12/02/2014
Conseil économique et social
SOC/4811

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission du développement social                         

Cinquante-deuxième session                                 

4e & 5e séances – matin & après-midi      


À L’INSTAR DE LA REPRÉSENTANTE DE L’OIT, LES DÉLÉGATIONS SOULIGNENT L’IMPORTANCE DE L’EMPLOI

ET D’UN TRAVAIL DÉCENT POUR ASSURER L’AUTONOMISATION DES PERSONNES


« L’offre d’un travail décent est le meilleur moyen de promouvoir l’autonomisation », a affirmé, aujourd’hui, devant la Commission du développement social, la représentante de l’Organisation internationale du Travail (OIT).  Le marché mondial du travail est actuellement confronté à de nombreux défis, comme le chômage qui touche près de 202 millions de personnes, des emplois mal rémunérés, le travail informel et l’absence de perspectives en matière de création d’emplois décents à long terme. 


Face à cette situation inquiétante, elle a souligné qu’il était nécessaire de faire du plein emploi et du travail décent et productif un objectif à part entière du programme de développement pour l’après-2015.  « Un tel objectif pourrait être la force motrice d’un agenda transformatif pour l’élimination de la pauvreté et le développement durable », a-t-elle estimé.


De son côté, le représentant du Burkina Faso a préconisé d’établir un lien étroit entre l’emploi et la croissance économique de manière à inclure l’emploi dans les politiques sectorielles nationales, tout en adoptant des mesures incitatives pour favoriser la création d’emplois dans le secteur privé.


« Au cours des 15 prochaines années, a-t-il dit, 600 millions de nouveaux emplois devraient être créés dans le monde pour absorber l’augmentation de la population en âge de travailler. ».


Le Ministre des affaires sociales et de l’emploi des Pays-Bas a, pour sa part, appelé le secteur privé à participer activement au processus d’autonomisation des couches sociales défavorisées, notamment en promouvant un emploi décent qui permette aux employés des entreprises d’adhérer à un syndicat ou encore de recevoir un salaire minimum pour vivre.


À son tour, le représentant de la Suisse a souligné que les jeunes rencontraient encore d’énormes difficultés à s’intégrer sur le marché du travail, ce qui les empêche d’être pleinement autonomes sur le plan économique.  Il a appelé les États Membres à redonner espoir à cette « génération sacrifiée », notamment en offrant une éducation de qualité et un système de formation professionnelle qui permettent d’assurer aux jeunes les compétences nécessaires pour entrer et évoluer sur le marché du travail.


« L’individu, a insisté la délégation suisse, doit pouvoir compter sur une réponse institutionnelle et ne pas devoir affronter seul les défis. »


Son homologue de la Roumanie, citant la situation dans son propre pays, a fait remarquer que le taux de chômage des jeunes, qui représente une large fraction du taux de chômage national, s’expliquait largement par le fait que les qualifications de ces jeunes ne répondaient pas aux compétences requises par les employeurs.


Pour faire face à cette situation, le Gouvernement roumain a adopté, en 2013, un Plan national pour la promotion de l’emploi des jeunes qui, s’est félicitée la représentante, a d’ores et déjà permis à 13 000 d’entre eux de trouver un emploi.


Le représentant de la Chine a évoqué les 110 millions d’emplois créés par son gouvernement dans les zones urbaines.  Plusieurs délégations, dont celle de l’Indonésie, ont par ailleurs cité les mérites des programmes de création de micro-entreprises.


La session directive du cycle biennal 2013-2014 de la Commission du développement social, dont le thème est la « Promotion de l’autonomisation dans les domaines de l’élimination de la pauvreté, de l’intégration sociale, du plein emploi et du travail décent pour tous », s’achèvera le 21 février prochain.  Avant de conclure ses travaux, elle fera des propositions concrètes qui seront examinées par le Forum politique de haut niveau du Conseil économique et social (ECOSOC), en vue de donner les grandes orientations sociales qui devraient sous-tendre le futur programme de développement pour l’après-2015.

La Commission du développement social entendra le Rapporteur spécial pour les personnes handicapées demain, jeudi 13 février, à partir de 10 heures.



SUITE DONNÉE AU SOMMET MONDIAL POUR LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET À LA VINGT-QUATRIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE (E/CN.5/2014/2)


a) Thème prioritaire: promotion de l’autonomisation dans les domaines de l’élimination de la pauvreté, de l’intégration sociale, du plein emploi et du travail décent pour tous


Suite du débat général


M. SERGEY F. VEL'MYAIKIN, Premier Vice-Ministre du travail et de la protection sociale de la Fédération de Russie, a souligné que la Commission du développement social était un organe de première importance pour les activités des Nations Unies en matière de développement social.  Il a indiqué que le budget de la Fédération de Russie consacrait davantage de ressources aux questions sociales, ce qui permet au pays d’atteindre des résultats probants comme la réduction du taux de chômage.  Il a aussi cité des mesures nationales visant à renforcer l’autonomisation de certains groupes sociaux vulnérables, et la mise en place de mesures de protection sociale.  Les personnes handicapées bénéficient de mesures leur permettant d’être plus autonomes, comme par exemple la gratuité des transports publics.  Un mécanisme sera bientôt mis en place pour suivre et établir la preuve des violations des droits des personnes vivant avec un handicap, a-t-il ajouté.  Le Premier Vice-Ministre du travail a également parlé des performances de la Fédération de Russie en matière de gouvernance électronique, ce qui en fait, a-t-il souligné, l’un des pays les plus avancés au monde.  Il a ainsi indiqué que des plateformes informatiques permettaient notamment à la population de participer à la vie publique en faisant des suggestions et remarques sur les actions gouvernementales.


M. URMAS PAET, Ministre des affaires étrangères de l’Estonie, a relevé que les sociétés humaines ne pourraient être durables si les préoccupations environnementales, économiques et sociales ne sont pas prises en compte par les dirigeants.  Il a noté que la question de l’autonomisation était cruciale car elle vise à faire de sorte que tous les membres de la société puissent jouir pleinement de leurs droits et mieux exploiter leurs capacités.  Il a indiqué que l’autonomisation passait par l’éducation et la mise en place de politiques centrées sur les personnes.  Il a ensuite déclaré qu’il n’y avait aucune excuse à la discrimination, et que toutes les couches sociales défavorisées devaient être autonomisées, en s’appuyant sur les énormes possibilités offertes par les technologies de l’information et de la communication, qui sont, a-t-il dit, le moteur de l’économie actuelle.  À cet égard, il s’est félicité des avancées de l’Estonie en matière de gouvernance électronique.


M. CHANDRA BAHADUR SHIWAKOTI (Népal) s’est inquiété de la persistance du fléau de la pauvreté et du taux élevé de chômage dans le monde, en particulier chez les jeunes.  Il a indiqué que son gouvernement avait lancé plusieurs programmes visant à créer des emplois et à renforcer les capacités productives en mettant l’accent sur le développement des infrastructures dans les zones rurales et reculées.  Des programmes de formation ont par ailleurs été élaborés à l’intention des jeunes, des personnes handicapées et des membres de communautés ethniques ou marginalisées.  Le Népal veille également à l’éducation des filles et des membres des minorités ethniques.  Le représentant a aussi insisté sur l’importance d’accorder une attention particulière aux zones rurales.  Le Gouvernement du Népal se réserve le droit d’appliquer des mesures de discrimination positive lorsqu’il le juge nécessaire,  a-t-il déclaré.


M. MILTON EDUARDO REYES (République dominicaine) a indiqué que son gouvernement accordait une attention particulière aux jeunes, aux personnes handicapées et aux personnes âgées et s’est doté d’un ministère de la jeunesse, d’un conseil national pour le handicap et d’un conseil pour les personnes âgées qui, a-t-il expliqué, sont entièrement intégrés dans le programme de développement du pays.  La République dominicaine a également lancé une initiative visant à permettre à 12 720 personnes âgées d’obtenir leur acte de naissance et à 9 345 autres adultes de toucher une pension.  Un programme spécial a été établi pour que les personnes âgées soient mieux informées sur leurs droits, a ajouté le représentant, en faisant observer que 5 052 personnes âgées avaient pu apprendre à lire et à écrire grâce à des initiatives prises par son gouvernement.


M. Reyes a indiqué que son pays envisageait par ailleurs de mener en enquête nationale sur le handicap qui touche, a-t-il précisé, 12,3% de la population nationale.  Un plan d’inclusion des personnes handicapées sur le marché du travail a été lancé et des mesures sont prises pour promouvoir l’entreprise individuelle, de même que des programmes pour encourager la participation des jeunes les plus démunis sur le marché du travail.


