11/02/2014
Conseil économique et social
SOC/4810

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission du développement social                         

Cinquante-deuxième session                                 

2e & 3e séances – matin & après-midi      


LA COMMISSION DU DÉVELOPPEMENT SOCIAL OUVRE SA SESSION ANNUELLE DANS UN CONTEXTE

DE TRANSITION ENTRE LES OMD ET LE FUTUR PROGRAMME DE DÉVELOPPEMENT


Une table ronde sur le thème prioritaire

de « l’autonomisation » réaffirme l’importance du respect de la dignité humaine


« La Commission du développement social devrait axer ses efforts sur l’élimination des inégalités, cause majeure des troubles sociaux », a plaidé, ce matin, le Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, M. Wu Hongbo.


S’exprimant à l’ouverture de la cinquante-deuxième session de la Commission du développement social, il a expliqué que 7 personnes sur 10 vivent dans des pays où les inégalités liées aux revenus s’étaient davantage creusées.  M. Wu Hongbo, qui est également Secrétaire général de la Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement, a rappelé que la Commission du développement social avait la responsabilité majeure de faire avancer la composante sociale du développement durable.


L’autonomisation des personnes est au centre des travaux de la Commission, a-t-il ajouté, en se déclarant convaincu que l’autonomisation d’individus ou de groupes de la société contribuera à réaliser un développement qui soit durable, inclusif et équitable.


Ayant pour thème prioritaire la « Promotion de l’autonomisation dans les domaines de l’élimination de la pauvreté, de l’intégration sociale, du plein emploi et du travail décent pour tous », la session directive du cycle biennal 2013-2014 de la Commission du développement social qui s’achève le 21 février prochain intervient alors que le monde commémore le vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille, et un an avant la fin de la date butoir de réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  La Commission doit ainsi faire des propositions concrètes qui seront examinées par le Forum politique de haut niveau du Conseil économique et social (ECOSOC), en vue de donner les grandes orientations sociales qui devraient sous-tendre le futur programme de développement pour l’après-2015.


Les États Membres doivent faire preuve de volonté politique et traduire leur engagement en actions concrètes capables de donner lieu à de véritables résultats, a pour sa part plaidé la Présidente de la cinquante-deuxième session de la Commission du développement social, Mme Sewa Lamsal Adhikari (Népal).


La question du développement durable étant au cœur des préoccupations internationales, le Vice-Président de l’ECOSOC, M. Carlos García González (El Salvador) a rappelé que le Conseil économique et social avait décidé de consacrer un débat à l’intégration sociale dans le but de consolider les contributions de diverses sources, en particulier de ses organes subsidiaires afin d’assurer une intégration équilibrée des trois dimensions du développement durable.


Soulignant que l’autonomisation est la clef de voûte de cette session, le représentant de la Bolivie, qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et la Chine, a préconisé de s’appuyer sur les connaissances et pratiques autochtones qui ont fait leurs preuves depuis des générations pour renforcer le capital social et répondre aux impératifs de subsistance des plus démunis. 


Pour sa part, la représentante de la Grèce, parlant au nom de l’Union européenne, a dit attacher une grande importance à la lutte contre le chômage des jeunes en présentant le programme intitulé « Garantie Jeunes » qui a pour objectif d’assurer un travail décent pour les moins de 25 ans.  Elle a rappelé que la protection sociale était un droit de l’homme dont le respect est essentiel pour l’éradication de la pauvreté.


La représentante de la société civile a présenté les conclusions des travaux du Forum de la société civile qui s’est tenu hier.  Précisant que ces mesures de la société civile sont « non négociables », elle a indiqué qu’elles devraient permettre de promouvoir l’autonomisation des populations dans le cadre de l’éradication de la pauvreté, l’intégration sociale et le plein emploi pour tous.  Rappelant que cette année 2014 marquait le vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille, elle a souhaité que le rôle de la famille soit expressément reconnu dans le programme de développement pour l’après-2015.  


La Commission était saisie de sept rapports qui ont été présentés par Mme Daniela Bas, Directrice de la Division des politiques sociales et du développement social au Département des affaires économiques et sociales (DAES).


Ce matin, la Commission a adopté l’ordre du jour* provisoire de ses travaux, tel qu’oralement amendé, et a désigné Mme Larysa Belskaya, du Bélarus, pour assumer les fonctions de Rapporteur.  Outre la Présidente, Mme Sewa Lamsal Adhikari (Népal), le Bureau de la Commission est composé des trois Vice-Présidents suivants: Mme Larysa Belskaya (Bélarus); Mme Julia Thallinger (Autriche), Mme Amira Fahmy (Égypte) et M. Carlos García González (El Salvador).


Dans l’après-midi, la Commission a tenu une table ronde sur le thème prioritaire de cette session.  Les panélistes et les États Membres, réaffirmant que tous les êtres humains avaient droit à la dignité, ont souligné l’importance d’œuvrer à l’autonomisation des couches sociales les plus défavorisées.


Créée en 1946, la Commission du développement social est un organe technique du Conseil économique et social (ECOSOC) qui est chargée, depuis 1995, du suivi et de la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d’action de Copenhague.  Elle est composée de 46 membres et elle examine chaque année des thèmes relatifs au développement social.


La Commission du développement social poursuivra ses travaux demain, mercredi 12 février, à partir de 10 heures.


