8/7/2014
Conseil économique et social
ECOSOC/6638

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de 2014

Forum politique et 33e séance

matin - après-midi & soir


LE FORUM DE HAUT NIVEAU SUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE ET L’ECOSOC BÂTISSENT

LE SOCLE DU PROGRAMME DU DÉVELOPPEMENT POUR L’APRÈS-2015


Rendre l’éradication de la pauvreté irréversible, renforcer la coopération internationale pour le développement durable et assurer la responsabilisation de tous.  Tel devrait être le socle du programme de développement pour l’après-2015 que le Forum politique de haut niveau sur le développement et le Conseil économique et social (ECOSOC) ont tenté de bâtir, aujourd’hui, au cours de plusieurs dialogues et tables rondes ministériels.


Le Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a rappelé qu’un milliard d’habitants sur sept dans le monde vit avec moins de 1,25 dollar par jour.  Pour lui, imprimer un caractère irréversible à l’éradication de la pauvreté ne sera possible que si l’on investit dans l’égalité des sexes et la promotion des droits de l’enfant qui doivent être les priorités du programme de développement pour l’après-2015.  Investir dans l’égalité, c’est investir dans le développement durable à long terme et c’est créer la génération suivante de dirigeants et de parents, a-t-il insisté.


Mais avec quels moyens?  C’est là qu’intervient la coopération internationale.  Le Ministre des politiques des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et du développement durable du Bénin a insisté sur la stabilité de l’architecture financière internationale et la nécessité d’aller au-delà de l’aide publique au développement (APD) pour tabler sur les biens publics mondiaux.  Son homologue du développement international de la Finlande a misé sur l’aspect fiscal de la mobilisation des ressources, appelant à un mécanisme innovant pour financer le développement en mettant l’accent sur le rôle du secteur privé. 


Le Vice-Ministre des finances et du développement économique de l’Éthiopie a d’ailleurs rappelé que son pays se prépare à accueillir la troisième Conférence sur le financement du développement, à Addis-Abeba en 2015.  Mais, a-t-il prévenu, les débats ne suffiront pas si, en 2015, nous ne parvenons pas à un accord contraignant sur la lutte contre les changements climatiques.  L’économie mondiale, a acquiescé le Conseiller spécial du Secrétaire général pour les OMD, continue de s’appuyer sur le profit et l’argent, au mépris de l’environnement.  « Nous courons un risque épouvantable et personne, dans cette salle, n’affronte cette crise sérieusement ni ne lutte avec sérieux contre la dégradation de l’environnement. » 


C’est donc la responsabilité de tous qu’il faut assurer dans les partenariats à mettre en place.  Mais, a reconnu la Vice-Présidente de l’ECOSOC, si les partenariats sont essentiels pour les pays, il peut en effet paraître moins attrayant pour le secteur privé puisqu’un bon partenariat, a renchéri le Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), exige une stricte reddition des comptes.  L’Administrateur principal de l’Alliance mondiale pour la participation des citoyens (CIVICUS) a avoué la méfiance de « ses amis » de la société civile face à l’idée de travailler avec le secteur privé, sans des règles de conduite claires.


Si le secteur privé ne veut pas jouer le jeu, cela montre qu’il nous faut des règles et des engagements contraignants, a tranché un membre du Parlement autrichien.  En un mot, il s’agit de la « responsabilité sociale des entreprises », a conclu le représentant du Grand groupe des travailleurs et des syndicats.


L’exemple d’une responsabilité sociale assumée a été donné par le Président du Conseil d’administration de l’Alliance GAVI qui a expliqué que c’est son partenariat avec le secteur privé qui a permis depuis 2006, de collecter une somme de 4,5 milliards de dollars et de vacciner quelque 500 millions d’enfants à moindre coût.  Le partenariat avec le secteur privé est essentiel, a tranché la représentante du Canada, car il contribue à la création d’emplois.  Aujourd’hui encore, les délégations se sont dites préoccupées par le chômage des jeunes et ont souligné, à cet égard, le potentiel de l’économie verte pour la création d’emplois.  Le Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique a conseillé l’industrialisation des pays africains, arguant que « si l’Afrique est riche en matières premières, les industries extractives ne créent que 1% des nouveaux emplois ».


Emplois, égalité des sexes, mécanisme de financement, transfert de technologies écologiquement propres et partenariats, autant de sujets pour lesquels plusieurs délégations ont voulu des objectifs spécifiques dans le programme de développement pour l’après-2015.  C’est 10 objectifs qu’il nous faut pas 17, si l’on veut que l’opinion publique se les approprie, a préconisé le Conseiller spécial du Secrétaire général pour les OMD.


Qu’en-est-il alors du suivi et de l’examen des progrès accomplis?  Le Forum de haut niveau doit s’imposer comme « un pôle de responsabilité » garantissant le dialogue entre tous les acteurs du développement durable, a suggéré le Ministre de l’environnement de la Roumanie.  Le Forum, a suggéré à son tour le représentant de la Chine, doit pouvoir identifier les tendances et les défis à temps et fournir des directives globales. 


Le Ministre de l’environnement de la Côte d’Ivoire a encouragé le Forum à travailler à la conception d’un questionnaire unique pour faciliter la collecte des données et l’évaluation des progrès accomplis.  Le Forum doit mettre l’accent sur l’indépendance des audits comme meilleur moyen d’améliorer la transparence et la reddition des comptes, a ajouté le Secrétaire général de l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques.  La priorité, a estimé la représentante du Canada, est de disposer d’un cadre de reddition des comptes avec une dizaine d’objectifs quantifiables.  Pour éviter les doubles emplois et les frais administratifs, il faut, a-t-elle voulu, s’appuyer sur les mécanismes existants comme le Mécanisme d’examen par les pairs de l’Union africaine.  Le Forum peut aussi renforcer les examens sectoriels existant aux niveaux régional et international, a dit la représentante de la Suisse.   


L’ECOSOC a également entendu aujourd’hui des exposés sur les résultats de trois conférences régionales qui se sont tenues au printemps: la Conférence panafricaine sur les inégalités dans le contexte de la transformation structurelle, le Forum Asie-Pacifique pour le développement durable, et le Forum arabe du développement et de l’emploi.


L’ECOSOC et le Forum politique de haut niveau sur le développement durable poursuivront leurs travaux demain, 9 juillet, à partir de 10 heures.  


FORUM POLITIQUE DE HAUT NIVEAU SUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE


Remarque d’ouverture


Mme OYUN SANJAASUREN, Ministre de l’environnement et du développement vert de la Mongolie et Présidente de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (ANUE), a indiqué que la première session de l’Assemblée, qui vient de s’achever, avait connu son apogée avec un débat à deux volets sur les objectifs de développement pour l’après-2015. 


Les ministres et chefs de délégation ont notamment souligné que la modification des modes de consommation et de production était la clef du développement durable.  Ils ont mis l’accent sur la nécessité d’éliminer la pauvreté, de renforcer le capital humain et d’assurer l’égalité entre les sexes.  Ils ont appelé la communauté internationale à assurer la pleine intégration de la dimension « environnement ».  Ils ont insisté qu’il faut un programme pour l’après-2015 qui intègre les dimensions économique, sociale et environnementale du développement durable de façon cohérente et équilibrée.  Le Document final de la session a articulé clairement toutes les demandes.


Dialogue ministériel de haut niveau sur les « Mesures à long terme en vue d’éliminer la pauvreté de manière irréversible et réduire les inégalités »


M. ANTHONY LAKE, Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), qui modérait la discussion, a rappelé qu’un milliard d’habitants sur sept dans le monde vivaient avec moins de 1,25 dollar par jour, tandis que les inégalités se creusaient. 


Investir dans l’égalité, c’est investir dans le développement durable à long terme.  C’est créer la génération suivante de dirigeants et de parents.  L’égalité des sexes et la promotion des droits de l’enfant doivent être des priorités du programme de développement pour l’après-2015, a-t-il dit.


La coopération de développement de l’Autriche a fait des enfants une des priorités, a acquiescé Mme SOPHIE KARMASIN, Ministre de la famille et de la jeunesse de l’Autriche.  Des projets et programmes qui visent le renforcement des droits de l’enfant et tiennent compte de leurs besoins ont été adoptés, a-t-elle expliqué, car « le développement durable commence avec les enfants et se termine avec les enfants ».


