18/7/2014
Conseil de sécurité
CS/11481

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité                                        

7219e séance – matin                                       


RÉUNIS EN URGENCE APRÈS LE CRASH DE L’AVION DE LA MALAYSIA AIRLINES EN UKRAINE, LES MEMBRES DU CONSEIL

DE SÉCURITÉ DEMANDENT L’OUVERTURE D’UNE ENQUÊTE INTERNATIONALE INDÉPENDANTE, COMPLÈTE ET CRÉDIBLE


Après qu’un appareil de la compagnie Malaysia Airlines ait été abattu hier, probablement par un missile sol-air, alors qu’il survolait la zone du conflit opposant des groupes séparatistes au Gouvernement de l’Ukraine dans l’est du pays, le Conseil de sécurité a tenu aujourd’hui une réunion pour débattre de ce tragique incident et de la situation en Ukraine.  « Le conflit a dépassé la ligne de front et met désormais en danger la vie de tous, y compris celle d’enfants de différents pays », a déclaré avec alarme le représentant du Rwanda et Président du Conseil de sécurité pour le mois de juillet, qui, à l’instar de toutes les autres délégations présentes, a demandé le lancement d’une enquête internationale indépendante sur les circonstances et les responsabilités de l’accident survenu hier. 


Le décompte macabre du crash de l’avion a été présenté aujourd’hui par le représentant de la Malaisie: sur 298 passagers, dont 80 enfants, on déplore la mort de 189 Néerlandais, 44 Malaisiens, 27 Australiens, 12 Indonésiens, 9 Britanniques, 4 Allemands, 4 Belges, 3 Philippins, 1 Canadien, 1 Néo-Zélandais et 4 autres voyageant à bord de l’appareil, mais dont la nationalité n’a pas encore été déterminée.  « Nous venons juste d’apprendre que parmi ces quatre autres passagers figuraient trois Vietnamiens », a annoncé le représentant du Viet Nam, intervenant vers la fin de la réunion.


« Voici les faits », a déclaré la représentante des États-Unis: « l’avion malaisien a probablement été abattu par un missile sol-air, un « SA-11 », tiré à partir d’une zone contrôlée par les séparatistes dans l’est de l’Ukraine ».  L’appareil volait à une vitesse de croisière à 30 000 pieds dans un couloir aérien réservé au trafic commercial, a-t-elle indiqué, ajoutant que « peu avant l’incident, les séparatistes armés d’un système SA-11 ont été aperçus près du site où l’avion est tombé ». 


« Les séparatistes ont d’ailleurs tout de suite revendiqué la destruction d’un « avion militaire » et ont posté des vidéos sur Internet qui concernaient directement l’avion de la Malaysia Airlines », a accusé la représentante.  Elle a déclaré que sur les médias sociaux, « des leaders séparatistes se sont également vantés d’avoir abattu un avion, avant d’effacer ensuite leurs messages ».  Compte tenu de la complexité du SA-11, « il est peu probable que les séparatistes aient pu opérer sans l’assistance d’un personnel qualifié ».  « Nous ne pouvons donc écarter l’idée d’une assistance russe », a accusé la représentante des États-Unis, en parlant des séparatistes « qui avaient déjà abattu un avion de transport, un hélicoptère et un avion-cargo militaire ukrainiens, les 13 juin, 24 juin et 14 juillet ».  


Dans son intervention, le représentant de la Chine a exprimé le choc ressenti par sa délégation à l’annonce de la tragédie.  Il a ensuite invité les intervenants à faire preuve de discernement et à s’abstenir de lancer des accusations sans preuves tangibles.  La Chine demande que l’on ouvre la voie à la conduite d’une enquête internationale bien coordonnée et transparente, a-t-il dit.


« Pourquoi les autorités ukrainiennes ont-elles laissé un avion commercial voler dans un espace aérien couvrant une zone qui n’était pas sûre? », a demandé le représentant de la Fédération de Russie.  La fermeture des frontières aériennes de l’Ukraine n’a été décidée qu’aujourd’hui, pourquoi pas hier? a-t-il insisté.  Tout en soutenant l’ouverture d’une enquête, il a dit qu’il fallait éviter de faire des pressions qui pourraient influencer la manière dont elle sera menée.  Cette enquête doit être crédible, a souligné le représentant.  Il a ensuite accusé les États-Unis d’avoir encouragé les autorités de Kiev à l’escalade en soutenant l’offensive qu’elles ont lancée contre les groupes de l’est du pays.  « Mais le Gouvernement des États-Unis veut aujourd’hui faire porter à la Fédération de Russie la responsabilité des conséquences négatives de sa politique et de ses choix en Ukraine », a dénoncé le représentant. 


« La question à se poser est plutôt de savoir où les « terroristes » ont acquis leurs armes », a pour sa part estimé le représentant de l’Ukraine qui a indiqué que son pays « a remis au Conseil de sécurité l’enregistrement d’une conversation entre séparatistes après l’accident survenu à l’avion ».  Il y a des preuves montrant que c’est la Fédération de Russie qui a fourni le missile SA-11 aux séparatistes, a-t-il argué. 


Le représentant ukrainien a à son tour demandé l’ouverture d’une enquête internationale, « complète et indépendante ».  En début de réunion, le Secrétaire général aux affaires politiques avait annoncé que l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a offert ses services aux autorités ukrainiennes.  Celles-ci, a annoncé le représentant de la Malaisie, ont invité officiellement la Malaisie à prendre part à l’enquête.  Le Secrétaire général de l’ONU parlera à l’OACI demain.  Un certain nombre de délégations ont demandé que le site du sinistre et les boîtes noires de l’appareil soient protégées « pour éviter toute manipulation ».  Appuyé par plusieurs délégations, le représentant de l’Australie a appelé les 15 membres du Conseil de sécurité à montrer leur détermination à faire toute la lumière sur cette affaire, et à adopter une résolution qui insisterait sur la nécessité de garantir aux enquêteurs un accès sans entrave au lieu du crash dans le cadre d’une enquête « internationale, indépendante et approfondie ». 