*E/CN.5/2014/L.1


SUITE DONNÉE AU SOMMET MONDIAL POUR LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL ET À LA VINGT-QUATRIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE (E/CN.5/2014/2)


a) Thème prioritaire: promotion de l’autonomisation dans les domaines de l’élimination de la pauvreté, de l’intégration sociale, du plein emploi et du travail décent pour tous


b) Examen des plans et programmes d’action pertinents des organismes des Nations Unies concernant la situation de certains groupes sociaux (A/69/61–E/2014/4, E/CN.5/2014/4, E/CN.5/2014/5, E/CN.5/2014/6 et E/CN.5/2014/7)


i) Programme d’action mondial concernant les personnes handicapées


ii) Règles pour l’égalisation des chances des handicapés


iii) Programme d’action mondial pour la jeunesse


iv) Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement, 2002


V/ Questions, politiques et programmes relatifs à la famille


c) Questions nouvelles: la dimension sociale du programme de développement mondial pour l’après-2015 (E/CN.5/2014/8)


Déclarations liminaires


Mme SEWA LAMSAL ADHIKARI (Népal), Présidente de la cinquante-deuxième session de la Commission du développement social, a constaté qu’à l’heure actuelle le monde continuait d’être confronté à des défis importants comme des inégalités croissantes, la pauvreté et des taux de chômage élevés, surtout chez les femmes et les jeunes.  Les conséquences des changements climatiques sont de plus en plus catastrophiques pour les ressources financières et humaines aux niveaux sous-régional et local.  Elles ont créé des problèmes économiques et sociaux à l’échelle mondiale, notamment dans les pays en développement.


La Présidente a souligné que l’autonomisation des peuples était de plus en plus reconnue comme un élément essentiel pour réaliser un développement à long terme.  Elle a indiqué qu’à la fin de cette session, la Commission devrait adopter une résolution portant sur le thème prioritaire « La promotion de l’autonomisation dans les domaines de l’élimination de la pauvreté, de l’intégration sociale, du plein emploi et du travail décent pour tous », qui sera axée sur l’action.  La Commission se penchera également sur la situation d’autres groupes sociaux, notamment les personnes handicapées, les jeunes, les personnes âgées et la famille et examinera par ailleurs les facteurs sociaux du développement durable.


Mme Adhikari a estimé que l’élaboration en cours du programme de développement pour l’après-2015 contribuera à rendre les travaux de la Commission plus pertinents et plus visibles.  Elle a proposé que les discussions de la Commission portent également sur les thèmes des prochains segments et réunions du Conseil économique et social (ECOSOC) et a fait part de son intention de transmettre les résultats pertinents des délibérations des États Membres à l’ECOSOC.


La Commission, a-t-elle souligné, se doit de promouvoir le développement social en plaçant la question de l’autonomisation des personnes « au prochain niveau » et en contribuant à l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.  La Présidente a appelé les États Membres à faire preuve de volonté politique et à traduire leur engagement en actions concrètes capables de donner lieu à de véritables résultats.  Elle a également insisté sur l’importance d’élaborer des partenariats avec le milieu universitaire, la société civile et le secteur privé.


M. CARLOS ENRIQUE GARCÍA GONZÁLEZ (El Salvador), Vice-Président du Conseil économique et social (ECOSOC), est revenu sur l’adoption, au mois de septembre dernier, d’une résolution de l’Assemblée générale qui renforce le rôle de l’ECOSOC, notamment en ce qui concerne l’intégration des trois piliers du développement durable.  Il a expliqué que l’ECOSOC adoptera un thème annuel qui devra être examiné par l’ensemble de ses organes subsidiaires.  Il a ensuite annoncé que les thèmes de l’année 2014 et de l’examen ministériel annuel seront identiques et porteront sur « Les moyens de répondre aux défis persistants et émergeants pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015 et faire des avancées en matière de développement durable à l’avenir ».


M. González a également indiqué que l’ECOSOC avait décidé de consacrer des débats à l’intégration sociale dans le but de consolider les apports de ses organes subsidiaires afin d’assurer une intégration équilibrée des trois dimensions du développement durable.  Il a précisé que le premier de ces débats, qui sera consacré à l’urbanisation durable, sera convoqué au mois de mai de cette année.  Il a appelé la Commission à envisager les moyens d’examiner les thèmes de l’ECOSOC, en inscrivant, par exemple, un nouveau point à son ordre du jour.


L’ECOSOC procèdera dorénavant à un examen des activités, rapports et recommandations de ses organes subsidiaires en accordant une attention particulière à l’action, a indiqué M. González.  Il a également fait savoir que le rapport annuel de la Commission sera dorénavant examiné à l’occasion des réunions de coordination et de gestion de l’ECOSOC qui se tiennent plusieurs fois dans l’année.  Le Vice-Président de l’ECOSOC a aussi prôné un plus grand nombre d’interactions entre les commissions techniques afin de procéder à un échange d’idées et de déboucher sur l’élaboration de politiques plus complètes.  M. González a ensuite annoncé que l’ECOSOC organisera au mois de juillet un Forum politique de haut niveau consacré au développement durable.  Il a aussi fait savoir que la question de la mise en œuvre de la réforme de l’ECOSOC et son impact sur les travaux de ses organes subsidiaires sera débattue au début du mois prochain à l’occasion de la réunion annuelle du Bureau de l’ECOSOC et des présidents des commissions techniques et autres comités d’experts pertinents.


M. WU HONGBO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales et Secrétaire général de la Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement, a relevé que la Commission du développement social avait permis de placer les aspirations et besoins des peuples à la pointe du développement.  Il a fait observer que la pauvreté avait considérablement diminué et que la voix des groupes sociaux historiquement exclus contribuait désormais aux programmes de développement nationaux et internationaux.  Il a ensuite noté que le chômage et le sous-emploi continuaient d’affecter des millions de personnes à travers le monde et, notamment, les jeunes qui en sont particulièrement vulnérables.  M. Wu a par ailleurs déclaré que la population mondiale vieillit progressivement, alors que les questions importantes liées à l’intégration sociale et économique des personnes âgées n’ont pas encore reçu l’attention qui devrait leur être accordée. 