Il faut investir dans les enfants pour réduire les inégalités et éliminer la pauvreté, a renchéri Mme BATHABILE DLAMINI, Ministre du développement social de l’Afrique du Sud.  Elle a indiqué que son pays avait pris des mesures pour universaliser l’appui et les allocations en vue de construire des filets de sécurité et de protection sociale.  Des stratégies d’accès à l’éducation plus ambitieuses ont également été mises en œuvre, a-t-elle dit.


Mon pays a fait des investissements massifs dans l’éducation, a affirmé Mme AIDA KURMANGALIYEVA, Secrétaire exécutive du Ministère du travail et de la protection sociale de la population du Kazakhstan.  Mon pays, a-t-elle ajouté, propose de créer avec l’ONU, la Banque mondiale et d’autres partenaires une plateforme visant à lutter contre les inégalités et la pauvreté.


Mme MARÍA ÁNGELA HOLGUÍN, Ministre des affaires étrangères de la Colombie, a d’ailleurs indiqué qu’un indice multidimensionnel de la pauvreté a été mis au point pour guider les décisions en matière de santé, d’éducation, de logement et de travail.  Il faut, a-t-elle estimé, procéder à des changements structurels profonds avec des objectifs ambitieux, concrets et réalistes. 


Parmi ces objectifs, n’oublions pas le développement industriel, a voulu M. LI YONG, Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI).  Le développement industriel est le socle pour créer le monde prospère que nous voulons et permet de créer des emplois et des opportunités pour les segments défavorisés de la société, comme les femmes et les jeunes.  Il permet aussi d’accroître les ressources fiscales et donc, de développer les services publics. 


M. Yong a prôné de grands changements en matière de coopération et de partenariat car il n’y a pas d’autres options que de réformer l’industrie, d’améliorer la qualité énergétique et les capacités de production propres. 


Principaux participants


Mme PAOLA BUSTAMANTE, Ministre de l’inclusion sociale du Pérou, a souligné la priorité de son pays qui est de développer l’accès aux services de santé pour la mère et l’enfant, en particulier dans les régions les plus reculées.  Comme il est indispensable de garantir l’accès à une bonne alimentation pour lutter contre la malnutrition, l’idée est notamment de promouvoir l’agriculture familiale. 


Les inégalités croissantes et les effets des changements climatiques sont les deux grandes tendances qui minent la lutte contre la pauvreté et le développement, a commenté M. JIM CLARKEN, Directeur exécutif d’Oxfam, Irlande.  Le libéralisme outrancier ne saurait régler tous les problèmes.  Il faut un nouveau cadre de développement qui comprenne des objectifs de lutte contre la pauvreté extrême, a-t-il déclaré, appelant à se concentrer sur l’égalité entre les sexes, les droits de la femme, l’éducation pour tous.


Lors de la discussion interactive qui a suivi, la représentante de la Chine a affirmé que l’élimination de la pauvreté et la réduction des inégalités constituaient le défi le plus important de la communauté internationale.  Tous les pays doivent intégrer ces deux priorités au cœur des objectifs de développement pour l’après-2015.  Elle a mis l’accent sur la nécessité de mettre en œuvre des politiques sociales sans exclusion, d’augmenter l’aide publique au développement (APD) et de créer un système multilatéral mutuellement avantageux.


Dialogue ministériel sur la « Coopération internationale pour le développement durable »


Avant la discussion, animée par M. SABER CHOWDHURY, Membre du Parlement du Bangladesh, M. IBRAHIM DABBASHI (Libye), Vice-Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a présenté un exposé sur le travail du Forum pour la coopération en matière de développement au cours du cycle 2012-2014.  Le Forum continuera de jouer un rôle clef d’appui aux acteurs du développement en ajustant la coopération aux nouvelles exigences du programme de développement pour l’après-2015.  Le Forum peut contribuer à identifier les éléments essentiels d’une architecture mondiale inclusive comptable de ses actes.


Il faut réfléchir aux mécanismes à mettre en place pour permettre le développement durable de tous, a renchéri M. FULBERT MACAIRE AMOUSSOUGA GERO, Ministre des politiques des objectifs du Millénaire pour le développement durable et du développement durable du Bénin.  Il a insisté sur une stabilité financière internationale et sur la nécessité d’aller au-delà de l’aide publique au développement pour intégrer les biens publics mondiaux.


La Norvège est déterminée à continuer de contribuer au développement, a assuré M. BØRGE BRENDE, Ministre des affaires étrangères de la Norvège, qui a appelé à des objectifs de développement durable ambitieux.  Le coût de l’inaction serait exorbitant, a prévenu M. HAN SEUNG-SOO, Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies sur la réduction des risques de catastrophe et l’eau.  Il a plaidé pour l’intégration d’un objectif spécifique sur l’eau potable dans le programme de développement pour l’après-2015. 


Nous devons opérer un changement de cap immédiat s’agissant de la protection de l’environnement, a acquiescé M. JEFFREY SACHS, Conseiller spécial auprès du Secrétaire général sur les Objectifs du Millénaire pour le développement.  L’économie mondiale, a-t-il déploré, continue de s’appuyer sur le profit et l’argent, en méprisant l’environnement durable.  « Nous courons un risque épouvantable », s’est-il alarmé, faisant remarquer que dans cette salle personne n’affronte cette crise ni ne lutte contre la dégradation de l’environnement sérieusement. 


« Nous devons comprendre que nous ne pouvons plus attendre », a-t-il déclaré.  « Nous devons trouver un accord cohérent sur la limite des deux degrés. »  Nous devons investir dans les énergies durables et la réduction concrète des émissions.  Il faut, a-t-il tranché, 10 objectifs et non 17, pour qu’ils soient mieux compris du public.  Il n’a pas oublié de mentionner la nécessité d’une réforme du secteur financier international.


Principaux participants


M. PEKHA HAAVISTO, Ministre du développement international de la Finlande, s’est dit heureux de voir que la composante « environnement » était plus forte aujourd’hui dans l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.  Il a insisté sur l’aspect fiscal de la mobilisation des ressources, appelant à un mécanisme innovant pour financer le développement et mettant en particulier l’accent sur le rôle du secteur privé.


Si nous voulons vraiment contribuer au développement durable, il faut établir une relation de confiance, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, a déploré Mme EMILIA PIRES, Ministre du développement du Timor-Leste.  « Les mots, c’est bien, mais nous devons les traduire en actes », a-t-elle déclaré.  M. HIROSHI IMANAGA, Maire adjoint de Kitakyushu, au Japon, a souligné le rôle essentiel qu’a joué sa ville pour améliorer l’environnement urbain des villes de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN). 


Lors de la discussion interactive qui a suivi, le délégué du Chili est intervenu sur les catastrophes naturelles, lesquelles n’ont pas épargné son pays.  « Comment le monde peut-il rester serein face à ces catastrophes, surtout lorsque l’on sait que le carbone va être la première énergie », a-t-il demandé.


Suite du débat général


M. RÉMI ALLAH KOUADIO, Ministre de l’environnement et du développement durable de la Côte d’Ivoire, a dit que son pays mettait tout en œuvre pour devenir un État émergeant et ces efforts se traduisent par la promotion de la bonne gouvernance et de l’attractivité économique.  Il a cité l’adoption le 20 juin 2014 de la loi d’orientation du développement durable qui traduit la volonté du Gouvernement d’appliquer les principes et objectifs de ce développement, en mettant l’accent sur la reddition de comptes.  Il a appelé au renforcement institutionnel du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) comme l’a demandé le Document final de Rio+20 « L’avenir que nous voulons ».  Pour répondre à la question environnementale, il faudra un engagement plus ambitieux et plus vigoureux, a prévenu le Ministre avant de souhaiter que le programme pour l’après-2015 renforce le pilier « environnement » du développement.


M. RAYMOND TSHIBANDA N’TUNGA MULONGO, Ministre des affaires étrangères, de la coopération internationale et de la francophonie de la République démocratique du Congo (RDC), a dit que l’interdépendance entre éradication de la pauvreté et développement durable n’est plus à démontrer.  Il a appelé à une approche qui intègre de manière équilibrée les trois piliers du développement durable ainsi que les synergies entre politiques macroéconomiques, sociales et environnementales.  Il faut un cadre unique de portée universelle qui tiendrait compte de la diversité des situations conformément au principe de responsabilité commune mais différenciée, a-t-il insisté.