M. MASOOD KHAN (Pakistan) a souligné que le moyen le plus effectif pour briser le cercle vicieux de la pauvreté est d’autonomiser les populations par l’intermédiaire de l’éducation de masse, la formation, les perspectives d’emplois et surtout la participation aux processus politiques.  Il a souligné que l’autonomisation des groupes marginalisés, notamment les femmes et les jeunes, pouvait déployer les forces de la croissance et du développement.  Le représentant a vu dans l’autonomisation une décision stratégique destinée à stimuler la croissance économique et la justice distributive. Il a également signalé que le chômage représentait un obstacle de taille pour l’autonomisation, en s’inquiétant notamment du fait qu’à la fin de 2013, 202 millions de personnes dans le monde étaient au chômage, dont 12,6% de jeunes.  Le raz de marée de l’inégalité au sein et parmi les nations érode l’intégration sociale, a-t-il averti, en appelant à atténuer l’impact adverse des disparités extrêmes dans la distribution des revenus aux niveaux national, régional et international.


M. Khan a estimé que l’aide publique au développement demeurait un moyen valable d’extirper de nombreuses sociétés de la pauvreté et a jugé nécessaire qu’au lieu de débattre de sa conception, il faudrait plutôt mieux cibler cette aide dans le but de stimuler la croissance, la création d’emplois et l’intégration sociale.  Il a également souligné que les mesures destinées à répondre aux effets des changements climatiques et à promouvoir l’économie verte ne devraient pas être lancées au détriment des communautés les plus pauvres.


Le représentant a ensuite indiqué que le développement économique et social était au cœur de la politique nationale du Pakistan.  Les femmes et les foyers les plus démunis peuvent bénéficier d’un programme de transfert de fonds et avoir accès à des prêts libres d’intérêt pour créer de petites entreprises.  M. Khan a également indiqué que le Pakistan disposait de la sixième force de travail au monde et que 68% de la population nationale étaient âgés de moins de 30 ans.  Le Gouvernement pakistanais se doit donc de tirer pleinement profit du potentiel des jeunes en veillant à leur éducation et à leur formation et en leur fournissant les compétences professionnelles dont ils auront besoin.  Afin de stimuler l’esprit d’entreprise chez les jeunes, un programme d’octroi de prêts a spécialement été créé à leur intention, a ajouté le représentant.


M. AART JAN BETTE, Ministre des affaires sociales et de l’emploi des Pays-Bas, a relevé que le Gouvernement des Pays-Bas avait choisi le modèle de gouvernance axé sur une « société participative », afin de promouvoir la participation active des citoyens.  Il a indiqué que le secteur privé pouvait participer activement au processus d’autonomisation des couches sociales défavorisées.  Il a expliqué que les entreprises pouvaient par exemple autonomiser leurs employés en promouvant un emploi décent qui permette à leurs employés d’adhérer à un syndicat ou encore de recevoir le salaire minimum requis pour vivre.  Il a également précisé que les entreprises, en offrant un travail décent, pouvaient contribuer à améliorer les conditions de vie de leur personnel, en respectant ainsi les politiques prônées par les Nations Unies.  Dans ce contexte, le Ministre a déclaré que le Pacte mondial des Nations Unies pouvait jouer un rôle important dans cet objectif de promotion de la responsabilisation sociétale des entreprises.  Il a aussi plaidé pour un partenariat plus soutenu entre les entreprises et les organisations internationales telles que l’Organisation internationale du Travail (OIT).


M. DAVID SANNI, Secrétaire au Programme national d’éradication de la pauvreté du Nigéria, a fait observer que l’autonomisation permettrait aux couches sociales défavorisées de se sentir membres de la société à laquelle elles appartiennent.  Il a indiqué que l’autonomisation, l’intégration et l’inclusion sociales faisaient parties des objectifs des programmes gouvernementaux en vigueur au Nigéria.  À cet égard, M. Sanni a mis l’accent sur des initiatives en faveur du monde rural, notamment des petits exploitants agricoles et des femmes rurales qui bénéficient des nouvelles lois foncières.  Il a également souligné l’importance des technologies de l’information et de la communication comme outils d’autonomisation des populations et de promotion du développement.  M. Sanni a indiqué que les agriculteurs au Nigéria utilisaient des téléphones portables pour mieux s’informer sur ce qui pourrait améliorer leurs activités agraires.  Avant de conclure, il a soutenu que la protection sociale était un puissant instrument de réduction de la pauvreté et de cohésion sociale.


M. YAROSLAV GOLITSYN (Ukraine) a indiqué que son pays avait présenté au mois de septembre dernier, son quatrième rapport national sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il s’est félicité du fait que dans son pays le taux de pauvreté était passé de 11,9% en 2000 à 2,3% en 2012, notant toutefois que près d’un tiers des familles ayant des enfants, soit 32,6%, avaient besoin d’une aide de la part du Gouvernement.  Le représentant a aussi expliqué que la loi sur le chômage avait été renforcée en 2013 afin d’améliorer les aides financières accordées aux personnes qui se trouvent au chômage.  La politique d’assistance sociale du Gouvernement ukrainien cible en priorité les travailleurs dans les zones rurales dont les revenus sont faibles et les jeunes diplômés chômeurs.


Lui emboîtant le pas, M. GRYGORII OSOVYI, Fédération des syndicats de l’Ukraine, a insisté sur l’importance que revêt l’emploi dans le cadre de l’autonomisation.  Il a expliqué que son organisation regroupait près de 7 millions de travailleurs de différents secteurs.  La Fédération a lancé des initiatives visant à garantir un travail décent et l’égalité des salaires pour un même travail.  Le représentant a également évoqué la signature d’un accord collectif sur les rémunérations qui prévoit le versement de rémunérations correspondant à celles en vigueur dans les pays développés.  Le représentant a cependant fait savoir que la situation économique actuelle avait ralenti l’augmentation des rémunérations et que le taux de pauvreté chez les travailleurs persistait.  Il s’est également inquiété de la persistance et des effets de la corruption.  Le représentant a ensuite indiqué que des efforts étaient entrepris pour mettre un terme aux pratiques qui nuisent à la société.  Il est notamment prévu de lancer un dialogue social dans le but de débattre de la réforme des rémunérations et du versement des pensions   Le représentant a ensuite appelé la Commission à se pencher sur la question de la justice fiscale.


M. ELMAR DOMINICK LEDERGERBER (Suisse) a estimé que l’autonomisation était un moyen d’éliminer la pauvreté, de faciliter l’intégration sociale et de promouvoir le plein emploi et un travail décent.  Il a souligné que l’autonomisation impliquait la volonté de mettre en place des politiques concrètes visant à soutenir et à promouvoir le développement des compétences individuelles, à soutenir les personnes sur le plan financier et matériel ou à octroyer des aides et des soins permettant aux personnes de conserver une vie quotidienne digne et une autonomie la plus grande possible.  Il a aussi insisté sur l’importance de prévoir et de développer un cadre institutionnel adéquat capable d’offrir les infrastructures et les services indispensables.


M. Ledergerber a aussi parlé de l’autonomisation économique dont l’élément clef, a-t-il affirmé, est l’intégration sur le marché du travail « dans des conditions décentes ».  Il a souligné qu’il était important d’offrir une éducation de qualité et un système de formation professionnelle qui permettent d’assurer aux jeunes les compétences nécessaires pour entrer et évoluer sur le marché du travail.  Il a également appelé à la création de cadres et de politiques  macroéconomiques propices à la création d’emplois rémunérés afin que le marché du travail puisse absorber toutes les personnes qui désirent y entrer.  Le représentant a aussi dit la nécessité de prévoir un cadre légal qui garantisse des conditions décentes de travail pour faire du « facteur travail » l’élément moteur du développement et de l’autonomisation économique.


La Suisse, a-t-il indiqué, privilégie le dialogue social pour assurer la participation de sa population à la définition des conditions-cadre du marché du travail.  Le représentant a soutenu que ce système, qui est « basé sur la confiance mutuelle entre organisations syndicales et patronales », avait permis à la Suisse d’avoir un marché du travail flexible tout en assurant une protection élevée des travailleurs.  Par ailleurs, la participation étroite des partenaires sociaux à la définition des plans d’études de formation professionnelle garantit que ceux-ci correspondent aux besoins du marché du travail.  Pour la délégation suisse, l’autonomisation et la responsabilisation de l’individu doivent être accompagnées d’un soutien effectif où les systèmes de protection sociale de l’État ont un rôle essentiel à jouer.  L’individu, a insisté le représentant, doit pouvoir compter sur une réponse institutionnelle et ne pas devoir affronter seul les difficultés et les défis.