La situation dans l’est de l’Ukraine ne cesse de se détériorer, ont confirmé aujourd’hui encore le représentant ukrainien et le Secrétaire général aux affaires politiques, qui a déploré que: « la lueur d’espoir qui a suivi l’annonce du plan de paix, y compris le cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et les groupes armés, soit en train de se dissiper.


La réunion du Conseil a observé une minute de silence en mémoire des 298 victimes, parmi lesquels 80 enfants, du vol MH17 de la Malaysia Airlines.


LETTRE DATÉE DU 28 FÉVRIER 2014, ADRESSÉE À LA PRÉSIDENTE DU CONSEIL DE SÉCURITÉ PAR LE REPRÉSENTANT PERMANENT DE L’UKRAINE AUPRÈS DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES (S/2014/1136)


Déclarations


M. JEFFREY FELTMAN, Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, a regretté que, face à une crise toujours plus grave en Ukraine, la lueur d’espoir qui a suivi l’annonce du plan de paix, y compris le cessez-le-feu entre les forces gouvernementales et les groupes armés, se soit dissipée.  L’ONU ne peut décrire, de manière indépendante, les circonstances de l’accident de l’avion de la Malaysia Airlines, mais le Secrétaire général a reçu des informations selon lesquelles un missile sophistiqué a été utilisé.  Le Secrétaire général condamne cet acte perpétré contre un avion civil, qui témoigne de la gravité d’une crise dont les conséquences touchent tous les pays.  Un employé de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) fait partie des victimes, dont les deux tiers sont des Néerlandais.  Environ 80 enfants étaient à bord de l’appareil.  Le Secrétaire général a demandé une enquête et l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a offert aux autorités ukrainiennes ses services.  Le Secrétaire général devrait parler à l’OACI demain. 


Après l’annonce du 30 juin, qui portait sur la fin du cessez-le-feu et annonçait la reprise, par l’armée ukrainienne, de « l’opération de sécurité et de rétablissement de la loi dans l’est de l’Ukraine », les combats entre le Gouvernement et les groupes armés se sont intensifiés dangereusement.  D’après les autorités ukrainiennes, de nombreux villes et villages sont retournés sous le contrôle de l’autorité du Gouvernement.  Toutefois, les combats ont continué dans les villes de Lugansk et de Donetsk où les groupes armés semblent avoir consolidé leur présence.  Plus tôt cette semaine, une bataille violente a eu lieu à l’aéroport international de Lugansk, qui semble à présent être sous le contrôle des autorités ukrainiennes, a dit M. Feltman.


La situation à la frontière avec la Fédération de Russie est particulièrement préoccupante, a ajouté le Secrétaire général adjoint.  S’il est impossible pour les Nations Unies de vérifier, de manière indépendante les informations disponibles, ces derniers jours, un certain nombre d’incidents meurtriers et de combats intenses ont eu lieu dans la région. 


Le 13 juillet, le Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie a publié une déclaration notant qu’un citoyen russe a été tué et que deux autres ont été gravement blessés, après une attaque de l’armée ukrainienne, qui a rejeté cette accusation.  Dans la même déclaration, le Ministre a prévenu que l’escalade dangereuse du conflit pourrait avoir des conséquences irréversibles dont l’Ukraine devrait être tenue pour responsable.  Mais les autorités ukrainiennes affirment que leurs gardes de sécurité auraient subi une attaque des groupes armés.  Il faut mettre fin à ce conflit, comme l’a dit le Secrétaire général.  C’est un conflit qui, selon le Bureau de la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, a déjà causé 500 morts et 1 400 blessés. 


Sur le front diplomatique, le Secrétaire général adjoint a fait part de la Déclaration de Berlin, en date du 2 juillet, signée par les Ministres des affaires étrangères de la Fédération de Russie, de l’Allemagne, de la France et de l’Ukraine.  Mais les progrès tardent, s’est-il impatienté, avant d’annoncer que le Secrétaire général lui a demandé de retourner dans la région.


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a déclaré que cette réunion du Conseil de sécurité se déroule en un moment tragique où le vol de la Malaysia Airlines, MH17 a été abattu au dessus de l’Ukraine.  Neuf citoyens britanniques sont morts dans cet accident.  Le représentant a demandé que les circonstances qui ont entouré cet accident soient mises à jour et connues et que pour ce faire, une enquête internationale indépendante soit menée par l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI).  La Fédération de Russie doit apporter son assistance à cette enquête, et les enquêteurs internationaux de l’OACI doivent avoir un accès sans entrave à la zone de l’accident, a préconisé M. Grant.  La Fédération de Russie doit demander aux groupes séparatistes de donner aux enquêteurs un accès sans limite à la zone de l’accident


Le représentant a ajouté que ce n’est pas la première fois que des avions sont la cible d’attaques dans l’est de l’Ukraine.  Il a rappelé les trois derniers incidents durant lesquels des avions ukrainiens ont été abattus par les séparatistes au dessus de la zone.  Nous devons nous poser des questions sur cette situation, a-t-il poursuivi.  Les trois principales personnalités de la « République de Donetsk » sont des ressortissants russes, a accusé M. Grant en ajoutant que « des armes ont été livrées aux séparatistes ainsi que 20 chars et autres véhicules armés ».  La Fédération de Russie doit réfléchir à la situation qu’elle a créée, a-t-il dit.


Le Conseil de sécurité a pour responsabilité de faire en sorte que ce genre d’incidents ne se reproduise plus.  Le Conseil doit faire preuve d’unité en condamnant ces actes, a estimé le représentant en estimant que les groupes séparatistes ont toujours rejeté les propositions de paix et de sortie de crise.  Le Conseil de sécurité doit aller plus loin que la déclaration présidentielle adoptée aujourd’hui, a-t-il préconisé.  Il a demandé aux groupes séparatistes de déposer les armes.