« Nous devons éradiquer la pauvreté tout en luttant contre les inégalités croissantes », a souligné le Secrétaire général adjoint.  Il a ainsi suggéré la création de plus d’emplois décents et rappelé que la Commission du développement social avait la responsabilité majeure de faire avancer la composante sociale du développement durable.  La Commission, a-t-il dit, doit établir des politiques universelles dans ce domaine.  M. Wu a estimé que ces efforts devraient être axés en premier lieu sur la question des inégalités, « cause majeure des troubles sociaux ».  Il a expliqué ensuite que 7 personnes sur 10 vivent dans des pays où les inégalités liées aux revenus avaient augmenté.  Il a ajouté que les inégalités freinaient la réduction de la pauvreté, la croissance économique et la mobilité sociale et qu’elles ne touchaient pas seulement les exclus, mais plus largement tous les membres de la société.  Il a affirmé qu’avec des grandes inégalités, le développement ne pouvait être durable et c’est pourquoi il a invité les gouvernements à créer des conditions qui permettraient aux populations de s’autonomiser, notamment par leur accès à des emplois décents et par l’intégration sociale et la lutte contre la pauvreté.


Le Secrétaire général adjoint a en outre souligné qu’investir dans la protection sociale, assurer l’accès équitable à l’éducation, développer les capacités, accéder aux soins de santé et créer des emplois décents étaient des facteurs importants pour la promotion de l’autonomisation.  Rappelant par ailleurs que l’année 2014 marque le vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille, il s’est dit convaincu qu’en mettant l’accent sur la famille, il serait possible de résoudre de nombreux défis qui font obstacle au développement comme le transfert intergénérationnel de la pauvreté et des inégalités.  Il a aussi indiqué que la Commission du développement social avait pour tâche urgente d’accélérer les efforts pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, et de formuler les grandes lignes du futur programme de développement pour l’après-2015.  Le développement ne peut être durable que si ses composantes économiques, environnementales et sociales sont intégrées de manière équilibrée, a-t-il fait remarquer.  Il est donc important pour la Commission d’examiner comment les politiques sociales peuvent faire face aux changements économiques et environnementaux qui conduiront à un développement durable, a-t-il insisté avant de conclure.


Présentation de rapports


Mme DANIELA BAS, Directrice de la Division de la politique sociale et du développement du Département des affaires économiques et sociales (DAES), a mis l’accent sur sept rapports dont est saisie la Commission du développement social.  S’agissant du rapport sur la promotion de l’autonomisation dans les domaines de l’élimination de la pauvreté, de l’intégration sociale, du plein emploi et du travail décent pour tous, elle a indiqué que ce document examinait les différents programmes, mesures et stratégies d’autonomisation des individus et des groupes sociaux qui ont fait la preuve de leur efficacité.  Elle a précisé que le rapport sur les dimensions sociales du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) examinait les moyens de renforcer le développement par le biais de politiques de promotion de la productivité agricole, de l’industrialisation s’appuyant sur les produits de base et l’amélioration des conditions macroéconomiques.  La Commission, a-t-elle ajouté, est aussi saisie de deux importants rapports relatifs respectivement à l’inclusion des personnes handicapées et la promotion d’une égalité d’opportunités pour les personnes handicapées.  Il est nécessaire que la Commission parvienne à adopter des mesures concrètes pour mettre en œuvre les engagements pris à l’égard des personnes handicapées. 


En outre, Mme Bas a mis l’accent sur l’importance de deux rapports portant respectivement sur la mise en œuvre du Plan d’action international de Madrid sur le vieillissement et les politiques et programmes impliquant la jeunesse.  Le rapport sur la préparation de la commémoration du vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille en 2014 est important car, a-t-elle souligné, il insiste sur les politiques nationales en faveur des femmes et des filles que les gouvernements doivent établir en vue de promouvoir l’égalité entre les sexes et le droit des enfants.  


Présentation des conclusions du Forum de la société civile


Mme MARGARET MAYCE, Présidente du Comité des organisations non gouvernementales pour le développement social et membre du Dominican Leadership Conference, a fait part à la Commission du développement social des propositions de la société civile sur des éléments qu’elle considère comme « non négociables » pour la promotion de l’autonomisation des populations dans le cadre de l’éradication de la pauvreté, l’intégration sociale et le plein emploi pour tous.  Elle a rappelé que le monde connaissait aujourd’hui plus d’inégalités que pendant la période de la Deuxième Guerre mondiale.  Elle a ensuite demandé que les recommandations de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur les filets de sécurité sociale et l’emploi décent soient mises en œuvre.  Il est important de développer des mécanismes pour faire face aux modèles non durables de production, de consommation et d’exploitation des ressources ainsi que des travailleurs, a-t-elle souligné. 


Après avoir plaidé pour une éducation universelle pour tous, sans distinction de genre, Mme Mayce a proposé ensuite que des sources innovantes de financement du développement soient trouvées.  Rappelant que cette année 2014 marquait le vingtième anniversaire de l’Année internationale de la famille, elle a souhaité que le rôle de la famille soit expressément reconnu dans le programme de développement pour l’après-2015.  Elle a émis le vœu que ces différentes propositions de la société civile puissent contribuer à assurer la « dignité pour tous » tout en préservant l’intégrité de la planète.  Avant de conclure, elle a estimé qu’aucun gouvernement ne pouvait s’engager seul pour s’acquitter de cette tâche.  Cette responsabilité incombe, a-t-elle dit, à tous les gouvernements qui ont le devoir de s’assurer du bien-être commun de tous les peuples de la planète.


Débat général


Intervenant au nom du Groupe des 77 et la Chine, M. Claudio Guillermo Rossell Arce (Bolivie) a reconnu que les importantes contributions réalisées par la Commission du développement social des Nations Unies au cours de ces dernières années avaient permis de traduire des politiques sociales en réelles opportunités pour les plus marginalisés.  Il a estimé que les efforts axés sur la promotion de l’autonomisation dans les domaines de l’élimination de la pauvreté, de l’intégration sociale, du plein emploi et du travail décent pour tous doivent être au centre des politiques et stratégies de développement au niveau international.  Dans ce contexte, le représentant du Groupe des 77 et la Chine a appelé à une synergie entre les politiques d’autonomisation et les travaux en cours sur les piliers sociaux du Document final de Rio+20 et le programme de développement pour l’après-2015.  Il a ainsi appelé à s’appuyer sur les connaissances et pratiques autochtones qui ont fait leurs preuves depuis des générations pour renforcer le capital social et répondre aux impératifs de subsistance des plus démunis. 


