26/3/2014
Conseil de sécurité
CS/11337

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Conseil de sécurité

7148e séance – matin


FIN DU MANDAT DU BINUCSIL: LE CONSEIL DE SÉCURITÉ SALUE LES « AVANCÉES

CONSIDÉRABLES » RÉALISÉES EN DIX ANS PAR LA SIERRA LEONE


À quelques jours de la fin du mandat du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Sierra Leone (BINUCSIL), le Conseil de sécurité a salué, ce matin, les « remarquables avancées » réalisées ces 10 dernières années par le pays.


« En aucun cas, il ne faut se tourner vers le passé, mais plutôt continuer d’être une force pour la paix dans le monde, un symbole de transformation réussie et un partenaire de la paix, de la sécurité, de la démocratie et du développement », a déclaré le Président de la Sierra Leone, M. Ernest Bai Koroma, dans un discours lu par le Ministre sierra-léonais des affaires étrangères et de la coopération internationale, M. Samura M. W. Kamara, et accueilli, fait rare au Conseil de sécurité, par les applaudissements de l’ensemble des délégations.


Le Conseil de sécurité, dans une déclaration présidentielle, a également salué le BINUCSIL, dont le mandat s’achèvera le 31 mars prochain, pour son « rôle non négligeable » dans la promotion de la paix, de la stabilité et du développement en Sierra Leone, notamment lors des élections présidentielle et législatives de 2012, lesquelles ont concouru à la consolidation des institutions démocratiques du pays.


De même, le Conseil « souligne qu’il importe de continuer d’appuyer la Sierra Leone alors qu’elle entre dans la phase suivante de son développement » et « exhorte la communauté internationale et les partenaires de développement à continuer d’apporter un soutien coordonné et cohérent » au pays afin de lui permettre de « concrétiser ses priorités en matière de consolidation de la paix et de développement ».


Afin d’assurer la stabilité à long terme du pays, il souligne l’importance de « veiller à ce que les élections de 2017 soient pacifiques, crédibles et transparentes ».


Dans sa déclaration présidentielle, rédigée par le Royaume-Uni, le Conseil félicite enfin le Tribunal spécial pour la Sierra Leone pour avoir « mené à bien sa tâche » et « réaffirme son soutien sans réserve au Tribunal spécial résiduel pour la Sierra Leone au moment où il entame ses activités », demandant aux États Membres de « contribuer généreusement » à son financement.


Pour le Représentant exécutif du Secrétaire général, M. Jens Anders Toyberg-Frandzen, « les progrès réalisés sont, d’abord et avant tout, le fait de la détermination du peuple et du Gouvernement de la Sierra Leone de rompre avec le passé et de travailler en vue d’établir une nation pacifique, démocratique et prospère ».


« Ils sont également le résultat d’un niveau remarquable de l’engagement constant de l’ONU et des partenaires internationaux, démontrant ainsi qu’une action internationale concertée peut donner des résultats positifs », a ajouté le Chef du BINUCSIL, qui présentait le rapport final du Secrétaire général*.


Le Président de la formation Sierra Leone de la Commission de la consolidation de la paix (CCP), M. Guillermo E. Rishchynski (Canada), a noté que le Gouvernement de la Sierra Leone, les acteurs nationaux, les partenaires diplomatiques et le Bureau de pays des Nations Unies avaient tous jugé utile que la Commission continue à accompagner les efforts politiques. 


Il procèdera ainsi, a-t-il annoncé, « dans un an environ, à un rapide état des lieux, pour que la Sierra Leone ne figure plus à l’ordre du jour de la Commission, si la situation le justifie ».


« L’expérience de la Sierra Leone montre qu’il est possible de bâtir la paix après un conflit brutal et que les Nations Unies peuvent jouer un rôle essentiel dans ce processus », a fait observer, comme nombre de ses collègues, le représentant du Royaume-Uni, M. Mark Lyall Grant, pour qui « il convient de tirer les leçons de cette expérience et de les appliquer à d’autres situations en Afrique et ailleurs ».


Le délégué du Rwanda a proposé, pour sa part, qu’une institution nationale, consacrée aux questions relatives à la paix, soit mise sur pied afin de prévenir toute résurgence de conflit.  Il a également invité les autorités nationales à renforcer leur partenariat avec les pays voisins dans le cadre de la lutte contre la criminalité transnationale organisée et le trafic de la drogue. 


Les délégations ont estimé, comme le Secrétaire général dans son rapport, qu’il restait encore beaucoup à faire pour asseoir la paix et parvenir à une prospérité équitable qui profite à tous les Sierra-Léonais.  Elles se sont félicitées, en particulier, de l’adoption par le Gouvernement sierra-léonais du Programme pour la prospérité pour la période 2013-2018.


La croissance économique et la création d’emplois sont nécessaires pour maintenir l’optimisme pour les générations futures, a assuré le représentant des États-Unis, M. Jeffrey DeLaurentis, en estimant que la communauté internationale devrait continuer à appuyer la croissance économique du pays. 


