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Selon le Rapport sur la situation des
établissements humains dans le monde


Selon le Rapport sur la situation des établissements humains dans le monde, publié en mars 1996 par le Centre des Nations Unies pour les établissements humains (Habitat), il y aurait actuellement dans le monde environ 500 millions de citadins sans abri ou mal logés.

«Au cours du siècle prochain, c’est dans les grandes villes que se poseront avec le plus d’acuité les grands problèmes environnementaux, économiques et sociaux», selon M. Wally N’Dow, directeur exécutif d’Habitat et secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur les établissements humains (Habitat II). «Le problème des sans­abri et des mal logés est à la racine de tous les autres problèmes des villes. Les zones urbaines ont pourtant les moyens de résoudre les problèmes de logement-car dans la plupart des pays en développement les villes produisent de 50 à 80 % du produit national brut-, mais le gaspillage et la mauvaise gestion des ressources humaines contrecarrent l’effort nécessaire.»

Le problème s’aggrave du fait que la construction de logements ne parvient pas à suivre l’augmentation de la population urbaine, qui doublera, passant de 2,4 milliards en 1995 à 5 milliards en 2025. Actuellement, la population urbaine augmente dans le monde deux fois et demie plus vite que la population rurale.

Mais malgré leurs problèmes, les villes resteront le moteur du développement social, économique et environnemental au siècle prochain et offriront aux pauvres les perspectives les meilleures. Selon le Rapport, les citadins pauvres sont en effet 3 à10 fois plus riches que les ruraux pauvres.

Le manque de logements et leur mauvaise qualité - résultat de l’hypertrophie des villes - facilitent l’apparition de maladies graves. La mauvaise qualité des logements, l’eau non potable, le manque d’hygiène publique dans les villes à population dense sont chaque année responsables de 10 millions de décès dans le monde et jouent un très grand rôle dans l’apparition de dangers environnementaux qui seraient évitables et qui sont la cause de 25 % des décès prématurés enregistrés dans le monde. Les maladies d’origine hydrique à elles seules tuent chaque année 4 millions de nourrissons et d’enfants.

Les maladies causées par de mauvaises conditions de logement et le manque de moyens d’assainissement coûtent également beaucoup plus que ne coûterait leur prévention. En ne remédiant pas à une pareille situation, les pouvoirs publics doivent faire face, en fin de compte, à des dépenses de santé publique extrêmement élevées. Par exemple :

  • L’épidémie de choléra qui a éclaté au Pérou n’a pas seulement touché 320000 personnes - dont 2600 décès - mais a également entraîné des pertes de nature économique chiffrées à 1milliard de dollars et s’est donc révélée beaucoup plus coûteuse que les améliorations qui auraient pu être apportées aux équipements d’hygiène publique et de voirie et qui auraient pu empêcher l’épidémie.
  • L’épidémie de peste qui a éclaté en 1994 dans la ville indienne de Surat, pourtant assez prospère, a été principalement attribuée à l’insalubrité des logements. Les responsables de la santé publique ont signalé que l’épidémie avait tué 54 personnes et touché près de 5 000 personnes, mais qu’elle avait en outre entraîné plus de 1,5 milliard de dollars de pertes de nature économique et poussé à l’exode 500 000 habitants de la ville.
Le problème des sans­abri se pose aussi bien dans les pays développés que dans les pays en développement. A Londres, par exemple, l’espérance de vie des sans­abri est inférieure de plus de 25 ans à la moyenne nationale.

La mauvaise qualité des logements dans les villes est un problème mondial, mais la situation est bien plus grave dans les pays en développement. Habitat signale qu’aujourd’hui 600 millions d’hommes vivent dans des logements insalubres, parfois très dangereux, en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Les régions où la population augmente le plus vite sont celles où le problème des sans­abri risque d’échapper à tout contrôle.