M. MAHAMAT ZENE CHERIF (Tchad) a parlé de l’accident survenu à l’appareil de la Malaysia Airlines, qu’il a qualifié « d’évènement tragique qui affecte la paix et la sécurité de toute la communauté internationale », de par la diversité des nationalités des victimes. Il a demandé qu’une enquête internationale, complète et indépendante, soit menée, et a salué la disponibilité des autorités ukrainiennes à élargir l’enquête aux experts internationaux.  Il a réitéré l’appel au calme et à la retenue lancé par sa délégation et a exhorté les pays ayant une influence sur les parties en présence à obtenir d’elles qu’elles recherchent le dialogue et la réconciliation.  Le représentant a pris acte de l’annonce qu’ont faite les insurgés concernant l’observation d’un cessez-le-feu pour permettre la levée des corps de victimes, et de la volonté des autorités ukrainiennes de privilégier le dialogue.


Mme SAMANTHA POWER (États-Unis) a déclaré qu’hier « nous étions choqués d’apprendre que le vol MH17 de la Malaysia Airlines a été abattu », à bord de cet avion se trouvaient trois nourrissons, qui figurent parmi les victimes, a dit Mme Power.  Après avoir présenté ses condoléances aux familles des victimes, la représentante a demandé l’ouverture d’une enquête internationale et indépendante qui soit conduite sans qu’aucune entrave ne lui soit posée par aucun membre du Conseil de sécurité et des Nations Unies, afin de déterminer l’origine de l’incident.


Mme Power a déclaré que selon les informations que détient son pays, le vol MH17 a été abattu par un missile sol air de type SA-11 alors qu’il se trouvait sur une zone qui aurait dû être sure.  Les armes présentes dans la région, notamment les missiles antiaériens, doivent être retirées des mains des séparatistes, a-t-elle plaidé.  En raison de la complexité de ce type de missile, « une batterie de SA-11 ne pouvait pas être opérée sans une assistance technique de la part des spécialistes russes », a accusé la représentante qui a ajouté que l’armée ukrainienne ne peut être responsable de ce tir de missile « car la zone du tir se trouve dans le territoire contrôlé par les séparatistes ».  Elle a rappelé les cas des vols militaires ukrainiens abattus par les séparatistes dans l’est de l’Ukraine.  Si les séparatistes sont responsables de la catastrophe d’hier, « leurs protecteurs ont toutes les raisons de cacher les faits », a dit la représentante.  C’est pourquoi l’enquête internationale doit commencer immédiatement, a-t-elle insisté.  La représentante a dit que le Président Obama s’était entretenu hier avec le Président de l’Ukraine et lui avait assuré l’assistance des États-Unis. 


Mme Power a demandé que les preuves « actuellement entre les mains de séparatistes soient remises à la communauté internationale et que la Fédération de Russie apporte son aide à cet égard ». 


« La Fédération de Russie prétend promouvoir la paix en Ukraine mais on n’a vu que des actes contraires », a accusé la représentante.  Elle a dénoncé des actions qui seraient « menées par les autorités russes qui redoublent d’efforts pour le recrutement de combattants pour les envoyer en Ukraine. »  Un bureau de recrutement pour Donetsk a été ouvert à Moscou, a dit Mme Power.  Et une nouvelle force russe a été déployée à la frontière.  « Ces actions de déstabilisation ont conduit les États-Unis à prendre des sanctions contre des banques russes pour geler les avoirs de certaines compagnies russes. »  Ces sanctions ciblées ne visent pas la population civile.


Mme Power a également parlé « des efforts du Président de l’Ukraine, qui a proposé l’amnistie, le cessez-le-feu, le retour des combattants russes, le dialogue avec les régions russophones, la réforme constitutionnelle, et une rencontre avec les séparatistes ».  La Fédération de Russie doit stabiliser l’est de l’Ukraine et le processus démocratique dans ce pays.  La Fédération de Russie doit prendre des mesures de désescalade.  Cette guerre peut prendre fin, et la Fédération de Russie peut la faire cesser, a clamé la représentante.


M. DAINIUS BAUBLYS (Lituanie) s’est déclaré choqué par la destruction en vol, au dessus de l’Ukraine, de l’avion de la Malaysia Airlines.  Les circonstances de cet accident doivent être établies par le biais d’une enquête internationale dont les experts doivent pouvoir accéder au site de l’accident, a dit le représentant.  Il a aussi estimé important de protéger les boîtes noires de l’appareil sinistré pour qu’elles échappent à toute manipulation.  C’est un crime honteux qui a été commis dans le contexte de l’agression contre l’Ukraine, a estimé le représentant.  Ceci ne se serait pas produit si la Fédération de Russie n’avait pas armé les séparatistes, a-t-il accusé.  La situation en Ukraine est devenue une menace à la paix et à la sécurité internationales, s’est inquiété le représentant, en soulignant que les débris de l’avion de la Malaysia Airlines se trouvent « dans une zone contrôlée par les séparatistes prorusses où d’autres avions et hélicoptères ont déjà été abattus ».  Hier, « les séparatistes se déclaraient fiers de détenir des missiles et d’avoir abattu un avion alors même que celui de la Malaysia Airlines survolait la zone », a dit le représentant.  Le carnage doit cesser, a-t-il déclaré d’un ton alarmé.  Il a rappelé que le Président ukrainien « a proposé un plan de paix dont l’Accord de Berlin ouvre la voie ». 