Créé par la résolution 1829 (2008) du Conseil de sécurité, le BINUCSIL a pour mission d’apporter un soutien politique aux efforts déployés sur les plans national et local pour identifier et désamorcer les tensions et les risques de conflit, d’observer et de promouvoir les droits de l’homme, les institutions démocratiques et l’état de droit, notamment au moyen d’actions visant à lutter contre la criminalité transnationale organisée et le trafic de la drogue.


Il est en outre chargé de consolider les réformes destinées à assurer une bonne gouvernance en prêtant une attention particulière aux instruments visant à combattre la corruption, de soutenir la décentralisation, la révision de la Constitution de 1991 et l’adoption des textes législatifs pertinents, et d’assurer une étroite coordination avec la Commission de consolidation de la paix et soutenir son action.


* S/2014/192



LA SITUATION EN SIERRA LEONE


Rapport final du Secrétaire général sur le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Sierra Leone (S/2014/192)


Le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, rend compte, dans son rapport, de l’exécution du mandat du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Sierra Leone (BINUCSIL) entre le 1er septembre 2013 et le 31 mars 2014, ainsi que des principaux faits nouveaux survenus dans ce pays.


Comme il s’agit de son rapport final sur le Bureau, il dresse également le bilan de la façon dont globalement celui-ci s’est acquitté de ses fonctions depuis sa création en 2008 et évalue les enjeux auxquels la Sierra Leone devra encore faire face après son retrait progressif.


Créé par la résolution 1829 (2008) du Conseil de sécurité, le BINUCSIL, rappelle-t-il, a pour mission d’apporter un soutien politique aux efforts déployés sur les plans national et local pour identifier et désamorcer les tensions et les risques de conflit, d’observer et de promouvoir les droits de l’homme, les institutions démocratiques et l’état de droit, notamment au moyen d’actions visant à lutter contre la criminalité transnationale organisée et le trafic de drogues.


Il est en outre chargé de consolider les réformes destinées à assurer une bonne gouvernance en prêtant une attention particulière aux instruments visant à combattre la corruption, de soutenir la décentralisation, la révision de la Constitution de 1991 et l’adoption des textes législatifs pertinents, et d’assurer une étroite coordination avec la Commission de consolidation de la paix et soutenir son action.


La fermeture du Bureau intégré marque le succès de 15 ans d’opérations de paix successives en Sierra Leone, écrit M. Ban, pour qui ce succès est avant tout le résultat de la détermination de l’écrasante majorité des Sierra-Léonais à construire et à enraciner la paix dans leur pays.


Il est également dû à un niveau remarquable de coopération multilatérale entre le pays hôte et la population, l’ONU et des partenaires régionaux et internationaux.  Ces partenariats remarquables ont permis de mettre en œuvre des missions novatrices de maintien de la paix, de redressement après conflit et de consolidation de la paix.  Des enseignements importants ont été tirés, dont se sont inspirées d’autres opérations des Nations Unies.


Pour le Secrétaire général, la Sierra Leone a été un pionnier, non seulement pour ce qui est d’adopter des mécanismes novateurs en matière de justice transitionnelle, à savoir un tribunal hybride et une commission Vérité et réconciliation, mais également en tant que pays où les Nations Unies ont pu mener une action pleinement intégrée et agir unies dans l’action.


La Sierra Leone a démontré que le multilatéralisme pouvait effectivement donner des résultats lorsque tous ceux qui sont concernés travaillent ensemble dans le cadre d’un véritable partenariat pour promouvoir une paix durable, la transformation démocratique et le développement d’un pays qui sort d’un conflit.


Le Secrétaire général félicite le Gouvernement et le peuple sierra-léonais pour les importants progrès accomplis depuis la fin du conflit en matière de consolidation de la paix et de promotion de la transformation démocratique et économique du pays.


Il reste toutefois beaucoup à faire pour que ces progrès soient irréversibles, estime-t-il.  Ainsi, il faut notamment éliminer les causes profondes du conflit qui subsistent encore et instaurer une véritable culture de l’état de droit, de respect des droits de l’homme, de responsabilité et de tolérance politique.  La Sierra Leone garantit la liberté d’association et d’opinion, mais cette liberté doit être préservée et renforcée grâce à la coopération des médias et des institutions publiques.


D’une manière générale, la difficulté pour la Sierra Leone consiste désormais à poursuivre la consolidation de la paix de façon à pérenniser les avancées réalisées en matière politique, sociale et de développement et à créer des synergies entre ces différents domaines. 


Le plus important maintenant est de mener à bien le processus de révision constitutionnelle en cours et d’appliquer le Programme pour la prospérité. 


Les progrès socioéconomiques et la poursuite probable de la croissance sont encourageants.  Le développement des investissements et la croissance doivent toutefois absolument être axés sur les besoins de la population, et il est indispensable de créer des conditions qui permettent à tous les citoyens de bénéficier de la prospérité et de la sécurité économique.


Pour cela, il faut continuer en priorité de lutter contre les irrégularités de gestion et la corruption et mettre en place un environnement général attractif pour les entreprises.  Il est essentiel d’aller plus loin encore en matière politique et de faire en sorte que les structures de gouvernance soient plus largement ouvertes à tous et tenues de rendre des comptes.