En 2015, les 10 plus grandes agglomérations dans le monde seront situées en Asie, en Amérique latine et en Afrique. Neuf d’entre elles seront dans des pays en développement : Bombay (Inde), 27,4 millions d’habitants; Lagos (Nigéria), 24,4 millions; Shanghai (Chine), 23,4 millions; Jakarta (Indonésie), 21,2 millions; Sao Paulo (Brésil), 20,8 millions; Karachi (Pakistan), 20,6 millions; Beijing (Chine), 19,4 millions; Dhaka (Bangladesh), 19 millions; Mexico (Mexique), 18,8 millions. La seule agglomération, parmi les 10 premières, qui soit située dans un pays développé est Tokyo (Japon) avec 28,7 millions d’habitants.

Selon le rapport d’Habitat, 80 % des habitants des villes, dans le monde, vivront dans un pays en développement en 2025.

«Le monde en développement connaît maintenant une urbanisation assez semblable à celle que les pays développés ont connue dans le passé, avec un doublement ou un triplement de la population urbaine en une ou deux décennies», dit M. N’Dow, dont l’organisation fournit aux gouvernements une aide institutionnelle et technique. «La différence est que les citadins des pays en développement ne gagnent parfois pas plus de 200 dollars par an contre plus de 20000 dollars aux Etats­Unis. Cela signifie que ces grandes villes doivent gérer les finances publiques avec le plus grand soin car elles ont très peu de ressources à investir dans les services et les équipements collectifs.»

L’avenir des villes, dans le monde, en particulier la gestion des ressources urbaines, sera le thème principal de la Conférence Habitat II qui se tiendra à Istanbul (Turquie) en juin1996. Elle réunira des ministres, des parlementaires, des politiciens nationaux et locaux, des entrepreneurs et des représentants d’associations et d’organisations non gouvernementales, qui examineront ensemble les tendances économiques et urbanistiques mondiales et étudieront les solutions qui pourraient être apportées aux graves problèmes sociaux qui se posent dans les villes.

Quelques­unes des conclusions du Rapport sur la situation des établissements humains dans le monde
  • La population mondiale est de plus en plus urbanisée. En 1950, 30 % seulement de l’humanité vivait dans des villes, contre 45 % en 1995. En l’an 2000, un être humain sur deux sera un citadin. Ce sont surtout dans les petites villes et les villes moyennes que la population augmentera. En effet, les mégapoles, les grandes agglomérations de plus de 10 millions d’habitants, n’abritent actuellement que 4 % de la population mondiale.
  • L’urbanisation est le résultat d’un exode rural qui ne se tarit pas, mais aussi de la transformation progressive de terrains ruraux en terrains urbanisés.
  • L’urbanisation contribue au développement économique et social d’un pays. Elle entraîne une amélioration des niveaux de vie d’une fraction considérable de la population mondiale. La plupart des pays où l’urbanisation a été rapide durant la décennie passée ont également connu une croissance économique élevée. En outre, un nombre important de grandes villes jouent un rôle principal dans la mondialisation de l’économie en devenant des grands centres financiers ou commerciaux.
  • Les villes mal gérées sont celles où les conditions de logement se dégradent. Si la pauvreté frappe le milieu urbain de beaucoup de pays, c’est que le gouvernement central et les administrations locales ne parviennent pas à faire des plans proportionnés à l’accroissement de la population et ne peuvent fournir les équipements, les services et les emplois requis.
  • Une bonne gestion municipale est nécessaire à un développement urbain durable. Il faut pour cela donner un rôle plus grand aux associations, aux organisations communautaires et aux ONG.
Le Rapport sur la situation des établissements humains dans le monde permet une comparaison des principaux indicateurs de logement dans 52 villes classées en fonction de leurs revenus : faible, intermédiaire de la tranche inférieure, moyen, intermédiaire de la tranche supérieure, élevé. Les villes où les problèmes de logement sont les plus graves sont Addis­Abeba (Ethiopie) où 79 % de la population est sans abri ou mal logée, Jakarta (Indonésie), où 54 % de la population est dans ce cas, et Bogota, (Colombie) 50 %.