Le représentant du Groupe des 77 et la Chine a souhaité que les besoins de la famille soient inclus dans l’élaboration des objectifs de développement après 2015 et que l’on se prépare à mieux répondre à la nouvelle réalité du vieillissement de la population mondiale.  Il a appelé à renforcer le partenariat mondial pour l’élimination de la pauvreté en reconnaissant la responsabilité première des États dans l’élaboration de politiques et stratégies de financement de l’accès universel aux services sociaux, dont l’éducation, la santé et la couverture sociale de base.      


M. DESRA PERCAYA (Indonésie), s’est exprimé au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN).  Il a rappelé que l’imminence de la date butoir pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en 2015 ne devrait pas conduire la communauté internationale à négliger les efforts visant à protéger et autonomiser toutes les catégories des populations, en particulier les plus vulnérables ou marginalisées.  Il a fait observer que les programmes de développement social des pays d’Asie du Sud-Est étaient guidés par la « Déclaration sur le renforcement de la protection sociale » de l’ASEAN.  Cette Déclaration, a-t-il précisé, réaffirme que tous les hommes ont droit à un accès équitable à la protection sociale.  Cela est intégré dans les programmes gouvernementaux visant à réduire les inégalités, a-t-il assuré.  Le représentant de l’Indonésie a indiqué que les pays de la région échangeaient entre eux les meilleures pratiques en matière de protection sociale et d’éradication de la pauvreté.


M. Percaya a souhaité que le prochain programme de développement pour l’après-2015 puisse prendre en compte, de manière équilibrée, les trois piliers du développement durable et inclure la protection des groupes sociaux marginalisés tels que les handicapés, les jeunes et les personnes âgées.  Il a également rappelé la place centrale de la famille et de la communauté dans le cadre de la protection sociale.  Le représentant a ensuite indiqué que l’ASEAN a aussi mis en place des programmes en faveur des jeunes et des handicapés, comme en témoigne le lancement de la décennie des personnes handicapées lancée par l’ASEAN pour la période 2011-2020.  Le représentant a enfin parlé de « la vision de l’ASEAN pour l’après-2015 » qui vise à orienter les objectifs de développement des nations de l’Asie du Sud-Est vers l’avenir, tout en s’inspirant des OMD et des objectifs du développement durable.


M. RODNEY CHARLES (Trinité-et-Tobago), au nom des États membres de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a déclaré qu’en reconnaissance du rôle essentiel de l’autonomisation dans l’éradication de la pauvreté, l’intégration sociale, le plein emploi productif et le travail décent, la CARICOM poursuivait son approche en matière de développement centrée sur les personnes.  À cet égard, nos efforts sont stratégiquement axés sur la lutte contre les inégalités dans le but de renforcer le développement humain et, par extension, pour contribuer à notre développement durable.  En janvier de cette année, les dirigeants des pays de la région avaient réaffirmé, lors de la conférence ministérielle du Conseil de la CARICOM, leur engagement en faveur du développement des ressources humaines et des technologies de l’information et de la communication.  Ils se sont également dits conscients de l’importance des politiques et programmes forts dans les domaines de l’environnement qui soutiennent la croissance économique, l’investissement et la jouissance des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour assurer l’autonomisation de nos citoyens et la réalisation de nos objectifs de développement.


La CARICOM, a assuré M. Charles, accorde la priorité à l’élimination de la discrimination dans l’objectif de créer des sociétés plus inclusives et pour que tous les citoyens, particulièrement les plus vulnérables ou marginalisés, aient un égal accès aux opportunités aussi bien qu’aux services sociaux et de santé de base.  Les besoins spécifiques des personnes handicapées dans nos sociétés ont récemment été abordés par les chefs d’État et de gouvernement de la CARICOM qui, en juillet 2013, avaient appuyé la proposition d’Haïti de convoquer une réunion de haut niveau pour discuter des besoins spécifiques des personnes handicapées.  Les dirigeants des pays membres de la CARICOM ont aussi réaffirmé que la famille, qui est le socle de la société, a droit à la protection de la société et de l’État.  Ils ont déclaré que les personnes handicapées et leurs familles devraient recevoir une aide pour assurer la pleine jouissance des droits des personnes handicapées.  Une attention particulière a également été accordée à la vulnérabilité des femmes et des filles handicapées à la violence et à la discrimination et afin de renforcer les efforts visant à les protéger, pour faire face à leurs besoins. 


Le représentant a rappelé que la CARICOM avait depuis longtemps reconnu que le vieillissement nécessitait l’attention des dirigeants de la région.  C’est pourquoi, les chefs d’État ont adopté une Charte régionale sur la santé et le vieillissement qui a reconnu les droits de l'homme, la liberté et la dignité de toute personne dans la région, indépendamment de son âge.  Auparavant, la CARICOM avait adopté en 2012 le Plan d’action régional pour le développement de la jeunesse qui a pour objectif de rendre opérationnelles les recommandations de la Commission de la CARICOM sur le développement de la jeunesse.  À cela s’ajoute le Programme des jeunes ambassadeurs de la CARICOM qui offre une opportunité aux jeunes de développer leur leadership en matière d’éducation, et de contribuer au développement social et économique de leurs régions.  Le représentant a tenu également à souligner l’importance de la coopération internationale pour développer des systèmes de collecte de données afin d’évaluer les défis auxquels sont confrontés les différents groupes de nos sociétés et d’y apporter des solutions.  Il a encouragé les donateurs à respecter leurs engagements pour financer les programmes de développement dans les pays concernés.