Le Secrétaire général exhorte les partis politiques sierra-léonais à régler leurs problèmes internes par le dialogue de façon à préserver et à développer le multipartisme, facteur essentiel de paix, de démocratie et de développement.  Le renforcement des institutions démocratiques de gouvernance reste un problème important et, à cet égard, le processus de révision constitutionnelle offre une bonne occasion.


Enfin, M. Ban exhorte les partenaires de développement de la Sierra Leone à combler le déficit de financement du Programme pour la prospérité.  Il sera également essentiel de fournir un appui plus important à l’équipe de pays des Nations Unies par l’intermédiaire du plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement.


Déclarations


M. JENS ANDERS TOYBERG-FRANDZEN, Représentant exécutif du Secrétaire général et Chef du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Sierra Leone (BINUCSIL), a rappelé que le Secrétaire général avait marqué la clôture officielle de la Mission, le 5 mars dernier, lors de sa visite en Sierra Leone.  Comme le Conseil le sait déjà, le pays a fait des progrès remarquables dans la reconstruction postconflit, la transition démocratique et la consolidation de la paix, a-t-il dit. 


En effet, l’atmosphère générale de paix qui prévaut actuellement est l’aboutissement de plus de 15 ans d’opérations de paix du Conseil de sécurité dans le pays.  Comme l’indique le rapport du Secrétaire général, les progrès réalisés sont, d’abord et avant tout, le fait de la détermination du peuple et du Gouvernement de la Sierra Leone de rompre avec le passé et de travailler en vue d’établir une nation pacifique, démocratique et prospère.  Ils sont également le résultat d’un niveau remarquable de l’engagement constant de l’ONU et des partenaires internationaux, démontrant ainsi qu’une action internationale concertée peut donner des résultats positifs.


Si la Sierra Leone avance sur la bonne voie, elle reste néanmoins confrontée à un certain nombre de défis liés aux causes profondes de la guerre et qui nécessitent une attention et un soutien durables, a-t-il expliqué.  Le Chef du BINUCSIL a ainsi cité la pauvreté généralisée et le chômage, en particulier chez les jeunes; la corruption endémique et la nécessité de respecter l’état de droit; la nécessité pour les autorités d’élargir l’espace politique; le processus de révision constitutionnelle en cours; et la mise en œuvre du Programme pour la prospérité.


Relever les défis restants nécessite les efforts conjoints de tous les Sierra-Léonais à travailler ensemble et à placer l’intérêt national au-dessus de tous les autres intérêts, a ajouté M. Toyberg-Frandzen.  Au cours de la visite du Secrétaire général en Sierra Leone au début de ce mois, il a été encourageant d’entendre tous les grands partis politiques s’exprimer d’une seule voix dans une déclaration commune dans laquelle ils s’engagent à œuvrer à un avenir pacifique pour la Sierra Leone.


Le Représentant exécutif s’est dit heureux de noter que l’ONU continuera de fournir un appui, par l’intermédiaire du Fonds pour la consolidation de la paix sur la révision constitutionnelle, la réforme du secteur de la sécurité, les droits de l’homme et la prévention des conflits.


Il a précisé que la semaine dernière, avec le Ministre des finances, il avait signé le Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement (PNUAD) pour 2015-2018 qui servira la stratégie des Nations Unies en Sierra Leone à l’appui du Programme pour la prospérité du pays.


Il a exhorté les partenaires au développement de la Sierra Leone à rester engagés et à consolider les nombreux investissements réalisés au cours des années, y compris par le soutien au Programme pour la prospérité et au PNUAD.  Il a félicité le Président Ernest Bai Koroma pour sa « tolérance zéro » en matière de corruption, une étape importante vers l’amélioration du climat des affaires et pour attirer les investisseurs avec des pratiques commerciales responsables et solides.


M. GUILLERMO E. RISHCHYNSKI (Canada), Président de la formation Sierra Leone de la Commission de la consolidation de la paix (CCP), a souligné que le fait que la Sierra Leone ne figure plus à l’ordre du jour du Conseil de sécurité marque une étape importante.  La Sierra Leone, qui s’engage désormais dans la voie du développement, a instauré une stabilité politique, rétabli la sécurité de base, redynamisé les processus démocratiques, mis sur pied des institutions nationales importantes et créé une croissance économique. 


Rappelant que sans justice, il ne saurait y avoir de paix, M. Rishchynski a souligné que la Sierra Leone, en partenariat avec la communauté internationale, avait établi le Tribunal spécial pour la Sierra Leone afin de juger les auteurs de crimes graves.  Il a évoqué, dans ce contexte, le procès de Charles Taylor, le « premier chef d’État qui comparaissait devant un tribunal international après les procès de Nuremberg ».


Quatorze ans auparavant, a rappelé M. Rishchynski, la Sierra Leone accueillait la plus grande mission de maintien de la paix au monde. 


Aujourd’hui, la Sierra Leone illustre ce qu’il est possible d’accomplir en passant d’une opération de paix à un bureau intégré de consolidation de la paix, puis à une « équipe de pays des Nations Unies », placée sous la direction d’un coordonnateur résident.  Le représentant a tenu à rappeler que ces succès sont le résultat d’avancées constantes, du soutien efficace apporté par le système des Nations Unies dans son ensemble, de l’aide bilatérale et, surtout, des Sierra-Léonais eux-mêmes. 


