17/3/2014
Conseil de sécurité
CS/11320

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

7139e séance – matin


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ PROROGE D’UN AN LE MANDAT DE LA MISSION

D’ASSISTANCE DES NATIONS UNIES EN AFGHANISTAN


Le Chef de la MANUA et le représentant afghan soulignent

le caractère historique des élections du 5 avril prochain


Le Conseil de sécurité a, ce matin, prorogé le mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) jusqu’au 17 mars 2015.  À l’occasion du débat trimestriel consacré à la situation dans ce pays, le Représentant spécial du Secrétaire général, M. Ján Kubiš, et le délégué afghan ont tous deux souligné le caractère historique de l’élection présidentielle et des élections aux conseils de province du 5 avril.


Le Conseil de sécurité, par sa résolution 2145 (2014), adoptée à l’unanimité, reconnaît que le mandat renouvelé de la MANUA « souscrit à l’idée de voir l’Afghanistan assumer pleinement le contrôle et la prise en charge des domaines de la sécurité, de la gouvernance et du développement, conformément aux accords qu’il a conclus avec la communauté internationale aux Conférences de Londres, de Kaboul, de Bonn et de Tokyo et aux Sommets de Lisbonne et de Chicago ».


Le Conseil décide que la MANUA et le Représentant spécial du Secrétaire général, « guidés par l’idée de renforcer la souveraineté, la prise en main et la direction du pays par les Afghans », continueront à piloter et coordonner les activités civiles internationales, en s’attachant notamment à « apporter un appui, à la demande des autorités afghanes, à l’organisation des élections à venir en Afghanistan » et à « soutenir la coopération régionale ».


Il appelle le Gouvernement afghan, aidé par la communauté internationale, et notamment la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) et la coalition de l’opération Liberté immuable, à continuer à faire face à la menace que font peser sur la sécurité et la stabilité du pays « les Taliban, les membres d’Al-Qaida, les autres groupes extrémistes violents, les groupes armés illégaux, les criminels et ceux qui se livrent à la production ou au trafic de stupéfiants ».


En outre, dans cette résolution de 18 pages présentée par l’Australie, le Conseil de sécurité « condamne avec la plus grande fermeté tous les attentats visant des civils et les forces afghanes et internationales », ainsi que « l’utilisation par les Taliban et d’autres groupes extrémistes de civils comme boucliers humains ».


M. Kubiš, qui présentait le rapport du Secrétaire général, a affirmé que la tenue de l’élection présidentielle et des élections aux conseils de province, le 5 avril, devrait déboucher sur le premier transfert démocratique du pouvoir dans le pays.  


Le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, dans son rapport, souligne qu’« une transition politique légitime constitue le fondement de la stabilité en Afghanistan ».


M. Kubiš a ainsi exhorté tous les citoyens afghans éligibles à se rendre aux urnes et a engagé les organes chargés des élections à assurer la transparence de leur processus de prise de décisions et à maintenir des lignes de communications claires, concernant notamment les décisions finales sur l’ouverture des centres de vote et le contrôle des bulletins de vote. 


Le Chef de la MANUA s’est également félicité de l’appui au processus électoral manifesté par certaines parties de l’insurrection mais s’est dit gravement troublé par la dernière déclaration des Taliban selon laquelle ils tenteront de faire dérailler le processus par la force et une campagne de terreur.


« Après des décennies de guerre, les Afghans ont travaillé intensément pour construire de nouvelles fondations pour le progrès », a déclaré pour sa part le délégué de l’Afghanistan, précisant que ces élections représentaient « l’espoir que ce travail se poursuivra, et une occasion de le faire évoluer tout au long de la Décennie de la transformation ».


Pour autant, les Afghans, a-t-il dit, ne perdent pas de vue les défis qui les attendent cette année.  Il a ainsi insisté sur l’importance de poursuivre la coopération entre l’Afghanistan et la communauté internationale, les efforts vers la stabilité financière et la croissance économique durable, le développement de l’Afghanistan et la coopération régionale, indispensable à la paix et à la réconciliation.


« Dans ce moment crucial, l’Afghanistan attend de la communauté internationale qu’elle soutienne fermement la paix et la sécurité afin de faire en sorte que les gains durement acquis au cours de la dernière décennie puissent être préservés », a-t-il déclaré.


Lors du débat, plusieurs délégations, tout comme le Chef de la MANUA, ont présenté leurs condoléances aux familles des personnes tuées lors de l’attentat-suicide de Kaboul du 17 janvier, notamment les quatre membres du personnel de l’ONU.


Des pays, comme l’Italie, ont jugé fondamental, à l’issue du processus de transition, que l’Afghanistan et les États-Unis signent l’accord bilatéral de sécurité à court terme, tout retard ayant un impact évident sur la planification de la présence future de l’OTAN. 


Certaines délégations, également, telle celle de l’Union européenne, ont mis l’accent sur la nécessité de renforcer et de préserver les gains réalisés dans le pays concernant les droits de l’homme, les droits de la femme et l’état de droit.


Le représentant de la Turquie a, quant à lui, rappelé l’importance du Processus d’Istanbul, qui, a-t-il précisé, « maintient une approche régionale globale pour l’intégration de l’Afghanistan dans la région et permet de faire face aux défis régionaux dans son ensemble ». 