Les femmes et les jeunes ont besoin d’une attention particulière, a rappelé le représentant, en faisant observer que dans de nombreux pays, les jeunes avaient encore d’énormes difficultés à s’intégrer sur le marché du travail, ce qui entrave leur autonomisation économique.  La Commission du développement social doit redonner espoir à ce que l’OIT a appelé « une génération sacrifiée », a lancé le représentant, avant d’appeler à faire des « choix clairs » en faveur de l’autonomisation des femmes.


Mme SHOKO HARNIKI (Japon) est revenue sur le discours prononcé par le Premier Ministre japonais au mois de janvier dernier au siège de l’Union africaine dans lequel il a insisté sur l’importance de promouvoir la créativité en renforçant les compétences de chaque individu et de développer une Afrique où les femmes peuvent prospérer.  La représentante a exhorté les États Membres à adopter des politiques visant à faire participer les femmes plus activement au processus de développement.


Mme Harniki a expliqué que pendant les années 1980 et 1990, le Japon avait établi, au Nigéria, plusieurs centres pour le développement des femmes et qu’il en existait, aujourd’hui, plus de 700 dans ce pays.  Elle a indiqué qu’à la suite des difficultés rencontrées par ces centres pour dispenser des programmes de formation et d’alphabétisation, un projet pilote avait été lancé conjointement par l’Agence internationale pour la coopération du Japon et la Communication nationale pour le développement des femmes du Nigéria, dans l’État de Kano, pour permettre à ces centres de contribuer à l’éducation et à l’autonomisation des femmes par l’intermédiaire de programmes de formation dans les domaines de la couture et de la cuisine.


La représentante a par ailleurs fait savoir que le Japon avait ratifié, le 20 janvier 2014, la Convention relative aux droits des personnes handicapées.


M. MIGUEL CAMILO RUIZ BLANCO (Colombie) a indiqué que l’autonomisation était un processus qui s’étend à long terme et qui tient compte des conditions locales du développement.  L’État joue un rôle central dans cette optique par la mise en place d’infrastructures et d’un cadre législatif idoines.  Il a assuré que le Gouvernement de Colombie avait pris de telles mesures grâce à des programmes dans plusieurs domaines comme l’éducation.  Il a ainsi expliqué que des bourses étaient offertes aux étudiants colombiens, notamment dans les zones rurales.  Pour l’année 2013, la Colombie a atteint la couverture universelle des soins de santé, s’est-il félicité.  Le représentant a souligné que la marginalisation économique devrait être combattue en priorité, afin de permettre aux plus démunis de pouvoir prendre part à la vie sociale.  La Colombie connaît actuellement une baisse de son taux de chômage, a-t-il ensuite noté, avant de citer les mesures de protection sociale comme le régime des pensions retraites mis en place pour les travailleurs du secteur informel.  Il faut éliminer les discriminations afin d’assurer une véritable autonomisation, a-t-il insisté.


Mme BLANCA LILIA GARCÍA LÓPEZ (Mexique) a noté que le Gouvernement mexicain était fermement convaincu de la nécessité d’autonomiser les personnes en vue d’éradiquer la pauvreté.  Elle a indiqué que pour parvenir au développement durable, le Mexique travaillait à mettre sur pied des politiques visant à permettre aux populations de s’épanouir pleinement et plaçait ainsi les personnes au cœur de ses politiques de développement.  La représentante a plaidé pour la mise en place de politiques inclusives qui encouragent la participation sociale.  Elle a ainsi présenté une approche participative qui avait permis, dans le cadre de la lutte contre la faim, de donner la parole aux communautés locales qui avaient fait part de leurs priorités.  Le Mexique est disposé à partager son expérience dans le domaine de l’autonomisation et de l’inclusion sociale, a-t-elle assuré.  Avant de conclure, elle a souhaité que la Commission du développement social des Nations Unies puisse faire des propositions concrètes qui serviront au Conseil économique et social dans le cadre de la mise en place des programmes de développement international, notamment sur les questions sociales.


M. INIGO LAMBERTINI (Italie) a indiqué que le taux de personnes vivant dans une pauvreté abjecte était passé de 11,2% à 14,5%, l’augmentation la plus importante recensée au sein de l’Union européenne.  Il a expliqué que pour faire face à ce fléau, son gouvernement avait lancé un projet pilote dans plusieurs localités pour cibler les familles les plus démunies.  Cette initiative sera prochainement étendue à l’ensemble du pays.  Le représentant a également cité le lancement, par son gouvernement, de plusieurs programmes de formation à l’étranger, notamment en Afrique et au Myanmar.


M.YUSRA KHAN (Indonésie) a indiqué que le programme de réduction de la pauvreté établi par son gouvernement mettait l’accent sur l’assistance sociale, l’autonomisation des communautés et l’autonomisation des micro entreprises.  Le représentant a précisé qu’une équipe nationale pour l’accélération de la réduction de la pauvreté avait été mise en place sous la direction du Vice-Président et que l’Indonésie s’était également dotée d’un régime national de sécurité sociale.   Le représentant a ajouté que les lois sur l’éducation avaient récemment été renforcées afin de garantir une éducation universelle.  Un Réseau indonésien pour l’emploi des jeunes a été mis en place en 2003, tandis qu’une Commission nationale pour les personnes âgées existe depuis 2004.  M. Khan a aussi évoqué l’existence d’un Programme pour la résistance et le bien-être des familles.  En outre, suite à la ratification, en 2011, par l’Indonésie, de la Convention relative aux droits des personnes handicapées, le Gouvernement a mis en place un Plan d’action national pour le handicap couvrant la période 2013-2022.


M. Khan a affirmé que les initiatives de son gouvernement avaient permis de réduire à 11,47% le taux de personnes vivant en-dessous du seuil de la pauvreté et de réduire de près de moitié le nombre de chômeurs qui, a-t-il précisé, est passé de 10,45 millions en 2006 à 5,92 millions en 2013.  L’Indonésie espère pouvoir réduire le taux de pauvreté à moins de 6% d’ici à 2025.  Le représentant a indiqué que l’Indonésie avait pu réaliser ces progrès en investissant dans le capital humain, notamment en faveur des familles, des personnes âgées, des femmes, des jeunes et des personnes handicapées.


M. BJÖRN BREDESEN (Norvège) a précisé d’emblée que la politique du Gouvernement norvégien avait pour objectif de promouvoir les droits de l’homme, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.  Cette politique, a-t-il expliqué, vise à sortir les populations de la pauvreté en renforçant les capacités individuelles.  Il a ensuite indiqué que la communauté internationale ne pouvait œuvrer pour le développement durable sans tenir compte de la participation des personnes handicapées.  Il a noté que les politiques de coopération de la Norvège étaient destinées à assister les groupes vulnérables, comme en témoigne la contribution financière du pays aux travaux du Partenariat des Nations Unies pour la promotion des droits des personnes handicapées (PPDPH). 


Le représentant a appelé la communauté internationale à impliquer les personnes handicapées dans les activités de la vie courante, telles que les soins de santé, l’éducation, l’autonomisation des femmes, l’assistance humanitaire et la participation démocratique, ainsi que dans le programme de développement pour l’après-2015.  Il a en outre plaidé pour mieux prendre en compte les droits des enfants et des jeunes, et pour améliorer la qualité de vie des personnes âgées.


M. OSAMA ABDELKHALEK MAHMOUD (Égypte) a souhaité que le rôle de la Commission du développement social soit renforcé dans le cadre du suivi des engagements de Copenhague, faisant suite au Sommet mondial de la famille.  Il a plaidé afin que les discriminations dont sont victimes les personnes handicapées prennent fin.  Le développement social est au cœur de la nouvelle Constitution de l’Égypte, a-t-il assuré, en précisant que ce texte garantit l’égalité de tous les citoyens devant la loi tout en reconnaissant l’égalité entre hommes et femmes dans tous les domaines.  Le représentant a cité des mesures positives prises par les autorités égyptiennes en faveur de l’emploi des jeunes et de leur formation professionnelle.  Il a également indiqué qu’une mesure gouvernementale avait été adoptée pour recenser les personnes handicapées du pays, afin de pouvoir véritablement prendre soin d’elles.