Mme NAFSIKA NANCY EVA VRAILA (Grèce), s’exprimant au nom de l’Union européenne, a tenu à préciser, en premier lieu, qu’un processus était en cours pour clarifier à quel titre l’Union européenne pouvait prononcer une déclaration dans le contexte de la résolution 68/1 du Conseil économique et social (ECOSOC).  Elle a ensuite indiqué que la réduction de la pauvreté et la prospérité partagée par tous étaient des éléments fondamentaux des politiques européennes.  Au cours des 12 dernières années, 600 millions de personnes étaient sorties de la pauvreté extrême, s’est-elle félicitée, en assurant que les progrès réalisés dans la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) avaient joué un rôle important dans ce succès.  Notant que les fruits de ces progrès avaient été distribués de manière inégale, elle a insisté sur la nécessité de définir maintenant un cadre ambitieux pour l’après-2015, fondé sur les OMD.  Cela doit passer par l’amélioration de la productivité, le développement d’une agriculture durable, la promotion de l’éducation pour tous, une formation adaptée et le plein emploi, en mettant l’accent sur les femmes et les jeunes, a-t-elle précisé.


Mme Vraila a estimé que la Commission du développement social avait un rôle important à jouer pour promouvoir la composante sociale du développement durable.  Elle a parlé de la Plateforme européenne contre la pauvreté et l’exclusion sociale, lancée dans le cadre de la Stratégie Europe 2020, qui vise à adopter une approche équitable.  Attachée également à la lutte contre le chômage des jeunes, l’Union européenne met en œuvre la « Garantie Jeunes » afin que la population de moins de 25 ans se voie offrir de bonnes opportunités de travail.  Par ailleurs, la représentante a expliqué l’importance de l’autonomisation des femmes, qui est intrinsèquement liée à la réduction de la pauvreté.  Elle a aussi attiré l’attention sur les personnes vulnérables sur le plan économique, comme les enfants pauvres et les autochtones.  Le respect et la promotion des droits de l’homme sont également essentiels à l’autonomisation, a-t-elle ajouté.  Mme Vraila a estimé qu’il était nécessaire d’associer les organisations de la société civile, en particulier les syndicats, à la réalisation du développement économique et humain.  Se félicitant de l’attention portée au plancher de protection sociale par le Secrétaire général dans son rapport, elle a rappelé que la protection sociale était un droit de l’homme dont le respect est essentiel pour l’éradication de la pauvreté.


Mme SUSANNA HUOVINEN, Ministre de la santé et des services sociaux de la Finlande, a assuré que son pays avait toujours fondé ses politiques sur des bases solides de développement social, à savoir le droit à l’éducation et le droit de vote pour tous.  L’éducation des filles, a-t-elle souligné, est d’une importance cruciale pour l’autonomisation et l’éradication de la pauvreté.  La Présidente de la Finlande, Mme Tarja Halonen, explique le « secret » du succès de la Finlande en martelant: « éducation, éducation, éducation! », a-t-elle rappelé.  La Finlande a en outre été le premier pays d’Europe à accorder le droit de vote à tous les hommes et toutes les femmes, a-t-elle ajouté.  La Ministre a exprimé le ferme soutien de son gouvernement à l’Initiative de plancher de protection sociale, qui prévoit notamment des mesures pour améliorer l’accès aux soins de santé pour les enfants, les personnes actives et les personnes âgées.  Le financement de cette protection sociale, a-t-elle fait observer, se heurte cependant à la difficulté à laquelle son gouvernement est confronté pour équilibrer son budget, en cette période d’austérité économique.  La protection sociale garantit la prospérité économique, a-t-elle dit, en encourageant à investir dans ce domaine.  Mme Huovinen a ensuite mis l’accent sur l’importance de la coopération entre le secteur public et la société civile.


M. ERDENE SODNOMZUNDUI, Ministre du développement de la population et de la protection sociale de la Mongolie, a indiqué que son pays avait mis en place un programme intitulé « un travail et un revenu pour les Mongols pour la période 2012-2016 » avec l’objectif de créer 150 000 nouveaux emplois en cinq ans.  Il a indiqué que ce programme devrait permettre d’accélérer la réalisation par la Mongolie des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a cité ensuite une étude conduite auprès de 683 686 foyers qui avait permis de créer une base de données sur l’accès aux services sociaux.  Grâce à la croissance économique et aux mesures de protection sociale prises par le Gouvernement, le taux de pauvreté de la Mongolie a décliné de 38,7% à 27,4% entre 2010 et 2012, s’est félicité M. Sodnomzundui, avant d’annoncer l’élaboration d’une stratégie de réduction de la pauvreté par la Mongolie.  Il a précisé que cette stratégie visera à promouvoir le bien-être et faire participer les plus démunis au développement économique et social, par le biais de la promotion de l’emploi et de la protection sociale.         


Mme LUZ GRANIER BULNES, Ministre pour le développement social du Chili, a déclaré que son pays dont l’objectif principal de sa politique sociale était d’éradiquer la pauvreté, avait réalisé d’importants progrès dans ce domaine au cours des 25 dernières années.  La politique sociale nationale tient compte en premier lieu des familles, ainsi que du rôle fondamental des femmes dans la lutte contre la pauvreté, a-t-elle précisé.  La Ministre a également souligné l’importance de l’emploi pour contribuer à cette lutte, avant de se féliciter de la baisse du chômage au Chili qui est actuellement de 5,7%, le niveau le plus bas de son histoire.  Nous avons réussi à augmenter la part des femmes dans la population active, qui est ainsi passée de 3,2% en 2010 à 47,7% en 2013, a-t-elle ajouté.


Le Gouvernement chilien assure également une aide aux familles les plus vulnérables, a poursuivi Mme Granier Bulnes, par le biais d’un programme, qui prévoit en outre une prime destinée à encourager le travail des femmes.  Obtenir un travail stable permet à une famille de générer un revenu permanent et de sortir de la pauvreté, a-t-elle expliqué.  La Ministre a précisé que ce programme avait bénéficié à 250 000 femmes depuis sa mise en œuvre.  L’aide aux familles les plus vulnérables a été consentie à 43 600 foyers.  Avant de conclure, Mme Granier Bulnes a tenu à rappeler que le développement ne se limitait pas à augmenter le revenu par habitant.  Il vise surtout à réaliser une égalité des chances et à assurer une certaine sécurité et la dignité.


