7/7/2014
Conseil économique et social
ECOSOC/6636

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de 2014

31e & 32e séances

matin - après-midi & soir


ECOSOC: GARANTIR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE APRÈS 2015 EXIGE QUE NOUS ASSURIONS UNE MEILLEURE GESTION

DE L’ENVIRONNEMENT, DÉCLARE BAN KI-MOON EN OUVRANT LE DÉBAT DE HAUT NIVEAU


Le Secrétaire général annonce la rédaction, avant la fin 2014, d’un rapport

synthétique pour guider les négociations des États Membres menant au Sommet de septembre 2015


À 14 mois du Sommet de septembre 2015 qui doit entériner le programme de développement durable pour l’après-2015, le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, a jugé qu’il était indispensable pour la communauté internationale d’assurer une bonne gestion de l’environnement naturel de la planète qui garantisse aux pays et aux peuples du monde un développement économique et social durable après 2015.


Dans la déclaration liminaire qu’il a faite à l’ouverture du débat de haut niveau du Conseil économique et social (ECOSOC) et de la Réunion ministérielle de trois jours du Forum politique de haut niveau sur le développement durable, M. Ban a annoncé, ce matin, la publication d’ici à la fin de l’année 2014, d’un rapport synthétique sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) qui aura pour ambition de guider les États Membres dans les négociations qu’ils mènent et qui doivent les conduire à la tenue du Sommet de septembre 2015 sur le développement durable. 


À l’instar du Président de l’ECOSOC, M. Martin Sadjik, le Secrétaire général a souligné qu’il était important de créer un cadre de développement pour l’après-2015 qui soit centré sur les personnes.  Ce nouveau cadre de développement devrait s’appuyer sur ceux des OMD qui n’ont pas été réalisés à la date butoir et intégrer des domaines qui n’étaient pas couverts par les huit OMD originels, a préconisé M. Ban.  Il a estimé que le développement, la paix, la sécurité, et l’état de droit n’avaient jamais, dans le passé, été aussi connectés qu’ils le sont aujourd’hui, avant de souligner qu’il est urgent, pour la communauté internationale, de limiter l’augmentation du niveau de la température au niveau mondial et de renforcer la résilience aux fluctuations du climat.  Malgré les défis importants à relever, le Secrétaire général s’est voulu rassurant en estimant que les nouvelles opportunités scientifiques et le développement de partenariats conféraient aux États Membres et aux autres acteurs de la scène internationale de nouveaux moyens d’atteindre les objectifs qu’ils se fixent. 


Cette première journée de débat de l’ECOSOC et du Forum politique de haut niveau s’est articulée autour de trois tables rondes et d’un débat général.  Le premier dialogue de haut niveau a porté sur les « politiques macroéconomiques en soutien à un programme de développement durable pour l’après-2015 », tandis que le second, tenu en début d’après-midi était intitulé « Un programme universel de politique intégrée pour la mise en œuvre de Rio+20 ».  Le troisième dialogue ministériel a, quant à lui, porté sur le thème: « Tisser des réalités et des priorités régionales dans le programme de développement pour l’après-2015 ».


Tout en rappelant l’importance des trois piliers du développement durable –développement économique, développement social et protection de l’environnement– la deuxième table ronde portant sur la mise en œuvre de Rio+20 a entendu de nombreux intervenants qui ont demandé de définir des objectifs plus ambitieux en matière de protection de l’environnement.  « Après 2015, nous ne devrions plus qualifier d’actions de développement des projets dont la mise en œuvre et le fonctionnement ne garantissent pas la protection de l’environnement », a ainsi estimé le Vice-Ministre de l’environnement de l’Espagne, M. Federico Ramos de Armas.  Sur le même ton, le Commissaire européen pour l’environnement, M. Janez Potočnik, a défendu le concept « d’économie circulaire », visant à établir des règles qui imposent le recyclage des 70% de sous-produits et déchets résultant de la production et de la consommation.


Dans la matinée, le premier dialogue de haut niveau avait permis au Directeur principal du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), M. Achim Steiner, d’intervenir.  Il a exhorté les États et le secteur privé à adopter des politiques permettant de faire face aux conséquences des changements climatiques.  Alors que 23% des terres sont affectées par la désertification et que nous perdons entre 3 et 5 millions d’hectares de terres agricoles par an, a alerté M. Steiner, il est urgent de prendre des mesures qui contribueraient à augmenter la productivité agricole de 50% d’ici à 2050 pour sauvegarder la sécurité alimentaire de la population mondiale. 


Saisies du rapport* 2014 du Secrétaire général examinant les derniers progrès établis vers la réalisation des OMD, les délégations étaient invitées à débattre, parallèlement aux tables rondes, des moyens de « faire face aux défis existants et émergents pour réaliser les OMD en 2015 et préserver les acquis du développement durable pour l’avenir ».  La majorité des ministres et hauts représentants de gouvernements a recommandé de se mettre d’accord sur une seule série d’objectifs et de cibles pour l’après-2015, afin de pouvoir les appliquer et les mesurer plus facilement.  Nombreux sont les ministres qui ont, en outre, rappelé l’importance des principes énoncés dans la Déclaration de Rio de 1992, notamment celui de la « responsabilité commune mais différenciée ».  Le développement durable doit également se fonder sur la personne, ainsi que sur la bonne gouvernance, la justice et l’égalité des sexes, parmi d’autres principes à respecter, ont estimé certains intervenants.  D’autres ont aussi insisté sur la nécessité de mettre en place un système commercial international équitable.


En écho à l’intervention, ce matin, du Directeur principal du PNUE, M. Achim Steiner, le Ministre des affaires étrangères de l’Islande, M. Gunnar Bragi Sveinsson, a jugé indispensable que la lutte contre la désertification, la dégradation des sols et la sécheresse soient intégrées au programme de développement pour l’après-2015.  De nombreux ministres ont appelé, de manière générale, à une meilleure intégration du pilier « protection de l’environnement » dans ce futur programme de développement, par rapport aux OMD qui n’ont, selon le Ministre du développement international de la Finlande, M. Pekka Haavisto, pas accordé suffisamment de place à cette question.


Les travaux de l’ECOSOC se poursuivront demain, mardi 8 juillet, de 10 heures à 21 heures. 


* E/2014/61


OUVERTURE DU DÉBAT DE HAUT NIVEAU DE LA SESSION DE 2014 DU CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL ET DE LA RÉUNION MINISTÉRIELLE DE TROIS JOURS DU FORUM POLITIQUE DE HAUT NIVEAU SUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE


Déclarations liminaires


M. MARTIN SAJDIK (Autriche), Président du Conseil économique et social, a dit que la communauté internationale doit prendre conscience des opportunités qui s’offrent alors que nous entamons la phase finale de la conception et de la détermination du programme de développement pour l’après-2015.  Il a souhaité que ce nouveau programme de développement soit centré sur les personnes et s’appuie sur ce qui n’a pas été atteint dans la recherche de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement 2000-2015.  Il a jugé indispensable que le programme de développement pour l’après-2015 s’attaque aux défis urgents que sont la lutte contre la pauvreté et le combat à mener pour réduire les inégalités.  Il a jugé essentiel que les modes de consommation et de production économiques soient parties intégrantes des objectifs de développement durable.  Le Président de l’ECOSOC a estimé que le renouvèlement du partenariat mondial pour la mise en œuvre des objectifs de développement de la période de l’après-2015 sera crucial pour le succès du programme de développement qui est en train d’être élaboré.  Mettant l’accent sur la responsabilité sociale du secteur privé, le Président de l’ECOSOC a invité les entreprises à aller plus loin que ce que leur prescrit le Pacte mondial.  


Par ailleurs, M. Sajdik a souligné le rôle critique que doivent assumer les gouvernements pour mobiliser la volonté politique nécessaire à la mise en œuvre des objectifs de développement, avant de mettre l’accent sur les liens qui doivent être établis et maintenus entre les scientifiques et les décideurs afin de s’assurer que les décisions qui sont prises par ces derniers soient en phase avec les faits et la réalité.  Alors que les attentes placées dans le programme de développement pour l’après-2015 sont immenses, M. Sajdik a dit l’importance de l’établissement d’un dialogue non seulement entre la société civile, le monde universitaire, le secteur de la philanthropie, mais aussi avec la jeunesse et l’enfance.  En conclusion, le Président de l’ECOSOC a espéré que ce débat de haut niveau de l’ECOSOC donnera des orientations réelles et favorables à appliquer durant cette période de transition.  « Vous devez prouver l’importance du rôle que peut jouer l’ECOSOC pour favoriser l’intégration harmonieuse des trois piliers du développement durable », a lancé M. Sajdik aux États Membres en rappelant que le programme de développement pour l’après-2015 exige de tous un engagement de haut niveau et une action collective.


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, a déclaré que « nous nous trouvons à un moment historique alors que nous sommes à moins de 550 jours de la date butoir des Objectifs du Millénaire pour le développement », avant de procéder au lancement du Rapport 2014 sur les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Le Secrétaire général s’est félicité de l’impact des OMD, qui ont aidé la communauté internationale à s’unir et à opérer une transformation bénéfique.  Il a noté que le monde avait atteint, cinq ans avant la date limite, l’objectif de réduire de moitié le nombre de personnes vivant dans l’extrême pauvreté, ainsi que celui des gens qui n’ont pas accès à une source d’eau potable.  M. Ban s’est félicité des succès rencontrés dans la lutte contre le paludisme et la tuberculose en se félicitant que ces maux aient connu un déclin de 42% au niveau mondial, notamment en ce qui concerne la mortalité liée au paludisme.  Il s’est félicité aussi de la réduction des disparités entre filles et garçons en notant que les objectifs de l’accès universel au traitement du VIH/sida et de la réduction ou de l’élimination des émissions des gaz et autres substances qui détruisent la couche d’ozone et provoquent le réchauffement climatique soient aussi aujourd’hui à la portée de l’humanité.  Le Secrétaire général a noté que la mise en œuvre des OMD restait inégale, que ce soit entre différents pays ou à l’intérieur de ces pays.  L’exclusion sociale et la discrimination qui représentent d’autres difficultés à surmonter sont aussi parmi les principaux obstacles au progrès, a-t-il noté.  Le Secrétaire général a prévenu que le monde ne pourra malheureusement pas atteindre dans les temps impartis les objectifs de lutte contre la mortalité infantile et la mortalité maternelle.  Il a ajouté que ceux de l’accès universel à l’éducation et de la durabilité environnementale ne seront eux aussi pas atteints sans que l’on ne mette fin à l’exclusion sociale.


M. Ban a jugé indispensable que soit mis en place un cadre de développement pour l’après-2015 qui s’appuie sur ce qui n’a pu être réalisé entre 2000 et 2015.  Mais ce nouveau cadre doit aussi intégrer des domaines qui n’étaient pas couverts par les huit OMD, a-t-il préconisé.  Il a souligné que le monde avait beaucoup changé depuis l’année 2000, et que le développement, la paix, la sécurité et l’état de droit n’avaient jamais été aussi connectés.  Notant que la bonne gestion de l’environnement est de plus en plus importante pour garantir un développement économique et social durable, le Secrétaire général a jugé urgent de limiter l’augmentation de la température au niveau mondial et de renforcer la résilience des populations et des différentes sociétés et pays aux fluctuations du climat.


Le Secrétaire général s’est voulu rassurant en estimant qu’avec les nouvelles opportunités scientifiques et le développement de partenariats, nous disposions de nouveaux moyens d’atteindre les objectifs que nous nous fixons.  Il a indiqué qu’il produira d’ici à la fin de l’année, un rapport synthétique, qui présentera une large vision du programme de développement pour l’après-2015, et qui aidera les États Membres à conduire les négociations menant au Sommet prévu en septembre 2015 sur le climat.  M. Ban a indiqué que l’ambition de ce rapport sera influencée par les travaux du Groupe de travail à composition non limitée et du Comité intergouvernemental sur le financement du développement durable, et aussi par les travaux du Mécanisme de facilitation de la technologie.  Il a estimé que le Forum politique de haut niveau de l’ECOSOC bénéficiera aux travaux du Forum pour la coopération en matière de développement, et a espéré que cette nouvelle architecture aidera les États Membres à mettre en œuvre les objectifs de développement pour l’après-2015.  