Mais, a-t-il accusé, « les séparatistes continuent de semer la terreur ».  Un afflux massif de combattants étrangers n’a cessé d’avoir lieu depuis la frontière russe, a-t-il affirmé.  Des armes, dont des lance-roquettes et des canons anti-aériens passent par cette frontière.  Les terroristes se soucient peu d’effacer les traces de la présence militaire russe.  Des informations font d’ailleurs état de la facilité avec laquelle les rebelles abattent les avions en vol, a avancé le représentant lituanien qui a demandé à la Fédération de Russie « de coopérer à la mise en œuvre du Plan de paix présenté par le Président ukrainien » car, a-t-il dit, « une solution diplomatique est possible, étant entendu que l’indépendance, l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine sont non négociables ».   


M. LIU JIEYI (Chine) s’est dit « profondément choqué » par la destruction du vol MH17 de la Malaysia Airlines, survenue hier.  Après avoir présenté les condoléances de la délégation chinoise aux familles des victimes et aux gouvernements des pays concernés, il a rappelé que la sécurité et la sureté de l’aviation civile et des vols internationaux doivent être assurées, et qu’il faut donner maintenant place à l’ouverture d’une enquête sur la tragédie d’hier.  M. Liu a déclaré aux autres membres du Conseil de sécurité qu’il faut s’abstenir de lancer des accusations gratuites, alors que nul ne détient encore de preuves, et s’est dit favorable à l’ouverture une enquête internationale durant laquelle les interventions des enquêteurs devront être coordonnées et transparentes

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La situation actuelle en Ukraine préoccupe la Chine, a ajouté le représentant qui a dit que toutes les parties doivent se concentrer sur la recherche d’une solution politique et pacifique à la crise et faire preuve de retenue.  Le règlement politique est la seule issue, a-t-il souligné.  M. Liu a dit que les parties doivent également prendre en compte les intérêts de tous les peuples de l’Ukraine.  Il a indiqué que la Chine, qui respecte la souveraineté et l’intégrité de tous les pays, y compris celles de l’Ukraine, encourage un dialogue sur la base de l’Accord de Genève.


Mme PHILIPPA KING (Australie) a indiqué que 28 ressortissants australiens se trouvaient à bord du vol MH17 de la Malaysia Airlines.  Elle a également indiqué que de plus en plus de preuves laissent à penser que le crash a été causé par un missile.  À l’instar d’autres délégations, la représentante de l’Australie a demandé une enquête complète et impartiale pour déterminer les causes exactes de ce crash.  Elle a souligné qu’il était nécessaire de préserver le lieu du sinistre et d’assurer un accès sans entrave aux enquêteurs, ainsi que pour rassembler et transporter les dépouilles des victimes.  Les efforts déployés par le groupe de contact trilatéral avec les groupes armés séparatistes doivent être appuyés et, à cet égard, l’Australie attend la pleine coopération de la Fédération de Russie pendant toutes les étapes de l’enquête.


Mme King a estimé que compte tenu de la gravité de l’incident, la déclaration à la presse faite par le Conseil de sécurité n’était pas suffisante et c’est pourquoi, elle a appelé les 15 membres du Conseil à adopter une résolution qui soulignerait la nécessité d’assurer l’accès sans entrave au lieu du sinistre et mandaterait une enquête indépendante internationale.


La représentante de l’Australie s’est dite alarmée par le fait que la situation sécuritaire dans l’est de l’Ukraine devient de plus en plus « désespérée ».  Les séparatistes ignorent les appels au cessez-le-feu et deux avions militaires ukrainiens ont été abattus.  Elle a estimé que la Fédération de Russie a un rôle « crucial » à jouer et a appelé ce pays à mettre un terme à ses « provocations » et à cesser d’appuyer les forces séparatistes.  La Fédération de Russie doit contrôler sa frontière avec l’Ukraine et prévenir les flux d’armes  vers l’Ukraine, a-t-elle souligné.


Mme King a aussi appelé la communauté internationale à faire front commun pour s’assurer que les responsables de la tragédie du vol MH17 de la Malaysia Airlines soient tenus pour responsables et s’assurer que le conflit en Ukraine ne provoque pas davantage de victimes.


Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a dit que la communauté internationale devait aux victimes de la tragédie aérienne de faire la lumière sur les circonstances qui ont provoqué cet événement et qui y ont mené.  « Une enquête internationale complète, transparente et indépendante doit être conduite à bon terme dans les plus brefs délais », a dit Mme Lucas en insistant que ceux qui ont commis cet acte odieux doivent en être tenus responsables.  Elle a estimé que l’escalade de la violence des derniers jours démontre une fois de plus que les groupes armés actifs présents dans l’est de l’Ukraine sont en réalité des forces paramilitaires bien équipées et bien entraînées, et qu’ils bénéficient de manière certaine d’un soutien extérieur.  Elle a de ce fait exhorté la Fédération de Russie à user de l’influence qu’elle a sur les groupes armés illégaux, et à faire en sorte que des armes et des combattants ne puissent plus franchir la frontière, afin d’aboutir dans les meilleurs délais à une désescalade.  Il importe de trouver d’urgence un accord sur un cessez-le-feu réel et durable qui soit observé par toutes les parties, ceci afin de créer les conditions nécessaires à la mise en œuvre du plan de paix du Président Porochenko, a insisté Mme Lucas.  Elle a salué les efforts dont ont fait preuve la France, l’Allemagne et l’OSCE pour encourager le dialogue entre la Fédération de Russie et l’Ukraine. 


M. GÉRARD ARAUD (France) a demandé que tout soit mis en œuvre pour faire la lumière sur les circonstances qui ont provoqué le crash du vol de la Malaysia Airlines.  Il a appelé au lancement d’une enquête internationale indépendante pour établir les faits.  La France attend en particulier des séparatistes qu’ils coopèrent avec les autorités ukrainiennes dans les recherches et permettent un accès sécurisé, immédiat et plein aux enquêteurs, conformément à ce qui a été décidé hier lors de la visioconférence entre le groupe de contact sur l’Ukraine (Ukraine, Russie, OSCE) et les représentants séparatistes.


