Jakarta, Indonésie

Jakarta Image La Compagnie hollandaise des Indes orientales aborde dans l’île de Java à la fin du seizième siècle. Près de la baie de Jakarta, elle construit une ville fortifiée, Batavia, qui servira les intérêts commerciaux de la Hollande pendant les trois siècles suivants. La vie culturelle et la composition ethnique de Jakarta seront modifiées par l’introduction d’esclaves du Sri Lanka actuel, du Myanmar (ancienne Birmanie) et du Japon, puis par l’arrivée d’immigrants européens, arabes, indiens et chinois. Les Hollandais ont commencé à bâtir une infrastructure urbaine, notamment une série de canaux et un réseau ferroviaire.

Jakarta est occupée par les forces japonaises en 1942. Après l’indépendance, en 1945, elle devient la capitale de l’Indonésie. Selon les estimations des Nations Unies, la ville comptait 11,5 millions d’habitants en 1995, une hausse faramineuse par rapport aux 530 000 habitants de 1930.

L’agriculture est peu pratiquée depuis l’époque coloniale et les habitants de Jakarta dépendent aujourd’hui à 94 % des importations de denrées alimentaires. Le commerce est la principale activité économique. Le secteur industriel a eu plus de mal à prospérer que dans d’autres grandes villes asiatiques.

Jakarta souffre d’une grave crise du logement, due à l’augmentation rapide de la population et à la nécessité de remplacer les habitations provisoires qui ne cessent de se bâtir. La demande s’élève à 200 000 unités par an environ. Les autorités se sont attaquées à ce problème par divers programmes, tel le Projet de revalorisation des kampungs qui tente d’améliorer les installations des services publics (réseaux d’adduction d’eau, bains-douches publics...) ainsi que les rues de la ville.

Comme le réseau d’eau potable est inefficace, 80 % de la population est alimentée directement à partir des eaux souterraines, dont le niveau ne cesse de baisser. Dans la basse ville du nord, l’épuisement de la nappe a provoqué un grave affaissement de terrain; ces quartiers sont plus exposés aux inondations et l’eau de la mer de Java s’infiltre dans les réserves aquifères de la côte.

Le milieu urbain s’est rapidement détérioré, en raison surtout de l’absence de réseaux d’égout et de stations de pompage. De plus, le parc automobile a augmenté plus rapidement que les autres moyens de transport, ce qui exige de lourds investissements et l’aménagement d’un espace déjà très limité.

En 1970, le gouverneur a déclaré Jakarta « ville fermée ». Cette politique, encore en vigueur, exige de tous les migrants qu’ils s’identifient, indiquent leur destination et s’engagent à ne pas rester dans la ville. On a par ailleurs détruit les taudis et instauré des contrôles d’identité dans la rue.

En plus de dissuader les gens de s’installer à Jakarta, les autorités ont tenté de résoudre par la transmigration le problème du surpeuplement du centre-ville. Un programme de décentralisation orientait les nouveaux arrivants, les industries et les complexes administratifs vers l’est et l’ouest, où le cadre urbain est plus propice à la croissance.

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