Aperçu des indicateurs du logement

Liste des 52 centres urbains et pays mentionnés dans le rapport

    Villes de pays à faible revenu Dar es­Salaam (Tanzanie), Lilongwe (Malawi), Dhaka (Bangladesh), Antananarivo (Madagascar), Ibadan (Nigéria), Delhi (Inde), Nairobi (Kenya), Beijing (Chine), Karachi (Pakistan), Accra (Ghana).

    Villes de pays à revenu intermédiaire, tranche inférieure Jakarta (Indonésie), Le Caire (Egypte), Harare (Zimbabwe), Dakar (Sénégal), Manille (Philippines), Abidjan (Côte d’Ivoire), Rabat (Maroc), Quito (Equateur), Amman (Jordanie), Bogota (Colombie).

    Villes de pays à revenu intermédiaire Bangkok (Thaïlande), Tunis (Tunisie), Kingston (Jamaïque), Istanbul (Turquie), Varsovie (Pologne), Santiago (Chili), Monterey (Mexique), Alger (Algérie), Kuala Lumpur (Malaisie), Johannesburg (Afrique du Sud).

    Villes de pays à revenu élevé, tranche inférieure Caracas (Venezuela), Rio de Janeiro (Brésil), Budapest (Hongrie), Bratislava (Slovaquie), Séoul (Corée), Athènes (Grèce), Tel­Aviv (Israël), Madrid (Espagne), Singapour (Singapour), Hong kong (Hong kong).

    Villes de pays à revenu élevé Londres (Royaume­Uni), Melbourne (Australie), Amsterdam (Pays­Bas), Vienne (Autriche), Paris (France), Toronto (Canada), Washington (Etats­Unis), Stockholm (Suède), Tokyo (Japon), Helsinki (Finlande), Munich (Allemagne), Oslo (Norvège).
Nécessité d’un monde urbanisé
Habitat indique dans le Rapport que le passage d’une économie fondée sur l’agriculture à une économie fondée sur l’industrie et les services a entraîné un mouvement irréversible en direction des villes et l’urbanisation des zones rurales.

«L’urbanisation massive est le seul moyen par lequel le monde peut survivre à l’accroissement rapide de la population», dit M. Mathias Hundsalz, qui a assuré la coordination du Rapport. «Les zones urbaines offrent une plus grande espérance de vie et un plus faible niveau de pauvreté absolue. Elles peuvent fournir les services essentiels à meilleur prix et à une plus grande échelle que les zones rurales. Le problème n’a jamais été que la vie est plus difficile dans les villes- elles constituent en réalité un meilleur cadre pour les pauvres-c’est plutôt que les villes ont de plus en plus d’habitants et de gens qui comptent sur leurs services.»

Les villes offrent de nombreux autres avantages. La forte densité de la population signifie que les coûts d’approvisionnement en eau et de fourniture de services d’assainissement et de santé sont moins élevés par ménage et par entreprise. Les villes peuvent également fournir des services d’urgence plus facilement que les zones rurales. Outre leur capacité de fournir des services de santé et des services sociaux, elles présentent plus de possibilités de formation et d’éducation, ce qui entraîne souvent une réduction des taux de natalité. L’urbanisation peut donc contribuer à réduire la croissance démographique. Il ressort du dernier recensement mondial que le taux d’accroissement de la population a baissé dans de nombreuses villes d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, qui étaient surpeuplées.

«Le cercle vicieux dans lequel sont pris les pauvres qui se retrouvent sans abri, et qui, parce qu’ils sont sans abri, s’appauvrissent de plus en plus, ne peut être rompu que dans les villes, parce que celles­ci disposent de services sociaux gratuits ou peu coûteux qui offrent aux pauvres un point de départ», dit M. Hundsalz.