M. Araud a indiqué qu’une « lueur d’espoir » avait commencé à poindre en Ukraine à la fin du mois dernier, évoquant notamment le processus de normalisation qui avait vu le jour après l’élection du Président ukrainien Petro Poroshenko, le cessez-le-feu unilatéral décrété par Kiev le 20 juin, et la déclaration conjointe du 2 juillet qui prévoit la recherche d’un cessez-le-feu durable.


Mais aujourd’hui, a-t-il ensuite déploré, la dégradation de la situation perdure.  Il s’est inquiété de l’intensification des combats dans l’est de l’Ukraine « en raison du refus des séparatistes de saisir la main tendue ».  Les exactions se font chaque jour plus meurtrières, s’est-il alarmé, indiquant que des armes particulièrement puissantes et jamais utilisées auparavant sont désormais entrées en action.  Il a dénoncé le fait que deux avions ukrainiens avaient récemment été abattus à l’intérieur de l’espace aérien de l’Ukraine.  Le représentant de la France a estimé que cette dégradation « sans précédent » est aussi due à la présence de combattants armés venant de l’extérieur de l’Ukraine.  Il a indiqué que les systèmes d’armes d’une puissance de feu très importante désormais employés rendent possibles des « dérapages horribles ».  Ceux qui ont armés les utilisateurs de ces armes portent la responsabilité de l’embrasement actuel, a-t-il accusé.  « Lorsque l’on arme des voyous, on ne doit pas être surpris qu’ils se comportent ensuite en voyous », a dit M. Araud.


Le représentant de la France a ensuite souligné que tous ces évènements pointent la nécessité pressante d’une pleine coopération internationale en vue de stabiliser l’Ukraine et de garantir sa souveraineté et son intégrité territoriale. Il a notamment appelé à un « engagement sincère » de la Russie, « qui a fait défaut jusqu’à présent ».


M. Araud a également expliqué que la décision prise par des chefs d’État ou de gouvernement de l’Union européenne de durcir les sanctions imposées à la Fédération de Russie a pour but la facilitation de l’émergence d’une solution politique.  Notre priorité, a-t-il souligné, demeure d’abord d’enrayer l’escalade et d’obtenir la mise en place d’un cessez-le-feu durable, respecté par toutes les parties.


M. Araud a appelé la Russie à user de son influence sur les groupes armés illégaux pour qu’ils déposent les armes et s’engagent dans le dialogue.  En vue de freiner les flux d’armes et de combattants qui franchissent la frontière russo-ukrainienne, la France appelle aussi à des négociations Ukraine-Russie-OSCE en vue de permettre le déploiement rapide d’une mission de surveillance le long de cette frontière.  Que la tragédie qui vient de se produire serve d’avertissement, a-t-il lancé: « car une fois l’épée tirée, elle frappe indistinctement et échappe à tout contrôle ».


M. EIHAB OMAISH (Jordanie) a exprimé ses profonds regrets face aux circonstances qui ont conduit à l’accident du vol de la Malaysia Airlines.  À son tour, il a demandé la conduite d’une enquête indépendante, complète et approfondie qui doit se faire avec la participation des autorités ukrainiennes et en coopération avec d’autres autorités, y compris celles de la Malaisie.  La situation en Ukraine est de plus en plus préoccupante, a indiqué le représentant qui a réitéré son appel aux pays qui ont de l’influence sur les parties d’œuvrer pour que soit mis fin à la dégradation de la situation et d’obtenir des rebelles qu’ils déposent leurs armes et se retirent des bâtiments et autres lieux publics qu’ils occupent.  Le représentant de la Jordanie a aussi demandé le retour des personnes déplacées par le conflit le plus rapidement possible.  Toutes les parties aux Déclarations de Genève et de Berlin doivent respecter les dispositions de ces deux textes et faciliter le travail de la mission d’observation de droits de l’homme, a préconisé le représentant.  Il a réaffirmé la nécessité de respecter la souveraineté, l’intégrité territoriale et la souveraineté de l’Ukraine, à qui il a demandé de promouvoir la participation politique de tous ses citoyens et de respecter les droits de l’homme, en tenant compte des intérêts des minorités.


Mme MARÍA CRISTINA PERCEVAL (Argentine) a exprimé sa vive émotion et ses condoléances aux victimes de l’accident qui a frappé le vol MH17.  La gravité de cet incident appelle une enquête internationale et indépendante.  La conduite de cette enquête nécessite un accès sans entrave des enquêteurs à la zone de l’accident, a dit la représentante.  Elle a demandé aux groupes armés de mettre fin à la violence, aux violations des droits de l’homme, et ne pas aggraver la situation dans laquelle se trouve la population civile.  Elle a réaffirmé la nécessité de respecter la souveraineté de l’Ukraine et lui permettre de gérer ses affaires sans ingérence.  Le moment que traverse le pays est douloureux et difficile, et il appelle à la prudence.  C’est un moment propice pour la recherche de la vérité et l’établissement des faits, pour que les victimes reposent en paix. 


Mme JOY OGWU (Nigéria) a estimé que ce qui s’est produit, hier, ressemble à l’apocalypse et citant le livre des révélations, elle a dit: « Un enfer de feu mêlé à du sang s’est abattu sur la terre et le soleil s’est assombri ».  Quelles que soient nos convictions religieuses, ce scénario est peut-être une prophétie, a-t-elle fait observer.  Le monde va causer sa propre destruction et c’est pourquoi, il faudrait que cela cesse, s’est alarmée la représentante.  Le fait que l’incident se soit produit dans une zone de conflit indique que cet accident peut être lié d’une façon ou d’une autre à la situation qui prévaut actuellement dans la région.  Mais, a-t-elle prévenu, nous ne sommes pas là pour nous accuser les uns les autres tant que les faits ne sont pas correctement établis.  S’il s’avère que l’avion a été abattu de manière délibérée, alors l’accident aura pris une autre dimension.  La représentante du Nigéria a donc soutenu une enquête internationale indépendante, tout en sachant que sans l’insécurité et l’anarchie instaurées par les séparatistes, l’accident ne se serait pas produit.  Elle a appelé toutes les parties au dialogue et à la réconciliation.  « Réglons ensemble cette situation.  Fermons ce front de guerre avant que les manifestions se fassent jour ailleurs dans le monde », a insisté la représentante avant de conclure. 