M. RABEE JAWHARA (République arabe syrienne) a assuré que son gouvernement avait pris une série de mesures en matière de développement économique et social et renforcé la participation de la société civile dans le but de promouvoir le développement et le plein emploi.  Il a précisé que la crise actuelle que traverse son pays avait poussé le Gouvernement syrien à créer des conditions d’exception.  Un fonds national assiste ainsi les familles les plus démunies.  Le représentant a également indiqué qu’un programme d’autonomisation économique de la femme était en cours d’élaboration et que diverses lois visant à protéger les familles, les femmes, les personnes handicapées ainsi que les victimes de la traite avaient été promulguées.


Le représentant syrien a ensuite dénoncé la voie suivie par certains pays qui, au lieu de soutenir les efforts de développement humain lancé par son gouvernement, ont choisi d’augmenter la souffrance du peuple syrien en attisant la crise, en encourageant le terrorisme et en imposant des conditions économiques en dehors de tout cadre légal.  Il a souligné que cette situation avait entraîné des pertes économiques considérables et entravé les plans de développement du pays.  L’imposition de sanctions économiques unilatérales est une violation flagrante du droit au développement, a-t-il affirmé.   Le représentant a aussi dénoncé le fait que le rapport du Secrétaire général ne mentionne nullement les « effets catastrophiques » de l’occupation étrangère sur le développement des populations ciblées.


Mme JOHANNA MÖLLERBERG (Suède) a évoqué la tenue, l’an prochain, du Sommet sur le programme de développement pour l’après-2015.  Elle a estimé que l’ordre du jour de ce Sommet devrait intégrer les trois piliers du développement durable ainsi que la question des changements climatiques et de l’égalité entre les sexes.  Elle a également souhaité l’élaboration d’un cadre robuste pour renforcer la responsabilisation.


La représentante a ensuite insisté sur l’importance de permettre aux hommes et aux femmes d’équilibrer leur vie professionnelle et familiale, grâce aux congés parentaux et à l’octroi de services abordables de garde d’enfants, par exemple.  Ceci constitue, a-t-elle dit, un élément essentiel du développement et de la croissance économique.  Elle a aussi souligné l’importance de veiller à la mise en œuvre du Plan d’action international de Madrid de 2002 sur le vieillissement.  La représentante a estimé qu’il était nécessaire de promouvoir et de protéger les droits des personnes âgées et de renforcer la sensibilisation en la matière afin d’abandonner l’approche médicale qui est privilégiée actuellement.  La représentante a aussi appelé les États Membres à placer la question des personnes âgées au cœur du programme mondial de développement.


Mme Möllerberg a par ailleurs souligné l’importance d’établir un agenda pour le développement qui prévoit la participation active des personnes handicapées, sur la base de statistiques et d’indicateurs.  Elle a également estimé que le mandat du Rapporteur spécial de la Commission sur la question du handicap doit être renforcé afin de lui permettre de promouvoir et de veiller à la mise en œuvre de la Convention relative aux droits des personnes handicapées.


M. GHOLAMHOSSEIN DEHGHANI (République islamique d’Iran) a indiqué que le fossé entre riches et pauvres continuait à se creuser.  Les problèmes liés à la pauvreté, a-t-il estimé, ne peuvent être résolus tant que les discriminations persistent.  Notant que les populations victimes de la faim se trouvent en majorité dans les pays en développement, il a regretté que ces pays continuent de souffrir des effets de la crise financière et économique de 2008, malgré une relative reprise de l’économie mondiale.  Le représentant a salué l’amélioration des indicateurs économiques de l’Iran, malgré les sanctions économiques dont est victime son pays. 


Il a assuré que le cinquième plan de développement de l’Iran pour la période 2012-2016 visait à lutter, en priorité, contre la pauvreté.  Il a aussi noté que la stratégie du Gouvernement pour le vieillissement était en cours de mise en œuvre et qu’en 2004, une loi pour la protection des personnes handicapées avait été promulguée.  Il a en outre déclaré que des programmes en faveur des jeunes et des personnes handicapées étaient mis en œuvre.  Les inégalités au plan international sont l’un des obstacles majeurs qui freinent le progrès vers le développement social et économique et l’éradication de la pauvreté, a-t-il rappelé avant de conclure.


M. SÉRGIO RODRIGUES DOS SANTOS (Brésil) a rappelé que la Conférence Rio+20 en 2012, à travers le Document final intitulé « L’avenir que nous voulons », avait placé le développement durable au cœur des efforts de développement.  Le représentant a prôné l’adoption de politiques sociales fortes et invité les décideurs politiques à prendre en compte les personnes les plus vulnérables.  « Les bonnes politiques peuvent porter leurs fruits », a-t-il fait savoir.  Il a ainsi cité le cas du Brésil où 36 millions de personnes avaient pu sortir de la pauvreté grâce à des programmes gouvernementaux.  Il a également donné l’exemple d’une initiative gouvernementale intitulée « Bolsa familia » qui permet de fournir une aide financière aux ménages les plus pauvres afin d’encourager les enfants de ces familles à être scolarisés.  Le représentant a assuré que ce programme avait permis, entre autres, d’augmenter le taux de scolarisation, tandis que le travail des enfants avait baissé.  Il a également évoqué le « don vert », un programme qui permet aux autorités d’effectuer des transferts d’argent en faveur des familles les plus pauvres des zones rurales et, en retour, celles-ci s’engagent à protéger les forêts dans lesquelles elles vivent.  


M. KELEBONE A. MAOPE (Lesotho) a affirmé que l’autonomisation de la personne, la promotion de l’intégration sociale et la création d’emplois décents étaient des impératifs de notre époque.  Il a toutefois constaté qu’un pays ne pouvait réussir seul à réaliser l’autonomisation des personnes et c’est pourquoi, la coopération internationale est importante en la matière.  Le représentant a estimé que la question des restrictions commerciales et des engagements en matière d’APD exigeait une attention urgente.


M. Maope a ensuite indiqué que le Lesotho avait réalisé des avancées notables pour améliorer la qualité de vie de sa population.  Les femmes et les jeunes sont représentés dans les organes de prise de décisions et un partenariat lancé avec les partenaires en développement du pays avait contribué à faciliter l’accès des femmes pauvres au crédit et aux services financiers, leur permettant ainsi de lancer des petits projets et de créer des emplois.  Une politique du genre et du développement est mise en œuvre depuis 2003 dans le but de répondre aux conditions socioculturelles qui entravent l’autonomisation des femmes et d’intégrer la question du genre aux initiatives de développement.  Le Lesotho privilégie également l’intégration des personnes handicapées aux initiatives de développement en veillant à leur pleine participation, a assuré M. Maope.


Le représentant a par ailleurs souligné que la question du VIH/sida demeurait le plus important défi à lutte contre la pauvreté à moyen et à long termes.  Il a fait remarquer que les conséquences dévastatrices de la pandémie et les traitements très coûteux aggravaient ainsi les risques et la pauvreté.  Il a fait savoir que depuis 2006, le Lesotho essayait de faire face au fléau en mettant l’accent sur la prévention, le contrôle et la gestion du VIH/sida.


Mme NOA FURMAN (Israël) a relevé que les inégalités étaient encore plus grandes aujourd’hui, et que les femmes, les enfants, les personnes handicapées et les communautés lesbiennes, gays, bisexuelles et transsexuelles (LGBT) continuaient d’être affectées de manière disproportionnée par les discriminations.  Elle a appelé les gouvernements à travailler de concert avec le secteur privé et la société civile, afin d’autonomiser les populations et promouvoir leur participation dans tous les domaines de la vie sociale.  La représentante a indiqué qu’Israël, reconnaissant que l’être humain était la plus importante ressource, avait mis en place des politiques centrées sur l’autonomisation de la personne humaine, dans le pays comme à l’extérieur, à travers les activités et programmes du Mashav, le Centre israélien de la coopération internationale. 


La représentante a affirmé que le Marshav avait permis de former près de 250 000 personnes dans 140 pays, avec un accent particulier sur les femmes et les jeunes filles.  Elle a par ailleurs souligné que l’éducation était la force motrice des progrès vers le développement.  Sa délégation encourage le renforcement de partenariats entre secteurs public et privé et avec la société civile, pour répondre aux besoins des individus et des groupes en leur fournissant une plateforme de participation, a-t-elle dit avant de conclure.