Malgré les progrès réalisés, a-t-il fait observer, le pays reste confronté à de nombreux défis.  Rappelant que les causes profondes d’un conflit ne pouvaient être résolues en une décennie,  M. Rischynski a insisté sur la nécessité de continuer à s’attaquer à la corruption et au chômage des jeunes, à renforcer les capacités des institutions et à assurer une gestion transparente des ressources naturelles.  À cet égard, il a salué les contributions des bailleurs de fonds en cette période de transition. 


Le dialogue et la coopération de la Commission de consolidation de la paix avec la Sierra Leone se poursuivront l’année prochaine, mais à plus petite échelle, a indiqué M. Rischynski, qui s’est dit impressionné, lors de sa visite à Freetown en février dernier, par le consensus à ce sujet.  Le Gouvernement de la Sierra Leone, les acteurs nationaux, les partenaires diplomatiques et le Bureau de pays des Nations Unies ont tous estimé qu’il était utile que la Commission continue à accompagner les efforts politiques.  Il a précisé que dans la mesure où ce nouveau rôle créait un précédent pour la Commission, il avait l’intention de procéder, dans un an environ, à un rapide état des lieux, pour que la Sierra Leone ne figure plus à l’ordre du jour de la Commission, si la situation le justifie.


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a affirmé que la fermeture du BINUCSIL constituait un tournant majeur et un moment de célébration pour le peuple, les Nations Unies et le Conseil de sécurité.  La Sierra Leone a connu une transformation remarquable de la guerre civile aux élections de 2012, s’est-il réjoui. 


Les Nations Unies ont joué un rôle central pour aider la Sierra Leone à se relever de sa guerre dévastatrice, a-t-il déclaré, en se félicitant du départ du BINUCSIL.  Il reste cependant beaucoup à faire si l’on veut consolider les gains de cette dernière décennie, a-t-il fait observer.  Le représentant du Royaume-Uni a souligné qu’il était ainsi essentiel d’attirer les investissements et les partenaires du secteur privé pour le bénéfice de l’ensemble de la population sierra-léonaise.  La communauté internationale devra continuer à travailler avec la Sierra Leone, a insisté M. Lyall Grant.


L’expérience de la Sierra Leone montre qu’il est possible de bâtir la paix après un conflit brutal et que les Nations Unies peuvent jouer un rôle essentiel dans ce processus.  Il convient de tirer les leçons de cette expérience et de les appliquer à d’autres situations en Afrique et ailleurs, a conclu le représentant britannique.


M. PETR V. ILIICHEV (Fédération de Russie) a déclaré que la Sierra Leone tourne aujourd’hui la page sur son passé.  Il a salué le rôle joué par l’ONU et la communauté internationale pour cette conclusion heureuse du processus de pacification du pays.  L’expérience de la Sierra Leone montre ce qu’il faut faire dans des situations similaires en matière de maintien de la paix, a estimé le représentant russe.  Il a par ailleurs fait remarquer que tous les efforts et les succès qui ont eu lieu en Sierra Leone n’auraient pas été possibles sans l’engagement et la responsabilisation des Sierra-Léonais eux-mêmes.  Il a ainsi salué le travail effectué par le BINUCSIL.  Le représentant a souligné aussi que la stabilité et la sécurité doivent continuer dans le pays et que le développement économique et social du pays doit maintenant être au centre des priorités du Gouvernement de la Sierra Leone. 


M. MAHMOUD DAIFALLAH MAHMOUD HMOUD (Jordanie) a estimé que la tournure positive des événements en Sierra Leone, au cours de ces dernières années, n’aurait pas été possible sans la détermination du peuple sierra-léonais lui-même.  Il est nécessaire de noter que cette détermination populaire fut accompagnée des efforts de très haut niveau de la part des Nations Unies, aussi bien dans la capitale, Freetown, que dans des bureaux sur le terrain, permettant ainsi de grandes réalisations.


Le représentant jordanien a également mis l’accent sur le rôle essentiel joué par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone en vue d’asseoir la justice dans le pays.  Par ailleurs, il a appelé le Gouvernement sierra-léonais à aller de l’avant pour consolider les progrès économiques réalisés avec la coopération de la communauté internationale afin de mettre en œuvre le nouveau programme économique et financier pour la période de 2013-2016 et d’améliorer les pratiques de gestion des biens publics en Sierra Leone.


Mme PHILIPPA KING (Australie) s’est félicitée des progrès extraordinaires que la Sierra Leone a réalisés depuis la fin de la guerre civile pour consolider la paix et instaurer la démocratie.  Le Gouvernement de la Sierra Leone doit maintenant axer ses efforts sur le développement économique et social du pays.  La représentante de l’Australie a aussi salué les avancées démocratiques de la Sierra Leone, notamment l’organisation régulière d’élections, la lutte contre la corruption et une société civile très active.  Elle a en outre souligné que le modèle de justice postconflit mis en place dans le pays avait permis de promouvoir la réconciliation nationale, tout en tenant les auteurs de crimes responsables de leurs actes.  Elle a ensuite estimé que la fermeture du BINUCSIL devrait inspirer la fermeture d’autres missions de consolidation de la paix.  Elle a ainsi invité le Secrétariat à tirer des leçons de cette expérience positive afin de les appliquer ailleurs.  Elle a par ailleurs averti que la Sierra Leone continuait à faire face à des tensions politiques, au chômage des jeunes et à la corruption, ou encore au trafic de la drogue et à la piraterie maritime.  La fermeture officielle du BINUCSIL ne signifie pas que le pays sera seul face à ces problèmes, a-t-elle indiqué, en plaidant pour que la communauté internationale puisse continuer d’assister le pays, notamment à travers le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest.