M. VALENTIN RYBAKOV, Vice-Ministre des affaires étrangères du Bélarus, a constaté que le problème des inégalités sociales demeure omniprésent.  Il a appelé à une mobilisation de ressources supplémentaires pour financer les programmes en faveur des jeunes, des personnes handicapées, des personnes âgées et des familles nombreuses.  L’autonomisation de toutes les couches de la population doit figurer au cœur même des politiques sociales des États et de l’ONU, a-t-il estimé.


Le Vice-Ministre a expliqué que la politique sociale du Bélarus visait à faire en sorte que chaque famille et individu puisse subvenir à ses propres besoins grâce au travail.  Le Bélarus assure une éducation de qualité qui, a-t-il affirmé, avait permis à la population de faire des choix informés, de faire valoir leurs droits sociaux et culturels et de participer aux processus de prise de décisions.  M. Rybakov a aussi passé en revue certaines des politiques sociales de son pays.  Des programmes ont notamment permis d’éliminer les obstacles à la mobilité des personnes handicapées et de renforcer leur accessibilité aux bâtiments scolaires.  Un autre programme cible les familles jeunes, nombreuses ou monoparentales afin de les aider à surmonter les effets de la crise économique.


Son gouvernement, a-t-il indiqué, a proclamé l’année 2015 « Année des jeunes ».  Des initiatives ont été lancées pour impliquer davantage les jeunes particulièrement doués ou créatifs aux processus de prise de décisions.  Le Vice-Ministre a aussi insisté sur le fait que les jeunes du Bélarus sont éduqués dans l’esprit des valeurs familiales traditionnelles, en particulier l’union entre un homme et une femme, afin d’intégrer de « manière naturelle » leur identité d’homme ou de femme et de conserver ainsi leur  « identité sexuelle ».


Mme JUANA SANDOVAL (Nicaragua) a déclaré que les pays devraient prendre des mesures supplémentaires pour améliorer la redistribution des fruits de la croissance.  Elle a parlé des actions mises en œuvre par le Gouvernement du Nicaragua dans le cadre de la protection sociale et la lutte contre les inégalités.  Elle a notamment noté que la part des dépenses sociales dans le budget du pays a augmenté de 22%, démontrant ainsi la volonté de son gouvernement de résoudre les problèmes sociaux.  Elle a précisé que presque 60% de ce budget pour l’année en cours seraient consacrés à des programmes de réduction de la pauvreté.  Elle a ensuite cité un certain nombre de réalisations et d’avancées du Nicaragua dans les domaines prioritaires du développement social.  La représentante a indiqué que des résultats probants avaient été atteints dans le cadre de la lutte contre la mortalité infantile et maternelle.  Le Gouvernement du Nicaragua a établi des programmes visant à assurer l’accès à l’eau potable sur l’ensemble du territoire national et l’éducation primaire universelle.


Dans le cadre des programmes d’éducation, a précisé la représentante, le Gouvernement du Nicaragua distribue des aides financières aux enfants des familles les plus désœuvrées, afin de réduire les inégalités sociales et leur permettre ainsi d’aller à l’école.  La représentante a aussi salué les succès du Nicaragua en matière de lutte contre la malnutrition et d’autres programmes visant à protéger les personnes âgées ou encore ceux sur l’autonomisation des personnes handicapées.  Ces programmes visent, a expliqué Mme Sandoval, à éradiquer la pauvreté et à assurer une vie meilleure et digne aux populations du Nicaragua.


M. COCEKOPAKADE (Afrique du Sud) a soutenu que son pays avait déclaré, en 1994, la guerre à la pauvreté, l’inégalité et le chômage.  Il a précisé que le niveau de pauvreté avait décliné de 33% à 25% entre 1993 et 2013, notamment grâce à la mise en place de critères sociaux minima.  Le programme de protection sociale sud-africain couvre aujourd’hui 16 millions de personnes, contre 2,7 millions en 1994, a-t-il assuré.  Le fonds pour l’enfance a connu la plus forte croissance, a-t-il ajouté, en indiquant qu’à ce jour, 11 millions d’enfants en bénéficiaient contre 22 000 en 1998.  Pour faire face au chômage, a indiqué M. Pakade, l’Afrique du Sud vise à créer 5 millions de nouveaux emplois d’ici à 2020 par le biais du développement de nouvelles infrastructures.


Le représentant a assuré que le budget de l’éducation avait atteint l’équivalent de 5% du PIB.  S’agissant de la lutte contre le VIH/sida, il a indiqué que le Gouvernement avait adopté un plan d’action élaboré par la société civile qui met l’accent sur la prévention, les soins et le soutien.  Il a précisé que l’Afrique du Sud avait déjà dépassé l’OMD visant à réduire de moitié le nombre d’individus n’ayant pas accès à l’eau potable et comptait bien atteindre l’objectif d’assurer le plein accès de la population à l’eau potable d’ici à 2015. 


Mme CATHERINE BAKANG MBOCK, Ministre des affaires sociales du Cameroun, a indiqué que la Vision de développement à l’horizon 2035 arrêtée par le Cameroun illustrait parfaitement l’engagement du pays en faveur de l’autonomisation.  Elle a ainsi précisé que la priorité de l’action du Gouvernement en ce qui concerne le secteur social était orientée vers la lutte contre la précarité et l’exclusion sociale, notamment en faveur des personnes socialement vulnérables telles que les personnes âgées, les personnes handicapées, les enfants en difficulté et les populations autochtones vulnérables.  Au sujet des personnes âgées en particulier, la Ministre a cité la construction en cours d’une « Maison des Âges » à Yaoundé, qui sera une structure pour l’information, l’éducation et la sensibilisation des populations sur la problématique du vieillissement, et un cadre d’échanges intergénérationnels.  Elle a également souligné les mesures législatives prises par le Cameroun en faveur des personnes handicapées et les mesures visant à promouvoir les jeunes comme par exemple la mise en place, en 2009, du Conseil national de la jeunesse du Cameroun qui sert d’interface entre les jeunes et les pouvoirs publics.


