Abidjan, Côte d’Ivoire

Ancien village de pêcheurs, Abidjan devient une ville coloniale française au tournant du siècle avant d’être promue capitale de la Côte d’Ivoire en 1934. Vingt ans plus tard, le canal de Vridi relie la ville, implantée en bordure de la lagune, à l’océan Atlantique, faisant d’Abidjan un gros centre portuaire et commercial. L’essor économique s’accompagne d’une augmentation de la population, qui passe de 17 000 habitants en 1934 à 59 000 en 1950.

La Côte d’Ivoire, pays à revenu moyen, s’est développée grâce à ses principales cultures d’exportation, à savoir le café, le cacao et le bois. La chute du prix mondial de ces marchandises et la grave sécheresse de 1982-1984 ont ébranlé l’économie nationale. On a cherché à diversifier la production, essentiellement agricole jusque-là, mais 75 % des revenus d’exportation proviennent encore de secteurs qui emploient 60 % de la main-d’oeuvre.

Contrairement à beaucoup de villes africaines, Abidjan a bénéficié d’un plan d’urbanisme. Toutefois, l’économie florissante de cette agglomération moderne de 2,8 millions d’habitants a été submergée par l’arrivée massive de gens de la campagne et de pays voisins, moins prospères.

L’agglomération est desservie par un réseau routier généralement en bon état, un système de transport en commun efficace et un aéroport moderne. En dépit des efforts de la municipalité, la crise du logement reste aiguë car 200 000 nouvelles personnes doivent être logées chaque année.

Sous la ville s’étend une vaste et profonde nappe phréatique qui fournit aux habitants l’eau dont ils ont besoin. Mais la lagune Ebrié est de plus en plus polluée par les effluents industriels et les matières organiques. On considère qu’Abidjan possède le meilleur réseau d’évacuation des eaux usées et des eaux pluviales d’Afrique occidentale, mais l’extension de ces installations n’a pas suivi le même rythme que la croissance de la ville.

Malgré l’amélioration générale de l’état de santé de la population, qui a allongé l’espérance de vie et réduit la mortalité infantile, Abidjan est confrontée à de nombreux problèmes médicaux : dracunculose et maladies diarrhéiques (effet direct de l’insuffisance du réseau d’égout), infections respiratoires, rougeole et malnutrition. On s’inquiète aussi de l’expansion du syndrome d’immuno-déficience acquise (SIDA).

Un programme de décentralisation politique a été lancé au début des années quatre-vingt dans l’espoir de réduire la pression démographique sur Abidjan. Il comportait la création d’un réseau de villes de taille moyenne, pour attirer les jeunes hors des mégalopoles, et s’est traduit par la décision de déplacer la capitale à Yamoussoukrou, en 1983. Même si Abidjan n’est plus la capitale de la Côte d’Ivoire, elle en reste le principal foyer culturel et commercial.

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