LA SITUATION EN AFGHANISTAN


Texte du projet de résolution ( S/2014/184)


Le Conseil de sécurité,


Rappelant ses résolutions antérieures sur l’Afghanistan, en particulier sa résolution 2096 (2013) portant prorogation jusqu’au 19 mars 2014 du mandat de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA), conformément aux modalités indiquées dans la résolution 1662 (2006),


Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’intégrité territoriale et à l’unité nationale de l’Afghanistan,


Réaffirmant son appui au processus Inteqal (transition) qui donnera lieu au transfert de l’entière responsabilité en matière de sécurité aux institutions afghanes, comme prévu lors des Conférences de Londres, de Kaboul, de Bonn et de Tokyo et à l’issue des Sommets de Lisbonne et de Chicago, constatant que la transition ne concerne pas la seule sécurité mais aussi l’appropriation et la pleine prise en charge par l’Afghanistan de la gouvernance et du développement, et affirmant que, dans le cadre de l’appui qu’ils apportent à l’Afghanistan, les organismes des Nations Unies tiennent pleinement compte de la transition dans ce pays,


Mettant l’accent sur le Processus de Kaboul, qui vise à réaliser l’objectif premier consistant à hâter la conduite et l’appropriation des activités par l’Afghanistan, à consolider les partenariats internationaux et la coopération régionale, à améliorer la gouvernance dans le pays, à renforcer les capacités des forces de sécurité afghanes et à favoriser la croissance économique et la protection des droits de tous les citoyens afghans, notamment les femmes et les filles, et se félicitant particulièrement des engagements pris par le Gouvernement afghan,


Soulignant qu’il importe d’adopter une approche globale pour régler les problèmes liés à la sécurité, à la situation économique, à la gouvernance et au développement en Afghanistan, qui ont un caractère interdépendant, et conscient qu’il n’y a pas de solution purement militaire pour assurer la stabilité dans ce pays,


Réaffirmant son appui continu au Gouvernement et au peuple afghans qui reconstruisent leur pays et renforcent les fondements d’une paix durable et de la démocratie constitutionnelle,


Se félicitant de la tenue à Bonn, le 5 décembre 2011, de la Conférence internationale sur l’Afghanistan et des conclusions adoptées à cette occasion (S/2011/762), ainsi que de la déclaration de Bonn selon laquelle la transition, qui doit être menée à terme d’ici à la fin de 2014, devrait être suivie d’une décennie de la transformation (2015-2024),


Saluant le processus par lequel l’Afghanistan et ses partenaires régionaux et internationaux concluent des partenariats stratégiques à long terme et d’autres accords en vue de faire de l’Afghanistan un pays pacifique, stable et prospère,



Se félicitant du consensus stratégique qui s’est établi entre le Gouvernement afghan et la communauté internationale au sujet d’un partenariat renouvelé et durable, fondé sur des engagements réciproques fermes, dans la perspective de la Décennie de la transformation, accueillant avec satisfaction les progrès réalisés quant aux engagements réciproques fixés dans l’Accord-cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo destiné à favoriser une croissance économique et un développement durables de l’Afghanistan, et réaffirmant que le Gouvernement afghan et la communauté internationale doivent continuer de s’employer à honorer leurs engagements réciproques,


Réaffirmant que des progrès durables accomplis dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance, des droits de l’homme, y compris pour les femmes et les filles, de l’état de droit et du développement, ainsi que dans les domaines transversaux de la lutte contre les stupéfiants et la corruption et de l’application du principe de responsabilité, se renforcent mutuellement, du fait que les programmes de gouvernance et de développement devant être mis en œuvre à titre prioritaire dans le cadre de la transition doivent être conformes aux objectifs énoncés dans la Déclaration de Tokyo et aux programmes prioritaires nationaux, et se félicitant des efforts soutenus que le Gouvernement afghan et la communauté internationale déploient pour s’attaquer à ces problèmes en appliquant une démarche globale,


Réaffirmant en particulier dans ce contexte son appui à la mise en œuvre, sous la conduite et la maîtrise du peuple afghan, des engagements énoncés dans les communiqués des Conférences de Londres (S/2011/65) et de Kaboul, de la Stratégie nationale de développement de l’Afghanistan et de la Stratégie nationale de lutte contre la drogue, dans le cadre de la stratégie globale que le Gouvernement afghan devra promouvoir avec l’aide des pays de la région et de la communauté internationale, l’ONU étant appelée à jouer un rôle de coordination central et impartial, conformément au Processus de Kaboul et aux programmes prioritaires nationaux,


Soulignant qu’il est essentiel de favoriser la coopération régionale, moyen efficace de promouvoir la sécurité, la stabilité et le développement économique et social en Afghanistan, rappelant l’importance de la Déclaration de Kaboul sur les relations de bon voisinage (Déclaration de Kaboul), en date du 22 décembre 2002 (S/2002/1416), se félicitant à cet égard que la communauté internationale demeure résolue à promouvoir la stabilité et le développement de l’Afghanistan, prenant note des initiatives menées à l’échelle régionale et internationale, dont le Processus d’Istanbul sur la sécurité et la coopération régionales pour la paix et la stabilité en Afghanistan, le Sommet quadrilatéral entre l’Afghanistan, le Pakistan, le Tadjikistan et la Fédération de Russie, ainsi que le Sommet trilatéral entre l’Afghanistan, l’Iran et le Pakistan, le Sommet trilatéral entre l’Afghanistan, le Pakistan et la Turquie et le Sommet trilatéral entre l’Afghanistan, le Pakistan et le Royaume-Uni, de même que ceux de l’Organisation de Shanghai pour la coopération, de l’Organisation du Traité de sécurité collective et de l’Association sud-asiatique de coopération régionale, et le processus de la Conférence sur la coopération économique régionale concernant l’Afghanistan,