Investir dans des logements sûrs

Il est préconisé dans le Rapport que les gouvernements modifient leur rôle et passe de l’exécution à l’autonomisation, en facilitant la construction de logements et leur amélioration par le secteur privé.

"Il est irréaliste de s’attendre que les gouvernements puissent à eux seuls régler les problèmes de logement", dit M. Hundsalz. "Seule la coopération entre les secteurs public et privé, avec l’appui des gouvernements, aidera à surmonter les barrières existantes et à mobiliser les flux d’investissement nécessaires dans le secteur du logement. Jusqu’à présent, le manque de ressources financières et d’expertise technique, et l’inefficacité des réglementations en matière de logement ont ralenti la croissance de ce secteur."

La raison pour laquelle le logement constitue un important investissement est que les recettes provenant des projets de logement stimulent la croissance privée. La construction de maisons exige des matériaux, des services de transport, des opérations de commercialisation et de la main­d’œuvre, qui tous produisent un effet multiplicateur. Chaque dollar investi dans la construction d’une maison ajoute trois dollars au revenu national.

"La construction de logements est un investissement particulièrement rationnel dans les pays en développement parce que les habitations bon marché sont celles qui stimulent le plus les économies de ces pays", dit M. Hundsalz. "Les pays qui peuvent tirer profit de l’accroissement de leur population urbaine en créant des emplois et en stimulant leur économie réussiront non seulement à survivre à l’explosion urbaine mais encore à y trouver une source de prospérité."

«Pour les projets de logement urbain, on doit se départir de l’attitude traditionnelle consistant à attendre la catastrophe avant de réagir» ajoute M. Hundsalz.«Les mesures préventives permettent de sauver des vies humaines, et leur coût est considérablement inférieur à celui de la passivité.»

Selon le Rapport, les habitations bon marché produisent 30 % de revenus de plus que celles à coût élevé. Le secteur non structuré étant à plus forte intensité de travail que le secteur structuré, la construction dans le premier crée 20 % d’emplois de plus et offre six fois plus par dollar dépensé que le secteur structuré de l’industrie du bâtiment. Le Rapport met en garde toutefois contre les risques pour la santé et la sécurité ainsi que les risques de violation de la législation du travail qui existent dans le secteur non structuré.

Le problème que pose la fourniture de logements dans les pays en développement tient en bonne partie aux réglementations et codes pléthoriques en matière de construction. L’inflation accrue a également entraîné une chute des activités de construction, l’industrie du bâtiment souffrant de la hausse des prix des matières premières.

Les réformes économiques gouvernementales visant à privatiser l’économie constituent une autre source de pressions à court terme sur la construction de logements dans les pays en développement. Habitat considère que, si elles sont salutaires à long terme, ces réformes, qui influent sur la fiscalité, les marchés financiers, les marchés des produits, le marché du travail et les services sociaux, ont réduit, à court terme, l’investissement public dans le bâtiment. Habitat indique dans son rapport que l’un des rôles essentiels des pouvoirs publics est d’essayer de faciliter la transition, du secteur public au secteur privé, des investissements dans le logement. Le système de contrats communautaires mis au point par la National Housing Development Authority à Sri Lanka offre un exemple d’approche gouvernementale rationnelle à l’assainissement des bidonvilles, qui non seulement assure une amélioration des logements et des infrastructures mais également crée des débouchés économiques pour les résidents.

Dans le cadre de contrats communautaires, les résidents construisent dans leur voisinage l’infrastructure matérielle de première nécessité, notamment sentiers, caniveaux, puits, toilettes, transformant ainsi des taudis en communautés bien entretenues. Les travaux d’entretien et de réparation sont mieux assurés parce que ceux qui font le travail en tirent également les bénéfices.