Le Ministre a dit l’importance du renforcement des capacités dans les pays en développement et a jugé indispensable la mise en place d’un mécanisme international pour le transfert des technologies, dans le contexte d’une solidarité internationale réelle et efficace, avec les pays particulièrement vulnérables, dont les pays africains, les petits États insulaires en développement et les pays en développement sans littoral.  Il a souligné toute la pertinence des Déclarations d’Accra et de Paris sur l’efficacité de l’aide. 


La RDC, a affirmé le Ministre, est en train d’atteindre l’OMD 2 sur l’accès universel à l’éducation primaire, 80% des enfants étant scolarisés contre 55% en 2005.  Il a aussi cité les progrès en matière de lutte contre la mortalité infantile et maternelle et d’accès aux traitements antirétroviraux.  Avec un taux de croissance supérieur à la moyenne africaine, le Gouvernement est engagé dans un développement sans précédent des infrastructures de base, a insisté le Ministre, tout en notant que la majorité des Congolais vivaient encore sous le seuil de la pauvreté.


M. ABRAHAM TEKESTE, Vice-Ministre des finances et du développement économique de l’Éthiopie, a mis l’accent sur les difficultés particulières des pays d’Afrique subsaharienne.  Il s’est inquiété de la faible productivité agricole et des retards dans l’industrialisation.  « Nous voulons utiliser les sources d’énergie renouvelables pour atteindre nos objectifs de développement », a dit M. Tekeste, en précisant que les chefs d’État africains viennent d’adopter le Plan de développement du continent pour les 50 prochaines années.


L’Éthiopie se prépare à accueillir la troisième Conférence sur le financement du développement, à Addis-Abeba en 2015.  Mais, a prévenu le Vice-Ministre, les débats ne suffiront pas si en 2015 nous ne parvenons pas à un accord contraignant sur la lutte contre les changements climatiques.  Il a espéré que le prochain sommet de l’ONU sur ce fléau sera en mesure d’envoyer un message clair.  Les règles et les cadres institutionnels doivent mieux refléter les changements rapides du monde d’aujourd’hui, a conclu le Vice-Ministre. 


Mme MARIA ROTHEISER-SCOTTI, Directrice au Département de la coopération multilatérale pour le développement au Ministère fédéral pour l’Europe, l’intégration et les affaires étrangères de l’Autriche, a déclaré que la question la plus urgente est de savoir ce qui succédera aux OMD après l’échéance de 2015.  L’Autriche a conduit un processus participatif avec la société civile qui a préconisé, en particulier, le renforcement de la lutte contre la pauvreté, une lutte qui doit reposer sur les droits de l’homme, la bonne gouvernance, le respect de l’environnement, le développement industriel, la création d’emplois décents et l’introduction des minima sociaux.  Le processus a en outre préconisé des objectifs distincts pour l’égalité des sexes, l’accès à l’eau et aux services.  L’accès à une justice crédible et impartiale pour les groupes les plus vulnérables a également été cité, tout comme la mise en place d’un partenariat mondial élargi et inclusif avec le secteur privé et la société civile.  Ce partenariat devra promouvoir notamment l’accès des pays en développement à toutes les ressources disponibles comme l’APD. 


M. LIU JIEYI (Chine) a estimé, à son tour, que l’élimination de la pauvreté doit être au cœur des efforts.  Dans ce contexte, la communauté internationale devra s’atteler à forger un partenariat efficace pour créer un environnement commercial transparent et ouvert aux pays en développement, dans lequel les innovations techniques favorisent la croissance.  Le représentant a demandé à tous les pays d’augmenter leurs investissements dans l’innovation technologique pour déboucher les goulets d’étranglement d’un développement qui doit avoir en son cœur la protection de l’environnement.  Le Gouvernement chinois, a-t-il affirmé, fait tout pour garantir un développement soucieux de l’environnement.  Il a mis en œuvre une coopération Sud-Sud vitale pour les pays en développement.


M. OH JOON (République de Corée) a jugé essentiel de réaffirmer l’engagement commun à réaliser le travail non accompli des OMD, tout en traçant la voie du programme de développement pour l’après-2015.  Les discussions de l’ECOSOC doivent débuter par une évaluation des OMD, lesquels ont guidé les efforts de développement internationaux depuis les 13 dernières années, a-t-il dit.


L’élimination de la pauvreté est le plus grand défi auquel le monde est aujourd’hui confronté.  En s’attaquant aux racines de la pauvreté et de ses multiples dimensions d’une manière durable, il est important de traiter, a-t-il ajouté, des questions multisectorielles telles que la croissance économique inclusive, l’éducation universelle de qualité, l’égalité entre les sexes, l’autonomisation des femmes et la bonne gouvernance.  Un partenariat mondial renouvelé doit s’appuyer sur un mécanisme de contrôle et de reddition de comptes fort, inclusif et transparent, a souligné M. Oh.


M. VINCENT RIGBY, Vice-Ministre adjoint au Département des affaires étrangères, du commerce et du développement du Canada, a estimé que le programme de développement pour l’après-2015 devrait comprendre un objectif général sur la santé, avec une attention particulière à la santé des femmes, des enfants et des nouveau-nés.  L’égalité entre les sexes est essentielle, a-t-il également souligné.


M. Rigby a mis l’accent sur la nécessité de créer des opportunités économiques et pour un travail décent, notamment pour les femmes et les jeunes.  La paix, la stabilité et la gouvernance doivent aussi être intégrées dans les objectifs de développement.  Enfin, le programme de développement doit comporter un nombre limité d’objectifs qui soient quantifiables.


M. MASOOD KHAN (Pakistan) a affirmé que le rapport du Secrétaire général montrait que le verre était à moitié plein.  Ces résultats donnent confiance à la communauté internationale et incitent à maintenir l’élan, a—t-il dit.  Il a estimé qu’il existait des corrélations fortes entre l’élimination de la pauvreté et le développement durable.  Il a mis l’accent sur la nécessité de relever le défi des changements climatiques grâce à des mesures d’adaptation. 


Le représentant pakistanais a ajouté que le financement du développement ne devait pas devenir une faiblesse.  La recherche de nouvelles sources de financement doit être inspirée par des schémas économiques rationnels, a-t-il déclaré.  Il a assuré que la pauvreté au Pakistan avait été réduite, tandis que des progrès ont été enregistrés dans la réduction de la mortalité maternelle et infantile.  Ces succès sont toutefois entravés par la sécurité et la lutte contre le terrorisme, ainsi que par la fréquence des catastrophes naturelles.


M. CHARLES THEMBANI NTAWAAGAE (Botswana) a salué la création du Forum politique et a souhaité que le programme de développement pour l’après-2015 se concentre sur les OMD inachevés.  Il a cité les progrès de son pays en matière de lutte contre le VIH/sida et la mortalité maternelle et infantile.  Il a cité la mise en place d’un programme de lutte contre la pauvreté et a dit que les changements climatiques restaient un défi énorme pour son pays, rappelant que ce sont les pays en développement qui souffrent le plus de leurs conséquences.  Il a souhaité que les pays à revenu intermédiaire et les pays en développement sans littoral soient pris en considération s’agissant des soutiens financiers, du transfert des technologies et du renforcement des capacités.   


M. PAUL SEGER (Suisse) a estimé que le programme de développement pour l’après-2015 devra prendre en considération un paysage qui a changé de manière « spectaculaire ».  Il a espéré que le Forum permettra d’éviter des doublons et d’instaurer une meilleure rationalisation.  Il a souhaité que les nouveaux objectifs de développement durable s’intègrent dans tous les processus menés par les organismes des Nations Unies et, pour accélérer l’intégration des trois piliers du développement durable, il faut un mécanisme d’examen robuste, a-t-il dit.  Ce mécanisme, a-t-il souhaité, doit permettre de renforcer les mécanismes de révision aux niveaux national, régional et international.  Il a aussi prévenu qu’un programme de développement ne saurait être transformateur sans la participation de tous les acteurs, dont la société civile et le secteur privé.       