M. JOHN ASHE (Antigua-et-Barbuda), Président de la soixante-huitième session de l’Assemblée générale, a estimé que les délibérations que va avoir le Conseil économique et social seront essentielles aux États Membres et à tous les autres acteurs de la communauté internationale pour déterminer la vision de l’avenir du développement durable.  Il a dit qu’il est extrêmement important d’assurer un contrôle efficace de la mise en œuvre du futur programme de développement pour l’après-2015.  Il a jugé indispensable que le Forum soit en mesure d’établir des partenariats avec les agences des Nations Unies, la société civile et les autres partenaires pertinents.  M. Ashe a déclaré que l’objectif visant à parvenir à un développement inclusif sera difficile à relever, mais qu’il doit être atteint.  Il a espéré que ce débat de haut niveau de la session de 2014 du Conseil économique et social et de la Réunion ministérielle de trois jours du Forum politique de haut niveau sur le développement durable aidera le monde à avancer sur ces questions. 


Mme ESTHER AGBARAKWE, cofondatrice de la Youth Climate Coalition du Nigéria, a jugé regrettable que de nombreux jeunes ne puissent pas prendre part aux programmes ou à la réflexion sur la promotion du développement durable.  Les jeunes sont également rarement consultés dès qu’il s’agit de consolidation de la paix ou d’élimination de toutes formes de violence, a-t-elle d’autre part regretté.  La jeunesse a besoin d’accès à des services de santé, a souligné la représentante en soulignant que les questions de gouvernance, de participation, de santé, et en particulier de santé reproductive, doivent être reflétées dans le prochain programme de développement des Nations Unies pour l’après-2015. 


L’appel global des jeunes, qu’elle a indiqué qu’elle remettrait à la fin de son intervention au Secrétaire général et au Président de l’Assemblée générale des Nations Unies, représente un consensus nouveau auquel sont parvenus des jeunes sur le programme de développement pour l’après-2015, a déclaré Mme Agbarakwe.  Il est temps d’agir, face à la voix unifiée des jeunes, a-t-elle lancé en appelant les États Membres et la communauté internationale à l’action.  Elle a exhorté l’ECOSOC à tenir compte du contenu de l’appel.


Dialogue politique de haut niveau « Politiques macroéconomiques en soutien à un programme de développement durable pour l’après-2015 »


M. WU HONGBO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, qui animait ce dialogue politique de haut niveau, a rappelé que la crise financière mondiale et la grande récession qu’elle a entrainée avaient révélé les défaillances du cadre économique mondial.  Le programme de développement durable pour l’après-2015 exigera quelque chose de plus cohérent et de plus vaste, c’est-à-dire un cadre économique plus intégré, a-t-il dit.


L’expérience des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) a démontré que la croissance aura plus d’impact pour réduire la pauvreté si celle-ci est un phénomène inclusif, a dit M. Wu.  Il a mis l’accent sur la nécessité de financer les investissements dans des domaines aussi essentiels que les infrastructures, la santé, l’éducation ou l’assainissement.


M. MUKHISA KITUYI, Secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a appelé les États Membres à se concentrer sur l’économie réelle, à rétablir un équilibre en faveur de la demande nationale, et à améliorer la coopération et la collaboration.  Les politiques doivent cibler les variables réelles, comme les niveaux de production et de création d’emplois.  Il est essentiel, a dit M. Kituyi, d’assurer une croissance inclusive.  Il a recommandé de prêter une grande attention aux questions d’inflation et de dette.  Il a souligné l’importance de soutenir la création d’emplois et de maintenir des économies dont les bases et les politiques soient aussi proches que possibles des exigences du plein emploi.


Le Secrétaire général de la CNUCED a en outre plaidé pour une amélioration de la qualité des investissements.  Il faut, a-t-il ajouté, tirer les enseignements des crises économiques du passé.  De même, il convient d’organiser un dialogue clair avec et entre les institutions de Bretton Woods, et ce dialogue devrait se dérouler de manière cohérente entre toutes les parties prenantes sur des objectifs concertés, a préconisé M. Kituyi.


M. ACHIM STEINER, Directeur principal du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), a notamment mis l’accent sur les inégalités, qui sont un facteur qui déchire les sociétés, quelles qu’elles soient.  Les inégalités se manifestent également entre les populations rurales et urbaines, dans les questions foncières ou liées à l’énergie, a-t-il relevé.  Si l’on parle d’environnement en 2014, on doit avoir en tête la multiplication des débats sur la question des inégalités, a-t-il estimé.


M. Steiner a notamment souligné l’importance de modifier les systèmes fiscaux, afin de pouvoir se concentrer sur la mobilité des ressources et favoriser l’emploi.  Il a par ailleurs indiqué que, pour la première fois cette année, des millions d’Africains avaient eu accès à l’électricité grâce à la décentralisation du photovoltaïque, insistant ainsi sur l’importance de l’énergie solaire pour les pays du Sud.


M. Steiner a souligné qu’il convient d’accorder une attention plus importante au capital naturel.  Il a notamment expliqué que 23% de la superficie du globe terrestre sont touchés par la désertification, entraînant un abandon de 3 à 5 millions d’hectares de terres cultivables par an.  L’essentiel des travaux de l’ECOSOC est fondamental pour l’avenir, non seulement en ce qui concerne les priorités de développement mais aussi pour les citoyens de chaque pays eux-mêmes, a estimé le Directeur principal du PNUE. 


M. GUY RIDER, Directeur général de l’Organisation mondiale du Travail (OIT), a expliqué que la consommation représentait 75% du produit national brut (PNB) dans la plupart des pays, un taux qui s’accompagne d’un taux d’investissement également insuffisant, entraînant, de fait, une baisse du revenu des manèges.  La part des revenus nationaux diminue depuis plusieurs décennies alors que les profits augmentent, a-t-il constaté.  Les ménages dépensent l’essentiel de ce qu’ils gagnent, a-t-il souligné, faisant ainsi état d’une réduction de la consommation des familles. 


M. Rider a mis l’accent sur la nécessité d’une démarche plus équilibrée entre les pays et à l’intérieur de ces pays.  Tout pays a besoin de suffisamment d’emplois décents comme base de sa cohésion sociale, a-t-il également noté, affirmant que les gens ne devaient plus être prisonniers de la pauvreté dès qu’ils ne trouvent plus d’emplois.  Dans chaque pays, l’accès à un travail rémunéré est un élément clef pour que les individus et les familles puissent croire qu’ils appartiennent à la communauté nationale et participent à son progrès, d’où l’importance de la place des jeunes, a dit M. Ryder.


M. MIN ZHU, Directeur adjoint à la gestion du Fonds monétaire international (FMI), a expliqué que la croissance continuerait de jouer un rôle important au cours des cinq années à venir, l’emploi et l’inclusivité constituant le principal défi à relever par les pays émergents et à faible revenu.  Il est grand temps que les pays émergents s’adaptent à ce nouvel environnement, à la nouvelle réalité des marchés, ceci dans un cadre qui doit être clairement défini, a-t-il dit.  Il faut, a-t-il ajouté, que les différents pays du monde parviennent à avoir une croissance beaucoup plus élevée et soutenable. 


M. Zhu a souligné la nécessité de renforcer la résilience, d’améliorer l’investissement, de consolider les stratégies de gestion de la dette et de soutenir une croissance inclusive et bénéfique à toutes les classes sociales. 


M. YONOV FREDERICK AGAH, Directeur général adjoint à l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a mis l’accent sur l’importance d’intégrer dans le programme de développement pour l’après-2015 la question du commerce et du système commercial multilatéral.  Le programme de développement pour l’après-2015 doit proclamer que le commerce est un outil de première envergure pour assurer le développement dans un contexte qui soit cohérent et qui favorise des stratégies à long terme.  Le commerce est un outil puissant de mobilisation de ressources qui peut permettre aux pays d’atteindre les trois dimensions du développement durable.


M. Agah a en particulier plaidé pour un renforcement des capacités de production et que des mesures d’encouragement soient prises pour promouvoir et soutenir l’économie verte.  Il faut, a-t-il dit, reconnaître les acquis obtenus grâce aux échanges commerciaux.  Il est donc dangereux de se lancer dans la prise de mesures protectionnistes, a-t-il déclaré, précisant que leur impact négatif était énorme.  Il a proposé que le Forum et la session de l’ECOSOC lancent un appel pour la conclusion du Cycle de négociations de Doha pour le développement.  Les Nations Unies doivent lancer des appels vigoureux pour promouvoir le système commercial international, a-t-il conclu.


M. MAHMOUD MOHIELDIN, Secrétaire exécutif et Envoyé spécial de la Banque mondiale pour les objectifs du Millénaire pour le développement, le processus d’élaboration du programme de développement pour l’après-2015 et le développement financier, a mis l’accent sur les problèmes que crée le manque de données, d’où la nécessité d’investir dans des données de qualité.  Aujourd’hui, un milliard de personnes vivent dans un état de pauvreté extrême, ce qui est un énorme défi qui nécessite que le monde agisse de concert pour parvenir à des résultats dans la lutte contre ce phénomène.  La Banque mondiale s’est attachée à aboutir à l’objectif d’un taux de pauvreté mondiale inférieur à 3% avant 2030, a dit le Secrétaire exécutif.


M. Mohieldin a souligné l’importance d’investir dans le capital humain pour renforcer l’inclusivité des politiques.  Il est essentiel pour chaque pays de viser un taux de croissance élevé, de bien gérer les nouvelles secousses qui agitent l’économie au niveau mondial, et de renforcer la résilience et les filets de sécurité sociale, a-t-il conseillé.  De même, il convient de garder un œil sur l’accumulation de la dette dans les pays en développement, a averti M. Mohieldin.  Il faut se mettre d’accord sur le programme de développement pour l’après-2015, le Groupe de la Banque mondiale s’étant engagé à œuvrer dans ce sens et avec tous ses partenaires, a-t-il conclu.


Débat interactif


Au cours du débat interactif qui a suivi, la représentante de l’Afrique du Sud a jugé essentiel que toutes les économies développées soient prudentes lorsqu’il s’agit d’appliquer des politiques ayant un impact sur les économies des pays fragiles.  Une économie verte peut effectivement pousser l’innovation, avec des investissements en faveur de la croissance inclusive, a-t-elle dit, plaidant notamment pour un meilleur transfert des technologies. 


La déléguée sud-africaine a appelé à ne pas reproduire les conditions qui ont entraîné la crise de 2008, dont l’origine se trouvait uniquement dans les pays riches.  Elle a également plaidé pour une participation des pays en développement dans le processus de prise de décisions économique et financier mondial et a exhorté les États Membres à faire face au relèvement des défis à l’échelle planétaire.


Sa collègue du Soudan a demandé si le secteur financier pouvait contribuer à la réalisation des objectifs de développement durable ou s’il était « un empêcheur de tourner en rond ».


La déléguée de Cuba a affirmé que le système financier international actuel n’était pas capable d’assurer ou de respecter la souveraineté financière des pays en développement.  Elle a plaidé pour une réforme de l’architecture financière internationale actuelle.  Il faut créer un secteur financier mondial transparent et un système commercial multilatéral juste et qui n’exclut personne, notamment les pays en développement.