M. AMIT KUMAR (Inde) a indiqué que son gouvernement s’était engagé à encourager une croissance économique qui profite à tous et facilite l’intégration sociale des personnes les plus marginalisées.  Il a expliqué que le suivi des différents programmes lancés à cet effet était assuré grâce à l’élaboration d’indices ciblés.  L’Inde s’est également dotée de différents programmes sur la création d’emplois et la réduction de la pauvreté.  Le représentant a assuré que la réforme économique engagée par son pays avait permis de créer un secteur privé dynamique et de renforcer la croissance agricole et l’économie rurale.  Il a aussi indiqué que son gouvernement accordait une attention particulière aux besoins des groupes désavantagés, au développement des infrastructures et à la préservation de l’environnement.


M. Kumar a ensuite parlé du programme de garantie d’emploi rural Mahatma Gandhi qui, a-t-il expliqué, garantit 100 jours de travail à chaque ménage rural.  Le représentant a précisé qu’au moins 50% des emplois proposés étaient réservés aux femmes et que le principe de salaire égal pour travail égal était respecté.  Il a aussi indiqué que cette initiative avait permis de renforcer l’infrastructure et l’économie dans les zones rurales. 


Le représentant a par ailleurs jugé nécessaire de renforcer le partenariat mondial de lutte contre la pauvreté, notamment en honorant les engagements pris en matière d’ADP, d’accès aux marchés, de renforcement des capacités et de transfert de technologies.  Il a ensuite souligné que l’intégration sociale ne devrait pas viser à établir l’uniformité mais respecter au contraire la diversité afin de promouvoir l’égalité des chances et la participation de tous.


M. YURY ALEKSEEV, représentant de l’ONG Interregional Union of Life Help « Sail of Hope », a estimé que les entreprises devraient promouvoir la création d’emplois afin d’enrayer la fuite de cerveaux et de maintenir les talents dans le pays.  Aujourd’hui, a-t-il constaté, c’est l’entreprise qui est devenue la véritable patrie d’un individu.  Les États doivent veiller à bâtir des structures sociales pour renforcer le capital humain, a-t-il préconisé, tout en estimant que les entreprises doivent pouvoir recruter des personnes compétentes.  À cette fin, il est important de forger des partenariats entre les organisations à but non lucratif et les entreprises commerciales.  Il a par ailleurs jugé nécessaire d’investir dans les capacités locales.


M. TAJIMA MIKIO, représentant de l’Association des médecins d’Asie, une organisation couvrant 65 pays, a parlé du tremblement de terre qui avait eu lieu au Japon en mars 2011.  Il a passé en revue les actions de son association qui était l’une des premières à se rendre sur le terrain pour assurer les secours aux communautés victimes.  Il a salué la détermination des populations locales et le sens de la solidarité des peuples de la région dans ce contexte difficile, à la suite du séisme et de la catastrophe nucléaire y relative.  Il a estimé que cette détermination et cette solidarité devraient guider les actions entreprises dans le cadre du développement.


M. ROMÁN OYARZUN MARCHESI (Espagne) a souligné qu’aucun objectif du développement durable ne sera réalisé si on ne prend pas en compte le développement social.  Il a expliqué que le Conseil des ministres espagnol avait adopté, au mois de décembre dernier, un Plan d’action national pour l’inclusion sociale couvrant la période 2013-2016.  Il a précisé que cette initiative visait à appuyer la mise en œuvre de la Stratégie de réduction de la pauvreté « Europe 2020 ».


Le représentant a ensuite parlé des répercussions de la crise économique dans son pays et a expliqué que les familles avec des enfants à charge avaient été particulièrement touchées.  Il a indiqué que le Plan d’action mettra l’accent sur les politiques sociales, la création d’emplois, l’accès au marché du travail et la promotion d’un marché du travail inclusif, la garantie d’un revenu minimum et l’accès à des services de qualité, notamment dans les domaines de l’éducation, de la santé, du logement et de l’information.  Le représentant s’est également félicité de ce que le Plan d’action comprenne, pour la première fois, un objectif transversal qui est la lutte contre la pauvreté infantile.  Des mesures ciblent également les personnes sans abris, les migrants, les femmes victimes de violence domestique et les Roms.


M. KAIRAT ABDRAKHMANOV (Kazakhstan) a noté que malgré le Sommet mondial de Copenhague sur le développement social de 1995, le monde continuait à être confronté à de nombreux défis.  Il a souhaité que les orientations sociales retenues au Sommet de Rio+20 puissent se refléter dans le programme de développement pour l’après-2015.  Il a ensuite indiqué que la pauvreté, l’exclusion sociale et économique et les inégalités freinaient l’autonomisation des populations.  Pour sa part, le Kazakhstan a encouragé une autonomisation à travers l’éducation, la santé, la représentation politique, l’accès à la justice ainsi que les services financiers et technologiques.  Le représentant a par ailleurs assuré que le Kazakhstan était activement engagé en faveur de l’inclusion sociale et du soutien aux groupes vulnérables, en particulier les personnes handicapées.  Il a souligné que les actions du Kazakhstan en faveur de l’autonomisation des groupes vulnérables étaient menées en application de sa nouvelle stratégie pour le développement à l’horizon 2050.


Mme CATHERINE BAKANG MBOCK, Ministre des affaires sociales du Cameroun, a déclaré que pour le Cameroun, il était nécessaire de placer la personne humaine au centre des politiques de développement.  Elle a indiqué que le Cameroun avait mis en place un processus de décentralisation qui vise à responsabiliser les communautés à la base en vue de leur appropriation du développement.  Elle a ainsi précisé que les 360 communes du Cameroun étaient chacune dotée d’un plan de développement social.  Dans le domaine de l’éducation, elle s’est félicitée de la gratuité de l’école primaire et des mesures de soutien financier aux étudiants méritants.  Elle a également affirmé que les structures sanitaires étatiques permettaient de prendre en charge gratuitement des cas de paludisme chez les enfants. 


La Ministre a parlé aussi de l’amélioration de la carte sanitaire du pays et des projets dits structurants qui devraient mener le Cameroun au stade de l’émergence à l’horizon 2035.  Elle a néanmoins noté que ces programmes et initiatives du Gouvernement camerounais ne pourraient avoir du succès qu’avec le partenariat de la communauté internationale.  Elle a souhaité, dans cette perspective, que la mise en œuvre du huitième Objectif du Millénaire pour le développement, relatif au partenariat mondial pour le développement, puisse faire l’objet d’une évaluation spéciale et de définition de nouvelles stratégies pour son intégration et sa mise en œuvre dans le programme de développement pour l’après-2015.


M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a rappelé que les personnes handicapées représentaient 15% de la population mondiale, dont un nombre important vit dans la pauvreté.  Son pays, a-t-il dit, attache une importance toute particulière à la famille, agent principal de l’intégration sociale.  À cet égard, le représentant s’est félicité de la célébration, cette année, du vingtième anniversaire de l’Année de la famille.  La situation des jeunes qui se trouvent au chômage est préoccupante, a-t-il déclaré.


Son gouvernement, a ensuite indiqué le représentant, consacre 40% du budget national à l’amélioration des conditions de vie des Algériens.  Près d’un quart des fonds sociaux appuient les familles, a-t-il ajouté.  Le représentant a également indiqué que les différentes initiatives du Gouvernement algérien avaient permis de faire baisser le taux de pauvreté, qui est passé de 14,1% en 1995 à 6,79% en 2011.  Des programmes de promotion de l’emploi chez les jeunes et de création de microentreprises sont également mis en œuvre dans le pays, a assuré le représentant, en faisant remarquer que des efforts particuliers sont consentis par le Gouvernement pour scolariser les enfants des familles les plus démunies.  D’autres mesures privilégient l’inclusion sociale sous la forme d’un soutien direct, financier ou en nature, a-t-il ajouté.