Mme ISABELLE PICCO (Monaco) a appelé à des objectifs de développement durable prenant en compte l’interdépendance croissante, les profondes inégalités et les limites de l’environnement.  Elle a mis l’accent sur l’importance qu’il y a à préserver le rôle des océans.


M. Y. HALIT ÇEVIK (Turquie) a rappelé que la communauté internationale discute du développement durable durant plus de quatre décennies et il reste toujours beaucoup à faire.  Le programme de développement pour l’après-2015 devra dès lors être respectueux de l’environnement et plus particulièrement des conséquences des changements climatiques.  « Nous devons aussi créer des emplois durables et les conditions d’une paix et de sécurité durables, sans oublier les droits de l’homme », a ajouté le représentant qui a invité à une réflexion sur les modes de consommation et de production actuels. 


Il a aussi parlé du financement du développement qui reste un défi mondial.  Les besoins en investissements sont énormes d’où la nécessité de faire appel au financement privé, surtout dans les pays en développement.  Si la coopération Nord-Sud doit être au cœur de la coopération internationale, la coopération Sud-Sud lui est complémentaire, a souligné le représentant qui a souligné le rôle toujours important de l’APD.  Il a tenu à rappeler que la Turquie est le quatrième acteur mondial de l’aide humanitaire.  Il a terminé en disant qu’il faut prévoir un système de reddition de comptes pour avoir un partenariat mondial efficace.  


M. GONZALO KONCKE (Uruguay) a préconisé le changement dans les modes de consommation et de production actuels si l’on veut que le développement soit véritablement durable.  Le programme de développement pour l’après-2015 doit être dynamique et fondé sur des actes, a-t-il poursuivi.  M. Koncke a souligné l’importance de l’APD tout en réclamant des actions particulières pour les pays à revenu intermédiaire.  Il a demandé des indicateurs plus nombreux reflétant la situation réelle de chaque pays et ses besoins. 


Il a rappelé que 70% des pauvres dans le monde sont dans les pays à revenus intermédiaire qui continuent de demander la libéralisation du commerce international.  L’absence de progrès dans les négociations du Cycle de Doha est préoccupante, s’est-il alarmé.  Avant de terminer, il a demandé l’intégration du thème de l’équité dans le programme de développement pour l’après-2015. 


Quel est le sens du développement durable au cœur du programme pour l’après-2015? a demandé Mme BÉNÉDICTE FRANKINET (Belgique).  Il s’agit, a-t-elle répondu, d’avoir un agenda dans lequel seront traités les défis présents et futurs dans le domaine social, économique et environnemental, et ce, de manière intégrée et susceptible de rendre le partenariat et la coopération plus efficaces car plus tournés vers les plus pauvres et les plus vulnérables.  C’est un programme qui doit être orienté vers le respect des droits de l’homme et les valeurs universelles d’égalité, de justice d’absence de violence et de bonne gouvernance.  Il s’agit aussi d’autonomiser les individus et d’assurer leur participation aux processus de prise de décisions.  Le programme de développement pour l’après-2015 doit être à la fois transformationnel et universel, traiter de questions qui concernent tous les États Membres et encourager une action collective et des solutions globales.    


M. WILFRIED I. EMVULA (Namibie) a indiqué que son pays avait fait de grands progrès dans la réalisation des OMD, à l’exception de ceux visant à réduire la mortalité infantile et maternelle.  Il importe que le nouveau programme de développement soit guidé par les principes et valeurs inscrits dans la Déclaration du Millénaire, le Document final de Rio+20, a-t-il dit.  Il doit également, selon la Namibie, respecter les situations nationales et les priorités de développement de chaque pays. 


M. GHOLAMHOSSEIN DEHGHANI (République islamique d’Iran) a affirmé que le programme de développement pour l’après-2015 devait contenir une vision intégrant les trois dimensions du développement durable -économique, sociale et environnementale-, en respectant notamment les principes de responsabilité commune mais différenciée.  Il a mis l’accent sur la nécessité d’une volonté politique vigoureuse et d’une visibilité forte. 


Le délégué iranien a dit espérer que les processus en cours sur les objectifs de développement durable, y compris les objectifs spécifiques sur les moyens financiers et le mécanisme visant à faciliter le transfert de technologie seront très bientôt couronnés de succès.


Mme MARY ELISABETH FLORES (Honduras) a estimé que les OMD étaient toujours aussi pertinents et devaient être intégrés dans le programme de développement pour l’après-2015.  Elle a appelé à ne pas oublier le principe de responsabilité commune mais différenciée.  Il est indispensable d’investir dans la création de capacités et pour améliorer la gouvernance, de mettre en place des instituions renforcées.


Mme Flores a mis l’accent sur la nécessité d’investir dans les nouvelles technologies.  Tous les thèmes repris dans les objectifs de développement durable sont interconnectés, a-t-elle observé, en précisant que pour le Honduras, la drogue et la violence sont le plus grand obstacle au développement.


M. JORGE MONTAÑO (Mexique) a estimé que les premières études du Forum politique de haut niveau attendues en 2016 pour évaluer la mise en œuvre des objectifs de développement pour l’après-2015 seront très instructives.  Le Mexique a organisé trois séminaires internationaux sur l’intégration sociale afin d’arrêter des visions communes contre l’exclusion sociale et les causes structurelles de la pauvreté.  Le représentant a souligné le rôle essentiel de l’ECOSOC et du Forum politique pour suivre la mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015 et fournir les recommandations nécessaires.


M. STEFAN BARRIGA (Liechtenstein) a appelé à la définition de nouvelles cibles qui pourront être atteintes partout dans le monde et de manière équitable.  Il a dit l’importance du Forum politique pour garantir une véritable reddition des comptes sur la mise en œuvre des objectifs de développement.  Il a aussi souligné l’importance d’un dialogue intergouvernemental et d’une participation plus large de toutes les parties prenantes aux processus de prise de décisions.  Enfin, il a jugé primordial de mettre en place un mécanisme de reddition des comptes.


M. OSCAR LEÓN GONZÁLEZ (Cuba) a prédit l’échec des objectifs de développement tant que persistera l’ordre mondial actuel qui donne lieu au saccage des ressources du Sud par les pays du Nord.  Rien ne s’améliorera tant que l’on encouragera une consommation effrénée aux dépens du patrimoine naturel de la planète.  Il a regretté que l’on ne parle pas du manque de moyens financiers pour la réalisation des OMD, avant de fustiger les tentatives des pays développés d’interdire toute mention des objectifs agréés s’agissant de l’APD.  Il a appelé à la mise en place d’un mécanisme pour faciliter le transfert de technologies écologiquement propres vers les pays en développement.  Il faut, a-t-il dit, contribuer à résoudre les problèmes structurels de ces pays et éliminer les inégalités entre pays et régions.  Pour ce faire, il faut processus intergouvernemental transparent et inclusif.   


M. YOUSEF SULTAN LARAM (Qatar) a voulu que l’on tienne compte de l’expérience acquise ces dernières années et du Document final de Rio+20 dans l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.  Il faut construire une plateforme internationale qui se fonde sur les trois piliers du développement durable, le principe de la responsabilité commune mais différenciée et la coopération internationale.


M. MOHAMMED HASSAN SAEED (Iraq) a noté que le Forum politique de haut niveau se déroule à un moment où le monde fait de plus en plus face au terrorisme.  La relation entre sécurité, paix et développement doit être soulignée.  L’Iraq, a rappelé le représentant, est victime d’attaques terroristes depuis des décennies, un terrorisme qui frappe sans distinction les femmes et les enfants et qui a conduit à des vagues de déplacements alors que le pays a un potentiel énorme de développement.  Nous voulons faire participer tous les citoyens au développement dans le cadre d’un processus participatif national, a dit le représentant qui a appelé à la coopération internationale afin d’aider le pays à combattre le terrorisme.  Dénonçant le financement du terrorisme, il a demandé d’opérationnaliser la Stratégie antiterroriste de l’ONU. 


M. PETER THOMSON (Fidji) a déclaré que la question du développement durable a déjà été discutée au niveau des petits États insulaires.  Les effets délétères des changements climatiques n’épargneront personne, a-t-il prévenu, en appelant à la protection des ressources maritimes et des océans.  Il faut renforcer la résilience des États insulaires, a insisté le représentant, avant de demander, à son tour, des objectifs spécifiques pour l’autonomisation des femmes et des filles, le droit à la santé reproductive des adolescents et la promotion de l’éducation pour tous.  