Accueillant avec satisfaction le texte final de la Conférence ministérielle « Au cœur de l’Asie », première réunion organisée à Kaboul en juin 2012, dans lequel l’Afghanistan et ses partenaires régionaux ont réaffirmé leur attachement à promouvoir la sécurité et la coopération régionales aux fins d’instaurer la paix et la stabilité dans ce pays en renforçant le dialogue et les mesures de confiance au niveau régional, se félicitant des mesures de confiance relatives à la lutte contre le terrorisme et les stupéfiants et au commerce, aux échanges et aux possibilités d’investissement et de celles relatives à l’éducation, à la gestion des catastrophes et aux infrastructures régionales, se félicitant de la tenue de la quatrième Réunion ministérielle « Au cœur de l’Asie » prévue à Tianjin (Chine) en 2014, et notant que le Processus d’Istanbul est censé compléter et faciliter les efforts déployés par les organisations régionales, en particulier en ce qui concerne l’Afghanistan, et non s’y substituer,


Accueillant également avec satisfaction le texte final de la Conférence internationale sur une stratégie pour des solutions en faveur des réfugiés afghans en appui au rapatriement librement consenti, à la réintégration durable et à l’assistance aux pays d’accueil, qui s’est tenue à Genève les 2 et 3 mai 2012, et attendant avec intérêt la poursuite de la mise en œuvre du communiqué commun établi à l’issue de la Conférence, dont l’objectif est d’assurer le retour à long terme des réfugiés et de continuer à soutenir les pays d’accueil, grâce à l’appui infaillible et aux efforts ciblés de la communauté internationale,


Mettant l’accent sur le rôle central et impartial que l’Organisation des Nations Unies continuera de jouer dans la promotion de la paix et de la stabilité en Afghanistan en dirigeant les activités de la communauté internationale, notamment en coordonnant et en contrôlant, avec le Gouvernement afghan, la mise en œuvre du Processus de Kaboul par l’intermédiaire du Conseil commun de coordination et de suivi à l’appui des priorités arrêtées par le Gouvernement afghan et affirmées à la Conférence de Tokyo; et remerciant le Secrétaire général, son Représentant spécial pour l’Afghanistan et, en particulier, les femmes et les hommes de la MANUA, qui servent dans des conditions difficiles pour venir en aide au peuple afghan, de leurs efforts, qu’il soutient fermement,


Réaffirmant que, dans la logique de la transition, le rôle des acteurs internationaux, qui consiste actuellement à assurer directement un certain nombre de services, est appelé à évoluer encore vers des activités d’appui et de renforcement des capacités des institutions nationales, pour laisser le Gouvernement exercer souverainement toutes ses prérogatives, y compris assurer le retrait progressif de toutes les équipes de reconstruction de province et supprimer toute structure dont les fonctions et l’autorité empiètent sur celles des pouvoirs publics afghans aux niveaux national et infranational,


Soulignant qu’il est important qu’un processus politique global sans exclusive, dirigé et contrôlé par les Afghans, vienne soutenir l’entreprise de réconciliation de tous ceux qui y sont disposés, ainsi qu’il ressort du communiqué de la Conférence de Kaboul du 20 juillet 2010 sur le dialogue avec tous ceux qui renoncent à la violence, n’entretiennent pas de liens avec des organisations terroristes internationales, dont Al-Qaida, respectent la Constitution, en particulier ses dispositions relatives aux droits fondamentaux, notamment les droits de la femme, et souhaitent participer à l’édification d’un Afghanistan pacifique, et des conclusions détaillées de la Conférence de Bonn du 5 décembre 2011, et comme approuvé par le Gouvernement afghan et la communauté internationale, dans le respect total de l’application des mesures et procédures définies dans ses résolutions 1267 (1999), 1988 (2011) et 2082 (2012),



Rappelant qu’aux Conférences de Kaboul et de Tokyo, le Gouvernement afghan s’est engagé à renforcer et améliorer le processus électoral, et à entreprendre une réforme électorale à long terme pour veiller à ce que les prochaines élections soient transparentes, crédibles, ouvertes et démocratiques, se félicitant du décret présidentiel du 26 juillet 2012 et des préparatifs des élections à la présidence et aux conseils provinciaux de 2014, et attendant avec intérêt la préparation des élections parlementaires de 2015,


Réaffirmant que l’avenir pacifique de l’Afghanistan repose sur la construction d’un État stable, sûr et autosuffisant sur le plan économique, à l’abri du terrorisme et des stupéfiants, et fondé sur la primauté du droit, des institutions démocratiques solides, le respect du principe de la séparation des pouvoirs, le renforcement de l’équilibre entre les pouvoirs constitutionnels, ainsi que la garantie et le respect des droits et des obligations du citoyen, saluant la contribution du Groupe de contact international aux efforts des Nations Unies pour coordonner et mobiliser le soutien de la communauté internationale en faveur de l’Afghanistan,