EXAMEN MINISTÉRIEL ANNUEL SUR LE THÈME « FAIRE FACE AUX DÉFIS EXISTANTS ET ÉMERGENTS POUR RÉALISER LES OBJECTIFS DU MILLÉNAIRE POUR LE DÉVELOPPEMENT EN 2015 ET PRÉSERVER LES ACQUIS DU DÉVELOPPEMENT DURABLE POUR L’AVENIR »


Présentation de rapports


M. WU HONGBO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales, a présenté le rapport du Secrétaire général (E/2014/61), préparé en collaboration avec les partenaires du système des Nations Unies, qui analyse les défis qui entravent la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Le rapport s’articule autour de trois thèmes: les catalyseurs de progrès sur la voie des OMD; le développement inclusif; et les progrès nationaux dans la réalisation des OMD.  Sur le premier thème, le rapport souligne les possibilités qui permettraient d’accélérer la réalisation des OMD en identifiant des catalyseurs de progrès, comme la bonne gouvernance, des cadres politiques propices et un environnement respectueux des droits de l’homme.  Le rapport insiste sur la nécessité de procéder à des transformations structurelles pour permettre une croissance fondée sur l’emploi et l’équité.  L’instauration des bonnes conditions en faveur du développement durable dépendra des dispositions institutionnelles visant à lutter contre les discriminations, a expliqué M. Wu en citant le rapport.  Le suivi, le contrôle et l’établissement de rapports seront des éléments essentiels pour accélérer la réalisation des OMD, a-t-il souligné.  Le rapport du Secrétaire général, a-t-il ajouté, recommande aussi de mettre l’accent sur les mécanismes de responsabilisation et la transparence dans les efforts visant la réalisation des objectifs.  Le renforcement des capacités, en particulier en matière de statistiques, devrait permettre d’améliorer la mise en œuvre et l’établissement de rapports, a fait observer M. Wu Hongbo, avant de conclure.


Mme SAKIKO FUKUDA-PARR, Vice-Présidente du Comité des politiques de développement, présentant le rapport de ce Comité sur les travaux de sa seizième session (E/2014/33), qui s’était tenue du 24 au 28 mars 2014, a indiqué que les propositions actuelles de réforme dans le domaine du développement durable ne sont pas suffisamment audacieuses pour promouvoir les résultats nécessaires.  Elle s’est également inquiétée de ce que les débats sur le programme de développement pour l’après-2015 n’aient pas, selon elle, accordé suffisamment d’attention à la question.  La Vice-Présidente a souligné que la coopération internationale devrait aller bien au-delà de la fourniture d’une assistance technique et financière et traiter de manière explicite la prise de décisions politiques au niveau mondial.  La coopération internationale et les mécanismes de gouvernance mondiale ne fonctionnent pas aussi bien qu’ils le pourraient, s’est-elle par ailleurs inquiétée.


La Vice-Présidente du Comité a estimé que le système actuel mondial n’était pas approprié pour gérer l’interdépendance croissante entre les pays et que les mécanismes des marchés ne contribuaient pas à assurer une prospérité dans le monde.  Elle a cité en exemple le manque de réglementation financière qui, a-t-elle rappelé, a souvent provoqué la volatilité des marchés.  Elle a aussi dénoncé l’insuffisance des efforts déployés pour mettre sur pied des technologies capables de répondre aux besoins des pauvres, à commencer par le traitement des maladies tropicales.  Mme Fukuda-Parr a également pointé du doigt les importantes asymétries de l’architecture de la gouvernance en termes d’accès au processus de prise de décisions, notamment en ce qui concerne la participation des pays en développement au processus de prise de décisions concernant des questions financières ou monétaires internationales.  Elle a aussi déploré l’absence d’accords internationaux concernant la mobilité de la force de travail.  Les inégalités, a-t-elle averti, ne se corrigent pas d’elles-mêmes et si on n’agit pas, elles ont tendance à se reproduire.  Les enfants nés dans des familles pauvres ont souvent des retards de croissance et sont susceptibles de demeurer pauvres tandis que les élites amassent du pouvoir économique et se mobilisent pour faire adopter des choix déformés en matière de politique publique, s’est-elle notamment expliquée.  La Vice-Présidente du Comité a également indiqué que la règlementation internationale ne laissait pas suffisamment de place politique pour permettre aux gouvernements des pays en développement de promouvoir la réduction de l’inégalité et le développement de leur société.


En matière de réforme, Mme Fukuda-Parr a expliqué que le Comité avait défini cinq principes fondamentaux sur la base desquels la gouvernance mondiale en matière de développement doit être assurée.  Elle a souligné l’importance de reconnaître le principe de responsabilité commune mais différenciée et de capacités respectives, ainsi que le principe de subsidiarité, en faisant notamment observer que certains problèmes peuvent être gérés de manière très efficace au niveau local.  La Vice-Présidente a aussi souligné que l’inclusivité, la transparence et la responsabilisation doivent être renforcées.  Le quatrième principe, a-t-elle enchaîné, est la cohérence.  Les processus et les règlements mondiaux doivent reposer sur des approches complètes et des processus d’évaluation doivent être mis en place.  Enfin, Mme Fukuda-Parr a souligné qu’il était important de respecter le principe de responsabilité souveraine, en expliquant que les gouvernements devraient prendre des mesures allant au-delà d’intérêts nationaux limités afin de créer les conditions mondiales nécessaires à la jouissance des droits et libertés universellement reconnus.  Elle a ensuite appelé l’ECOSOC à jouer un rôle de chef de file dans la refonte du système de gouvernance mondiale.  Son rôle de coordination et d’orientation en ce qui concerne le développement économique et social doit également comprendre des mécanismes effectifs de suivi et de responsabilisation, a-t-elle ajouté.


Débat général


M. SACHA SERGIO LLORENTTY SOLÍZ (Bolivie), s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a émis l’espoir que le Forum politique de haut niveau sur le développement durable sera en mesure de produire un document solide.  Il a recommandé d’adopter une approche cohérente en ce qui concerne le programme de développement pour l’après-2015 afin d’intégrer au mieux les trois dimensions du développement durable au programme pour l’après-2015.  Il a souhaité que le futur programme de développement contienne une seule série d’objectifs qui soient de nature universelle et applicables à tous les pays, tout en tenant compte des particularités de chacun et en respectant les politiques et priorités nationales.  Le représentant a assuré que le Groupe des 77 et la Chine était prêt à participer à des examens de suivi des objectifs de développement durable, notamment par le biais du Forum politique de haut niveau qui se réunira régulièrement sous les auspices de l’ECOSOC à partir de 2016.


Le Groupe des 77 se félicite du projet de rapport sur le développement durable et attend avec intérêt de participer de manière constructive aux consultations sur ce processus, afin d’aboutir à un accord sur les modalités et l’étendue de ce rapport dont le but sera d’informer le Forum politique de haut niveau.  Ce rapport doit être équilibré et prendre en compte les réalités nationales, a-t-il recommandé.  À cet égard, le Groupe des 77 a soumis un projet de résolution, qui sera examiné sous l’égide de l’ECOSOC, afin de prévoir des délibérations sur le rapport lors de la prochaine session du Forum, a indiqué M. Llorenty Solíz.  Après avoir souligné l’importance de la coopération internationale, il a dit attendre avec impatience le résumé des recommandations des dialogues structurés organisés par l’Assemblée générale en vue de parvenir à des accords sur un mécanisme de facilitation de promotion des technologies.  Le Groupe des 77 reconnaît le rôle vital de la science et de la technologie, a-t-il dit.


Le représentant a aussi reconnu l’importance de la dimension régionale du développement durable, notamment la contribution des commissions régionales des Nations Unies.  Il a plaidé en faveur d’un système commercial international équitable, en mettant l’accent sur le rôle du système de développement des Nations Unies à cet égard.  En ce qui concerne l’attribution des ressources, M. Llorenty Solíz a demandé de prendre en compte les pays qui sont en situation particulière, comme les petits États insulaires en développement (PEID) ou les pays qui sortent d’un conflit.  Il a rappelé à la communauté internationale son obligation de respecter ses engagements pour éliminer les obstacles à tous les droits fondamentaux, notamment le droit à l’autodétermination.  Il a soutenu, à cet égard, la participation de la Palestine au Forum politique de haut niveau.  Avant de conclure, il a réaffirmé l’importance des enfants et des jeunes dans le programme de développement pour l’après-2015, ainsi que de la troisième Conférence sur les PEID qui se tiendra à Samoa, en septembre prochain.


Mme OLGA MARTA SÁNCHEZ OVIEDO, Ministre de la planification et des politiques économiques du Costa Rica, qui s’exprimait au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), a déclaré que la première série de réunions du Forum politique de haut niveau représentait une occasion importante pour ouvrir la voie à la mise en œuvre des mandats confiés à Rio+20 et dans les résolutions 68/1 et 67/290, en réaffirmant le rôle de l’ECOSOC dans la réalisation d’une intégration équilibrée des trois dimensions du développement de durable, et pour assurer un leadership politique, des orientations et des recommandations pour le développement durable.


Elle a ensuite souligné l’importance pour le Forum politique de haut niveau de devenir une plateforme dynamique de dialogue régulier avec un programme ciblé, orienté vers l’action afin de prendre en compte les nouveaux défis émergents qui se posent au développement durable.  Le Forum politique de haut niveau devrait mettre l’accent pour formuler des recommandations visant à renforcer la coopération entre le Forum, les commissions régionales de l’ONU et d’autres entités compétentes, afin de contribuer de manière substantielle à ses travaux.


« Nous pouvons parvenir à une intégration véritablement équilibrée, holistique et intersectorielle à tous les niveaux pour le suivi et la mise en œuvre des grandes conférences et réunions au sommet dans les domaines sociaux, économiques et environnementaux et le programme de développement pour l’après-2015 », a assuré la Ministre.


Pour que le développement durable soit au cœur du programme de développement pour l’après-2015, nous devons traduire tous les buts et les objectifs de développement durable dans les politiques nationales, qui devraient tenir compte des circonstances nationales, des capacités, des niveaux de développement et des priorités nationales.  À cette fin, il est important de créer un environnement propice, aux niveaux national et international, dans les domaines de la finance, du commerce, du transfert de technologies, de l’innovation, de l’entrepreneuriat et du renforcement des capacités », a poursuivi Mme Oviedo.


La CELAC estime qu’il est nécessaire d’assurer un cadre politique qui permette aux gouvernements de promouvoir le développement de leurs sociétés et de réduire les inégalités grâce à des réformes et à la bonne gouvernance. 


Elle appuie également un dialogue sur les questions relatives à la coopération douanière internationale et appelle à la création d’un mécanisme de mise en œuvre et de suivi des progrès dans ce domaine.  En ce qui concerne le financement du développement, la CELAC souhaite la mise en place d’un véritable partenariat mondial pour le développement, s’appuyant sur le Consensus de Monterrey, la Déclaration de Doha sur le financement du développement et le Document final de Rio+20.


En outre, la CELAC considère qu’il est nécessaire de créer un mécanisme de restructuration de la dette institutionnelle en dette souveraine similaire au mécanisme créé qui avait aidé à gérer les faillites dans les économies nationales, a indiqué Mme Oviedo, avant de préciser que la CELAC souhaite porter cette question au centre de son dialogue annuel avec les institutions financières internationales. 


Mme CAROLYN RODRIGUES-BIRKETT, Ministre des affaires étrangères de Guyana, intervenant au nom de la Communauté des Caraïbes, a fait observer que les succès rencontrés dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) masquent souvent un « profil inégal » en matière de réalisation, ainsi que des inégalités marquées en ce qui concerne la pauvreté, la santé et l’égalité entre les sexes.  Elle a rappelé que le programme de développement pour l’après-2015 devra répondre de manière robuste aux problèmes de la pauvreté, de l’inégalité et de l’exclusion et répondre efficacement aux changements climatiques et faire face aux modes de production et de consommation non durables.


La Ministre a ensuite souligné que la situation des jeunes nécessitait une réponse urgente, cohérente et effective de la part de la communauté internationale.  Elle a également jugé impératif de donner un nouvel élan pour réaliser les OMD.  Elle a prévenu que la partie de l’agenda des OMD qui demeure inachevée doit devenir une partie intégrante du nouveau cadre de développement.  Mme Rodrigues-Birkett a ensuite appelé à une « révolution des données » afin de mettre à la disposition des pays comme le sien plus de données appropriées.


Les données concernant nos pays sont souvent incomplètes ou non disponibles, a-t-elle déploré.  C’est pourquoi, a-t-elle dit, il incombe à l’ONU d’utiliser davantage les données générées dans notre région.  La Ministre a ensuite appelé à établir un « dialogue plus soutenu » entre les parties prenantes afin de s’assurer que les moyens de mise en œuvre existent à tous les niveaux et de renforcer la cohérence des efforts déployés.  La responsabilisation de l’ensemble des acteurs doit demeurer une priorité objective, a-t-elle rappelé.