M. MAWUTOR ABLO, Ministre de la parité, des enfants et de la protection sociale du Ghana, a indiqué que le Ghana avait adopté une approche consolidée et coordonnée de protection sociale qui démontre la volonté gouvernementale de réduire la pauvreté à travers la protection sociale.  L’autonomisation des populations, a-t-il reconnu, est essentielle pour la réalisation du développement social et économique.  M. Ablo a précisé que la protection sociale minimale au Ghana visait à résoudre les questions relatives à la santé, aux revenus des personnes âgées et au revenu minimum pour les enfants, une initiative qui permet de déterminer le minimum social requis pour la scolarisation pleine et efficiente des enfants.  Il a affirmé que ces mesures avaient permis, dans le domaine de l’éducation, de relever de 10% le taux de réussite scolaire, tout en facilitant la prise en charge de 1,6 million d’enfants qui reçoivent des repas scolaires chaque jour, notamment dans les zones rurales.  Le Ministre, faisant observer que l’éradication de la pauvreté était un défi complexe, a estimé qu’il serait nécessaire de mobiliser tous les acteurs sociaux à cette fin.  Il a plaidé pour un partenariat accru de la communauté internationale, en vue de soutenir les efforts des pays en développement dans leur lutte contre la pauvreté.


M. RUBÉN ARMANDO ESCALANTE HASBÚN (El Salvador) a assuré que le Gouvernement salvadorien avait mis en place des mesures pour lutter contre les discriminations dont sont victimes certains groupes sociaux tels que les femmes, les migrants et les peuples autochtones.  Il a présenté des programmes allant dans ce sens et visant à autonomiser les femmes, notamment financièrement.  Il a également salué les succès du programme de revenu minimum en faveur des personnes âgées, lequel permet de garantir une pension à vie aux personnes du troisième âge.  Il a ensuite présenté les succès des programmes nationaux de santé comme, par exemple, la baisse de 20% du taux de mortalité infantile.  Le représentant a par ailleurs évoqué le programme intitulé « un toit pour tous » qui vise à reloger les familles démunies en leur octroyant des prêts.


Mme SIMONA MIRELA MICULESCU (Roumanie) a averti qu’un contexte économique difficile et un taux important de chômage risquaient de provoquer l’exclusion à long terme des personnes les plus vulnérables.  Elle a indiqué que dans son pays, le taux de chômage des jeunes dépassait de loin le taux de chômage national et que le nombre de chômeurs de longue durée était en hausse.  Elle a constaté que le décalage qui existe entre les qualifications des jeunes et les compétences requises par les employeurs contribuait à cette situation.


Pour faire face à cette situation, a expliqué la représentante, le Gouvernement roumain avait lancé, en 2013, un Plan national pour la promotion de l’emploi des jeunes qui permet à ces derniers d’obtenir, notamment, un soutien financier, une formation professionnelle et des stages.  Grâce à cette initiative, à la fin du mois de septembre dernier, 13 000 jeunes avaient déjà trouvé un emploi, s’est-elle félicitée.  Mme Miculescu a estimé qu’il était important de renforcer la participation des jeunes sur le marché du travail et d’améliorer la qualité de la force de travail en fonction des demandes du marché.  Il importe aussi d’établir un cadre juridique destiné à stimuler la création d’emplois et à combattre la discrimination dont sont victimes certaines groupes à risque.


La représentante a également vu dans la protection sociale le fondement d’un développement inclusif, équitable et durable et a jugé nécessaire d’intégrer cette question au programme de développement pour l’après-2015.  Elle a aussi insisté sur la nécessité d’investir dans le développement du capital humain et de créer des partenariats entre les autorités publiques, les institutions, les partenaires sociaux, la société civile et les ONG.


Mme TERRI ROBL (États-Unis) a souhaité que le travail de la Commission du développement social soit harmonisé avec celui des autres commissions techniques de l’ECOSOC.  Elle a relevé que certains efforts de la communauté internationale avaient permis de produire des résultats probants dans le cadre de la lutte contre la pauvreté notamment.  Néanmoins, a-t-elle regretté, de nombreux groupes sociaux tels que les femmes, les jeunes, les peuples autochtones et bien d’autres continuent de faire l’objet de discriminations.  Dans certains pays, les inégalités ont augmenté, y compris aux États-Unis, a reconnu la représentante.  Elle a ainsi prôné une croissance et un développement économiques soutenus, afin que tous les membres de la société aient les mêmes chances d’accès aux services sociaux.  La représentante a aussi invité la communauté internationale à continuer de travailler pour lever les obstacles qui empêchent les jeunes, les femmes, les peuples autochtones et d’autres groupes vulnérables à participer activement au développement de leur pays.  Elle a en outre plaidé pour des politiques durables qui permettent de forger des citoyens responsables de leur destin.


M. WANG MIN (Chine) a estimé que les principaux objectifs du développement social devraient être définis de manière équilibrée afin de prendre en compte des conditions nationales spécifiques.  Compte tenu des différents niveaux de développement, les pays auront inévitablement différentes priorités en matière de développement social et doivent donc adopter les politiques qui y répondent le mieux, a-t-il précisé.  Le représentant a aussi insisté sur la nécessité de renforcer les systèmes de protection sociale, afin de protéger les plus vulnérables.  Il a ajouté que la protection des plus vulnérables devrait être assurée à partir d’une perspective de développement afin de leur donner un meilleur accès à l’éducation et à la formation ainsi que de meilleures perspectives d’emploi.


M. Wang a ensuite appelé la communauté internationale à renforcer la coopération ainsi que l’appui aux pays en développement.  Il a notamment appelé les pays développés à lancer des initiatives concrètes en matière de financement, de transfert de technologies et de renforcement des capacités des pays en développement.  Le représentant a aussi engagé la communauté internationale à redoubler d’efforts pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement et définir le programme de développement pour l’après-2015.


Par ailleurs, le représentant de la Chine a indiqué que la Chine avait réussi à réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans la pauvreté et à créer de nouveaux emplois pour 110 millions de personnes dans les zones urbaines.  Son gouvernement, a-t-il cependant fait remarquer, reste préoccupé par la situation de 100 millions de Chinois qui continuent de vivre dans la pauvreté et le fossé de développement qui existe, d’une part, entre les zones urbaines et les zones rurales et, d’autre part, entre les régions de l’est et de l’ouest du pays et demeure « énorme ».  Pour contrer cette situation, le Gouvernement chinois a lancé une réforme visant à mieux distribuer les revenus et déploie des efforts pour améliorer les institutions, en particulier, celles chargées de l’emploi.


M. FLORIAN NOWACK et Mme ELISE ZERRATH (Allemagne) se sont exprimés l’un à la suite de l’autre au nom des « 20 millions de jeunes allemands âgés de moins de 25 ans ».  Ils ont estimé qu’à l’occasion de la célébration, cette année, du vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille, il était important de rappeler que les droits de l’homme doivent être respectés partout, y compris au sein des familles qui sont le point de départ de la vie individuelle.  Ils ont ensuite réaffirmé le droit de chaque individu à fonder ou non une famille et de choisir son orientation sexuelle, en précisant que les droits sexuels sont aussi des droits de l’homme.  Ils ont souhaité que cette réalité puisse se refléter dans le programme de développement pour l’après-2015 et que tous les modèles de coexistence humaine soient respectés et traités équitablement.  Ils ont par ailleurs prôné une plus grande participation des jeunes, avant de proposer la mise en place d’un « Forum permanent des jeunes » des Nations Unies pour renforcer cette idée.


Mme MADRINE BBALO MBUTA (Zambie) a souligné qu’il existait une profonde disparité entre les zones rurales et les zones urbaines en Zambie.  Dans les zones rurales, le taux de pauvreté est de 77,9%, tandis que dans les zones urbaines il ne représente que 27,5%.  Elle a parlé de programmes gouvernementaux visant à promouvoir des emplois décents et améliorer les services sociaux tout comme l’autonomisation des citoyens, notamment les femmes et les jeunes.  Elle a fait remarquer qu’une société avec un fort taux de pauvreté ne pouvait pas être considérée comme une société juste, car les pauvres sont faibles et se voient refuser toute justice.  L’éducation est le moyen de sortir de la pauvreté et de s’engager dans la voie de la prospérité parce que l’éducation, a-t-elle souligné, permet aux personnes d’être plus autonomes et de mieux contrôler leur vie.  Elle a indiqué que le Gouvernement zambien avait revu ses programmes scolaires afin de mieux préparer les jeunes à la vie professionnelle et à l’entreprenariat.  Les personnes handicapées en Zambie sont parmi les plus pauvres du pays et c’est pourquoi, le Gouvernement zambien a établi des programmes nationaux pour mieux répondre à leurs besoins.  Il a également pris des mesures en faveur des personnes âgées.