M. JEFFREY DELAURENTIS (États-Unis) a salué la Sierra Leone pour le long chemin qu’elle a parcouru.  Son succès fournit un exemple concret sur ce qu’il est possible de faire et un espoir pour d’autres pays et la communauté internationale.  La Sierra Leone est aujourd’hui un pays fournisseur de contingents, s’est-il notamment félicité.  Le représentant des États-Unis a également souligné le rôle essentiel joué par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone.


La croissance économique et la création d’emplois sont nécessaires  pour maintenir l’optimisme pour les générations futures, a souligné M. DeLaurentis.  La communauté internationale doit continuer à appuyer la croissance économique du pays, a-t-il ajouté.  Cependant, les tensions demeurent et les causes sous-jacentes de la guerre n’ont pas été tout à fait réglées, a-t-il rappelé, en invitant la Sierra Leone à aborder le processus de réconciliation avec prudence.


Le délégué américain a, en outre, mis l’accent sur la nécessité de redoubler d’efforts pour améliorer le secteur judiciaire et consolider les progrès réalisés, dans le but, notamment, de mieux lutter contre la corruption et la criminalité transnationale organisée.


M. OH JOON (République de Corée) a estimé que le BINUCSIL était un cas exemplaire du système des Nations Unies et de leur coordination efficace.  Les élections de 2012 ont été un tournant dans l’histoire politique de la Sierra Leone, a-t-il souligné, en espérant que les dirigeants politiques du pays seront en mesure de rétablir l’équilibre entre les régions afin de renforcer l’inclusion politique et sociale. 


En outre, la mise en œuvre du Programme pour la prospérité doit être est une priorité pour le Gouvernement de la Sierra Leone, a-t-il déclaré, en souhaitant que la communauté internationale et les Nations Unies continuent de se tenir aux côtés des autorités et du peuple sierra-léonais.


Mme JOY OGWU (Nigéria), qui a mis l’accent sur la coopération entre le Gouvernement de la Sierra Leone et la société civile, a en particulier estimé que la tenue d’élections justes et crédibles avait constitué un jalon essentiel du processus de transformation du pays.  La représentante a également noté les efforts du Conseil national des droits de l’homme pour établir un cadre visant à promouvoir la reddition de comptes. 


De la même manière, la représentante du Nigéria a salué le mécanisme hybride établi pour assurer la justice transitionnelle et la création d’une commission Vérité et réconciliation.  Elle a par ailleurs souligné l’importance d’encourager les investissements et les possibilités de développement dans le pays.


M. OCTAVIO ERRÁRZURIZ (Chili) a déclaré que le BINUCSIL se retirait de la Sierra Leone avec la satisfaction du devoir bien accompli et avec l’espoir que ce succès pourra s’appliquer dans d’autres situations similaires.  La fin de la mission du BINUCSIL devrait permettre d’engager des programmes de développement, a-t-il dit, en citant des domaines prioritaires comme la lutte contre la pauvreté, la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption.  La communauté internationale et les institutions financières internationales, a estimé le représentant du Chili, devraient jouer un rôle important dans cette voie. 


M. PHILIPPE BERTOUX (France) a souligné que, depuis la signature de l’Accord général de paix en 2002, la Sierra Leone avait parcouru un chemin exemplaire.  La fermeture du BINUCSIL est la conclusion heureuse de 15 années d’action des Nations Unies dans ce pays, a-t-il dit, en ajoutant que ce succès revenait en premier lieu aux Sierra-Léonais eux-mêmes, dont la résilience et la détermination à reconstruire leur pays après la crise forcent l’admiration.  C’est aussi un exemple réussi du rôle des Nations Unies en matière de stabilisation, a-t-il déclaré.


La Sierra Leone a fait d’admirables progrès sur tous les plans, a expliqué M. Bertoux.  Les Nations unies ont contribué à cette évolution positive, en accompagnant les autorités sierra-léonaises à chaque étape.  Des leçons doivent être tirées de ce succès: lorsque la situation le permet, il est sain que les Nations Unies laissent un État prendre pleinement son destin en main.


Le délégué français a cependant attiré l’attention sur les défis qui subsistent en Sierra Leone.  La réforme constitutionnelle en cours est une étape historique pour s’attaquer aux causes profondes du conflit dans le pays, a-t-il souligné, en notant que les efforts du Président Koroma pour promouvoir le dialogue politique doivent se concrétiser.  Tous les segments de la société doivent se parler et travailler ensemble, a-t-il rappelé.