M. IVICA DAČIĆ, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Serbie, a déclaré que si l’éradication de la pauvreté restait un objectif crucial, l’éducation, la santé, l’égalité des sexes, l’énergie renouvelable et en particulier une croissance économique durable et le travail décent étaient aussi importants.  De même, les objectifs relatifs aux changements climatiques, la mise en œuvre des objectifs de développement durable et les questions du financement du développement sont aussi au centre du programme de développement.  La Serbie adhère au consensus de Monterrey sur le financement du développement et réitère que chaque pays reste responsable de son développement économique et devrait à cet effet conduire des réformes pour créer un système fiscal efficace, la bonne gouvernance et l’éradication des flux illicites des capitaux.  À cet égard, l’aide publique au développement demeure un instrument important spécialement pour les pays les moins avancés, ainsi que le financement privé qui devrait avoir une place à part. 


Durant les 15 dernières années, un milliard de personnes ont continué de souffrir de l’extrême pauvreté, en particulier dans les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement.  La Serbie a, pour sa part, achevé l’objectif de réduire de moitié la pauvreté.  Le taux de mortalité infantile a diminué tandis que celui de l’éducation obligatoire a poursuivi sa montée.  Mais la situation s’est dégradée à cause de la crise financière mondiale.  Le taux de chômage a augmenté et la pauvreté s’est répandue.  En tant que pays à revenu intermédiaire, la Serbie reste confrontée à des défis spécifiques en matière de développement, a fait remarquer le Vice-Premier Ministre, en citant le grand nombre de réfugiés et de personnes déplacées internes dans le pays.  La Serbie est le pays en Europe qui accueille le plus grand nombre de réfugiés, 42 000 de Croatie, 16 000 de Bosnie-Herzégovine, s’ajoutant aux 200 000 personnes déplacées au Kosovo et à Metohija.


M. Dačić a aussi évoqué les défis posés par les changements climatiques comme l’ont montré les récentes inondations dans le pays et qui ont coûté, selon les premières estimations, 1,5 milliard de dollars à la Serbie.  Le Sommet sur les changements climatiques, qui se tiendra à Paris en 2015, revêt, à cet égard, une importancte particulière.


M. PASQUALE VALENTINI, Ministre des affaires étrangères de Saint-Marin, a fait observer que les progrès réalisés pour atteindre les OMD étaient inégaux.  Le programme de développement pour l’après-2015 devrait comprendre comme condition sine qua non une référence à la paix et au respect des droits de l’homme et privilégier une approche qui intègre de manière équilibrée les trois dimensions du développement durable.  Les problèmes actuels sont d’envergure mondiale et nécessitent donc une intervention collective de la part de l’ensemble de la communauté internationale.  Ces actions, a-t-il ajouté, ne doivent pas être considérées comme une limitation de la souveraineté, mais comme une forme d’appui accordée à chaque État afin de lui permettre de s’acquitter de sa responsabilité première de protéger sa propre population et permettre à chacun de vivre dans la dignité et la prospérité.


Mme ANNICK GIRARDIN, Ministre d’État pour le développement et la francophonie de la France, s’est félicitée du dialogue dynamique qui s’est instauré dans le cadre du Forum politique de haut niveau.  Ce Forum, a-t-elle souhaité, doit devenir la clef de voute pour fixer le programme de développement pour l’après-2015, en intégrant les trois dimensions de ce développement.  Elle a fait remarquer que « le développement et le développement durable ne pouvaient pas suivre deux voies parallèles qui s’ignorent ».  La Ministre a indiqué que la France venait d’adopter une première loi d’intégration et de solidarité qui intègre sa politique de développement dans tous les autres secteurs.  Revenant au Forum politique de haut niveau, elle a estimé que sa crédibilité se jugerait à la hauteur de la participation des ministres. 


Pour Mme Girardin, le Forum politique de haut niveau devrait donner le jour à des recommandations et des orientations, dans le cadre d’un dialogue tourné vers l’action.  Elle a aussi recommandé de tirer les enseignements du passé, notamment en écoutant la société civile.  À cet égard, un forum sera organisé en France début 2015 pour consulter l’ensemble des parties prenantes en vue de préparer les grandes échéances, comme le débat général des Nations Unies ou la COP 21.  Mme Girardin a ensuite plaidé en faveur de la couverture sanitaire universelle et de l’intégration de l’égalité entre les femmes et les hommes dans toutes les politiques de développement.  De l’avis de la Ministre, les enjeux culturels devraient constituer le quatrième pilier du développement durable.  « Les objectifs de développement durable doivent être complets, universels et ambitieux », a-t-elle rappelé avant de conclure.


M. SIHASAK PHUANGKETKEOW, Ministre par intérim des affaires étrangères de la Thaïlande, a réclamé l’adoption d’une approche en matière de développement centrée sur l’être humain, en identifiant notamment les questions susceptibles d’avoir un impact direct sur la vie des personnes.  Cette approche doit reposer sur les droits fondamentaux, a-t-il ajouté.  C’est pourquoi, la Thaïlande demande d’intégrer la couverture santé universelle dans le programme de développement pour l’après-2015.  M. Phuangketkeow a aussi souligné l’importance que revêtent les partenariats, tant au niveau régional qu’au niveau international.  Elle souhaite également leur renforcement dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation.


Faisant observer qu’il n’existe pas d’approche « taille unique » en matière de développement, M. Phuangketkeow a également estimé qu’il était nécessaire de renforcer les capacités nationales de mise en œuvre des objectifs de développement durable.  Comme les catastrophes risquent d’anéantir les avancées réalisées en matière de développement, il est important d’intégrer la question de la réduction du risque de catastrophes au programme de développement pour l’après-2015.  M. Phuangketkeow a par ailleurs souligné que le développement ne pouvait se réaliser tant que la paix, la sécurité, la démocratie et le respect des droits de l’homme n’étaient pas garantis.


Mme BOMO EDNA MOLEWA, Ministre des affaires environnementales de l’Afrique du Sud, a souligné que beaucoup de pays, comme le sien, avaient intégré les OMD à leurs stratégies nationales.  Malgré ces efforts, le climat actuel n’est pas propice au développement, a-t-elle cependant regretté.  Elle a expliqué qu’à cause des crises économiques et financières mondiales, l’impressionnante croissance économique en Afrique au cours de la décennie écoulée n’avait pas eu les effets voulus en termes de développement.  La Ministre a donc plaidé en faveur d’un système commercial international équitable.  Elle a aussi recommandé d’axer davantage les efforts sur l’élimination de la pauvreté.  Pour la Ministre, le programme de développement pour l’après-2015 ne devrait pas ignorer les engagements pris dans le cadre des OMD.  Il faudrait établir un programme « transformateur », sur la base des leçons tirées de la réalisation des OMD, a-t-elle suggéré. 


Pour Mme Molewa, le programme de développement pour l’après-2015 ne devrait pas se fonder sur une approche unique, à cause des différentes circonstances propres à chaque pays.  Elle a rappelé l’importance des principes établis au Sommet de Rio en 1992, notamment celui de la responsabilité commune mais différenciée.  Le développement durable doit également se fonder sur la personne, a-t-elle ajouté.  La Ministre a également estimé qu’il faudrait œuvrer davantage pour assurer l’égalité entre les sexes et permettre ainsi une contribution des femmes au développement de leurs pays.  L’aide au développement ainsi que le transfert des technologies sont également importants dans ce processus, a-t-elle ajouté.  La troisième Conférence internationale sur le financement du développement, qui aura lieu en juillet 2016 à Addis-Abeba, devrait réaffirmer les engagements pris dans le passé et donner lieu à de nouveaux engagements, a-t-elle souhaité.


M. JANEZ POTOČNIK, Commissaire pour l’environnement de l’Union européenne, a jugé essentiel que les objectifs de développement durable intègrent le principe d’universalité et l’équilibre des trois piliers du développement durable.  Il a également souligné que ceux qui continuent d’être des laissés-pour-compte doivent bénéficier de l’attention la plus urgente des États Membres.  Afin d’assurer l’efficacité du programme de développement pour l’après-2015, M. Potočnik a préconisé de mettre en place un cadre solide en matière de suivi et de reddition de comptes, capable d’intégrer les enseignements tirés et les meilleures pratiques des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a estimé que le Forum politique de haut niveau aura un rôle important à jouer pour faire avancer l’agenda pour le développement durable en assurant, notamment, le leadership politique et un examen effectif des engagements collectifs.  M. Potočnik a aussi voulu que le programme de développement pour l’après-2015 soit capable d’assurer une bonne qualité de vie, de promouvoir l’élan nécessaire pour une croissance économique inclusive et durable et d’assurer la gestion durable des ressources naturelles.


M. GUNNAR BRAGI SVEINSSON, Ministre des affaires étrangères de l’Islande, intervenant tout d’abord sur les questions de la désertification, de la dégradation des sols et de la sécheresse, a souligné qu’il était important que la lutte contre ces problèmes soit intégrée au programme de développement pour l’après-2015.  Il a estimé qu’il était également important de réhabiliter les sols.  Il a cité, à cet égard, les travaux d’un groupe de travail intergouvernemental qui s’attache à définir un cadre.  Cet objectif peut être atteint, s’est dit convaincu M. Sveinsson, en faisant référence aux conclusions des experts et à l’expérience de son pays.  L’Islande a en effet le plus grand désert d’Europe, a-t-il rappelé, en soulignant que son pays avait entrepris des efforts soutenus pour mettre un terme à la dégradation des sols.  Le Ministre a insisté sur la nécessité de protéger la biodiversité et de mettre fin au déboisement, grâce à une bonne gestion des sols.


M. PEKKA HAAVISTO, Ministre du développement international de la Finlande, a souligné que le développement durable ne saurait être dissocié de l’élimination de la pauvreté.  Il a notamment fait observer que les changements climatiques, la déforestation, la pollution, la paix et la sécurité, ainsi que la mauvaise gestion des ressources naturelles avaient un impact direct sur l’élimination de la pauvreté.  Il a également insisté sur l’importance de réduire les inégalités et d’adopter une approche axée sur le respect des droits de l’homme.  « Nous devons non seulement définir clairement ce que nous entendons par « développement », mais également prêter attention à la manière dont nous œuvrons pour le développement, a-t-il précisé.  Le Ministre a aussi voulu que les objectifs de développement durable couvrent également les questions liées aux inégalités.


M. Haavisto a également voulu que le droit à la santé sexuelle et reproductive figure dans un futur programme de développement.  Il a aussi souhaité que la définition du nouveau programme de développement soit l’occasion de corriger le peu d’attention accordée à la question de l’environnement dans les OMD.  Il a notamment parlé de la question de l’accès à l’eau et aux services d’assainissement, en se disant alarmé par le fait que 2,5 milliards de personnes n’ont toujours pas accès à ces services de base.  Le Ministre a par ailleurs voulu que le prochain rapport du Comité intergouvernemental d’experts sur le financement du développement durable contribue de manière significative à la définition d’un cadre de financement holistique et intégré du programme de développement pour l’après-2015.


M. MAWUSSI DJOSSOU SEMONDJI, Ministre de la planification, du développement et de l’aménagement du territoire du Togo, a indiqué que malgré les efforts de redressement économique, le pays restait confronté aux conséquences de la pauvreté, du chômage et du sous-emploi.  Face à ces défis, le Togo s’est engagé dans un nouveau référentiel de développement en adoptant en 2013 une stratégie nationale pour une croissance accélérée et la promotion de l’emploi, basée sur un processus de croissance et de développement, moins dépendant de la manne pourvue par l’aide publique au développement.  Le Togo a élaboré sa Stratégie nationale de développement durable en 2011 qui a pour objectif d’assurer le développement durable, en prenant en compte l’interdépendance des aspects à la fois économique, écologique et social du développement. 


