Lagos, Nigeria

Lagos est la ville la plus populeuse du Nigeria, qui est lui-même le plus grand pays d’Afrique. La région métropolitaine, qui s’étend sur quelque 300 kilomètres carrés, est formée d’un ensemble d’îles bordées de cours d’eau et d’une lagune. Ce devrait être l’une des cinq plus grandes villes du monde en 2005.

Le gouvernement fédéral est en train de transférer la capitale à Abuja, dans l’espoir de ralentir la concentration de la population dans la ville.

Lagos est appelée Eko par la population locale. Ses premiers habitants sont originaires du Bénin et descendent des Ekoïs Awary. Au quinzième siècle, la ville est un comptoir portugais qui fait le commerce de l’ivoire, des épices et des esclaves. Elle est ensuite cédée aux Britanniques, qui commencent à exporter les récoltes vivrières après avoir aboli l’esclavage en 1807. Le Nigeria devient indépendant en 1960. Une guerre civile qui durera deux années et demie éclate en 1967.

La paix revenue, l’exode rural conjugué à l’afflux massif de réfugiés et d’immigrants d’autres pays africains provoque une explosion démographique qui se poursuit encore aujourd’hui.

Lagos est le premier centre industriel et commercial du Nigeria, un pays dont le PNB est le triple de celui des autres nations d’Afrique de l’Ouest. La ville a énormément profité des richesses nationales en pétrole, gaz naturel, charbon, bois et eau. L’industrie légère, principal secteur économique après l’indépendance, a été détrônée dans les années soixante-dix par les industries pétrolières, directement responsables de la croissance accélérée de Lagos.

La production de pétrole, démarrée dans les années cinquante, a été multipliée par sept de 1965 à 1973, alors que les prix mondiaux culminaient. En 1978, 40 % du commerce extérieur du Nigeria provenait de la région métropolitaine qui employait 40 % de la main-d’oeuvre qualifiée du pays. La chute brutale du prix du pétrole survenue lors de la récession mondiale de 1981 a ébranlé l’économie de Lagos, la grevant d’une dette et d’une inflation galopante qui persistent encore. Un vaste programme d’expansion de l’infrastructure et des services sociaux a dû être arrêté brusquement.

L’approvisionnement en énergie et en eau, les égouts, les transports et le logement ont tous souffert du développement anarchique de cette ville dispersée géographiquement. A la différence du reste du Nigeria, 90 % de la population de Lagos a l’électricité; la ville consomme 45 % de toute l’énergie nationale. En dépit de son emplacement insulaire, Lagos est confrontée à une pénurie d’eau qui s’aggrave de jour en jour. Par manque d’équipements sanitaires, la majorité des déchets humains sont emportés par les eaux de pluie dans des fossés ouverts qui se déversent sur les bas fonds intertidaux. Avec ses ponts congestionnés, la circulation est un problème quotidien; il faut compter deux à trois heures pour parcourir 10 à 20 kilomètres. On est en train de planifier la construction d’un réseau métropolitain surélevé à grande vitesse.

Depuis 1985, les plans de réhabilitation des villes se sont attachés à améliorer les conditions de vie dans les quartiers les plus pauvres en construisant des rues et des caniveaux, en apportant l’eau courante et l’électricité, en ouvrant des écoles et des établissements de soins. Avec l’aide des habitants, plusieurs projets pilotes de ce type ont atteint les objectifs visés.

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