Mme RITA KAZRAGIENĖ (Lituanie) a estimé qu’il était nécessaire de faire une distinction entre l’égalité entre les sexes et l’autonomisation des femmes appartenant aux groupes de la population qui sont marginalisés ou vulnérables.  Elle a fait observer que souvent, les femmes, sans constituer un groupe de la société, représentent cependant la majorité de la population.  Pour sa délégation, la question de l’égalité entre les sexes doit demeurer une priorité horizontale, tandis que les politiques destinées aux groupes vulnérables doivent prévoir une dimension sexospécifique afin de mieux répondre aux priorités des femmes.


Mme Kazragienė a ensuite indiqué que la Lituanie combattait la pauvreté et l’exclusion sociale en mettant l’accent sur l’intégration sociale, à travers l’emploi et les services publics destinés à aider chaque personne à mieux s’occuper d’elle-même.  Un programme pour une meilleure gouvernance des communautés locales a été lancé en 2012 dans le but de promouvoir la participation des communautés au processus de prise de décisions.  Le Gouvernement a aussi lancé un plan spécial pour la période 2014-2020 qui vise à remplacer le système de soins institutionnalisés par un système de services communautaires pour les enfants n’ayant pas de garde parentale appropriée, les personnes handicapées et les personnes souffrant de troubles mentaux, ainsi que leurs familles.


M. DER KODGA (Burkina Faso) s’est dit préoccupé par le fait qu’à ce jour, dans le monde, plus de 200 millions de personnes étaient sans emplois, 115 millions de jeunes âgés de 5 à 17 ans étaient employés à des travaux dangereux et environ 21 millions de personnes avaient un travail indécent ou dégradant.  Il a noté que 600 millions de nouveaux emplois seront créés au cours des 15 prochaines années pour absorber l’accroissement de la population en âge de travailler.  Le représentant du Burkina Faso a estimé qu’un lien étroit devrait être établi entre l’emploi et la croissance économique de manière à inclure l’emploi dans les politiques sectorielles nationales tout en adoptant des mesures incitatives pour favoriser la création d’emplois dans le secteur privé.


M. Kodga a fait savoir que la création de fonds nationaux pour promouvoir l’emploi avait généré environ 700 000 emplois dans le pays entre 2001 et 2010, tandis que des programmes visant à augmenter les revenus dans le secteur agropastoral avaient bénéficié à environ 825 000 producteurs pendant cette même période.  Il a également indiqué que 64 642 jeunes ont bénéficié de programmes visant à leur assurer un emploi.  L’emploi, a-t-il dit, constitue un véritable facteur de transformation de la société et du bien-être des individus.  Le représentant a souligné que l’autonomisation économique et inclusive de toutes les couches sociales devrait être placée au cœur des débats sur le futur programme de développement pour l’après-2015.  Le représentant a ensuite annoncé la tenue, au mois de novembre prochain, à Ouagadougou, du deuxième Sommet de l’Union africaine sur l’emploi et la lutte contre la pauvreté.


Mme RUTH MOEDI RADIBE, Directrice du Département de la protection sociale au Ministère des collectivités locales et du développement rural du Botswana, s’est félicitée de la baisse du taux de pauvreté au Botswana qui est passé de 23,4 à 6,4% entre 2002 et 2010.  Elle a souligné que ce résultat positif était à mettre à l’actif de la stratégie d’éradication de la pauvreté adoptée par le Gouvernement.  Dans le cadre de la protection sociale, a-t-elle indiqué, 467 000 personnes bénéficient actuellement de mesures de protection sociale qui touchent, en particulier, les orphelins, les malades en phase terminale et les anciens combattants.  Mme Radibe a déclaré que les programmes à l’attention des personnes handicapées étaient menés selon une approche transversale, afin d’intégrer les personnes handicapées diplômées de l’enseignement supérieur au marché du travail.  Le Gouvernement du Botswana prévoit de mettre en place des filets de sécurité sociale en faveur des personnes handicapées pour l’exercice budgétaire prochain, a-t-elle ajouté avant de conclure.


M. KIM JUNG-HA (République de Corée) a déclaré que l’expérience de son pays en matière de développement montrait qu’aucun projet ambitieux de développement ne pouvait réussir si la population ne souhaitait pas ou n’était pas capable de s’engager en faveur de véritables changements.  La République de Corée, a-t-il assuré, travaille actuellement à l’amélioration de la situation sociale des personnes marginalisées, notamment en facilitant l’accès à l’aide financière.  Le système de santé est également en cours d’examen afin de réduire le montant des factures médicales.  Des mesures vigoureuses sont prises pour parvenir à assurer l’emploi à 70% de la population.  Le représentant a ajouté que ces mesures visaient également à protéger et à autonomiser les jeunes et les familles.


M. ABULKALAM ABDUL MOMEN (Bangladesh) a déploré le fait que 1% de la population mondiale détienne près de la moitié des richesses de la planète et que ces inégalités et disparités constituaient un obstacle au développement.  Pour inverser la courbe et autonomiser les populations, il a insisté sur le rôle de l’éducation, notamment une éducation de qualité en faveur des hommes et des femmes.  Il a indiqué que le secteur de l’éducation recevait la plus grande portion du budget national du Bangladesh.  Il a ainsi cité des initiatives qui permettent par exemple d’offrir une scolarisation gratuite aux jeunes filles jusqu’au cycle de l’enseignement secondaire.  Il a affirmé que l’autonomisation des populations ne pouvait se faire sans prendre en compte celle des femmes qui représentent, a-t-il rappelé, la tête de proue des initiatives nationales de développement. 


Le représentant a présenté des programmes établis par le Gouvernement en faveur des femmes dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’entreprenariat.  Comme 70% de la population du Bangladesh ont moins de 40 ans, les jeunes représentent également une priorité dans les programmes de développement, a assuré M. Momen.  Il a ensuite regretté que les efforts des pays les moins avancés soient freinés par le manque de moyens financiers.  Il a déploré aussi le fait que le coût total de l’aide était de 126 milliards de dollars en 2012, tandis que, pour la même année, les dépenses militaires s’élevaient à 1 734 milliards de dollars.


M. ABDERRAZZAK LAASSEL (Maroc) a expliqué que les récente réformes entreprises au Maroc en matière de lutte contre la pauvreté avaient permis l’adoption de mesures incitatives en faveur des petites et moyennes entreprises en vue de les encourager à adhérer au processus de création d’emplois en faveur des couches sociales vulnérables.  Il a indiqué que son gouvernement avait procédé, en 2011, à l’évaluation des efforts entrepris dans le cadre de l’Initiative nationale pour le développement humain.  Le représentant a précisé que, sur la base d’un budget d’environ 2 milliards de dollars, et à l’horizon 2015, les modes opératoires de celle-ci seront davantage affinés afin de lutter de manière efficace contre la pauvreté en milieu rural et l’exclusion sociale en milieu urbain à travers des microprojets générateurs de revenus et un accès aux services sociaux de base pour les populations défavorisées. 


M. Laassel a également parlé du lancement du Régime d’assistance médicale aux démunis, qui a permis aux ménages défavorisés de bénéficier d’une couverture médicale de base, ainsi que de la mise en œuvre, en 2011, du Fonds de solidarité familiale en vue de soutenir les veuves et les femmes divorcées en situation précaire.  Plusieurs mesures ont par ailleurs été prises en faveur des personnes handicapées, notamment pour établir un quota de 7% de postes d’emploi dans les administrations publiques et les collectivités locales.


M. SIDNEY G. MHISHI (Zimbabwe) a indiqué que 16% de la population de son pays vivaient en dessous du seuil de pauvreté.  Afin de remédier à cette situation, le Gouvernement zimbabwéen a lancé le Programme pour la transformation économique nationale à long terme dans le but d’améliorer le statut social de l’ensemble des citoyens.  Le représentant a expliqué que ce Programme était axé sur la réforme agraire, l’indigénisation, l’autonomisation économique et la création d’emplois.  Le Zimbabwe s’est également doté d’un Programme de transfert de fonds sociaux dont ont déjà bénéficié plus de 60 000 ménages démunis.  M. Mhishi a aussi évoqué l’existence d’un programme de filet de sécurité productif qui permet à certains ménages de participer à des projets communautaires 15 jours par mois.  Une autre initiative vise par ailleurs à renforcer le bien-être de personnes dans les zones urbaines et périurbaines.


Le représentant s’est ensuite attardé sur les investissements « massifs » consentis par son gouvernement dans le domaine de l’éducation.  Il s’est félicité de ce que le taux d’inscription scolaire était passé de 87% en 2005 à 91% en 2009, tandis que le taux d’achèvement du cycle scolaire était passé de 68% en 2005 à 82% en 2011.  Le Gouvernement zimbabwéen est engagé maintenant à améliorer la qualité de l’enseignement dispensé, ainsi que la pleine scolarisation dans le cycle primaire.  Le secteur de la santé bénéficie également d’importants investissements visant à faciliter l’accès à des soins de qualité.