En 2012, le Togo s’était doté d’un Plan national sur les modes de consommation et de production durables.  Le Togo a été en outre retenu, avec la République de Belize, par les Nations Unies pour élaborer un programme pilote de renforcement de capacités qui s’inscrit déjà dans la démarche du programme de développement pour l’après-2015.  M. Semondji a également mis l’accent sur les questions de la paix et de la sécurité en Afrique.  Les autorités togolaises vont ainsi organiser une conférence internationale sur la sécurité maritime.  Il a ajouté que la problématique de la sécurité était au cœur du plaidoyer du « Groupe des États fragiles » qui souhaite que les objectifs de développement durable, qui seront retenus, laissent une place de choix à la consolidation de la paix et de l’État ainsi qu’à la bonne gouvernance. 


M. ATTILA KORODI, Ministre de l’environnement et des changements climatiques de la Roumanie, a rappelé la double dimension des objectifs de développement durable, qui est d’offrir aux peuples des perspectives de développement en assurant le caractère viable de l’environnement et de respecter le principe de responsabilité commune mais différenciée.  Les changements climatiques représentent un des principaux défis aujourd’hui, a-t-il estimé, avant de parler de la stratégie nationale et du plan national adoptés par la Roumanie sur cette question en 2013.  Le Ministre a assuré que son pays avait réalisé des progrès notables pour respecter l’environnement, en précisant que 5% des achats publics devraient désormais respecter les normes écologiques.  La Roumanie contribue aux efforts régionaux visant à fournir un approvisionnement en eau à des prix moins élevés, a-t-il également indiqué, avant d’ajouter que son pays était membre du Groupe ouvert sur le développement et du bureau de l’ECOSOC sur le développement.


M. BEENWELL MWANSA KAPEYA, Ministre des terres, des ressources naturelles et de la protection de l’environnement de la Zambie, a indiqué que son pays avait réalisé de grands progrès pour atteindre les OMD, notamment en matière de réduction de la mortalité maternelle.  Il a ensuite appelé la communauté internationale à venir en aide aux pays en situation particulière afin d’accélérer la réalisation des OMD et le programme de développement pour l’après-2015.  Le Ministre de la Zambie a estimé que le futur programme de développement devrait viser à améliorer les conditions de vie des populations et c’est pourquoi, a-t-il dit, il est important de renforcer les capacités nationales et de mettre à la disposition des pays les technologies nécessaires.  Le nouveau programme de développement devrait aussi être plus prévisible et répartir équitablement l’aide publique au développement entre les pays en situation particulière, notamment les PMA, les pays sans littoral et les petits États insulaires en développement.  Le Ministre a également souligné qu’il était urgent d’éliminer la faim dans le monde et d’assurer un emploi décent pour tous si l’on veut assurer un développement durable.  Le programme de développement pour l’après-2015 doit être fondé sur le capital humain et intégrer les questions liées aux femmes et aux personnes handicapées.  M. Kapeya a par ailleurs mis en garde contre l’exploitation abusive des ressources naturelles.


M. OMAR YUSSUF MZEE, Ministre des finances de la République-Unie de Tanzanie, a rappelé qu’à Rio, les États étaient convenus que la lutte contre la pauvreté n’était pas seulement un des plus grands défis mais aussi un impératif pour le développement durable.  Il faudrait donc, en a-t-il conclu, que nous agissions avec détermination pour formuler et mettre en place des politiques macroéconomiques qui tiennent compte de cette réalité.  Les déséquilibres doivent être corrigés si nous voulons sérieusement assurer un développement durable et cela est vrai aux niveaux national, régional et international, a insisté le Ministre.  Il a souligné que grâce à l’engagement et au développement de son gouvernement et des leaders nationaux, la Tanzanie a enregistré des progrès significatifs dans la mise en œuvre d’un certain nombre d’OMD.  Compte tenu des défis restants, le Forum politique de haut niveau, a conseillé le Ministre, doit mettre l’accent sur les ressources et le partage des pratiques exemplaires.  Il a d’ailleurs cité la pratique consistant à ce que les donateurs se servent de l’appui budgétaire pour soutenir les programmes de développement et l’assistance technique.


« Nous devons, a-t-il insisté, renforcer les partenariats entre pays développés et pays en développement.  Il est donc important que les politiques macroéconomiques qu’il faudrait articuler pour le programme de développement post-2015 ne se limitent pas à des ordonnances prescrites aux pays en développement et aux questions liées à la mobilisation des ressources internes. »  Un vrai partenariat, a-t-il souligné, exige des efforts collectifs et concertés pour mettre fin à la pauvreté et à la faim.  S’agissant en particulier de la protection de l’environnement et de la lutte contre les changements climatiques, le Ministre a plaidé pour l’accès aux technologies écologiquement saines, au savoir-faire et à l’expertise.  La maîtrise des technologies, a-t-il dit, est la clef pour éliminer la pauvreté et parvenir à un développement durable.  


Mme LIMIA ABD AL GAFFAR KHALAFALLA, Secrétaire générale du Conseil national de la population du Soudan, a souhaité que le Forum politique de haut niveau joue un rôle important et efficace pour accélérer les efforts en faveur des OMD non encore atteints, ainsi que les objectifs de développement durable pour l’après-2015.  Elle a rappelé que l’élimination de la pauvreté était la première priorité, tout en soulignant l’importance de la création d’emplois, de la santé, de la protection de l’environnement et du respect des droits de l’homme.  Le Soudan, a-t-elle indiqué, a adopté un système fédéraliste pour permettre la participation de tous et réduire les inégalités.  Mme Khalafalla a fait valoir les grands progrès accomplis par son pays depuis l’Accord de paix de 2005, en citant notamment l’augmentation du taux de développement, ainsi que la maîtrise de l’inflation et des taux de change. 


Le Soudan fait cependant face à de grandes difficultés à l’intérieur et à l’extérieur du territoire, qui ralentissent la réalisation des objectifs de développement, a-t-elle rappelé, en mettant l’accent sur la migration de la population, les sanctions économiques et la lourde dette extérieure.  La Secrétaire générale du Conseil national de la population a souhaité que la communauté internationale allège la dette extérieure du Soudan, en expliquant que son pays avait perdu ses ressources pétrolières après la sécession du Sud.  Rappelant que le Soudan accueillait des immigrés et des réfugiés d’autres pays africains, elle a souligné qu’il faudrait accorder plus d’importance à la coopération régionale dans le programme de développement pour l’après-2015.


M. NORIO MITSUYA, Vice-Ministre parlementaire des affaires étrangères du Japon, a estimé que le concept de développement devrait être clairement défini au sein du nouveau cadre de développement pour l’après-2015.  Il a aussi insisté sur l’importance que revêtent l’inclusivité, la durabilité et la résilience.


M. Mitsuya, faisant remarquer que plus de la moitié de la population mondiale vivait dans des zones urbaines, a insisté sur la nécessité de faire en sorte que les villes soient davantage protégées contre les catastrophes.  Le Vice-Ministre a ensuite annoncé que le Japon accueillera une conférence sur la prévention des catastrophes naturelles à Sendai en mars 2015.  Cette ville avait été récemment victime d’une catastrophe naturelle.  Le Vice-Ministre a par ailleurs estimé qu’il était essentiel d’établir un mécanisme de reddition de comptes.  Il a aussi insisté sur l’importance des partenariats.  Outre les ressources nationales, la coopération et l’aide publique au développement demeurent importantes, a-t-il notamment commenté.


M. JOSKO KLISOVIC, Vice-Ministre des affaires étrangères et européennes de la Croatie, a déclaré que la chance de succès des objectifs de développement durable reposait sur des recommandations scientifiques.  C’est pourquoi, investir dans l’éducation devrait être la priorité de toute société.  Il faudrait aussi accorder une attention particulière aux conséquences des changements climatiques sur le développement.  Pour la Croatie, qui est un pays côtier de la mer Adriatique, la protection du fragile environnement marin figure parmi ses priorités, a indiqué M. Klisovic.  Il a ajouté, à cet égard, que le tourisme durable pouvait jouer un rôle particulier dans la protection de la nature et la préservation de l’héritage culturel du pays.  Il a conclu en appelant au renforcement des efforts mondiaux pour la réalisation des OMD avant l’échéance de 2015. 


M. ISTVÁN MIKOLA, Secrétaire d’État pour la politique sécuritaire et la coopération internationale de la Hongrie, a fait observer que des progrès avaient été réalisés en matière de lutte contre le paludisme, d’accès des populations à l’eau et à l’éducation universelle.  Il a toutefois estimé que même si des interventions précises étaient parfois nécessaires en matière de développement, elles ne garantissaient pas le succès du développement pour autant.  Les sociétés doivent pouvoir vivre en paix pour que les efforts déployés soient couronnés de succès, a-t-il souligné.  M. Mikola a ensuite plaidé pour l’adoption d’une approche systémique fondée sur les valeurs.  Il a aussi engagé les États Membres à définir des « options réalistes ».


M. BORGE BRENDE, Ministre des affaires étrangères de la Norvège, a salué la participation, qu’il estime « cruciale », de la société civile et du secteur privé au Forum politique de haut niveau sur le développement durable.  Il a souhaité que ce Forum dispose d’un mécanisme solide d’examen et de contrôle, car il doit jouer un rôle central dans le suivi de la mise en œuvre des objectifs de développement durable.  La première priorité reste cependant d’atteindre les OMD avant la fin de 2015, a-t-il rappelé, en invitant à faire des efforts concertés dans ce but.  En ce qui concerne les objectifs de développement durable, il a souhaité une seule série d’objectifs et de cibles qui soient faciles à mesurer.  Le Ministre a voulu que les objectifs de développement durable aillent plus loin que les OMD, en insistant sur l’objectif prioritaire d’élimination de l’extrême pauvreté et de la faim.


C’est faisable, a-t-il assuré, en invitant à élever le niveau des investissements dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’énergie durable et à promouvoir l’égalité entre les sexes.  Il a aussi suggéré de bien intégrer les trois dimensions du développement durable dans le programme de développement pour l’après-2015, afin de ne laisser personne en marge.  Il faudrait également, a-t-il dit, prévoir un objectif séparé sur la question des changements climatiques qui viendrait appuyer les négociations dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur cette question.  Enfin, il a plaidé en faveur de la bonne gouvernance, de la paix, des droits de l’homme et de la justice, qui sont des éléments essentiels au développement durable.  Avant de conclure, le Ministre a aussi mis l’accent sur l’importance du financement du développement. 


M. NGUYEN THE PHUONG, Vice-Ministre du plan et des investissements du Viet Nam, est revenu sur le succès de son pays reconnu par tous.  Le Viet Nam a en effet réalisé environ 90% des OMD grâce à des réformes globales dans lesquelles le développement économique a été accompagné par le développement social.  Le pays a toujours considéré ses citoyens comme l’objectif et le moteur du développement.  Pour le Viet Nam, le programme de développement pour l’après-2015 doit être universel, global et centré sur l’homme et viser l’élimination de la pauvreté et le développement durable. 


Le programme doit se concentrer sur la réalisation de tous les OMD, la paix et la sécurité internationales comme conditions préalables du développement durable et la promotion de l’égalité entre États, en tenant compte de leur situation spécifique.  Il faut aussi que l’ONU continue à jouer son rôle important dans la coordination de la coopération internationale et des activités liées au développement.  Il faut également s’attaquer à l’impact des changements climatiques et des questions comme la nourriture, l’énergie et l’eau doivent être prioritaires.  La priorité doit encore être donnée au partenariat international et aux moyens de mise en œuvre, en accordant une attention particulière à la création d’un environnement économique et commercial favorable, au renforcement des appuis financiers, au transfert des technologies et au renforcement des capacité des pays en développement.


M. SOMCHITH INTHAMITH, Vice-Ministre du plan et des investissements de la République populaire démocratique lao, a voulu que le nouveau programme du développement soit mené de manière plus coordonnée et plus intégrée et soit doté d’un mécanisme de suivi adéquat et efficace.  Il doit aussi tenir compte de résultats obtenus dans la mise en œuvre des OMD ainsi que des besoins et des défis émergents auxquels doivent répondre les pays en développement et les groupes les plus vulnérables dans les pays.  Il faudrait s’assurer que les moyens de mise en œuvre soient disponibles et, en conséquence, répartir clairement les responsabilités entre les autorités locales, la société civile et le secteur privé.  La communauté internationale doit aussi redoubler d’efforts pour renforcer la coopération internationale.  