Pour conclure son Rapport, Habitat estime que le rôle de l’Etat dans l’environnement urbain doit changer pour que les besoins de la population, en particulier ceux des couches les plus pauvres, soient satisfaits. Le marché du logement pourra offrir des maisons durables si les pouvoirs publics encouragent des marchés concurrentiels à construire des logements bon marché, tout en favorisant les institutions de logement sociaux et à but non lucratif.

«Ni l’Etat ni le secteur privé n’est capable, à lui tout seul, de gérer nos villes», dit M. N’Dow.

Habitat : indicateurs du logement *


Statut de propriété
                              % de logements    % de    % du stock total
                                appartenant   logements   de logements 
Groupe de revenu               aux occupants   sociaux   non autorisés

Villes de pays à faible revenu       33          13          64
Villes de pays à revenu
  intermédiaire, tranche inférieure  52          11          36
Villes de pays
  à revenu intermédiaire             59          14          20
Villes de pays à revenu
  élevé, tranche inférieure          55          53           3
Villes de pays à revenu élevé        51          13           0

Qualité des logements
Qualité des logements
                             Surface                            % de
                             habitable  Nombre de   % de        logements
                           par personne personnes   structures  disposant
Groupe de revenu              (en m2)   par chambre permanentes de l’eau
                                                                courante

Villes de pays à faible revenu  6,1        2,47         67         56
Villes de pays à revenu
  intermédiaire,  tranche
  inférieure                    8,8        2,24         86         74
Villes de pays à revenu
  intermédiaire                15,1        1,69         94         94
Villes de pays à revenu
   élevé, tranche inférieure   22,0        1,03         99         99
Villes de pays à revenu élevé  35,0        0,66        100        100

Dépenses publiques**
                   En dollars E.­U.                    En dollars E.­U.
Groupe de revenu       par personne   Groupes régionaux    par personne
                       
Villes de pays à faible revenu 15,0   Villes d’Afrique
Villes de pays à revenu                subsaharienne               16,6
 intermédiaire, tranche               Villes d’Asie du Sud         15,0
 inférieure                    31,4   Villes d’Asie de l’Est       72,5
Villes de pays à revenu               Villes d’Amérique latine
 intermédiaire                 40,1    et des Caraïbes             48,4
Villes de pays à revenu               Villes d’Europe orientale
 élevé, tranche inférieure    304,6    de Grèce, d’Afrique du Nord 
Villes de pays à revenu élevé 813,5    et du Moyen­Orient          86,2
                                      Villes d’Europe, d’Amérique 
                                       du Nord et d’Australie     656,0
* Etude fondée sur 52 villes.
** Approvisionnement en eau, assainissement, évacuation des eaux, enlevement des ordures ménagères, routes et électricité.

Source : Rapport sur la situation des établissements humains dans le monde, 1995.



Les plus grandes agglomérations urbaines (En millions)
                            1995                              2015

Ville                 Population     Ville              Population

1. Tokyo (Japon)            26.8     1. Tokyo (Japon)         28.7
2. Sao Paulo (Brésil)       16.4     2. Bombay (Inde)         27.4
3. New York (Etats­Unis)    16.3     3. Lagos, Nigeria        24.4
4. Mexico (Mexique)         15.6     4. Shanghai (Chine)      23.4
5. Bombay (Inde)            15.1     5. Jakarta (Indonésie)   21.2
6. Shanghai (Chine)         15.1     6. Sao Paulo (Brésil)    20.8
7. Los Angeles (Etats­Unis) 12.4     7. Karachi (Pakistan)    20.6
8. Beijing (Chine)          12.4     8. Beijing (Chine)       19.4
9. Calcutta (Inde)          11.7     9. Dhaka (Bangladesh)    19.0
10.Séoul (Corée du Sud)     11.6     10. Mexico (Mexique)     18.8
Source : Rapport sur la situation des établissements humains dans le monde, 1995.


Publié par le Département de l’information des Nations Unies
DPI/1795/HAB/CON-Fevrier 1996


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