M. LEVENT ELER (Turquie) a déclaré qu’une économie prospère est la meilleure voie de réaliser le développement durable et que la croissance économique que connaît la Turquie depuis une décennie avait permis au pays d’éliminer la pauvreté et de réduire le chômage.  Il a ajouté que les mesures visant à éliminer la pauvreté étaient axées sur la lutte contre les inégalités et l’autonomisation des populations.  Le représentant a affirmé que le dixième plan de développement de la Turquie intitulé « L’avenir que nous voulons » avait permis d’adopter des mesures pour améliorer l’accès à l’éducation et aux soins de santé des plus démunis.  Il a estimé que l’inclusion sociale des plus démunis devrait être une préoccupation majeure, de même que le bien-être des migrants.  Il a, à cet effet, appelé à mieux respecter les droits des migrants et à lutter contre les discriminations et autres actes de xénophobie dont ils sont victimes.  Le représentant a enfin estimé que l’autonomisation des populations doit être une action menée par les gouvernements, en partenariat avec le secteur privé, les milieux universitaires, les médias et les organisations régionales et internationales.


M. ABDOU SALAM DIALLO (Sénégal) a souhaité que les questions sociales soient intégrées dans le programme de développement pour l’après-2015, afin de promouvoir l’autonomisation en vue d’éliminer la pauvreté et œuvrer à l’intégration sociale.  Il s’est félicité de ce que les indicateurs sociaux en Afrique laissent voir une plus grande implication des femmes dans les processus décisionnels, ainsi que l’intégration du genre dans les politiques publiques de développement comme en atteste la présence de plus en plus significative des femmes dans la sphère économique.  Pour le cas du Sénégal, le représentant a indiqué que des mesures gouvernementales ont été prises en faveur de l’autonomisation des groupes sociaux vulnérables.  Il a ainsi annoncé le lancement, le 20 septembre dernier, de la couverture maladie universelle au Sénégal, avec comme objectif d’assurer un accès adéquat aux soins sanitaires à 80% de la population sénégalaise.  Le représentant a également présenté la « Bourse de sécurité familiale », initiative visant à renforcer les capacités productives de plus de 250 000 ménages vulnérables et à relever le niveau d’éducation de leurs progénitures.  Il s’est aussi félicité des programmes gouvernementaux en faveur des personnes handicapées et des personnes âgées, ces dernières étant prises en charge grâce au « Projet d’Appui à la Promotion des Aînés (PAPA).


Mme WILMA THOMAS (Cuba) a rappelé que le Sommet de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC) qui vient de s’achever à La Havane, avait permis aux dirigeants de la région de prendre des engagements pour promouvoir les politiques sociales visant à lutter contre le pauvreté.  Elle a souligné que l’autonomisation des personnes était importante afin de leur permettre de rompre avec le cercle vicieux de la pauvreté et d’avoir accès aux services sociaux de base.  Elle a estimé que l’autonomisation ne suffira pas, à elle seule, à éradiquer la pauvreté.  Il faudrait également changer l’ordre économique mondial inique qui est actuellement en vigueur, a-t-elle estimé. 


La représentante a ainsi invité la communauté internationale à mettre fin aux disparités qui existent entre les pays et entre les nantis et les démunis.  Elle a insisté sur le rôle et la place de l’éducation pour atteindre les objectifs de développement qui ont été fixés au niveau international.  Elle a en outre fait observer qu’il n’existait pas de solution unique au développement social.  Cuba est disposé, a-t-elle assuré, à partager les recettes du succès de ses politiques sociales qui ont permis d’offrir, par exemple, la couverture santé universelle à sa population.   Elle a enfin déploré le « blocus économique injuste » mis en place par les États-Unis contre Cuba.


M. MOHAMED IBRAHIM MOHAMED ELBAHI (Soudan) a indiqué que son gouvernement avait lancé un Programme national de lutte contre la pauvreté qui met l’accent sur la solidarité sociale et qui entend notamment accorder des emplois aux jeunes.  Il s’est félicité de ce que cette initiative ait permis de relancer la croissance du pays.  D’autres initiatives visent à améliorer la sécurité alimentaire de la population.  M. Elbahi a aussi expliqué que son gouvernement avait lancé de nombreux projets au Darfour et au Kordofan méridional dans le but d’y renforcer le tissu social.  Le représentant a également évoqué le lancement de la Stratégie quinquennale pour la période 2012-2105 qui ambitionne de traiter toutes les questions concernant les personnes handicapées.  En outre, l’Institution nationale de compensation permet aux personnes handicapées qui en ont besoin d’obtenir des prothèses.


Le représentant de l’Ordre souverain de Malte s’est inquiété de la montée des inégalités dans le monde.  Il a présenté des programmes de l’Ordre à travers le monde, en particulier l’initiative qui permet, en Hongrie, de reloger les familles des communautés roms tout en scolarisant leurs enfants.  Il a également indiqué que l’Ordre souverain de Malte offrait des médicaments en République démocratique du Congo (RDC), avant d’assurer que cette institution continuait à s’impliquer en faveur d’autres causes sociales.


Mme JANE STEWART, Organisation internationale du Travail (OIT) a souligné que l’offre d’un travail décent était le meilleur moyen de promouvoir l’autonomisation.  Elle a signalé que le marché mondial du travail était confronté à de nombreux défis, notamment la montée du chômage, qui touche près de 202 millions de personnes, des emplois mal rémunérés, le travail informel et un nombre important de travailleurs pauvres.  Elle a également indiqué que les perspectives de créer suffisamment d’emplois décents à long terme n’étaient pas encourageantes.


Mme Stewart s’est félicitée de l’attention accordée par les États Membres à la question des seuils de protection sociale.  Des seuils nationaux établis sur la base de la recommandation 202 de l’OIT et fournissant des garanties de revenus et de soins de santé de base seraient des outils puissants pour l’autonomisation, a-t-elle estimé.  La représentante de l’OIT a ensuite prévenu qu’à moins d’agir de manière urgente pour faire face aux problèmes environnementaux, de nombreux emplois risquaient d’être perdus à cause de la dégradation de l’environnement.  Cette situation risque d’avoir de graves conséquences pour les groupes les plus marginalisés et les plus vulnérables, a-t-elle ajouté.  La transition vers une économie verte, a-t-elle dit, doit être l’occasion de créer des emplois décents.


La représentante de l’OIT a ensuite fait observer que la croissance économique n’allait pas de pair avec la création d’emplois.  De nombreux pays développés, de même que les pays émergeants ou en développement montrent des signes d’un redressement économique tandis que leur marché du travail reste inégal et fragile, a-t-elle fait remarquer.  Même si la croissance est essentielle, c’est sa dimension sociale qui mérite une attention accrue, a-t-elle soutenu.  Mme Stewart a par ailleurs fait savoir que l’organe directeur de l’OIT avait proposé de faire du plein emploi et du travail décent et productif un objectif à part entière du prochain programme de développement pour l’après-2015.  Elle s’est dite convaincue qu’un tel objectif pourrait être la force motrice d’un agenda transformatif pour l’élimination de la pauvreté et le développement durable.


M. FREDERICO T. NETO, de la Commission économique et sociale des Nations Unies pour l’Asie occidentale (CESEAO), a rappelé que les pays de la région étaient confrontés à plusieurs défis comme la pauvreté, le chômage et la marginalisation de certains groupes sociaux.  Il a notamment cité les problèmes auxquels font face les jeunes d’Asie occidentale, notamment en termes d’emploi et de participation.  Il a proposé la mise en place de politiques axées sur la promotion du potentiel des jeunes.  Le représentant a également attiré l’attention sur la situation des personnes âgées, compte tenu du fait que le nombre de personnes âgées de plus de 65 ans ait doublé entre 1980 et 2010 et ne cesse de croître.  Il a souligné que cette situation exigeait des solutions sur des questions telles que les pensions et l’assurance maladie.  En ce qui concerne les personnes handicapées, M. Neto a affirmé que la Commission économique et sociale pour l’Asie occidentale préparait actuellement un rapport important qui devrait permettre aux autorités des différents pays d’adopter des politiques adéquates pour la prise en charge et l’autonomisation de ce groupe social.


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