De même, les élections générales de 2017-2018 seront un véritable test démocratique, a-t-il dit, en mettant l’accent sur la nécessité de rester vigilants quant à leur bon déroulement.  Faisant remarquer que la gouvernance du secteur des ressources naturelles pouvait encore être une source de conflit entre communautés, le représentant a souligné que la lutte contre la corruption devrait continuer à être une priorité pour le Gouvernement.  L’équipe de pays des Nations Unies devra, a estimé M. Bertoux, s’attacher à le rappeler.


Mme MARÍA CRISTINA PERCEVAL (Argentine) a souligné que la situation en Sierra Leone aujourd’hui montre que, malgré les pires souffrances causées par un conflit ou une catastrophe, un peuple peut toujours se relever.  Elle a précisé que ces résultats positifs n’étaient pas miraculeux mais résultaient plutôt d’un engagement sans faille des acteurs nationaux et de la communauté internationale, tout comme des pays voisins qui ont œuvré à instaurer, puis à consolider la paix en Sierra Leone. 


La représentante a fait remarquer que si le pays demeurait confronté à des défis importants, il pourrait cependant s’engager, dans un climat de paix, à assurer un meilleur avenir pour son peuple.  Elle a ainsi appelé les autorités nationales à œuvrer pour l’avènement d’une société plus égalitaire, à assurer une meilleure gouvernance et à lutter contre la corruption.  La représentante a aussi invité les dirigeants nationaux à lutter contre les causes profondes qui avaient conduit au conflit dans le pays et contre la pauvreté en créant une société plus inclusive. 


M. MAHAMAT ZENE CHERIF (Tchad) a constaté que le bilan du BINUCSIL était largement satisfaisant.  Tout au long de son mandat, le BINUCSIL a travaillé en faveur du dialogue national, de la liberté de la presse, du renforcement des capacités parlementaires et des recommandations de la Commission de consolidation de la paix.  L’une des réalisations les plus remarquables fut l’organisation des élections en 2012, a—t-il dit.


Le succès global du BINUCSIL est à attribuer à la détermination des Sierra-Léonais à reconstruire leur pays et à consolider la paix, a-t-il estimé, en notant que cette réussite pouvait servir d’exemple pour d’autres situations similaires.


M. OLIVIER NDUHUNGIREHE (Rwanda) a déclaré qu’après 15 ans en Sierra Leone, la présence des Nations Unies qui s’y achève officiellement aujourd’hui avait été couronnée de succès.  Il a félicité les autorités nationales pour les efforts entrepris dans le cadre du dialogue politique et les a invitées à régler les problèmes profonds qui ont causé les conflits.  Il a suggéré qu’une institution nationale, consacrée aux questions relatives à la paix, soit mise sur pied afin de prévenir toute résurgence de conflit.  Il a également invité les autorités nationales à renforcer leur partenariat avec les pays voisins dans le cadre de la lutte contre la criminalité transnationale organisée et le trafic de drogues.  Le représentant a rappelé que son pays avait subi un génocide il y a 20 ans et qu’au lendemain de cette expérience tragique, le Gouvernement avait mis en place un processus de réconciliation nationale comme celui qui a produit les résultats positifs en Sierra Leone.


M. LIU JIEYI (Chine) a salué la stabilité sécuritaire de la Sierra Leone et les progrès du pays.  Il a dit espérer que la Sierra Leone continuera d’avancer vers les réformes structurelles pour renforcer la consolidation de la paix et permettre aux populations de jouir des bienfaits du développement.  Il a ensuite salué l’œuvre du BINUCSIL dans le pays, en estimant que ce succès devrait pouvoir être appliqué ailleurs. 


Le représentant a précisé que cet exemple devrait permettre de comprendre que dans le cadre de la consolidation de la paix, les Nations Unies devraient accorder une place centrale à l’appropriation nationale et aider le pays dans ses efforts de développement économique.  Le représentant a déclaré que la Sierra Leone continuera d’avoir besoin de l’appui de la communauté internationale.  Il a ainsi souhaité que le pays puisse bénéficier de l’appui de l’ONU dans le cadre du Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide à la consolidation de la paix et au développement (PNUAD+).


Mme RAIMONDA MURMOKAITĖ (Lituanie) a félicité le Gouvernement sierra-léonais pour les progrès remarquables qui avaient été accomplis dans le cadre de la consolidation de la paix et de la transition démocratique.  Elle a aussi salué le travail du BINUCSIL en Sierra Leone, ainsi que le rôle joué par les institutions financières internationales et les organisations régionales.  Elle a cependant relevé qu’il restait encore beaucoup à faire pour parvenir à la prospérité économique et réformer le secteur de la sécurité.  Comme le montre le lancement du Programme pour la prospérité pour la période 2013-2017, adopté par le Gouvernement de Sierra Leone, elle a estimé que le pays sera capable de prendre les mesures qui s’imposent pour y faire face.  Elle a souhaité que les femmes puissent pleinement participer dans la vie politique du pays, ainsi que dans les sphères politique, économique et social du pays.


Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a souligné qu’au terme de 12 ans d’accompagnement par les Nations Unies au lendemain d’un des conflits civils les plus violents, la Sierra Leone avait fait des progrès remarquables.  Il faudrait poursuivre ces efforts afin de consolider les gains obtenus car ils ne sont jamais irréversibles, a-t-elle prévenu, en se disant cependant confiante pour l’avenir. 