M. SIMON MUSANHU, Ministre de l’environnement, de l’eau et du climat du Zimbabwe, a souligné que la communauté internationale devrait achever la réalisation des OMD et a appelé les États Membres à accélérer les efforts déployés à cette fin.  Il a également voulu que le nouvel agenda pour le développement permette aux pays de réaliser une croissance économique inclusive, d’assurer des emplois décents, d’accélérer l’industrialisation, de développer des infrastructures et de faciliter l’accès à une énergie propre et abordable.  Parmi les enseignements tirés de la mise en œuvre des OMD, M. Musanhu a insisté sur l’importance des moyens permettant de renforcer les partenariats.  Les efforts déployés par les pays en développement en faveur de leur croissance économique et de leur développement doivent bénéficier de l’appui international, a-t-il souligné.  Il a, de même, souligné l’importance que revêtent la volonté politique et les engagements financiers pour réaliser ces objectifs.  Le Ministre du Zimbabwe a par ailleurs appelé le Forum politique de haut niveau à placer l’élimination de la pauvreté au cœur du programme de développement pour l’après-2015, mais aussi à générer davantage de leadership politique au niveau international.  Il a aussi dénoncé l’impact des industries extractives sur l’environnement.


M. RAYKO RAYTCHEV (Bulgarie) a dénoncé la persistance d’inégalités criantes dans le monde.  Il a appelé à la promotion efficace des ressources naturelles, en soulignant que les modes de production et de consommation doivent savoir évoluer.  Il a appelé à l’intégration, dans le nouvel agenda pour le développement, des différentes dimensions du développement durable, y compris des questions transversales.  M. Raytchev a aussi insisté sur la nécessité de reconnaître le rôle que joue la diversité culturelle.  Cette dimension, a-t-il dit, doit être intégrée au programme de développement pour l’après-2015.  L’égalité entre les sexes doit également être considérée comme une priorité et la situation des personnes handicapées mérite aussi une attention particulière, a-t-il par ailleurs estimé.


M. IVAN JUKL, Directeur général en charge des affaires économiques au Ministère des affaires étrangères de la République tchèque, a déclaré que la réforme de l’ECOSOC constitue une étape importante dans la réalisation des OMD.  Il a salué la tenue du Forum politique de haut niveau, ainsi que le partenariat et le dialogue avec le secteur privé et la société civile.  Les acteurs du secteur privé et de la société civile peuvent contribuer à stimuler la compétitivité, créer des emplois et protéger l’environnement.  Grâce à ce partenariat, la concurrence, l’innovation et la créativité seraient renforcées.  Ces différents acteurs du développement devraient en outre pouvoir s’exprimer à nos tribunes, en particulier devant l’ECOSOC.  La République tchèque, a-t-il annoncé, est candidate à un siège au sein de cet organe en 2016. 


M. GENNADY M. GATILOV, Vice-Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, a estimé que le programme de développement pour l’après-2015 devrait offrir une série de priorités permettant de renforcer les capacités de production, de libérer le potentiel humain et d’éliminer toutes les formes d’inégalités entre les populations, les pays et les régions.  À cet égard, les domaines clefs sont la stabilité macroéconomique, le plein emploi, la sécurité alimentaire, l’énergie, le transport, la santé et l’éducation.  Le Vice-Ministre a appelé à une coopération accrue dans la lutte contre les maladies non transmissibles et la promotion de la sécurité routière qui devraient être, selon lui, des indicateurs pour les objectifs de développement durable.  À cela, le Vice-Ministre a ajouté la lutte contre la drogue. 


Il s’est d’emblée opposé à toute politisation du programme de développement pour l’après-2015 comme l’introduction de questions qui n’appartiennent en rien au développement durable.  Il a cité la consolidation de la paix, l’état de droit et les droits de l’homme qui ont déjà des processus intergouvernementaux bien établis.  Ces questions, a-t-il argué, n’ont pas vraiment de définition universelle et des critères clairs d’évaluation.  Les inclure dans le concept de développement durable ne ferait que créer des chevauchements sans compter des controverses politiques féroces.  Lançant un appel au respect des engagements pris en matière d’aide publique au développement, le Vice-Ministre a souligné que son pays avait dépassé l’année dernière, les 600 millions de dollars.


M. OLEG YERMOLOVICH (Bélarus) a fait savoir que des progrès notables avaient été réalisés par son pays en matière de scolarisation et de réduction de la mortalité maternelle.  Le Bélarus a également réalisé un bon score en matière de développement humain.  M. Yermolovich a estimé que les pays dans le besoin devraient pouvoir bénéficier d’une assistance systématique, avant d’insister sur l’importance que revêt la paix pour le développement.  Le représentant a voulu que le futur programme de développement accorde une place prioritaire à la famille, « facteur naturel du développement ».  Il a aussi appelé à une meilleure coordination des efforts déployés par les États en matière de développement.


M. Yermolovich a ensuite déploré l’insuffisance de l’aide accordée aux pays à revenus intermédiaires et a appelé l’ONU à mieux coordonner les efforts qui leur sont destinés.  Ces pays méritent aussi d’obtenir une assistance précise pour les aider à atteindre le statut de pays développé, et c’est justement en période de transition qu’il faut intensifier la coopération, a-t-il souligné.  Le représentant a dénoncé, par ailleurs, l’adoption de mesures unilatérales qui entravent la réalisation des objectifs de développement définis au niveau international.


Mme ANNE WAIGURU, Secrétaire de Cabinet au Ministère de la décentralisation et de la planification du Kenya, a parlé des progrès importants accomplis par son pays dans la réalisation des objectifs en matière d’éducation primaire universelle et de VIH/sida, même s’il reste des difficultés à relever dans la lutte contre la pauvreté, les objectifs de santé et l’égalité des sexes.  Le Gouvernement a donc mis en place des stratégies et politiques cohérentes avec sa vision 2030 du développement et le futur programme de développement pour l’après-2015.  Le Kenya soutient le Document ministériel final de la première session de l’Assemblée des Nations Unies pour l’environnement (ANUE) qui s’est tenue en juin 2014 à Nairobi, a-t-elle indiqué.  Mme Waiguru a recommandé aux gouvernements de jouer un rôle important dans la réalisation du développement durable, avec le ferme engagement de toutes les parties prenantes.  Elle a donné l’exemple de son pays qui a tenu des consultations avec les femmes, les jeunes, les enfants, les personnes handicapées, les personnes âgées, les pauvres, les marginalisés et tous les groupes minoritaires.  Il faut aussi des ressources prévisibles et suffisantes et des mécanismes de responsabilisation, de contrôle et d’évaluation, a-t-elle estimé.  Elle a également suggéré de renforcer les capacités humaines et institutionnelles.  En conclusion, Mme Waiguru a recommandé d’adopter des modes de production et de consommation durables, notamment en encourageant les énergies renouvelables.


M. ANTHONY SMITH, Directeur des relations internationales au Ministère du développement international du Royaume-Uni, a déclaré que le programme de développement pour l’après-2015 sera plus complexe dans la mesure où il devra tenir compte de questions comme la bonne gouvernance et les changements climatiques.  Il a assuré que le Royaume-Uni avait atteint l’objectif d’octroyer 0,7% de son PIB à l’aide publique au développement.  M. Smith a en outre salué le rôle du Forum politique de haut niveau qui permet, a-t-il dit, d’assurer l’évaluation et le suivi de la réalisation des OMD.  Il a aussi préconisé l’utilisation de données qui est nécessaire pour connaître la réalité sur le terrain et pour déterminer les besoins de groupes les plus vulnérables. 


M. DAVID DONOGHUE (Irlande) a estimé que la mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015 sera difficile pour de nombreux États Membres.  Il a indiqué que les OMD n’avaient pas réussi à régler certaines questions politiques complexes mais nécessaires pour réduire la pauvreté.  Les OMD n’ont pas permis aux États d’obtenir les résultats escomptés, ce qui a marginalisé de larges groupes de la population du fait des inégalités, s’est-il inquiété.  M. Donoghue a estimé qu’il était nécessaire pour le nouvel agenda pour le développement de viser, outre les pauvres, d’autres groupes vulnérables.  La mise en place de mécanismes d’évaluation et de suivi est également nécessaire.  Le représentant a par ailleurs parlé de la nécessité de privilégier les technologies à faible émission de carbone.


M. ANTONIO DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) s’est dit surpris que le rapport du Secrétaire général n’indique pas Rio+20 comme une référence historique dans la réalisation des OMD.  Il a alors demandé à ce que le processus d’élaboration du programme de développement pour l’après-2015 tienne compte de Rio+20 comme le demande le Groupe des 77 et la Chine.  Le représentant a plaidé pour que l’APD reste une source de financement du développement.  Il a demandé aux pays qui n’ont pas respecté leur engagement à redoubler d’efforts en ce sens.  Cet engagement doit être intégré dans le programme de développement pour l’après-2015, a suggéré M. Patriota qui a réitéré que « Rio+20 devra rester la feuille de route du programme de développement pour l’après-2015 ».    


M. DESRA PERCAYA (Indonésie) a appelé à trouver les moyens qui permettent d’accélérer la réalisation des OMD et, en particulier, d’éradiquer la pauvreté.  « Nous devons reconnaître que l’objectif principal du programme de développement pour l’après-2015 devrait viser à renforcer la lutte internationale contre la pauvreté », a-t-il insisté en demandant également que le futur programme fixe un objectif sur l’emploi et sur les services sociaux de base.  La coopération est essentielle pour faciliter le transfert de technologies et un commerce international plus juste.  M. Percaya a également appelé à renforcer les partenariats mondiaux en vue de réaliser des objectifs de développement, en demandant que cela figure clairement dans le futur programme de développement.  La gouvernance institutionnelle pour le développement durable doit être efficace pour garantir la mise en œuvre des engagements, a rappelé le représentant.  Enfin, il a appelé à renforcer l’ECOSOC afin qu’il puisse jouer un rôle décisif dans la réalisation du développement durable.


Mme MIRSADA COLAKOVIC (Bosnie-Herzégovine) a indiqué que son pays avait achevé les OMD 3, 4, et 5 portant respectivement sur l’égalité entre les sexes, la réduction de la mortalité infantile et l’amélioration de la santé maternelle.  Il a fait des progrès significatifs dans les OMD 2, 6 et 8 visant respectivement à assurer l’éducation primaire pour tous, combattre le VIH/sida et mettre en place un partenariat mondial pour le développement.  L’OMD 1 et 7 -éliminer l’extrême pauvreté et préserver l’environnement ont connu des progrès limités.  La représentante a aussi indiqué que les efforts entrepris en faveur de l’OMD 1 avaient été freinés à cause de la crise financière mondiale.  Certains autres objectifs ne sont pas réalistes, a-t-elle fait remarquer, avant de demander qu’il faudrait en tenir compte dans l’élaboration du programme de développement pour l’après-2015.  Elle a indiqué que la gestion des conséquences des changements climatiques devrait se faire aux niveaux régional et mondial, en rappelant que deux mois auparavant son pays et la Serbie avaient subi des inondations dont les dégâts ont étés estimés à 2 milliards d’euros.  Une conférence des donateurs aura lieu à Bruxelles, le 16 juillet, pour venir en aide aux deux pays.


M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a expliqué que le développement ne devrait pas reposer seulement sur la politique publique mais aussi sur les actions des différents acteurs de la société.  Il a invité à se démarquer du modèle économique qui repose sur les revenus et les richesses, en visant l’objectif de cohésion sociale qui, a-t-il noté, n’est pas facile à réaliser.  Le représentant a par ailleurs plaidé en faveur du suivi et de l’évaluation de la réalisation des objectifs de développement.  Dans le passage des OMD aux objectifs de développement durable, il a estimé que la conception d’un plus grand nombre d’objectifs en vue d’une application universelle devrait inciter tous les pays à participer à ces efforts.  Cela oblige aussi, selon lui, à réviser la définition traditionnelle du développement et de la pauvreté.  La portée du futur programme de développement sera sans doute plus ambitieuse que celle des OMD, a-t-il prévenu, en mettant l’accent sur l’importance des partenariats en faveur du développement qui devraient être plus étendus que ceux prévus pour la réalisation de l’OMD 8. 