M. DER KOGDA (Burkina Faso) a estimé que la démarche commune devait viser à terme à accroître la production agricole dans les pays en développement, de manière à assurer l’accès universel à l’alimentation en quantité et en qualité.  Pour ce faire, des investissements importants doivent être consentis pour la restauration et la protection des terres, l’augmentation des superficies irriguées et l’amélioration de la productivité.


Le représentant a également jugé urgent d’œuvrer à la mobilisation des apports adéquats en ressources financières et en transfert de technologies, afin de relever le défi de l’accès à l’énergie de manière durable et abordable.


Mme SEWA LAMSAL (Népal) a souligné que les pays les moins avancés (PMA) constituaient le segment le plus vulnérable et le plus faible de la communauté internationale, la pauvreté et la faim étant un handicap sérieux à leur économie et au progrès humain et social.  Les PMA comme le Népal méritent d’être appuyés pour renforcer leur croissance, éliminer la pauvreté, générer de l’emploi, en particulier décent, et bâtir la résilience face aux multiples chocs, y compris celui, disproportionné, des effets des changements climatiques.


Mme ANASTASIA CARAYANIDES (Australie) a indiqué que son pays, qui préside le G-20, a lancé des débats sur ce qu’elle a appelé le « défi de la croissance » et le manque d'infrastructures connexes dans les pays en développement.  L’accent est mis en particulier sur la nécessité de renforcer les financements pour les infrastructures, a-t-elle dit. Le régime de fiscalité internationale est également une priorité, dont la mobilisation interne des ressources et les envois de fonds à de meilleurs taux.  D’importants progrès ont en outre été réalisés dans les discussions sur le système commercial international.  Le G-20, a-t-elle assuré, œuvre à faire reculer le mouvement des obstacles commerciaux qui ont été érigés récemment.


M. STEPHEN PURSEY, Organisation internationale du Travail (OIT), a averti que le manque d’emplois décents et productifs augmente les inégalités et affaibli la cohésion sociale.  Répondre au défi de l’emploi, a-t-il souligné, est impératif pour rendre le cadre de développement pour l’après-2015 pertinent et crédible.  M. Pursey a appelé les États à établir des stratégies nationales en matière de développement comprenant des cadres pour l’emploi.  Il a notamment parlé de l’importance qu’il y a à adopter des politiques macroéconomiques favorables à l’emploi, ainsi que des stratégies destinées à faciliter la transition entre l’école et le marché du travail, sans oublier la diversification sectorielle, la formation professionnelle et la promotion des petites et moyennes entreprises.


Le représentant a aussi insisté sur l’importance qu’il y a à établir un seuil national de protection sociale afin d’aider les ménages à faible revenu à sortir de la pauvreté.  M. Pursey a également jugé nécessaire d’améliorer la collecte et la dissémination, au niveau national, de statistiques fiables sur le marché du travail.  Les chiffres de l’emploi dans les pays en développement font défaut, notamment parmi les tranches les plus pauvres de la population, s’est-il expliqué.


Mme IRINA BOKOVA, Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a appelé à œuvrer à l’inclusion et à la durabilité, en commençant par l’éducation.  Elle a regretté que 57% des enfants à travers le monde n’aient toujours pas accès à l’éducation et qu’il y ait encore trop peu d’enseignants dans le monde.  La science et la culture sont de puissants accélérateurs des objectifs de développement et tenir compte de la culture, c’est permettre au peuple de s’approprier ces objectifs et contribuer à leur mise en œuvre, a-t-elle insisté avant d’appeler a des objectifs spécifiques pour les filles et les femmes.


M. MICHAEL O’NEILL, Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a appelé à prendre en considération les différences entre les pays et à adapter les objectifs aux spécificités nationales.  « Tous les acteurs doivent être impliqués à la définition et à la mise en œuvre des objectifs de développement pour l’après-2015 », a-t-il insisté.  Nous travaillons sur les moyens de mieux associer le secteur privé à la mise en œuvre des objectifs, a souligné le représentant du PNUD.


Mme RUTH WARWICK, International Disability Alliance, a souhaité un programme de développement qui inclut les personnes handicapées.  Il faut donc des cibles et des objectifs pertinents pour des villes durables et accessibles. 


Dialogue ministériel « Intégrer le développement durable axé sur l’emploi dans le programme de développement pour l’après-2015 »


M. MARTIN SAJDIK (Autriche), Président du Conseil économique et social, qui présidait le dialogue, a invité à accorder toute l’attention nécessaire à l’emploi et à un travail décent, compte tenu de leur caractère catalyseur du développement durable.  Le rôle central de l’emploi dans le programme de développement pour l’après-2015 sera aussi examiné l’an prochain à la session d’intégration de l’ECOSOC, a-t-il dit, avant de proposer la création d’une « communauté de pratiques sur l’emploi et le travail décent » sous les auspices de l’ECOSOC.


Ce dialogue était animé par M. GUY RYDER, Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT), qui a fait remarquer la tendance des gouvernements à séparer les politiques et à compartimenter la façon de penser.  S’il y a des avantages à cette spécialisation, il faut aussi faire des liens entre les différents domaines, a-t-il recommandé.


M. AMARA KONNEH, Ministre des finances du Libéria, a rappelé que le développement durable doit être compris comme étant le développement « humain » durable.  Il a ensuite défini l’adjectif « durable » comme « inscrit dans la durée », « résilient », soit quelque chose « qui reste pour l’avenir ».  Il a expliqué qu’il s’agit, pour les gouvernements, d’opter pour des stratégies bien cordonnées pour promouvoir un développement durable qui génère des emplois.  Il a insisté sur l’importance des stratégies intégrées et coordonnées.  Il a ensuite parlé de la rapide croissance économique qui a été constatée dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne au cours de ces dernières années, en s’interrogeant sur son impact durable en termes de développement.  Certaines lacunes, a-t-il fait remarquer, ne peuvent être comblées que grâce à des améliorations dans le secteur de l’emploi.  Au Libéria, où 68% de la population a moins de 35 ans, la croissance n’a pas créé d’emplois en nombre suffisant, a-t-il constaté en soulignant qu’il était nécessaire de bien coordonner les mesures en faveur du développement durable.


M. PEKKA HAAVISTO, Ministre du développement international de la Finlande, a constaté que la promotion du secteur privé était importante pour le développement.  Il s’est félicité de la transparence dont font preuve les industries extractives en Finlande.  Les sociétés doivent pouvoir profiter de la création de nouveaux emplois, a-t-il estimé, après avoir dénoncé le problème de l’évasion fiscale.  Le Ministre a fait observer que son pays connaissait lui aussi le problème du chômage, qui touche en particulier les jeunes.  La Finlande a donc mis en œuvre un programme de garantie sociale pour les jeunes qui permet à chaque personne âgée de moins de 25 ans de se voir offrir un emploi ou une formation dans les trois mois suivant la perte de son travail. 


M. Haavisto a aussi indiqué qu’en matière d’industrialisation, la Finlande voulait faire passer d’une économie brune à une économie verte et accordait une attention particulière à la promotion de modes de production et de consommation durables.  Le Ministre s’est félicité du fait que les femmes finlandaises soient très présentes sur le marché du travail et a encouragé les États Membres à développer des systèmes qui permettent aux femmes de devenir des entrepreneurs actifs.  Parfois ce sont les systèmes législatifs qui empêchent les femmes d’utiliser leurs pleines capacités sur le marché du travail en les privant de droits successoraux ou de droits fonciers, s’est-il notamment expliqué. 


M. Haavisto a également voulu que le programme de développement pour l’après-2015 accorde une attention particulière à la formation professionnelle des jeunes.  Il a aussi appelé à faire respecter les droits des travailleurs, en dénonçant notamment les conditions de travail forcé qui persistent encore dans le monde.  Enfin, M. Haavisto a estimé que certaines expériences des pays développés pourraient trouver une application dans les pays en développement.