Elle s’est en particulier dite confiante sur le fait que les représentants élus des Sierra-Léonais auront la sagesse requise pour éviter les erreurs du passé, qu’ils seront prêts à faire passer l’intérêt national avant toute autre chose, qu’ils resteront à l’écoute de leurs partenaires et qu’ils trouveront l’énergie nécessaire pour mener le pays à une paix et une prospérité durables.


Pour Mme Lucas, la mise en œuvre du Programme pour la prospérité est indispensable si la Sierra Leone veut atteindre son objectif de devenir un pays à revenu intermédiaire d’ici à 2035.  Pour y parvenir, la Sierra Leone aura besoin de partenaires.  Ses partenaires de longue date répondent déjà présents, comme l’Union européenne.  Mais, au-delà de l’aide publique au développement, la Sierra Leone a besoin d’investissements directs étrangers responsables.


La fin de l’accompagnement par le Conseil de sécurité représente un jalon historique, a conclu la déléguée du Luxembourg, en souhaitant courage et succès au Gouvernement et au peuple de la Sierra Leone dans ce nouveau chapitre qui s’ouvre dans l’histoire de leur pays.


M. SAMURA M. W. KAMARA, Ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale de la Sierra Leone, faisant lecture du discours du Président du pays, M. Ernest Bai Koroma, a salué la visite à Freetown du Président de la formation Sierra Leone, M. Guillermo Rishchynski, le 26 février dernier, puis celle du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, les 4 et 5 mars de cette année.  Il a noté que les mesures prises en Sierra Leone pour mettre fin aux tensions politiques et aux menaces à la paix, promouvoir les droits de l’homme, consolider la paix et la sécurité, ainsi que celles visant à renforcer la bonne gouvernance et établir un vaste programme d’investissements publics sont autant d’initiatives qui ont permis d’administrer une « thérapie appropriée » à un pays sortant d’un conflit dévastateur.  Il a expliqué que 23 ans auparavant, la guerre avait éclaté en Sierra Leone, causant des pertes, des souffrances terribles et des déplacements forcés de population.  Alors que la population sierra-léonaise était restée forte après ces atrocités et la paix avait pu être rétablie en 1996, le conflit a éclaté de nouveau en janvier 2002.


Le Ministre a rappelé que le peuple sierra-léonais n’était pas seul dans ce combat, en saluant le rôle joué par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et, en particulier, le Nigéria et la Guinée qui avaient réagi promptement.  Après avoir appelé le Conseil de sécurité à rendre hommage aux nombreux morts liés à ce conflit, il a salué également la mémoire de l’ancien Président du pays de 1996 à 2007, Alhaji Ahmad Tejan Kabbah, qui est décédé le 13 mars dernier.  Il a par ailleurs fait remarquer que la transition actuelle d’une Sierra Leone plus démocratique, pacifique, stable et prospère n’était pas la première transition que le pays ait connue.  Il a ainsi rappelé que la Sierra Leone a été le siège de plusieurs missions des Nations Unies, en commençant en 1998 avec la Mission d’observation des Nations Unies en Sierra Leone (MONUSIL) à la Mission des Nations Unies en Sierra Leone (MINUSIL) en 1999.  La Sierra Leone a ensuite accueilli le Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone (BINUSIL) en 2006, puis le Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Sierra Leone (BINUCSIL) en 2008.


M. Kamara a affirmé en outre que le BINUCSIL avait joué un rôle de première importance en Sierra Leone, en assurant un appui inestimable à la Commission Vérité et réconciliation, au Tribunal spécial pour la Sierra Leone, au renforcement des capacités de la société civile, au renforcement du dialogue politique, à la promotion des droits de l’homme et de la bonne gouvernance, ainsi qu’à l’organisation des élections de 2012 qui avaient été jugées crédibles par la communauté internationale.  Le BINUCSIL a également contribué à la transformation de la « Sierra Leone Broadcasting Corporation » (SLBC), l’organe d’information audiovisuelle du Gouvernement qui diffuse dorénavant des informations et des opinions de plus en plus diverses.  La Sierra Leone qui, dans le passé, accueillait des soldats de la paix, fournit aujourd’hui des contingents aux opérations de paix des Nations Unies et s’engage sur la voie d’un développement économique prometteur, s’est félicité le Ministre.  Il a aussi relevé que son pays, marqué dans le passé par des dictatures militaires, organise désormais des élections libres et transparentes, grâce au travail de la Commission Vérité et réconciliation, au Tribunal spécial pour la Sierra Leone et à la persévérance du peuple sierra-léonais et à l’engagement de la communauté internationale.


Les actions des Nations Unies ont toujours pris en compte les aspirations de la population sierra-léonaise, a noté le Ministre.  Il a ensuite parlé des projets de développement en cours à travers le pays, notamment la construction d’infrastructures et la redynamisation du secteur de l’agriculture tout comme l’amélioration des secteurs de la santé et de l’éducation.  Il a annoncé que la Sierra Leone envisageait de passer au stade de pays à revenu intermédiaire d’ici à 2030.  La Sierra Leone, a-t-il dit, s’exprime devant le Conseil de sécurité pour la dernière fois en tant que point à l’ordre du jour.  La Sierra Leone, a-t-il assuré, se présente désormais comme un exemple à suivre en matière de transition de la guerre vers la paix et le développement.  Le Ministre a aussi exprimé la volonté de son pays de continuer à coopérer avec la Commission de la consolidation de la paix et avec d’autres partenaires pour promouvoir les aspirations de la Sierra Leone.  « En aucun cas, il ne faut se tourner vers le passé, mais plutôt continuer d’être une force pour la paix dans le monde, un symbole de transformation réussie et un partenaire de la paix, de la sécurité, de la démocratie et du développement », a conclu, M. Kamara, sous les applaudissements des membres du Conseil de sécurité.