M. ASOKE K. MUKERJI (Inde) a estimé que le programme de développement pour l’après-2015 devrait tenir compte des récents changements dans le monde, mais aussi de la persistance de la pauvreté extrême, de l’accès inégal à l’éducation et à la santé, des taux élevés de chômage, des écarts de ressources au sein des pays et entre pays.  Le programme de développement pour l’après-2015 devrait tenir compte de ces différences qui existent dans le monde.  On doit passer à un modèle de développement qui favorise la croissance, a suggéré M. Mukerji. 


M. MOOTAZ KHALIL (Égypte) a déclaré qu’un agenda transformateur en matière de développement était en train de prendre forme.  L’élimination de la pauvreté a été au centre des OMD, a-t-il rappelé, tout en estimant que les stratégies nécessaires n’avaient pas été suffisamment définies pour assurer leur réalisation.  Il a demandé de favoriser l’accès au financement du développement, ce qui est plus important, de l’avis de sa délégation, que l’aide au développement.  « Nous devons, a-t-il dit, créer un environnement mondial propice pour que chaque pays puisse assurer son propre développement. »  Cela exige une bonne gouvernance mondiale, une coopération dans le domaine de la technologie et un appui aux efforts des pays en développement.  Il faudrait aussi, a-t-il ajouté, revitaliser les partenariats en faveur du développement.  Aucun pays ne doit se voir empêché de rééchelonner sa dette à cause des fonds spéculatifs, a-t-il estimé.  M. Khalil a souhaité, par ailleurs, que les orientations pour l’après-2015 soient définies lors de cette session, en mobilisant tous les acteurs du développement.  Il a aussi demandé que le Forum politique de haut niveau maintienne une participation active de la société civile, en l’associant à ses sessions d’examen.


M. ZOHRAB MNATSAKANYAN (Arménie) a demandé au Forum politique de haut niveau de promouvoir l’intégration des trois piliers du développement durable et de déclarer que la paix et la sécurité, la bonne gouvernance et les droits de l’homme constituent la base indispensable du développement durable.  Il a apprécié que le rapport du Secrétaire général prévoie les moyens d’intégrer ces trois piliers.  M. Mnatsakanyan s’est dit convaincu qu’un processus inclusif permettra de passer des OMD aux objectifs de développement durable, tout en prévenant que les résultats seront évalués à la lumière de la mise en œuvre effective des objectifs.  Le représentant a ensuite partagé l’expérience de son pays, l’un des 50 États invités à mener des consultations nationales sur le programme de développement pour l’après-2015.  Sur cette base, des domaines prioritaires ont été identifiés, comme la croissance économique inclusive et l’emploi.  Le Forum politique de haut niveau devra envisager un nouveau programme de développement de portée mondiale mais qui tienne compte des priorités de chaque pays, a-t-il conclu, avant d’annoncer l’organisation d’un atelier régional, en octobre prochain en Arménie, sur la gouvernance et le développement durable.


M. FERNANDO JORGE WAHNON FERREIRA (Cabo Verde) a demandé que le Document final adopté à la Conférence de Rio+20 figure en bonne place dans le rapport examiné aujourd’hui.  S’agissant de la réalisation des OMD au Cabo-Verde, certains aspects de l’OMD 7 restent à atteindre tandis que tous les autres OMD sont réalisés, a fait savoir le représentant.  M. Ferreira a aussi déploré la classification de son pays parmi les pays à revenus intermédiaires qui a eu pour conséquence une réduction de l’accès aux ressources.  Il a espéré que la prochaine réunion internationale sur les États insulaires apporte des vraies réponses aux questions qui se posent aux pays insulaires en développement comme le Cap-Vert.  Il a enfin déclaré que les petits États insulaires ne sauraient pas faire face par eux-mêmes aux conséquences des changements climatiques et a demandé qu’il y ait une solidarité internationale pour leur venir en aide.     


M. IB PETERSEN (Danemark) a demandé de ne pas sous-estimer l’impact des OMD, même si les progrès ont été inégaux.  Il a demandé d’accélérer les efforts pour les atteindre d’ici à 2015.  Il a fait valoir que le Danemark avait dépassé l’objectif de 0,7% de son PNB consacré à l’aide publique au développement, cette aide ayant atteint 0,84% de son PNB.  Il a demandé de bien tenir compte des trois dimensions du développement durable, en invitant aussi à mettre la paix et la stabilité au premier plan dans les conditions à instaurer pour sa réalisation.  M. Petersen a ensuite souligné le caractère multipartite de l’ECOSOC, en appréciant qu’il évite les doublons dans le système des Nations Unies.  Le Forum politique de haut niveau devra prouver qu’il peut s’acquitter de son mandat et répondre aux nombreuses attentes, a-t-il dit.  Ce mécanisme doit donc être inclusif et garantir la reddition de comptes.  Quant au rapport mondial sur le développement durable, il a souhaité qu’il renforce les liens entre la science et les politiques, en espérant qu’il fournirait une réelle valeur ajoutée.


M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie), a demandé à ce que le Forum politique de haut niveau montre la voie pour un ambitieux programme de développement pour l’après-2015.  Le Forum devrait encourager à prendre en compte des données scientifiques dans les politiques internationales qui sont essentielles pour la mise en œuvre des ODD pour l’après-2015.  Il devrait être le catalyseur pour le renforcement du partenariat mondial en faveur du développement durable que les Nations Unies et d’autres parties prenantes appuient fermement.  Le Forum devrait servir de plateforme pour évaluer les défis mondiaux de manière intégrée et holistique.  Les débats thématiques du Forum devraient porter sur les trois dimensions du développement durable et du programme de développement pour l’après-2015.  Le Forum devrait prendre une décision sur l’établissement du rapport sur le développement durable.  Il devrait aussi assurer le suivi des progrès en faveur des ODD. 


M. IBRAHIM DABBASHI (Libye) a salué la tenue prochaine, en Éthiopie, de la conférence sur le financement du développement.  Il a appelé les États Membres à faire en sorte que le Forum politique de haut niveau s’avère capable de remédier aux lacunes en termes de cohérence des politiques relatives au développement.  Il a constaté qu’en dépit des progrès réalisés, de nombreux pays peinaient encore à atteindre les OMD.  De ce fait, les objectifs non réalisés doivent être intégrés dans le programme de développement pour l’après-2015, de même que le principe de responsabilité commune mais différenciée.  Le représentant a aussi insisté sur la nécessité d’octroyer suffisamment de ressources à la réalisation des OMD et de combler l’écart technologique entre les pays développés et les pays en développement.


M. Dabbashi a ensuite fait remarquer que les pays en développement étaient plus vulnérables aux effets des changements climatiques et a souhaité que les négociations visant à trouver un accord pour mieux répondre à ce phénomène soient accélérées.  Outre les émissions de gaz à effet de serre, M. Dabbashi s’est notamment inquiété de l’augmentation de la désertification, fléau, a-t-il expliqué, dont souffre en particulier la Libye.  Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) estime à 16 milliards de dollars le montant des pertes liées à ce phénomène, s’est-il alarmé.  Les États Membres, a-t-il souligné, doivent accorder une attention particulière à cette question.


M. EMMANUEL OLUWADARE OGUNTUYI (Nigéria) a plaidé en faveur d’un cadre de mise en œuvre inclusif pour les futurs objectifs de développement durable.  Le cadre de développement pour l’après-2015 devrait s’inscrire dans la continuation des OMD, a-t-il ajouté.  Le représentant a aussi demandé d’intégrer avec habileté les trois dimensions du développement durable et de prévoir des objectifs concrets.  Le mois prochain à Abuja, se tiendra un sommet présidentiel pour discuter de ces questions, a-t-il annoncé.  Pour faire face au défi majeur que posent les changements climatiques, il faudrait 30 milliards de dollars pour prendre les mesures d’atténuation et d’adaptation nécessaires pour le seul continent africain.  Il faudrait donc recourir à des partenariats internationaux, a-t-il conseillé, en prévoyant au départ des programmes nationaux efficaces.  Il faudrait également envisager des mécanismes novateurs de financement du développement et réduire la dépendance vis-à-vis des ressources naturelles.  Le représentant a estimé que tout ceci devrait être inclus dans le programme de développement pour l’après-2015.  Il a également recommandé de prévoir des indicateurs précis pour mesurer la réalisation des objectifs.


M. SHEKU MESALI (Sierra Leone) s’est inquiété des inégalités rencontrées dans la réalisation des OMD.  Il a dénoncé le fait que certains objectifs avaient été définis sans tenir compte de la différence et des besoins spécifiques des pays.  Il a aussi parlé de l’impact néfaste des changements climatiques sur les pays en développement.  Le représentant a par ailleurs estimé que le programme de développement pour l’après-2015 devrait accorder une attention prioritaire aux jeunes, en soulignant notamment que de nombreux conflits étaient liés au manque de perspectives dont souffre cette catégorie de la population.  Davantage d’attention, a-t-il dit, doit surtout être accordée à leur autonomisation et à la création d’emplois qui leur sont destinés.  Le représentant a aussi insisté pour que chaque objectif de développement durable soit assorti d’un mécanisme de mise en œuvre.  Il a ensuite mis en garde contre l’adoption d’un modèle unique pour tous.


M. SHAVENDRA SILVA (Sri Lanka) a estimé qu’une croissance économique rapide qui profite à tous, l’emploi des jeunes et la protection de l’environnement étaient des objectifs primordiaux qui doivent faire partie du programme de développement pour l’après-2015.  Il a également invité à intégrer les préoccupations des jeunes dans ce programme, comme cela avait été discuté lors du Forum des jeunes qui a eu lieu à Colombo au printemps dernier.  Ces jeunes ont appelé à intensifier les efforts afin de leur offrir de nouvelles perspectives, a-t-il indiqué, en invitant à lutter en particulier contre le chômage des jeunes.  Pour sa part, le Sri Lanka est en train de combler les lacunes existantes dans la réalisation des OMD, a indiqué le représentant.  Il a assuré qu’avec une croissance rapide et l’appui des technologies, son pays parviendra à les réaliser.


M. IOSIF DISKIN, Rapporteur général de l’Association internationale des conseils économiques et sociaux et institutions similaires (AICESIS), a averti contre le risque que représente la dispersion des efforts de la communauté internationale résultant d’une trop grande multiplication de cibles.  Il a appelé à l’adoption d’une démarche plus intégrée, ainsi que l’adoption de mécanismes novateurs en matière de financement.  Le représentant a également appelé à ce que le programme de développement pour l’après-2015 accorde, entre autres, une plus grande place aux femmes, aux jeunes et aux personnes handicapées.  M. Diskin a également souligné que la création, au sein du programme, d’indicateurs de suivi était essentielle.


Mme BALASHOVA, Organisation publique russe des personnes souffrant de la sclérose en plaques, a expliqué que cette maladie touchait 500 000 personnes dans le monde, dont 70% des jeunes femmes.  Elle a indiqué que 40% seulement des malades russes étaient satisfaits des services de santé dont ils bénéficient, en ajoutant que le coût des médicaments en Russie était très élevé.  Cependant, grâce aux actions de son organisation, le nombre de centres de santé a été multiplié par six.  La représentante a plaidé en faveur de l’organisation d’audits des organes de santé publics.  Elle a aussi proposé la création d’un lieu de discussion pour partager les compétences en matière de santé publique, où les ONG pourraient faire part de leur expérience.


M. CAVALIERI CIBJO, Organisation internationale de la joaillerie, a expliqué que son organisation accordait une attention particulière au problème des diamants du sang.  L’organisation a notamment établi, à l’intention de ses membres, une formation spéciale dans le but de promouvoir la responsabilité sociale des entreprises.  Un problème a par ailleurs été élaboré dans le but d’assurer le contrôle de l’ensemble de la chaîne de production de diamants.