La Ministre a en outre mis l’accent sur les mesures prises par le Gouvernement pour lutter contre le phénomène des enfants de la rue, en encourageant leur retour au sein des familles.  Mme Bakang Mbock a par ailleurs rappelé que les actions de la Première Dame du Cameroun, Mme Chantal Biya, avaient conduit à sa nomination comme Ambassadrice de bonne volonté de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) dans le cadre de l’éducation et de l’inclusion sociale.  Elle a ensuite fait observer que le Cameroun comptait 451 mutuelles de sécurité sociale dans ses collectivités locales décentralisées.  Elle a enfin parlé de l’initiative gouvernementale dite « Approche des 3A », qui consiste à suivre les populations défavorisées dans les processus d’« Assistance, d’Accompagnement et d’Autonomisation ».  Elle a expliqué que cette approche permettait de transformer la vulnérabilité en un capital humain compétent, volontaire, disponible et résolument engagé dans la marche du Cameroun sur la voie de l’émergence.


Mme SUSANNA HUOVINEN, Ministre de la santé et des services sociaux de la Finlande, a indiqué qu’en l’espace de 70 ans, depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale, la Finlande avait réussi à passer du statut de pays très endetté à celui de pays riche.  Elle a expliqué que tout au long de son processus de croissance, le pays a mis l’accent sur l’égalité sociale avec l’objectif de bâtir une société pour tous.  Le principe de garantir l’accès à des services sociaux de base à tous les stades de la vie est le fondement même de la stratégie politique sociale de la Finlande, a-t-elle souligné.


La Ministre de la Finlande a estimé qu’une bonne politique sociale devrait permettre à chacun de prendre en charge sa propre vie et que la fourniture de services sociaux devrait avoir pour objectif l’autonomisation des personnes.  Une politique bien conçue est un investissement en faveur de la population et dans l’avenir d’une société, a soutenu Mme Huovinen.  Pour prévenir l’exclusion sociale des jeunes, son gouvernement a mis en œuvre un programme intersectoriel pour les aider pendant la période de transition entre la sortie de l’école et l’entrée sur le marché du travail.  Ainsi, les personnes âgées de moins de 25 ans et les diplômés de moins de 30 ans ont droit à une formation professionnelle si le précédent emploi qu’ils ont occupé n’a pas duré plus de trois mois.  Un programme a également été lancé l’été dernier dans le but de renforcer l’accès à l’emploi des personnes à capacités réduites.


Par ailleurs, Mme Huovinen a souligné que le vieillissement de la population devrait faire l’objet d’une révision des services octroyés afin de rendre ceux-ci plus pérennes.  La Finlande a d’ailleurs adopté une nouvelle loi visant à garantir le respect des droits des personnes âgées et à appuyer leurs capacités, a-t-elle indiqué.  La Ministre a aussi insisté sur l’importance de veiller à ce que les personnes exclues ou marginalisées soient en mesure de réintégrer la société sur un même pied d’égalité que les autres groupes de la population.  Les inégalités ouvrent la voie au conflit et à la fragmentation sociale et entravent, de ce fait, le développement social, a-t-elle averti avant de conclure.


M. CARLOS RAFAEL URQUILLA BONILLA, Sous-Secrétaire pour les politiques d’inclusion sociale à la présidence de la République d’El Salvador, a invité la communauté internationale à appréhender l’autonomisation comme un droit de l’homme.  Bien que les êtres humains naissent égaux en dignité et en droits comme le stipule la Déclaration universelle des droits de l’homme, il faudrait néanmoins noter que ces hommes vivent et connaissent des réalités existentielles différentes, a-t-il fait remarquer.  De ce fait, a-t-il expliqué, leur autonomisation doit se faire de diverses manières, afin de tenir compte de leurs besoins spécifiques. 


M. Urquilla Bonilla a estimé que l’autonomisation supposait des mesures politiques afin de remédier aux disparités qui existent entre États et à l’intérieur des États.  L’autonomisation doit être considérée comme un droit fondamental de l’individu.  La jouissance des droits économiques, sociaux et culturels doit être respectée grâce au renforcement des systèmes judiciaires, a-t-il soutenu.  C’est pourquoi, il a invité à adopter une approche visant à considérer l’autonomisation comme un droit, et non comme un acte de charité.  M. Urquilla Bonilla a appelé la communauté internationale à assister les pays en développement dans les efforts entrepris dans cette voie.


M. JOHN GAVENTA, Directeur à Coady International Institute et Vice-Président à International Development, St. Francis Xavier University (Canada), s’est dit convaincu que l’automatisation des personnes devait être l’objectif clef du processus de développement social.  Sans émancipation, les citoyens ne peuvent ni revendiquer leurs droits, ni les exercer, a-t-il fait observer.  Il a expliqué qu’il avait dirigé pendant 10 ans un centre de recherche sur la participation citoyenne dont les études avaient conclu que l’engagement citoyen permettait de former de meilleurs citoyens, qui sont pleinement conscients de leur droit d’exercer cette participation.  Ceci est un maillon essentiel du processus d’émancipation car on ne se réveille pas un beau matin en se disant: « Tiens, aujourd’hui je vais faire valoir mes droits », a fait observer M. Gaventa.  Il a précisé que des citoyens bien formés et engagés contribuaient ensuite à de grands changements sociaux et à renforcer la bonne gouvernance en plaidant, par exemple, pour de meilleures politiques de justice sociale.