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a dit que l’ouverture d’une enquête internationale est indispensable après l’accident survenu hier à un appareil de la Malaysia Airlines.  Mais il ne faut pas mettre la pression sur la manière dont doit être menée cette enquête, qui doit être crédible et internationale, a souligné M. Churkin.  Le représentant a ensuite demandé pourquoi les autorités ukrainiennes ont laissé ce vol survoler sur un espace aérien qui n’était pas sûr.  La sureté de l’espace aérien relève du pays qui contrôle les cieux que traverse tout vol commercial, a rappelé le représentant.  En outre, a-t-il souligné, le droit international prévoit que chaque État a la possibilité de fermer ses frontières aériennes. 


M. Churkin a demandé si tout a été fait pour que l’offensive militaire menée par Kiev dans l’est du pays soit arrêtée.  Il a noté que la fermeture des frontières aériennes de l’Ukraine n’a été décidée qu’aujourd’hui, et il a demandé pourquoi cela n’avait pas été décidé auparavant et notamment hier?


Le représentant a mis l’accent sur l’offensive menée par les Forces armées de l’Ukraine dans l’est du pays.  Il a rappelé que plus de 4 millions de personnes, des civils, sont prises au piège des opérations menées par les Forces armées ukrainiennes.  La Fédération de Russie accueille plus de 100 000 réfugiés en provenance de l’Ukraine, a souligné M. Churkin en indiquant que cette situation peut être confirmée par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.  La Fédération de Russie a été victime de tirs d’artillerie provenant des Forces armées de l’Ukraine, qui sont des provocations délibérées du Gouvernement de ce pays, a accusé le représentant en exigeant que des mesures soient prises par les autorités ukrainiennes pour mettre fin à ces provocations.


M. Churkin a ensuite dit que la Fédération de Russie a, depuis le début de la crise, constamment fait des propositions afin de trouver des solutions à la crise en Ukraine.  « Mais les États-Unis ont encouragé les autorités installées à Kiev à l’escalade », a déclaré le représentant en accusant le Gouvernement des États-Unis de vouloir faire porter la responsabilité des conséquences de sa politique et de ses choix sur la Fédération de Russie.  La Fédération de Russie considère le « plan de paix » du Président de l’Ukraine comme un simple écran de fumée, a ensuite dénoncé M. Churkin.  La constitution que les autorités de Kiev veulent imposer en Ukraine est en train d’être préparée en cachette, a dénoncé le représentant, et il ne faut pas s’étonner que la population soit contre cette situation.  Le représentant a ensuite montré du doigt « les organisations internationales qui n’ont pas fait leurs preuves » dans la crise en Ukraine, et a relevé qu’avec l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), la Fédération de Russie a proposé une sortie de crise qui a été rejetée par les occidentaux.  L’opération punitive lancée par les autorités ukrainiennes dans l’est du pays doit cesser immédiatement », a conclu M. Churkin.  


M. CRISTIÁN BARROS MELET (Chili) s’est déclaré indigné par l’attaque lancée contre l’avion de la Malaysia Airlines.  Aucune cause ne peut justifier un acte d’une telle ampleur et d’une telle cruauté, a-t-il dit, demandant, à son tour, la mise sur pied d’une enquête internationale complète et indépendante.  Il a également jugé nécessaire de garantir la sécurité des enquêteurs pour qu’ils puissent se rendre sur le site du crash de l’appareil.  Ce type d’actes ne peut rester impuni, a averti le représentant qui a pressé tous les États de coopérer activement avec les autorités pertinentes.  La destruction en vol de l’avion dans une zone où la tension politique est extrêmement élevée risque d’aggraver la violence que connait l’Ukraine et d’y impliquer de nouveaux acteurs, a-t-il prévenu.  Les parties doivent donc faire preuve de la plus grande retenue pour que la crise puisse être contenue, a conseillé le représentant.


M. OH JOON (République de Corée), a déploré la mort des 298 personnes que transportait le vol MH17 de la Malaysia Airlines.  Il a demandé l’ouverture d’une enquête internationale, indépendante et transparente sur cet incident, et a souhaité qu’elle ait lieu immédiatement.  Rappelant que la République de Corée avait déjà été victime de ce genre de situation, le représentant a insisté sur le fait que si l’incident s’avérait être une attaque, ses auteurs devraient en être tenus pour responsables, car les populations civiles et surtout les victimes de ce qui s’est passé hier dans le ciel de l’Ukraine n’ont rien à voir avec la situation sur le terrain.   


M. EUGÈNE-RICHARD GASANA (Rwanda) a exprimé la profonde tristesse de sa délégation devant la mort de 298 personnes dont 80 enfants.  La perte de ces vies innocentes est tout simplement incompréhensible.  Ce sont des vies perdues au milieu d’une crise sur laquelle le Conseil de sécurité ne semble pas capable d’agir, a noté le représentant.  Mais maintenant, a-t-il prévenu, le conflit a passé la ligne rouge car il met en danger la vie de tous, dont celles d’enfants de différents pays.  Le représentant a condamné dans les termes les plus vifs cette attaque et a demandé l’ouverture d’une enquête internationale impartiale, approfondie, complète et indépendante.  Il faut établir les responsabilités, a-t-il dit, et dans ce contexte, il a demandé aux parties de respecter le cessez-le-feu et de permettre aux enquêteurs internationaux de faire leur travail.  Rappelant que des avions ont déjà été abattus dans la zone concernée, il a soulevé la question de l’éventuel accès des séparatistes à des missiles sol-air.  Le Conseil de sécurité et la communauté internationale, dans son ensemble, ne peuvent plus fermer les yeux, a souligné le représentant.  Il a trouvé tragique que la destruction de l’avion de la Malaysia Airlines ait eu lieu alors que des efforts étaient en cours pour trouver une solution diplomatique à la crise ukrainienne.  « Les séparatistes doivent déposer les armes et participer au dialogue avec les autorités judiciaires », et la destruction d’un avion civil rappelle la responsabilité qu’ont les membres du Conseil de mettre de côté leurs divergences et de faire en sorte que les coupables soient traduits en justice. 