M. PARMEGIANI, Legion of Goodwill, a appelé la communauté internationale à faire preuve de coopération, en invitant la société civile à y participer.  Son organisation investit depuis 60 ans dans l’éducation et la spiritualité, pour que les jeunes générations se préparent à une société plus solidaire, a-t-il expliqué.  Il a ainsi recommandé de mettre l’accent sur l’éducation dans le programme de développement pour l’après-2015.


Dialogue ministériel: « Un programme universel de politique intégrée pour la mise en œuvre de Rio+20 et réaliser l’avenir que nous voulons »


Animé par Mme HELEN CLARK, Administratrice du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), ce dialogue a vu les interventions de Mme Nana Oye Lithur, Ministre de l’égalité des sexes, des enfants et de la protection sociale du Ghana; M. Yoon Seong-kyu, Ministre de l’environnement de la République de Corée; Mme Silvia Velo, Secrétaire générale adjointe pour l’environnement terre et mer de l’Italie; et M. Janez Potočnik, Commissaire européen pour l’environnement.  Participaient aussi à ce débat: M. Palouki Massina, Ministre, Secrétaire général du Gouvernement du Togo; M. Federico Ramos de Armas, Vice-Ministre pour l’environnement de l’Espagne; M. Liu Jieyi, Représentant permanent de la Chine auprès de l’ONU; M. Tony Pipa, Administrateur assistant adjoint de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID); et M. Martin Chungong, Secrétaire général de l’Union interparlementaire (UIP).


Tout en appelant à la définition d’objectifs de développement pour l’après-2015 qui soient respectueux des trois piliers du développement durable que sont le développement économique, le développement social et la protection de l’environnement, les intervenants ont appelé les États Membres à choisir et définir des objectifs qui soient de plus en plus ambitieux en matière de protection du patrimoine naturel mondial.  Ces objectifs de protection de l’environnement et d’un développement économique qui se fasse de manière à être équitable passent par le respect de la primauté du droit et d’une gouvernance démocratique, ont insisté plusieurs intervenants.     


« La qualité de l’air de la planète est bien meilleure aujourd’hui qu’elle ne l’était il y a 20 ans », a dit le Commissaire européen pour l’environnement en précisant que cela démontrait l’efficacité des politiques adoptées à cet égard et l’importance de la participation du secteur privé à leur mise en œuvre.  Il a insisté pour que le découplage absolu entre la croissance économique et son impact environnemental ne soit désormais plus une option, mais une obligation incontournable qui doit être respectée par tous.  Il a appelé à la promotion du concept « d’économie circulaire », qui imposerait des objectifs de recyclage de 70% des restes de biens consommés et des emballages utilisés, garantissant ainsi que le développement économique ne se traduise pas par une dégradation automatique de l’environnement naturel. 


De son côté, Mme NANA OYED LITHUR, la Ministre de l’égalité des sexes, des enfants et de la protection sociale du Ghana, a appelé à trouver des solutions aux faits et politiques qui servent de moteurs aux inégalités économiques, sociales et politiques.  Elle a précisé que le taux de pauvreté est passé de 47 à 19% dans son pays entre 1990 et 2012.  La Ministre a dit qu’il est important de faire participer la société civile aux actions à lancer, et d’assurer la bonne gouvernance, la transparence et la redevabilité dans la mise en œuvre des recommandations issues de la Conférence internationale sur le développement durable de 2012 (Conférence Rio+20).


La Secrétaire générale adjointe pour l’environnement terre et mer de l’Italie, Mme SILIVIA VELO, a appelé à l’établissement d’un nouveau modèle de développement mondial basé sur un équilibre entre l’universalité et de la différenciation, afin de garantir une prospérité pour tous en préservant les ressources et les acquis environnementaux.  M. PALOUKI MASSINA, le Ministre et Secrétaire général du Gouvernement du Togo, a souhaité la mise sur pied d’un nouveau partenariat international responsable, équitable et humaniste, qui soit capable de traduire la croissance économique en création d’emplois.  « Mais pour parvenir à ce but » a-t-il dit, « il faut que la communauté internationale révise les accords commerciaux internationaux actuels, réforme les institutions économiques et financières internationales et annule la dette ».  Il a souhaité que les États fragiles ou sortant de conflits disposent, après 2015, d’une période de 3 à 5 ans pour mettre à niveau leurs capacités et leurs compétences, avant d’appeler les Nations Unies et les États Membres à mettre en place des indicateurs clairs et faciles à mettre en œuvre pour pouvoir suivre les progrès réalisés.


« Le nouveau programme de développement doit se concentrer sur l’éradication de la pauvreté en respectant le patrimoine environnemental », a quant à lui estimé le Vice-Ministre pour l’environnement de l’Espagne en souhaitant que la durabilité soit le pivot de tout objectif de développement pour l’après-2015.  Dans ce contexte, il a estimé qu’un projet de développement ne tenant pas compte des objectifs de protection de l’environnement ne pouvait plus être considéré comme du développement. 


« Dans chaque pays et sur la scène mondiale, il faut mettre en place un contrat social et créer un développement inclusif garanti par la gouvernance démocratique », a dit le Secrétaire général de l’Union interparlementaire (UIP) avant de mettre l’accent sur l’importance de la bonne gouvernance et sur celle du rôle que doivent jouer les parlements pour assurer dans chaque pays une meilleure égalité sociale.  Le Ministre de l’environnement de la République de Corée, ainsi que le représentant de la Chine ont mis l’accent sur la nécessité de respecter et d’appliquer dans les faits le principe de la responsabilité commune mais différenciée des pays en ce qui concerne le traitement de la question posée par les émissions des gaz à effet de serre, responsables des changements climatiques. 


Dialogue ministériel « Tisser des réalités régionales et des priorités régionales dans le programme de développement pour l’après-2015 »


Ce dialogue, présidé par le Vice-Président du Conseil économique et social (ECOSOC), M. OH JOON (République de Corée), visait à montrer l’importance du rôle joué par les régions et les organisations régionales, un rôle qui est, depuis quelques années, de plus en plus reconnu par la communauté internationale.


Au moment où s’élabore le programme de développement pour l’après-2015, il est essentiel en effet d’acquérir une bonne compréhension de ce que sont les perspectives régionales, ainsi que les entraves et les solutions qui se posent à ce niveau sur la voie du développement durable.


M. JUAN SOMAVIA, Conseiller spécial du Secrétaire général sur la Coopération politique interrégionale, qui animait la discussion, a estimé qu’il convenait de conférer une valeur ajoutée, sous l’angle régional, à ce qui sera décidé en décembre 2015.  Les pays en développement se trouvent dans une situation particulière et essaient de répondre aux crises financières de manière autonome.  Les crises financières sont complexes, et doivent faire l’objet de décisions au niveau des régions, a-t-il relevé.


Mme OLGA MARTA SÁNCHEZ OVIEDO, Ministre de la planification nationale et de la politique économique du Costa Rica, a affirmé que la pauvreté extrême portait atteinte aux droits de l’homme.  Le cinquième de la population du Costa Rica souffre depuis quatre décennies des inégalités et de l’exclusion en raison de la pauvreté, a-t-elle indiqué.  Elle a mis l’accent sur la nécessité, notamment, de diversifier l’offre en matière d’éducation et d’améliorer les hôpitaux, d’atténuer les effets des changements climatiques, d’encourager les investissements et la concurrence économique, de renforcer les infrastructures, d’éliminer la violence et les délits, d’améliorer la qualité de vie des personnes, et d’assurer l’approvisionnement des populations en eau potable.


Mme SHAMSHAD AKHTAR, Secrétaire exécutive de la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (CESAP), a parlé de trois domaines additionnels, ceci en appui au travail accompli par le Groupe de travail à composition non limitée.  Elle a ainsi mis l’accent sur la dynamique démographique dans la région de la CESAP, ainsi que sur la nécessité de renforcer la résilience économique, alors que la région a été exposée à des secousses sociales dues à l’augmentation des prix de base.  La Région de la CESAP a également ressenti le contrecoup des crises économiques et financières. 


Il convient aujourd’hui au niveau régional de renforcer la coordination des politiques, a dit Mme Akhtar.  Elle a indiqué que dans la région, un certain nombre de pays avaient mis en place des instances qui analysent les stratégies et les plans de développement durable.  Il faudrait agir sur les moyens d’exécution du développement durable, les commissions régionales devant constituer un comité pour le financement, la science et la technique, a-t-elle estimé.


M. MARCIN KOROLEC, Envoyé spécial pour les changements climatiques, de la Pologne, a en particulier insisté sur la nécessité d’assurer une gestion rationnelle des eaux transfrontalières.  Il s’agit également, selon lui, de voir comment développer l’éducation pour changer le comportement des sept milliards d’habitants de la planète, qui seront neuf milliards en 2050, a-t-il préconisé en vue de faciliter le développement durable. 


M. ANTHONY MOTHAE MARUPING, Commissaire responsable des affaires économiques de la Commission de l’Union africaine, a affirmé que celle-ci plaidait en particulier en faveur d’une croissance accélérée stable et intégrée pour faciliter la création d’emplois décents.  Cette croissance se fera grâce, notamment, au développement des infrastructures, des technologies de l’information, d’une agriculture viable, ainsi qu’à travers l’autonomie alimentaire, l’intensification de l’extension du secteur privé, et le développement des transports. 


De même, a dit M. Maruping, il convient d’assurer une meilleure productivité et de la garantir sur le long terme.  Il a également souligné que l’égalité des sexes et l’autonomie des femmes, et l’engagement des jeunes, étaient des considérations importantes et transversales.


M. SIHASAK PHUANGKETKEOW, Secrétaire permanent aux affaires étrangères de la Thaïlande, a souligné que l’intégration régionale s’accentuait dans la région Asie-Pacifique, et c’est un facteur qui contribue, a-t-il dit, à augmenter les flux migratoires.  La Thaïlande accueille quatre millions de travailleurs étrangers, a-t-il précisé, mettant l’accent sur la nécessité de renforcer les politiques migratoires, de même que la coopération internationale dans ce domaine.  Il a également insisté sur le problème posé par le vieillissement de la population.


M. SHAHIDUL HAQUE, Ministre des affaires étrangères du Bangladesh, a indiqué que le régionalisme et les instances de coopération régionale avaient joué un rôle de catalyseur dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a mis l’accent sur la nécessité de se mettre d’accord sur la prise de mesures de connectivité, laquelle peut renforcer la paix et la stabilité, de même que les contacts entre les personnes.  Il a par ailleurs insisté sur l’importance de mettre en place des partenariats inclusifs à différents niveaux: international, régional et national.


M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER, Haut-Représentant des Nations Unies pour l’Alliance des civilisations, a déclaré que les institutions régionales devaient se voir reconnaitre le rôle qui leur incombe dans l’application des mesures de développement durable.  Il a mis l’accent sur la nécessité de s’interroger sur la façon de savoir comment profiter de ce qui a été déjà fait au niveau régional depuis 20 ans.  « Que peuvent faire de mieux les gouvernements pour aider les organisations régionales? » a-t-il également demandé. 


Mme GIGI FRANCISCO, Coordonnatrice mondiale de « Development Alternatives for Women in the New Era » (DAWN), et Présidente du Département des études internationales au Miriam College, aux Philippines, qui représentait le grand groupe des femmes, a mis l’accent sur la nécessité de réduire les risques dans les partenariats public et privé et de lutter contre l’évasion fiscale.  L’inclusion des femmes doit aussi être respectée, a-t-elle dit.  Il faut assurer une participation égale des hommes et des femmes au développement, a-t-elle insisté. 


Le représentant du Chili a demandé ce qui était prévu pour faire face à la remise au goût du jour du charbon comme source d’énergie.


Son homologue de la Fédération de Russie a appelé les commissions régionales à mettre au point des processus permettant que des contributions de fonds soient faites au Forum de haut niveau.  Il s’est dit surpris du fait que certaines délégations continuent de diminuer le rôle des commissions régionales, celui-ci devant être au contraire renforcé.


Le délégué de la Zambie a estimé qu’il convient de libérer d’urgence le monde de la pauvreté et de la faim.  


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