Mettant à nouveau l’accent sur les accords conclus entre le Gouvernement afghan et les pays qui fournissent des effectifs à la Force internationale d’assistance à la sécurité, lors des Sommets de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) tenus à Lisbonne et à Chicago, en vue de transférer progressivement la pleine responsabilité de la sécurité en Afghanistan aux Forces de sécurité nationales afghanes dans l’ensemble du pays d’ici à la fin de 2014, donnant acte de la Déclaration de l’OTAN et du Gouvernement de la République islamique d’Afghanistan sur un partenariat durable signée à Lisbonne le 20 novembre 2010, prenant note des efforts conjoints déployés dans le cadre du processus Inteqal (transition), saluant les progrès accomplis sur la voie de la transition en matière de sécurité, notamment le fait qu’un tournant ait été amorcé le 18 juin 2013, date à laquelle le processus de transition a été étendu à toutes les régions du pays,


Soulignant qu’il importe que les Forces de sécurité nationales afghanes soient opérationnelles, professionnelles, largement représentatives et viables pour répondre aux besoins de sécurité du pays, dans la perspective d’une paix, d’une sécurité et d’une stabilité durables, et insistant sur le fait que la communauté internationale s’est engagée à long terme, au-delà de 2014 et durant la Décennie de la transformation (2015-2024), à concourir à leur renforcement et à leur professionnalisation, y compris par la formation et le recrutement de femmes et leur maintien dans les Forces de sécurité nationales afghanes,


Accueillant avec satisfaction la Déclaration commune du Sommet de Chicago concernant l’Afghanistan qui insiste sur l’engagement à long terme, après 2014, en faveur de l’instauration durable de la paix, de la sécurité et de la stabilité en Afghanistan, notant que le Gouvernement afghan et l’OTAN ont décidé que l’OTAN devrait s’efforcer de continuer à former, conseiller et aider les Forces de sécurité nationales afghanes après 2014, notant que toute nouvelle mission devrait avoir une base juridique saine, conformément au paragraphe 14 de la Déclaration commune du Sommet de Chicago sur l’Afghanistan, en soulignant à cet égard l’importance des débats sur l’Afghanistan lors du prochain Sommet de l’OTAN au Royaume-Uni en septembre 2014, constatant qu’il incombe au Gouvernement afghan d’assurer la pérennité de forces nationales afghanes compétentes et en nombre suffisant, appuyées par la communauté internationale comme il en a été décidé, lors de la Conférence internationale sur l’Afghanistan tenue à Bonn le 5 décembre 2011, par le biais de la formation, de la dotation en équipement, du financement et du renforcement de ses capacités au-delà de la période de transition, et se félicitant, comme réaffirmé dans la Déclaration commune du Sommet de Chicago, du soutien financier en faveur des forces nationales afghanes avec comme objectif clair qu’en 2024 au plus tard, le Gouvernement afghan assumera intégralement la responsabilité financière de ses forces de sécurité,


Conscient que les avancées dans le secteur de la sécurité doivent s’accompagner de progrès dans les domaines de la gouvernance et du renforcement des capacités afghanes, prenant note, dans ce contexte, des objectifs de la MANUA et de la Force internationale d’assistance à la sécurité, comme indiqué également dans la résolution 2120 (2013), et soulignant qu’il faut renforcer la coopération et l’appui mutuel, le cas échéant, compte dûment tenu des tâches assignées à l’une et à l’autre,


Réaffirmant que tous les organismes, fonds et programmes des Nations Unies doivent, dans le cadre du mécanisme offert par l’équipe de pays et de l’initiative Unis dans l’action, et sous la direction du Représentant spécial du Secrétaire général, redoubler d’efforts en vue d’améliorer la cohérence, la coordination et l’efficacité des activités et de les aligner étroitement sur les programmes prioritaires nationaux définis par le Gouvernement afghan,


Se félicitant de l’action menée par les pays qui poursuivent leurs efforts civils, pour aider le Gouvernement et le peuple afghans, et encourageant la communauté internationale à accroître encore sa contribution de façon coordonnée avec les autorités afghanes et la MANUA, afin de renforcer la prise en main et la direction du pays par les Afghans, comme réaffirmé à la Conférence de Tokyo en juillet 2012,


Soulignant qu’il faut continuer à améliorer l’acheminement judicieux et efficace de l’aide humanitaire, notamment grâce à une coordination accrue entre les organismes, fonds et programmes des Nations Unies sous l’autorité du Représentant spécial du Secrétaire général, et entre l’Organisation des Nations Unies et d’autres donateurs, surtout dans les endroits qui en ont le plus besoin, se félicitant de la création du Fonds humanitaire commun des Nations Unies et encourageant le Gouvernement afghan à prendre progressivement la direction de la coordination de l’aide humanitaire destinée à ses citoyens,


Mettant l’accent sur la nécessité pour tous, dans le contexte de l’aide humanitaire, de défendre et de respecter les principes humanitaires et les principes d’humanité, de neutralité, d’impartialité et d’indépendance,


