. Manille exportait des denrées agricoles vers la métropole.

Les Philippines sont cédées aux États-Unis d’Amérique à l’issue du conflit avec les Espagnols. Dès le départ, les Américains veulent intégrer la nouvelle colonie à leur grand marché. Après l’indépendance, proclamée en 1947, la politique économique jusque-là axée sur la promotion des exportations se tourne résolument vers la substitution des importations. La capitale est la première à bénéficier de cette nouvelle orientation.

La base industrielle de cette ville de 8,6 millions de personnes s’est élargie depuis quelques décennies et comprend désormais la confection de textiles, l’édition et l’impression, la transformation alimentaire et la production de tabac, peintures, médicaments, huiles, savons et bois de charpente. Malgré la stabilité apparente du Grand Manille, les Philippines n’ont pas réussi à maintenir leur rythme de croissance des années soixante-dix.

Le Grand Manille est confronté à de graves problèmes d’infrastructure et d’environnement touchant les terrains, l’eau, l’air, les égouts, l’évacuation des eaux, les déchets et la circulation. Les activités du secteur privé ont déterminé dans une large mesure les régimes d’occupation des sols. La spéculation a doublé, parfois triplé, le prix des terrains, réduisant le nombre de logements abordables à l’intérieur de l’agglomération. Une bonne partie de la population des quartiers périphériques n’est pas desservie par le réseau d’adduction d’eau. On utilise des pompes pour s’approvisionner en eau, ce qui aggrave encore la pollution. Les réseaux d’égout sont nettement insuffisants, ils n’atteignent au total que 11 % des citadins. La grande majorité des eaux usées sont acheminées dans des caniveaux et des canaux ouverts jusqu’à la baie de Manille, dans laquelle elles sont déversées sans traitement préalable. La pollution de l’air, due à la circulation automobile et aux rejets industriels, atteint des niveaux inquiétants. Les tonnes de déchets solides produits chaque jour par les habitants bouchent souvent les réseaux d’évacuation des eaux, qui se mettent à déborder. Comme la plupart des autres métropoles, le Grand Manille souffre d’impressionnants problèmes d’encombrement de la circulation.

Ce sont surtout les forces du marché qui ont façonné le développement de la ville, par manque de mesures précises de planification et d’aménagement. C’est encore le cas aujourd’hui. Un programme gouvernemental a tenté d’inciter les chefs des plus petits groupes politiques, les barangay, à mettre sur pied des projets d’amélioration du cadre de vie reposant sur l’autonomie des collectivités et sur la participation active des citoyens à la vie sociale.

RETOUR