M. YURIY SERGEYEV (Ukraine) a aussi présenté les condoléances de sa délégation aux victimes de l’accident du vol MH17 de la Malaysia Airlines et assuré qu’elle avait déposé des gerbes de fleurs devant les missions permanentes de la nationalité des victimes du vol MH17.  L’Ukraine demande qu’une enquête internationale soit engagée pour déterminer les causes exactes de l’incident d’hier dans l’est du pays.  Pour l’Ukraine, a insisté le représentant, il s’agit d’un « acte terroriste » commis par « des terroristes ».  Il a précisé que cette accusation était fondée sur les informations publiées après cet incident.  Le représentant ukrainien a également évoqué les attaques perpétrées par les « terroristes » contre des avions ukrainiens, lundi dernier.  Il a ajouté que l’enregistrement du dialogue qui a eu lieu entre les séparatistes après l’accident a été remis au Conseil de sécurité.  


La question est de savoir maintenant comment et où les terroristes ont acquis leurs armes.  Selon les informations dont dispose son gouvernement, la Fédération de Russie a fourni le missile qui a été tiré contre le vol MH17.  Ces « éléments de preuves » seront transmis aux enquêteurs, a assuré le représentant.  Des armes russes saisies aux terroristes dans l’est de l’Ukraine, a-t-il ajouté, sont actuellement exposées au public à Kiev.  Il a ainsi invité le Conseil de sécurité à revoir la conférence de presse qu’il a donnée hier, au Siège de l’ONU, et au cours de laquelle il a présenté en détail ces informations.


La situation sur le terrain s’est détériorée ces derniers jours, a continué le représentant.  Des « combattants russes » arrivaient chaque jour en Ukraine et des tirs étaient dirigés sur le territoire ukrainien à partir de la Russie, alors que les offensives de l’armée ukrainienne dans l’est n’ont jamais touché le territoire russe, a-t-il soutenu.  Le représentant a également cité la récente déclaration faite par le Ministre russe des affaires étrangères qui écarte toute intention de la Russie d’engager des frappes contre le territoire ukrainien ».  La Fédération de Russie continue de déployer de nouvelles forces à la frontière avec 33 bataillons de 40 000 hommes, dont 18 000 en Transnistrie et 20 000 à l’intérieur de l’Ukraine.  Ces actions sont incompatibles avec l’Accord de Genève et la Déclaration de Berlin, a dénoncé le représentant qui s’est dit convaincu que les terroristes n’avaient pas l’intention de déposer les armes en Ukraine.  L’Ukraine demande à la Russie de mettre fin à ses actions qui visent à saper les efforts de l’Ukraine en faveur de la paix.


M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a déclaré que toute la Malaisie est choquée par l’annonce d’un tir de missile contre le vol MH17 de la Malaysia Airlines le 17 juillet 2014, près de la ville de Torez, dans la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine.  Il a rappelé que 298 personnes ont péri dans l’accident.  Parmi elles, on compte 189 Néerlandais, 44 Malaisiens, 27 Indonésiens, 9 Anglais, 4 Allemands, 4 Belges, un Canadien, un Néo-zélandais et 4 passagers dont la nationalité n’a pas encore été déterminée, a dit M. Haniff. 


Le représentant a fait savoir qu’au moment où le contact avec l’avion a été perdu, l’appareil avait survolé une zone située dans un couloir d’un espace non soumis à restriction.  L’Organisation de l’aviation civile internationale a déclaré que le couloir aérien emprunté par le vol MH17 était jugé sûr, a souligné M. Haniff.  Il a fait part des efforts que mène la Malaisie pour contribuer aux secours et à l’enquête.


Lors de ses entretiens avec les responsables des pays concernés dont l’Ukraine, les Pays-Bas, les États-Unis et la Russie, le Premier Ministre de la Malaisie a dit que si l’accident a été causé par un tir de missile, les auteurs de cet acte devront en être tenus responsables, a indiqué M. Haniff.  Le représentant a fait part de l’invitation lancée par les autorités ukrainiennes à la Malaisie pour qu’elle envoie une équipe sur les lieux de l’accident.  La Malaisie condamne l’acte qui a entrainé le crash de l’appareil, car c’est une violation patente du droit international et une atteinte à la décence humaine.


La Malaisie demande l’ouverture d’une enquête internationale indépendante et transparente qui implique les autorités internationales compétentes ainsi que l’Organisation de l’aviation civile internationale, a souligné M. Haniff.  Les autorités ukrainiennes ont d’ores et déjà invité la Malaisie à prendre part à l’enquête, a-t-il dit.  Deux enquêteurs malaisiens seront envoyés à Kiev le plus rapidement possible, a-t-il précisé.  Le représentant a exhorté les autorités de la zone de l’accident à coopérer et à accorder aux enquêteurs et au personnel de secours un accès sans entrave au site de l’accident.  Il a demandé au Conseil de sécurité d’assurer la sécurité et la sureté de ce personnel humanitaire et des enquêteurs.  Il a aussi exhorté le Conseil à intensifier son rôle en facilitant une solution pacifique au conflit, aussi entre les parties ukrainiennes qu’entre la Russie et l’Ukraine, afin qu’un incident comme celui d’hier ne se reproduise pas.