Se déclarant de nouveau préoccupé par l’état de la sécurité en Afghanistan, en particulier par les actes de violence et de terrorisme qui sont le fait des Taliban, d’Al-Qaida, d’autres groupes extrémistes violents, de groupes armés illégaux, de criminels et de ceux qui se livrent à la production, au trafic ou au commerce de drogues illicites, et par les liens existants entre les activités terroristes et les drogues illicites, qui constituent un danger pour la population locale, y compris les femmes, les enfants, les forces nationales de sécurité et le personnel militaire et civil international, notamment les agents de l’aide humanitaire et de l’aide au développement,


Conscient des menaces alarmantes que font continuellement peser les Taliban, Al-Qaida, d’autres groupes extrémistes violents et des groupes armés illégaux, ainsi que des difficultés rencontrées pour lutter contre ces menaces, et s’inquiétant vivement des incidences néfastes des actes de violence et de terrorisme perpétrés par les Taliban, Al-Qaida, d’autres groupes extrémistes violents et des groupes armés illégaux sur l’aptitude du Gouvernement afghan à garantir la primauté du droit, à assurer au peuple afghan la sécurité et les services essentiels et à veiller à l’amélioration de la situation des droits de l’homme et des libertés fondamentales et à leur protection,


Rappelant ses résolutions 1674 (2006), 1738 (2006) et 1894 (2009) sur la protection des civils en période de conflit armé, se déclarant vivement préoccupé par le nombre élevé des pertes civiles en Afghanistan, en particulier parmi les femmes et les enfants, dont la grande majorité sont causées par les Taliban, Al-Qaida, d’autres groupes extrémistes violents et des groupes armés illégaux, condamnant les assassinats de femmes et de filles, en particulier de femmes occupant des postes de haut niveau, réaffirmant que tous les belligérants doivent prendre toutes les mesures possibles pour assurer la protection des civils touchés, spécialement des femmes, des enfants et des déplacés notamment contre les violences sexuelles et toutes les autres formes de violence sexiste, et que les auteurs de tels actes de violence doivent en répondre, demandant à toutes les parties d’honorer les obligations que leur impose le droit international, notamment le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, et de prendre toute mesure utile pour assurer la protection des civils, et soulignant qu’il importe de suivre en permanence la situation des populations civiles, et plus particulièrement les pertes civiles, et de l’en informer, notamment par la FIAS, prenant acte des progrès enregistrés par les forces afghanes et les autres forces internationales pour réduire au maximum le nombre de victimes civiles, et prenant note du rapport de la MANUA sur la protection des civils en période de conflit armé en date du 8 février 2014,


Se déclarant également préoccupé par la grave menace que les mines antipersonnel, restes de guerre et engins explosifs improvisés peuvent représenter pour la population civile, et soulignant qu’il faut s’abstenir d’utiliser des armes et dispositifs interdits par le droit international,


Encourageant la communauté internationale et les partenaires régionaux à mieux épauler les efforts constants que mènent les Afghans pour lutter contre la production et le trafic de drogues, notamment par le biais du groupe de travail du Conseil commun de coordination et de suivi pour la lutte contre les stupéfiants ainsi que dans le cadre d’initiatives régionales, et conscient de la menace que la production, le commerce et le trafic de drogues illicites font peser sur la paix internationale et la stabilité des différentes régions du monde, ainsi que du rôle important que l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) joue à cet égard,


Préoccupé par l’augmentation de la production de pavot dont il est fait état dans l’Enquête de l’ONUDC sur la production d’opium en Afghanistan pour 2013, constatant les conséquences néfastes de la culture, de la production, du trafic et de la consommation d’opium pour la stabilité, la sécurité, le développement économique et social et la gouvernance de l’Afghanistan, ainsi que pour la région et le reste du monde, et soulignant le rôle important joué par l’ONU, qui continue de suivre l’évolution de la situation concernant les drogues dans le pays,


Soulignant la nécessité de mener une action coordonnée à l’échelle de la région pour lutter contre le problème de la drogue et, à cet égard, se félicitant de la tenue à Islamabad les 12 et 13 novembre 2012 de la Conférence ministérielle régionale sur la lutte contre les stupéfiants, qui avait pour objet de renforcer la coopération régionale dans ce domaine,


Saluant les travaux actuellement accomplis dans le cadre de l’Initiative du Pacte de Paris, qui constitue l’un des cadres les plus importants de la lutte contre les opiacés en provenance d’Afghanistan, prenant note de la Déclaration de Vienne et soulignant que le Pacte de Paris vise à établir une vaste coalition internationale pour lutter contre le trafic d’opiacés illicites en provenance d’Afghanistan, dans le cadre d’une action globale en faveur de la paix, de la stabilité et du développement en Afghanistan, dans la région et au-delà,


Rappelant la déclaration adressée à l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) par le Gouvernement afghan, dans laquelle celui-ci indiquait que l’anhydride acétique n’avait pas d’utilisation légale en Afghanistan pour le moment et que les pays producteurs et exportateurs devraient s’abstenir d’autoriser l’exportation de cette substance en Afghanistan si le Gouvernement afghan n’en faisait pas la demande, et invitant, conformément à la résolution 1817 (2008), les États Membres à resserrer leur coopération avec l’OICS, notamment en se conformant pleinement aux dispositions de l’article 12 de la Convention des Nations Unies contre le trafic illicite de stupéfiants et de substances psychotropes de 1988, et encourageant un renforcement de la coopération à l’échelle internationale et régionale pour prévenir le détournement et le trafic de précurseurs chimiques à destination de l’Afghanistan,