Déclaration présidentielle


Le mandat du Bureau intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix en Sierra Leone (BINUCSIL) s’achevant le 31 mars 2014, le Conseil de sécurité  salue les remarquables avancées réalisées ces 10 dernières années par la Sierra Leone, ainsi que sa contribution à d’importantes initiatives régionales et mondiales.  Il salue également l’efficacité de la démarche suivie par l’Organisation des Nations Unies, les institutions financières internationales, les organismes régionaux et sous-régionaux et l’ensemble de la communauté internationale en matière de consolidation de la paix en Sierra Leone.


Le Conseil se félicite des progrès considérables que la Sierra Leone a faits pour ce qui est de renforcer les moyens et les ressources humaines de ses institutions publiques, notamment dans les secteurs de la sécurité, de la justice et de la gouvernance, qui sont essentiels pour le maintien de la stabilité et la promotion de la démocratie.


Le Conseil se félicite également des élections présidentielle et législatives tenues en 2012, qui ont concouru à la consolidation des institutions démocratiques de la Sierra Leone.


Le Conseil salue le rôle non négligeable qu’a joué le BINUCSIL dans la promotion de la paix, de la stabilité et du développement en Sierra Leone, notamment lors des élections de 2012.  Il remercie le Bureau et l’équipe de pays des Nations Unies de l’œuvre qu’ils ont accomplie sous la direction des représentants exécutifs du Secrétaire général.


Le Conseil souligne qu’il importe de continuer d’appuyer la Sierra Leone alors qu’elle entre dans la phase suivante de son développement, sans le BINUCSIL, et entame notamment la révision de sa constitution, et note qu’à la demande des autorités sierra-léonaises, l’Organisation des Nations Unies et des partenaires bilatéraux et multilatéraux ont accepté de continuer à jouer un rôle important dans cette entreprise.  En outre, le Conseil exhorte la communauté internationale et les partenaires de développement à continuer d’apporter un soutien coordonné et cohérent à la Sierra Leone pour lui permettre de concrétiser ses priorités en matière de consolidation de la paix et de développement.


Le Conseil souligne qu’il reste encore beaucoup à faire pour asseoir la paix et parvenir à une prospérité équitable qui profite à tous les Sierra-Léonais. Il se félicite de l’adoption par le Gouvernement sierra-léonais du Programme pour la prospérité, qui couvre la période de 2013 à 2018, et note qu’il importe qu’il soit mis en œuvre conformément à l’Accord-cadre de responsabilité mutuelle conclu entre le Gouvernement sierra-léonais et le Comité des partenaires de développement de la Sierra Leone en mars 2013.


Le Conseil réaffirme le rôle important que les industries extractives pourraient jouer dans l’économie sierra-léonaise et encourage le Gouvernement sierra-léonais et les partenaires internationaux à renforcer la protection des droits des travailleurs et les capacités nationales permettant de réglementer et de contrôler ces industries en toute transparence et d’en retirer des revenus, ainsi qu’à se pencher sur les questions de propriété foncière en vue de mettre en place des dispositifs mutuellement avantageux pour les populations locales et le secteur privé, et engage le Gouvernement à lutter contre la corruption.


Le Conseil souligne qu’il importe, aux fins d’assurer la stabilité à long terme de la Sierra Leone, de veiller à ce que les élections de 2017 soient pacifiques, crédibles et transparentes.


Le Conseil demande, comme il l’a fait dans sa résolution 2097 (2013), que le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest exerce ses bons offices pour apporter, selon que de besoin, un concours au Gouvernement sierra-léonais et au nouveau Coordonnateur résident des Nations Unies.  Le Conseil salue les travaux menés par la Commission de consolidation de la paix siégeant en formation Sierra Leone.  Il demande à la Commission, comme il l’a déjà fait dans sa résolution 2097 (2013), de revoir les modalités de sa coopération avec la Sierra Leone de manière à réduire ses activités, et se félicite que la Commission soit passée à une forme de coopération plus légère pour la période de transition couvrant les 12 prochains mois, comme il ressort de son rapport au Conseil (S/2014/211).  Le Conseil demande à la Sierra Leone de contribuer aux travaux de la Commission consistant à réunir les enseignements tirés de l’expérience et les meilleures pratiques.


Le Conseil félicite le Tribunal spécial pour la Sierra Leone d’avoir mené à bien sa tâche, réaffirme son soutien sans réserve au Tribunal spécial résiduel pour la Sierra Leone au moment où il entame ses activités et demande aux États Membres, comme il l’a fait dans sa résolution 2097 (2013), de contribuer généreusement au financement de ce tribunal.


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