M. ATIUR RAHMAN, Gouverneur de la Banque centrale du Bangladesh, a indiqué que 74,8 millions de jeunes âgés de 15 à 24 ans étaient au chômage en 2011, soit 4 millions de plus qu’en 2007.  Outre la création d’emplois qui est indispensable au développement durable, il a appelé à améliorer la qualité du travail.  En ce qui concerne le Bangladesh, il a vanté la bonne coordination établie entre les politiques fiscale et monétaire.  Le pays connaît une croissance de plus de 6% depuis une décennie, une croissance qui est véritablement inclusive, a-t-il assuré.  M. Rahman a expliqué que le Plan quinquennal du Bangladesh met l’accent sur l’emploi en tant qu’outil principal de lutte contre la pauvreté.  Il a aussi parlé de ce que fait la Banque centrale pour soutenir des initiatives de développement durable créatrices d’emplois.  La Banque centrale a, par exemple, financé des campagnes dans les zones urbaines pour soutenir des petites et moyennes entreprises (PME).  Elle a aussi refinancé un institut gouvernemental et créé, ainsi, des millions d’emplois.


En outre, la Banque centrale a mis en place un programme de financement en faveur des agriculteurs qui alimente leurs comptes en banque.  Le Gouverneur de la Banque centrale a précisé que les fonds dirigés vers les PME étaient alloués en priorité aux femmes entrepreneurs, ce qui permet ainsi de créer plus d’emplois.  Les services de téléphonie mobile permettent aussi de gérer les comptes en banque, a-t-il fait valoir, en précisant que cela contribuait à augmenter les offres sur le marché du travail.  M. Rahman a ensuite parlé d’un service vert de la Banque qui offre des financements aux projets respectueux de l’environnement.  Le Bangladesh est le septième plus grand créateur d’emplois verts dans le monde, un pays qui a aussi créé des normes de responsabilité sociale des entreprises.  Enfin, il a appelé les générations actuelles et futures à réorienter les compétences et le système éducatif pour faire face aux changements climatiques, en faisant les sacrifices nécessaires.


Intervenant au nom du Grand groupe des entreprises et de l’industrie, M. TALAL ABU-GHAZALEH, Président et Fondateur de l’Organisation Talal Abu-Ghazaleh et Sénateur de la Jordanie, a expliqué que l’organisation qu’il dirige fournit toute une gamme de services professionnels.  Elle est la principale entreprise de propriété intellectuelle du monde et gère par ailleurs plusieurs universités. M. Abu-Ghazaleh a ensuite souligné que l’emploi et le développement s’entrainent mutuellement.  Il a insisté sur la nécessité de mettre sur pied des outils adéquats pour promouvoir l’emploi, en citant par exemple les normes et principes et les pratiques, au lieu de présenter des études et des analyses.  Le panéliste a recommandé à l’ECOSOC de former un « comité » qui serait chargé d’établir un plan d’action dans cette voie.


M. Abu-Ghazeleh a par ailleurs rappelé que les PME étaient les principales créatrices d’emplois dans le monde, ces dernières étant responsables de 80% des emplois dans le monde.  Il a aussi affirmé que la participation active des femmes et des jeunes sur le marché du travail permettrait de doubler le taux de productivité.  Le panéliste a ensuite appelé le Centre international pour le secteur privé du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à jouer un rôle de chef de file en la matière.


M. CARLOS LOPES, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique, a fait remarquer que l’Afrique se développait rapidement et offrait de grandes possibilités en termes de croissance économique.  La situation économique de l’Afrique est en pleine évolution, a-t-il dit, en mettant en garde contre toute sous-estimation des capacités de ce continent.  Pour mieux tirer parti de ce dynamisme économique, il a recommandé de se baser sur de bonnes statistiques, en particulier en ce qui concerne l’emploi.  Il est difficile d’avoir une bonne stratégie pour l’emploi si on ne dispose pas de données adéquates, a-t-il fait observer, en regrettant les lacunes qui existent dans ce domaine en Afrique.  Il a ensuite observer qu’en déterminant une date butoir pour réaliser les objectifs de développement, nous n’avions pas pris en compte, au départ, les particularités de tous les pays.  « La réduction de la pauvreté ne signifie pas la même chose pour un pays qui a déjà bien progressé dans la voie du développement que pour un pays qui est confronté à de multiples défis, a-t-il rappelé.  Depuis 15 ans, les pays africains ont quasiment triplé leur PIB et on s’attendait à ce qu’ils soient en mesure d’éliminer progressivement la pauvreté.  Ces progrès, a-t-il dit, ont été freinés par plusieurs facteurs. 


Tout d’abord, si l’Afrique est riche en matières premières, les industries extractives ne créent que 1% des nouveaux emplois, a expliqué M. Lopes.  Il a donc conseillé d’utiliser plus efficacement le secteur des produits de base pour faire entrer les pays africains dans l’ère de l’industrialisation.  Il a ensuite invité ces pays à passer aux énergies renouvelables en utilisant des technologies de pointe.  L’Afrique doit trouver sa voie dans ce domaine, a-t-il estimé.  Elle doit aussi tirer parti du faible coût de rendement de son secteur agricole, a-t-il ajouté.  M. Lopes a conclu en invitant à faire confiance à l’économie de l’Afrique qui est en bonne voie pour entamer une transformation économique.  C’est la seule région qui a une position commune car elle dispose d’un comité de chefs d’État chargé de négocier au nom de la région, a-t-il assuré.


Débat interactif avec les États Membres


Au cours du segment interactif de cette table ronde, les délégations se sont dites préoccupées par l’impact de la stagnation des salaires sur la création d’emplois dans le secteur formel.  Le rôle que peut jouer Internet pour autonomiser les jeunes a également été évoqué.


Le représentant de la République dominicaine a indiqué qu’au cours de ces dernières années, dans son pays, 57% des emplois avaient été créés dans le secteur informel. C es emplois sont liés à l’instabilité économique que connaît la République dominicaine, a-t-il expliqué.  Le représentant a également indiqué que, selon la Banque centrale de la République dominicaine, le salaire réel actuel des travailleurs dominicains est maintenu au niveau de 1991.  En revanche, depuis cette date, les bénéfices des entreprises ont augmenté de 85%.  Face à la stagnation des salaires dans le secteur formel, les gens préfèrent travailler dans le secteur informel pour la simple raison que les emplois formels ne leur permettent pas de vivre et de subvenir aux besoins de leurs familles.  Le représentant de la République dominicaine a averti que le développement durable ne pourra se réaliser dans les conditions que connaît son pays où la distribution des bénéfices est inégale.


« Il n’y aura pas de développement à long terme avec des travailleurs pauvres », a renchéri le représentant du Grand groupe des travailleurs et des syndicats.


À son tour, le représentant des Palaos a estimé qu’il était nécessaire d’adopter des politiques salariales afin d’éliminer les écarts de salaires et de trouver d’autres moyens pour récompenser la performance des travailleurs.


De son côté, le représentant de la Chine a préconisé d’accorder davantage d’attention à la transition entre la croissance, la restructuration et la transition économique des pays.  Il a aussi estimé qu’il était nécessaire de lutter contre le protectionnisme commercial afin de permettre à tous de s’intégrer dans la chaîne de l’industrialisation mondiale.


Le Ministre du Libéria a appelé l’ECOSOC à faire participer le secteur privé de manière constructive à ses travaux.  Il a aussi recommandé de réfléchir au moyen d’appuyer la classe moyenne qui est en train de se développer en Afrique.  Le Ministre a aussi soulevé la question du problème de l’approvisionnement en énergie de l’Afrique qui entrave l’efflorescence du secteur industriel.  Pour remédier au problème du chômage chez les jeunes, il a appelé les États à promouvoir les secteurs économiques non traditionnels, l’industrialisation et la bonne formation des jeunes.


Pour sa part, le Ministre de la Finlande a souligné que la polyvalence était très importante pour le marché du travail actuel.  À l’avenir, a-t-il notamment fait observer, les travailleurs seront amenés à changer de carrières plusieurs fois au cours de leur vie professionnelle, une situation que n’ont pas connue les générations précédentes.


Les dépenses publiques doivent contribuer à promouvoir la création de PME, a estimé le Gouverneur de la Banque centrale du Bangladesh.  Les gouvernements, a-t-il souligné, doivent apprendre à travailler avec le secteur privé et il faudrait donc explorer des moyens novateurs pour que les caisses des pensions, par exemple, assurent des investissements à long terme dans l’infrastructure.  Il a aussi souligné l’importance pour un pays comme le Bangladesh de mécaniser son secteur agricole.