M. KAREL J. G. VAN OOSTEROM (Pays-Bas) a déclaré que ce terrible évènement marque une page sombre de l’histoire des Pays-Bas car des milliers de personnes pleurent, aujourd’hui, 189 victimes de nationalité néerlandaise.  Il a appelé les parties qui peuvent exercer une influence à garantir un accès illimité sur le site du crash de l’avion de la Malaysia Airlines aux enquêteurs et services d’urgence.  Il a ensuite appelé le Conseil de sécurité à mandater une équipe d’enquête internationale impartiale pour enquêter sur les circonstances exactes du crash du vol MH17 de la Malaysia Airlines.  M. Van Oosterom a souhaité que tous les éléments, matériels et boîtes noires, soient remis immédiatement à l’équipe d’enquête internationale sans ingérence.  « Si l’enquête montre que cette tragédie est le résultat de l’utilisation d’armes, les Pays-Bas demanderont que tous ceux qui sont responsables directement ou indirectement soient tenus responsables et traduits en justice. »  Le représentant des Pays-Bas a ajouté qu’il était une obligation morale pour son pays et pour la mémoire des victimes de poursuivre les efforts jusqu’à ce la justice soit rendue.  Le Gouvernement des Pays-Bas, a-t-il déclaré, souhaite rendre les restes des victimes à leurs familles et demande aux Nations Unies de l’aider à cette fin,


M. DESRA PERCAYA (Indonésie) a présenté ses sincères condoléances à toutes les nations touchées dont la Malaisie.  Rappelant que son pays a perdu 12 citoyens indonésiens, il a cité des informations selon lesquelles l’avion aurait été abattu par un missile, ce qui est une violation du droit international.  Il a demandé au Conseil de prendre des mesures immédiates pour faciliter une enquête internationale indépendante.  Si l’enquête conclut que ce sont des facteurs humains qui sont à l’origine de la destruction de l’avion, alors les auteurs de cet acte odieux et inhumain doivent être traduits en justice.  Hier, le Président indonésien a donné pour instruction aux compagnies aériennes nationales de faire preuve de la plus grande prudence possible, lorsqu’elles survolent des zones de combat, y compris l’Ukraine, a indiqué le représentant.


M. LIBRAN N. CABACTULAN (Philippines) a déclaré que son pays se joignait au reste de la communauté internationale pour dénoncer l’incident au cours duquel un avion de la Malaysia Airlines, le vol MH17, a été abattu alors qu’il survolait l’est de l’Ukraine, coûtant la vie à près de 300 passagers et membres de l’équipage, dont plusieurs citoyens Philippins.  Il a appelé à sécuriser la zone où cet incident s’est produit afin de permettre aux enquêteurs de s’acquitter de leurs tâches.  À l’instar d’autres délégations, il a demandé d’engager une enquête internationale complète et transparente pour déterminer les causes exactes de ce tragique incident et d’assurer l’accès sans entraves des enquêteurs à ce site. 


Mme BÉNEDICTE FRANKINET (Belgique) a exprimé ses condoléances les plus sincères au Gouvernement de la Malaisie, à la suite de la destruction d’un avion qui a fait perdre à la Belgique cinq citoyens.  Elle a appelé à une enquête internationale complète, minutieuse et impartiale.  Elle a appuyé la proposition de l’Australie visant à ce que le Conseil adopte une résolution soulignant la nécessité de garantir l’accès au site et de faciliter une enquête indépendante.


M. GUILLERMO RISHCHYNSKI (Canada) a déclaré qu’avec des preuves établissant que l’avion de la Malaysia Airlines, le vol MH17, qui assurait la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur, avait été abattu par un missile sol-air, il ne s’agit pas seulement d’une tragédie mais aussi du résultat d’un crime odieux perpétré contre des civils innocents de différentes nationalités.  Le Canada appelle toutes les parties au conflit en Ukraine à coopérer pleinement avec l’équipe internationale qui sera chargée de mener une enquête approfondie sur cet accident.  Les autorités ukrainiennes et les experts internationaux doivent avoir un accès sûr et sans entrave à la zone où s’est produit l’incident.  Le vol MH17 a été abattu dans une région en proie à un conflit armé qui a été créé et perpétué par la provocation militaire de la Russie contre la souveraineté et l’intégrité territoriale et l’indépendance de l’Ukraine, a souligné le représentant canadien.  Le Canada demande à la Russie de cesser son appui politique, matériel, financier et militaire aux insurgés dans l’est de l’Ukraine. 


M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) s’est dit indigné par une tragédie insensée, le crash d’un appareil civil, qui serait le résultat d’une frappe de missile sol-air.  Il a demandé la protection du site de l’accident et l’ouverture d’une enquête internationale, approfondie et indépendante.  Les circonstances de la tragédie survenue à l’avion de la Malaysia Airlines et la catastrophe qui en résulte indiquent que la communauté internationale, dont la Nouvelle-Zélande, qui a perdu un citoyen, doit offrir sa coopération à l’enquête pour faire en sorte que les auteurs du crime soient traduits en justice, ceci sans réserve, sans « mais », et sans « peut-être ».  La situation prévalant en Ukraine est sortie du cadre dans lequel elle était confinée.  Elle tue désormais d’autres enfants du monde, a regretté le représentant, en indiquant penser aux familles des passagers de l’avion de la Malaysia Airlines.


M. LE HOAI TRUNG (Viet Nam), rappelant que trois ressortissants vietnamiens figuraient parmi les victimes, a assuré à la Malaise le soutien de son pays, en tant que membre de l’Association des Nations de l’Asie du Sud-Est.  Il a demandé des actions rapides et efficaces à l’égard des familles des victimes, ainsi qu’une enquête rapide sur l’accident.  Se déclarant préoccupé par la détérioration de la situation en Ukraine, il a appelé les parties à œuvrer pour trouver une solution à cette crise.


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