Soutenant la poursuite de l’interdiction par le Gouvernement afghan de l’engrais à base de nitrate d’ammonium, l’exhortant à prendre rapidement des mesures en vue de faire appliquer les règlements relatifs à la lutte contre toutes les matières explosives et les précurseurs et à réduire ainsi la capacité des insurgés de s’en servir pour fabriquer des engins explosifs improvisés, et engageant la communauté internationale à appuyer le Gouvernement afghan dans les efforts qu’il déploie à cet égard,


Rappelant ses résolutions 1265 (1999), 1296 (2000), 1674 (2006), 1738 (2006) et 1894 (2009) sur la protection des civils en période de conflit armé, ses résolutions 1325 (2000), 1820 (2008), 1888 (2009), 1889 (2009), 1960 (2010), 2106 (2013) et 2122 (2013) sur les femmes et la paix et la sécurité, ses résolutions 1612 (2005), 1882 (2009), 1998 (2011), 2068 (2012) et 2143 (2014) sur le sort des enfants en temps de conflit armé, et sa résolution 2117 (2013) sur les armes légères et de petit calibre, et prenant note des rapports du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé (S/2013/245) et sur la protection des civils en période de conflit armé (S/2013/689), ainsi que des conclusions du Groupe de travail du Conseil de sécurité sur le sort des enfants en temps de conflit armé (S/AC.51/2011/3),


1.    Accueille avec satisfaction le rapport du Secrétaire général en date du 7 mars 2014 (S/2014/163);


2.    Est heureux de constater que l’Organisation des Nations Unies est déterminée à collaborer durablement avec le Gouvernement et le peuple afghans, notamment au-delà de 2014 et durant la Décennie de la transformation, réaffirme son soutien sans réserve aux activités de la MANUA et du Représentant spécial du Secrétaire général, et insiste sur la nécessité de continuer à doter la MANUA de ressources suffisantes pour qu’elle puisse s’acquitter de son mandat;


3.    Décide de proroger jusqu’au 17 mars 2015 le mandat de la MANUA, tel que défini dans ses résolutions 1662 (2006), 1746 (2007), 1806 (2008), 1868 (2009), 1917 (2010), 1974 (2011), 2041 (2012) et 2096 (2013), et aux paragraphes 4, 5, 6 et 7 ci-après;


4.    Reconnaît que le mandat renouvelé de la MANUA tient pleinement compte du processus de transition et souscrit à l’idée de voir l’Afghanistan assumer pleinement le contrôle et la prise en charge des domaines de la sécurité, de la gouvernance et du développement, conformément aux accords qu’il a conclus avec la communauté internationale aux Conférences de Londres, de Kaboul, de Bonn et de Tokyo et aux Sommets de Lisbonne et de Chicago;


5.    Demande à l’Organisation des Nations Unies, agissant avec le soutien de la communauté internationale, d’apporter un appui aux programmes prioritaires nationaux du Gouvernement afghan dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance, de la justice et du développement économique et social et de prêter son concours pour que soient intégralement tenus les engagements communs pris sur ces questions aux conférences internationales, et que soit poursuivie la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la drogue, et prie la MANUA, exerçant de plus en plus une fonction de soutien, d’aider le Gouvernement afghan à prendre les rênes du pays comme prévu dans le Processus de Kaboul;


6.    Décide que la MANUA et le Représentant spécial du Secrétaire général, agissant dans la limite de leur mandat et guidés par l’idée de renforcer la souveraineté, la prise en main et la direction du pays par les Afghans, continueront à piloter et coordonner les activités civiles internationales, conformément aux communiqués des Conférences de Londres, de Kaboul et de Tokyo et aux conclusions de la Conférence de Bonn, en s’attachant en particulier à réaliser les priorités suivantes :


a)    Promouvoir, en tant que Coprésident du Conseil commun de coordination et de suivi, une plus grande cohérence au niveau de l’appui offert par la communauté internationale à la poursuite des priorités du Gouvernement afghan en matière de développement et de gouvernance, notamment en apportant un soutien à l’élaboration en cours et au séquençage des programmes prioritaires nationaux, en mobilisant des moyens, en coordonnant l’action des donateurs et organismes internationaux et en orientant les contributions des organismes, fonds et programmes des Nations Unies, en particulier pour ce qui est de la lutte contre les stupéfiants et des activités de reconstruction et de développement; en même temps, coordonner les activités des partenaires internationaux aux fins du suivi, en particulier grâce à l’échange d’informations, appuyer les efforts déployés pour accroître la part de l’aide au développement qui est fournie par l’intermédiaire du Gouvernement afghan, conformément aux engagements pris aux Conférences de Kaboul et de Tokyo, ainsi que ceux déployés pour accroître la transparence et l’efficacité de l’utilisation par le Gouvernement afghan des ressources en question;


b)    Apporter un appui, à la demande des autorités afghanes, à l’organisation des élections à venir en Afghanistan, y compris des élections à la présidence et aux conseils provinciaux prévues en 2014 et des élections parlementaires prévues en 2015, renforcer, à l’appui de l’action menée par le Gouvernement afghan, la pérennité et l’intégrité du processus électoral et son ouverture à tous, comme convenu aux Conférences de Londres, de Kaboul, de Bonn et de Tokyo ainsi qu’au Sommet de Chicago, et offrir aux institutions afghanes participant au processus une aide en matière de renforcement des capacités et une assistance technique;