Le Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique s’est félicité de l’efflorescence du secteur des TIC en Afrique et du rôle que peuvent jouer les jeunes dans ce domaine.


À son tour, le Président de l’Organisation Talal Abu-Ghazaleh a vu dans l’Internet un outil essentiel pour l’autonomisation des jeunes.  La création de richesses passe par la création de connaissances, a-t-il estimé, en citant notamment l’exemple du « jeune ukrainien » créateur du site « WhatsApp » qui a récemment été acheté par Facebook pour 19 milliards de dollars.  « Merci l’Amérique d’avoir donné l’Internet au monde gratuitement! », s’est-il exclamé.


Cette table ronde était modérée par M. GUY RYDER, Directeur général de l’Organisation internationale du Travail.


Exposés sur les réunions préparatoires régionales


M. NANA OYE LITHUR, Ministre de l’égalité des sexes du Ghana, a présenté les résultats de la Conférence panafricaine sur les inégalités, qui s’est tenue à Accra, en avril dernier et a rassemblé 250 participants.  Ouverte par le Président du Ghana, la Conférence a conclu notamment qu’il faudrait adopter des politiques pour garantir l’égalité des revenus, le partage du pouvoir et l’accès équitable aux ressources naturelles.  Parmi les recommandations qui ont été faites, il a été conseillé de développer des systèmes fiscaux plus justes et de mieux lutter contre la corruption pour que les ressources soient mieux investies dans les politiques publiques.  Il faudrait aussi améliorer les capacités statistiques pour assurer une meilleure reddition des comptes.


En outre, la Conférence panafricaine avait invité tous les acteurs à s’impliquer dans le développement durable et pas seulement les gouvernements, a indiqué le Ministre.  La Conférence a aussi suggéré de mettre l’accent sur la création d’emplois et l’entreprenariat, ainsi que sur les politiques sociales et la promotion de l’égalité entre les hommes et les femmes.  Les participants avaient souligné que les politiques macroéconomiques, notamment en matière d’impôts, étaient essentielles.  Concernant le programme de développement pour l’après-2015, il avait été recommandé de mener une « révolution des données ».  Les objectifs pour l’après-2015, avaient rappelé les participants, doivent aussi faire l’objet d’un nouveau contrat social.  Enfin, les participants à la Conférence avaient reconnu que les inégalités étaient un vrai défi pour l’Afrique.


M. SIHASAK PHUANGKETKEOW, Secrétaire permanent et Ministre intérimaire des affaires étrangères de la Thaïlande, a présenté les résultats du Forum Asie-Pacifique sur le développement durable, qui s’est tenu à Pattaya, en Thaïlande en mai 2014, et qui avait réuni 280 représentants de gouvernement.  Les priorités qui y avaient été identifiées sont l’élimination de la pauvreté, la réduction des risques de catastrophes naturelles, l’élargissement des connexions, la promotion de la parité homme-femme, la promotion d’une croissance équilibrée et inclusive, ainsi que la lutte contre les changements climatiques.  Les conditions permettant de réaliser le développement durable passent par le financement du développement durable, l’accès aux technologies de l’information, l’instauration de règles équitables pour le commerce international, un solide partenariat mondial, une bonne gouvernance efficace et l’état de droit.


Le Forum Asie-Pacifique avait aussi examiné le rôle des commissions régionales, ainsi que les défis actuels et ceux qui se posent pour l’après-2015.  Les messages clefs qui avaient émergé de la discussion constitueront la contribution à l’Examen ministériel de 2014.  Les participants au Forum avaient également examiné les progrès réalisés dans la voie vers les OMD, en constatant qu’ils étaient inégaux et que tous les objectifs ne sont pas encore atteints.  Les gouvernements, avaient souligné les participants, doivent renforcer leurs efforts pour respecter les droits de l’homme et l’état de droit et éviter la surexploitation des ressources naturelles.  Il faudrait aussi assurer l’accès universel aux soins de santé et à l’éducation pour parvenir au développement durable.  Enfin, les participants avaient insisté sur l’importance des mesures visant à réduire les risques de catastrophe naturelle et à protéger l’environnement, ainsi que sur la coopération en faveur du développement. 


Enfin, M. EIHAB OMAISH (Jordanie) a exposé les principaux messages formulés lors du Forum arabe sur le développement durable, qui s’est tenu à Oman en avril dernier.  Les progrès pour atteindre les OMD avaient été passés en revue pour mettre en évidence les inégalités en fonction des circonstances de chaque pays, comme par exemple les conflits.  Parmi les facteurs qui freinent la réalisation des OMD, il a cité les éléments politiques et culturels.  Les pays et les autres parties prenantes en matière de développement durable doivent faire une analyse sincère des progrès engrangés, en tenant compte des succès et des échecs, avaient recommandé les participants au Forum.  Les discussions avaient en particulier mis l’accent sur les obstacles fiscaux.


La vulnérabilité de certains pays en matière de nutrition et de faim avait été signalée, de même que le cas particulier des réfugiés.  Le Forum avait également prôné une approche cohérente en matière sociale, grâce à un système de protection sociale efficace.  Il faudrait aussi créer davantage d’emplois productifs, a reconnu le Forum.  La nécessité d’institutionnaliser la participation de toutes les catégories de la population avait aussi été soulignée, beaucoup souhaitant un rôle accru des femmes.  En outre, le Forum avait abordé le problème d’accès à l’eau dans la région qui risque, a prévenu M. Omaish, de mettre en péril sa stabilité.  Il faudrait envisager un nouveau partenariat régional qui rassemble les différents acteurs, avaient estimé les participants du Forum.


Dialogue ministériel sur les « Partenariats multipartites et engagements volontaires pour un développement durable – assurer la responsabilisation pour tous »


Mme MARÍA EMMA MEJÍA VÉLEZ (Colombie), Vice-Présidente du Conseil économique et social, a dit que le partenariat n’est pas une tâche dont les gouvernements peuvent s’acquitter seuls.  Il exige la coopération de la société civile et du secteur privé.  Mais, a-t-elle reconnu, si le partenariat est essentiel pour certains pays, il peut paraître moins attrayant pour le secteur privé.  Le partenariat doit être accompagné d’engagements durables pour produire des résultats durables et cela requiert que chacun soit comptable de ses actes.


Dans le cadre de l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015, a renchéri M. BABATUNDE OSOTIMEHIN, Directeur exécutif du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), il faudra prévoir un rôle croissant pour les partenariats car aucun organe, aucun pays, aucun individu ne peut résoudre seul le problème du développement durable.  Il faut un cadre fort, le respect du principe de reddition des comptes, la cohérence et l’attention voulue aux priorités des pays.


Le FNUAP a développé depuis longtemps des partenariats notamment pour lever des fonds et assurer la coopération technique.  Quelque 1 130 entités de la société civile font partie du réseau des partenariats du FNUAP.  Mais nous sommes toujours à la recherche de nouvelles approches pour rendre plus efficaces ces partenariats, a-t-il avoué.


M. ROSARIO ROBLES BERLANGA, Secrétaire d’État au développement social du Mexique, a expliqué comment son pays est parvenu à établir un partenariat permanent avec la société civile.  Le Gouvernement a mis en place des indicateurs qui ont montré que le Mexique est l’un des pays le plus inégal du monde.  Une stratégie de croisade nationale contre la faim a été mise en place, avec l’intégration dans la loi du droit à l’alimentation et du droit à l’eau potable.  La coordination a été très importante mais les différentes entités locales et régionales restent autonomes dans la gestion des fonds; un système de contrôle et de suivi ayant été créé.  La stratégie nationale a donné des résultats positifs dont la création d’une banque alimentaire et elle a montré que plus la société civile participe, plus il y a de la transparence et de la reddition des comptes. 