Le panéliste a vu dans l’autonomisation des populations le principal moteur du changement social.  Il a néanmoins fait observer que la participation citoyenne n’était pas une panacée, car une frustration peut résulter d’une participation citoyenne vaine ou purement symbolique ou de manipulations par certaines élites.


M. Gaventa a ensuite appelé les gouvernements à créer l’espace nécessaire pour permettre aux citoyens de s’émanciper, tout en faisant observer que les citoyens se tournent également vers des associations communautaires indépendantes pour se faire entendre.  Il a également engagé les gouvernements à promouvoir ces associations au niveau communautaire.  M. Gaventa a aussi insisté sur la nécessité de renforcer le rôle et la participation des femmes.  De l’avis du panéliste, tout processus d’autonomisation aura des implications plus étendues qu’une approche visant à traiter les personnes comme de simples clients de programmes sans pour autant leur permettre de s’exprimer.


M. FABIO PALACIO, représentant du Comité des ONG pour le développement social et membre du Mouvement international ATD quart-monde, a regretté que la Commission parle d’autonomisation, alors que les personnes qui devraient en bénéficier ne sont pas pleinement représentées au cours des présentes discussions.  Il a précisé qu’autonomiser les personnes défavorisées supposait aussi leur participation à des débats sur les sujets qui les concernent directement.  Il a indiqué que les personnes défavorisées et les plus démunies perdaient confiance à l’égard des institutions internationales telles que les Nations Unies, car elles avaient l’impression que les réunions les touchant ne prennent pas en compte leur voix. 


M. Falacio a souhaité que la protection sociale puisse permettre aux populations de pouvoir prendre en charge leur avenir.  Il est important que les pauvres puissent avoir accès à l’éducation et mieux connaître leurs droits afin de pouvoir les défendre.  Il a ensuite cité des cas de discrimination et d’exclusion sociale dans plusieurs sociétés à travers le monde, en particulier celui d’une Bolivienne qui avait été humiliée lors d’une consultation dans un centre de soins.


Débat interactif avec les délégations sur le thème prioritaire


Respect des droits et de la dignité des personnes, rôle de l’architecture financière internationale, conséquences du creusement des inégalités ou encore la situation des jeunes, tels étaient certains des thèmes débattus par les États Membres et les panélistes pour identifier les moyens permettant de faire de l’autonomisation des personnes un élément essentiel du développement social.


Lançant la discussion avec les panélistes, le représentant de la Slovénie a mis en garde contre les retombés des politiques d’austérité qui risquent de mettre les plus démunis dans une situation de désespoir irrémédiable.  Toute stratégie politique doit être axée sur le respect des droits de la personne car, a-t-il souligné, il ne peut y avoir de développement sans égalité.


Son homologue de l’Union européenne s’est interrogé sur les mesures idoines pour assurer une bonne transition d’une économie informelle à une économie formelle.  Outre la création d’emplois, l’architecture financière internationale peut-elle ou non contribuer à faire avancer un programme d’intégration? a demandé à son tour le représentant d’El Salvador.


La Ministre du Cameroun a argué que les réponses économiques ou financières n’étaient pas en soi une panacée.  Le respect des droits d’autrui doit être pris en compte, a-t-elle souligné, en faisant remarquer que c’est à travers le regard de l’autre que les droits sont reconnus.  Les personnes les plus vulnérables doivent pouvoir retrouver leur dignité, a-t-elle estimé, en précisant que celle-ci commençait bien souvent par l’accès à un travail décent.


Lui emboitant le pas, la Ministre de la Finlande a parlé du ressentiment dont lui ont fait part certains récipiendaires d’allocations gouvernementales dans leurs interactions avec des fonctionnaires des services sociaux.  Il est primordial, a-t-elle insisté, de traiter les personnes, surtout les plus vulnérables et les plus démunies, avec dignité.


Comment rompre le cercle vicieux de la pauvreté en tenant compte des spécificités régionales? s’est interrogé le représentant de la SlovénieLa Ministre du Cameroun a répondu que l’ONU était la tribune idéale pour procéder au changement tout en tenant compte des spécificités de chaque pays.


De son côté, la représentante de la Fédération internationale sur le vieillissement a soulevé la question des traditions et cultures qui entravent l’émancipation de certaines tranches de la population en affirmant que certains groupes, à commencer par les femmes, ne sont d’aucune valeur pour la société.


Son intervention a poussé le Sous-Secrétaire pour l’inclusion sociale d’El Salvador à insister sur le pouvoir de transformation de l’éducation et sur la nécessité de concevoir celle-ci comme moyen de libération.  Il a également plaidé pour la mise en place de processus destinés à rattraper les situations où des politiques sociales ont été négligées.


Concernant la situation des jeunes, le représentant de la Slovénie a notamment fait savoir que son gouvernement avait approuvé, à la fin du mois de janvier, une stratégie spéciale pour permettre aux jeunes entre 15 et 29 ans d’obtenir un emploi ou une formation professionnelle dans les mois suivant leur inscription au bureau de l’emploi.


Pour sa part, le représentant de la République dominicaine a voulu en savoir plus sur l’intégration des jeunes handicapés dans les écoles publiques en Finlande.  En guise de réponse, la Ministre de la Finlande a indiqué que son pays procédait à cette intégration en mettant l’accent sur l’égalité et s’est félicitée du fait que cette approche ait permis aux plus jeunes de se rendre compte de la capacité de chacun de participer à la vie sociale.


Cette dernière a également expliqué que son gouvernement avait mis en place des mécanismes pour faire participer les enfants aux processus de prise de décisions politiques.  La Finlande, a-t-elle ajouté, s’est par ailleurs dotée de « parlements de jeunes » pour permettre à ce groupe de la population de débattre de questions qui les concernent directement.


Enfin, le représentant d’El Salvador a proposé de lancer des projets pilotes dans certaines villes d’un pays donné pour mieux mesurer les progrès réalisés en matière d’autonomisation des personnes..


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