c)    Apporter une aide sous forme de communication aussi bien que de bons offices, si le Gouvernement afghan le demande, au processus de paix et de réconciliation dirigé par les Afghans, notamment pour ce qui est de la mise en œuvre du Programme afghan pour la paix et la réintégration, et en proposant et en facilitant la mise en œuvre de mesures de confiance, dans le cadre posé par la Constitution afghane et dans le respect total de l’application des mesures et procédures définies dans ses résolutions 1267 (1999), 1988 (2011), 1989 (2011) et 2082 (2012) et 2083 (2012) et toute autre résolution qu’il a adoptée sur la question;


d)    Soutenir la coopération régionale, en vue d’aider l’Afghanistan à se prévaloir de la place qu’il occupe au cœur de l’Asie pour promouvoir la coopération régionale et s’appuyer sur ce qui a déjà été réalisé, pour progresser vers un Afghanistan stable et prospère;


e)    Poursuivre, avec l’appui du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, la coopération avec la Commission indépendante des droits de l’homme en Afghanistan et le renforcement de ses capacités ainsi que la coopération avec le Gouvernement afghan et les organisations non gouvernementales étrangères et afghanes concernées afin d’assurer le suivi de la situation des civils, de coordonner l’action menée pour assurer la protection de ces civils, de promouvoir l’application du principe de responsabilité et d’aider à réaliser intégralement les libertés fondamentales et les dispositions relatives aux droits de l’homme figurant dans la Constitution afghane et dans les traités internationaux auxquels l’Afghanistan est partie, en particulier ceux qui concernent le plein exercice des droits fondamentaux des femmes, y compris la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes;


f)    Poursuivre la coopération avec la Force internationale d’assistance à la sécurité et le Haut-Représentant civil de l’OTAN, à tous les niveaux et dans tout le pays, à l’appui de la transition vers la prise des rênes du pays par les Afghans convenue aux Conférences de Kaboul et de Londres et aux Sommets de Lisbonne et de Chicago, et ce, d’une manière propre à assurer la protection et la promotion à long terme des droits de tous les Afghans, conformément à leur mandat actuel, afin de renforcer la coordination entre civils et militaires, de faciliter l’échange rapide d’informations et d’assurer la cohérence entre les activités menées par les forces de sécurité nationales et internationales et les intervenants civils à l’appui d’un processus de développement et de stabilisation mené par les Afghans, notamment en nouant des rapports avec les équipes de reconstruction de province et avec les organisations non gouvernementales, en particulier en participant en qualité d’observateur aux travaux de la Commission conjointe Afghanistan-OTAN pour l’Inteqal;


7.    Réaffirme que la MANUA et le Représentant spécial redoubleront d’efforts en vue d’améliorer la cohérence, la coordination et l’efficacité des organismes, fonds et programmes compétents des Nations Unies en Afghanistan de manière à optimiser leur efficacité collective en pleine conformité avec les programmes prioritaires nationaux définis par le Gouvernement afghan et continueront de piloter les efforts civils internationaux en accordant une attention particulière à la nécessité de favoriser et de renforcer le rôle des institutions afghanes afin qu’elles puissent s’acquitter de leurs responsabilités principales dans les domaines prioritaires suivants :


a)    Moyennant une présence adéquate de la Mission, à déterminer en pleine consultation et en étroite coopération avec le Gouvernement afghan, promotion de l’action qu’il mène en faveur de la mise en œuvre du Processus de Kaboul dans tout le pays, notamment grâce au renforcement de la coopération avec l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime, et action visant à ce que les politiques gouvernementales favorisent l’ouverture et soient mieux comprises;


b)    Appui à l’action menée par le Gouvernement afghan au titre du respect de ses engagements, tels qu’ils ont été énoncés lors des Conférences de Londres, de Kaboul, de Bonn et de Tokyo, pour améliorer la gouvernance et renforcer l’état de droit, y compris la justice transitionnelle, l’exécution du budget et la lutte contre la corruption dans tout le pays conformément au Processus de Kaboul et au Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo, l’objectif étant d’apporter les bienfaits de la paix et d’assurer des services de façon opportune et durable;


c)    Coordination et facilitation de l’acheminement de l’aide humanitaire, à l’appui du Gouvernement afghan, notamment, et dans le respect des principes humanitaires, en vue de donner au Gouvernement les moyens d’assumer à l’avenir son rôle central et de coordination, y compris en offrant un appui efficace aux autorités nationales et locales en matière d’assistance et de protection des déplacés, et de créer des conditions propices au retour volontaire et durable, dans la sécurité et la dignité, des réfugiés et des déplacés des pays voisins et autres;


8.    Demande à toutes les parties afghanes et autres de se coordonner avec la MANUA dans l’exécution de son mandat et dans l’action qu’elle mène pour promouvoir dans tout le pays la sécurité et la liberté de mouvement du personnel des Nations Unies et du personnel associé;


9.    Réaffirme qu’il faut assurer la sécurité du personnel des Nations Unies et son adhésion aux mesures que le Secrétaire général a déjà prises à cet égard;