M. DAGFINN HØYBRÅTEN, Président du Conseil d’administration de l’Alliance GAVI, a préconisé de recourir aux avantages comparatifs pour s’attaquer aux inégalités dans l’accès aux vaccins.  Depuis sa création, l’Alliance a pu vacciner plus de 500 millions d’enfants.  Cela a été rendu possible grâce au partenariat avec le secteur privé pour la levée de fonds et, depuis 2006, l’Alliance a collecté 4,5 milliards de dollars sur le marché financier.  Ce type de partenariat a aussi permis de réduire le coût des vaccins car dès sa création, l’Alliance a été ouverte à tous, y compris les donateurs dont la confiance est très importante.  Il faut prendre des risques et se montrer novateurs et il faut des critères concrets pour mesurer les résultats obtenus, a soutenu M. Høybråten. 


M. DANNY SRISKANDARAJAH, Secrétaire général et Administrateur principal de l’Alliance mondiale pour la participation des citoyens (CIVICUS), a fait part de la méfiance de « ses amis » de la société civile quant à l’idée de nouer des partenariats avec le secteur privé.  Pour effacer ce soupçon, il faut une gouvernance claire et des règles de conduite efficaces.  Il faut un environnement porteur qui permette à la société civile de faire son travail car dans certains endroits du monde, elle subit des menaces politiques sans parler du manque de financements.  Enfin, il faut vraiment travailler avec les populations locales.  En ce qui concerne la question de la reddition des comptes, il est clair que la société civile suivra de près ce qui a été convenu, a dit le Secrétaire général, qui a annoncé la mise en place d’un site pour traquer les réalisations sur le terrain dans le cadre des partenariats.


Principaux participants


Mme PETRA BAYR, Membre du Parlement de l’Autriche, a déclaré que l’on s’attend à ce que le secteur privé joue un rôle dans le programme de développement pour l’après-2015 qui devrait créer un environnement propice pour les affaires.  Elle a insisté sur les mesures fiscales pour encourager le secteur privé à investir et à nouer des partenariats.  Si le secteur privé ne veut pas mettre la main à la pâte, il faudra alors un programme robuste pour faire respecter le programme de développement et les droits de l’homme.  On a besoin de règles contraignantes et d’engagements contraignants, a-t-elle dit. 


Les partenariats doivent être inclusifs et dynamiques, a souligné M. GUNNAR BRAGI SVEINSSON, Ministre des affaires étrangères de l’Islande.  Ils doivent être noués aussi au monde scientifique.  L’Islande, a-t-il cité en exemple, s’est spécialisée dans le secteur de l’énergie géothermique notamment dans la Vallée du Rift.


M. PIO WENNUBST, Ambassadeur et Sous-Directeur général à la Direction de la coopération mondiale de l’Agence de coopération pour le développement de la Suisse au Département fédéral des affaires étrangères de la Suisse, a dit que le « partenariat thématique » connaît plus de succès à condition qu’il intègre un large éventail de participants, y compris le milieu universitaire et qu’il ne soit pas dirigé par les intérêts de quelques acteurs seulement.  Le partenariat doit être réactif aux défis actuels et pouvoir réagir à l’avenir.  S’agissant de la reddition des comptes, il faut préparer, dès aujourd’hui, le terrain pour les partenariats de demain, a-t-il recommandé. 


Mme MYRNA CUNNINGHAM, ancienne Présidente de l’Instance permanente sur les questions autochtones, représentant également le grand groupe des peuples autochtones, a défendu l’organisation sociale des peuples autochtones.  En créant des partenariats avec les peuples autochtones, les gouvernements devraient garantir les droits de ces peuples, notamment à leurs richesses immatérielles et à l’autodétermination.  Elle a avancé l’idée de « partenariat d’associativité » qui tienne compte de toutes les spécificités des peuples autochtones.  La notion de reddition des comptes doit être d’abord définie de façon participative et inclusive et les partenariats doivent être basés sur les droits de l’homme et dépasser le stade des projets.


La représentante du Grand groupe des enfants et des jeunes a préconisé l’approche du bas vers le haut, et le recours aux réseaux sociaux.  Le volontariat et la liberté des médias peuvent également favoriser les partenariats.  Le représentant du Grand groupe des travailleurs et des syndicats a mis en exergue la responsabilité sociale des entreprises, y compris les administrateurs de société, en un mot « la responsabilité sociale des entreprises ».  Son homologue de la Voix de la Justice de la Norvège a dit qu’il faut mettre l’accent sur les droits et les libertés individuelles.  Le monde a besoin de partenariats pour apprendre à vivre dans les limites de la planète, a tout de même prévenu la représentante des Citoyens du monde.  Elle a défendu l’accès universel à l’Internet qui peut permettre des partenariats entre les individus et entre eux et les gouvernements pour diffuser les pratiques exemplaires.  Internet pourrait aussi abriter un système d’alerte grâce à un partenariat avec le monde scientifique.  Le partenariat avec le secteur privé est essentiel car il contribue à la création d’emplois, a tranché la représentante du Canada.


Dialogue ministériel « Préparer le Forum politique de haut niveau pour l’après-2015: piloter la mise en œuvre du programme de développement et examiner les progrès accomplis »


S’appuyant sur l’expérience de son pays, le Ministre de l’environnement de la Côte d’Ivoire a encouragé le Forum politique de haut niveau à travailler à la conception d’un questionnaire unique pour faciliter la collecte des données et l’évaluation des progrès accomplis.  Il a aussi jugé indispensable qu’on aide les pays en développement à acquérir des outils consensuels d’évaluation.  Son homologue de la Roumanie a estimé que le Forum doit s’imposer comme « un pôle de responsabilité » garantissant le dialogue entre tous les acteurs du développement durable et assurant que les réalités de tous les pays, petits et grands, soient reflétées.  Le Forum doit devenir un chef de file, a renchéri le Vice-Ministre principal de l’environnement du Japon, pour parvenir à un cadre de responsabilité mutuelle aux niveaux national, régional et mondial.  Le Japon a décidé de débloquer 2,5 millions de dollars pour le Cadre décennal des modes de production et de consommation durables. 


Le Secrétaire général de l’Organisation internationale des institutions supérieures de contrôle des finances publiques a insisté sur des institutions nationales capables de mesurer de manière indépendante l’efficacité des initiatives du gouvernement.  Le Forum, a-t-il suggéré, doit mettre l’accent sur la nécessité de renforcer l’indépendance des audits comme meilleur moyen d’améliorer la transparence et la reddition des comptes. 


Si nous considérons que ce Forum est important, il faut venir y faire la démonstration de notre volonté politique, a dit le représentant de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et ancien Ministre norvégien.  Il s’est félicité des initiatives présentées ici, dont la diminution de 80% de la déforestation au Brésil.  La Chine s’attaque aujourd’hui à la pollution comme il s’est attaqué à la pauvreté, s’est-il aussi félicité, avant d’appeler à se concentrer sur les coalitions d’action et sur ce que les nations font de bien plutôt que sur ce qui ne va pas.


« Nous avons créé ce Forum en tant qu’instance supérieure pour valider des décisions importantes qui doivent affecter positivement et durablement la vie de nos communautés », a insisté le représentant du Bénin.  Il a souhaité que les décisions soient prises de manière consensuelle sur la base des acquis scientifiques et que l’on s’assure que les pays en développement soient dotés des moyens financiers et technologiques nécessaires à la réalisation des objectifs de développement durables.


Le Forum, a suggéré à son tour le représentant de la Chine, doit identifier les tendances et les défis à temps et fournir des directives globales.  Son homologue du Canada a estimé que la priorité est de disposer d’un cadre de reddition des comptes avec une dizaine d’objectifs quantifiables qui seront en mesure de refléter la situation des plus marginalisés au niveau sous-national.  Pour éviter les doubles emplois et les frais administratifs, il faut, a-t-elle voulu, s’appuyer sur les mécanismes existants comme le Mécanisme d’examen par les pairs de l’Union africaine.  La représentante de la Suisse a suggéré que le Forum renforce les examens sectoriels existant aux niveaux régional et international.   


Au nom de la société civile, la représentante de la Coalition internationale des femmes a appelé a lutter contre la discrimination fondée sur l’identité sexuelle, l’âge et autre.  Elle a regretté que, contrairement aux décisions de l’Assemblée générale, les Grands groupes soient de plus en plus souvent empêchés de participer aux travaux des Nations Unies sur la question du développement durable et des changements climatiques.  Le Forum, a estimé le représentant du Grand groupe des OG n’a pas les moyens suffisants.  Il devrait avoir un bureau et un secrétariat pour pouvoir remplir sa mission 365 jours par an.


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