10.   Souligne qu’il importe au plus haut point de pouvoir compter sur une présence continue de la MANUA et des autres organismes, fonds et programmes des Nations Unies dans les provinces, conformément au processus de transition, à l’appui et avec le concours du Gouvernement afghan, pour assurer les besoins et la sécurité, et conformément à l’objectif d’efficacité de l’ensemble du système des Nations Unies, et soutient fermement l’autorité du Représentant spécial du Secrétaire général dans la coordination de toutes les activités des organismes, fonds et programmes des Nations Unies en Afghanistan sur la base de l’initiative « Unis dans l’action »;


11.   Encourage le Secrétaire général à poursuivre les efforts engagés en vue de prendre les dispositions voulues pour régler les problèmes de sécurité associés à cette présence et, durant le processus actuel de transition et au-delà de celui-ci, préconise notamment une coordination étroite avec les Forces nationales de sécurité afghanes, appuyées par la Force internationale d’assistance, le cas échéant;


12.   Souligne l’importance qu’il attache à un développement démocratique durable de l’Afghanistan dans le cadre duquel toutes les institutions afghanes fonctionneraient dans les limites clairement définies de leurs domaines de compétence respectifs, conformément aux lois applicables et à la Constitution afghane, et se félicite, à cet égard, de l’engagement pris par le Gouvernement afghan à la Conférence de Kaboul et réaffirmé aux Conférences de Bonn et de Tokyo d’améliorer encore le processus électoral, y compris en assurant sa viabilité à long terme, et, tenant compte des engagements pris par la communauté internationale et le Gouvernement afghan aux Conférences de Londres, de Kaboul, de Bonn et de Tokyo, réaffirme le rôle de soutien que joue la MANUA, à la demande du Gouvernement afghan, pour faciliter la réalisation de ces engagements, prie cette dernière de fournir, à la demande du Gouvernement afghan, une assistance technique aux institutions afghanes compétentes en vue d’appuyer l’intégrité du processus électoral et son ouverture à tous, y compris en prenant des mesures pour faciliter la pleine participation des femmes en toute sécurité, se félicite de la participation des femmes au processus électoral en tant que candidates, électrices inscrites sur les listes ou militantes, et demande également aux membres de la communauté internationale de fournir une assistance selon que de besoin;


13.   Se félicite des efforts renouvelés du Gouvernement afghan visant à faire avancer le processus de paix et de réconciliation, comme en témoignent notamment la création du Haut Conseil de la paix et la mise en œuvre du Programme afghan pour la paix et la réintégration, pour faciliter un dialogue sans exclusive mené et contrôlé par les Afghans sur la réconciliation et la participation politique ainsi qu’il ressort du communiqué de la Conférence de Kaboul du 20 juillet 2010 consacré au dialogue avec ceux qui renoncent à la violence, n’ont pas de lien avec des organisations terroristes internationales, dont Al-Qaida, respectent la Constitution afghane, en particulier ses dispositions relatives aux droits humains, notamment les droits de la femme, et souhaitent participer à l’édification d’un Afghanistan pacifique, ainsi que des principes et des résultats détaillés découlant des conclusions de la Conférence de Bonn du 5 décembre 2011, et encourage le Gouvernement afghan à se prévaloir des bons offices offerts par la MANUA pour faciliter ce processus, le cas échéant, en pleine application des mesures et procédures définies dans ses résolutions 1267 (1999), 1988 (2011) et 2082 (2012) et les autres résolutions qu’il a adoptées sur la question;


14.   Se félicite également des mesures prises par le Gouvernement afghan et l’encourage à continuer d’accroître la participation des femmes, des minorités et de la société civile aux processus de sensibilisation, de consultation et de prise de décisions, rappelle que les femmes jouent un rôle crucial dans le processus de paix, comme l’affirment sa résolution 1325 (2000) et ses autres résolutions sur la question, redit donc qu’il est nécessaire qu’elles participent pleinement, effectivement et sur un pied d’égalité à toutes les étapes des processus de paix et demande instamment qu’elles soient associées à l’élaboration et à la mise en œuvre de stratégies de lendemain de conflit afin que leur optique et leurs besoins soient pris en compte comme l’ont affirmé les Conférences de Bonn et de Tokyo;


15.   Prend acte de la création du Comité en application de la résolution 1988 (2011) du Conseil de sécurité, de ses méthodes et procédures, y compris les nouvelles procédures visant à faciliter et à diligenter les demandes d’exemption d’interdiction de voyage à l’appui du processus de paix et de réconciliation introduites dans la résolution 2082 (2012) du Conseil de sécurité, salue à cet égard la coopération que le Gouvernement afghan, le Haut Conseil de la paix et la MANUA ont instaurée avec le Comité, notamment en lui fournissant des renseignements pertinents pour qu’il puisse tenir à jour la Liste 1988 et identifier les personnes, groupes, entreprises et entités associés aux Taliban qui représentent une menace pour la paix, la stabilité et la sécurité de l’Afghanistan selon les critères de désignation énoncés dans la résolution 2082 (2012) et note que ce financement ou soutien peut se faire notamment, mais pas uniquement, au moyen de revenus tirés de la culture et de la production illégales et du trafic de stupéfiants, avec l’Afghanistan comme point de départ ou de transit, ainsi que du trafic de précurseurs à destination de l’Afghanistan, et encourage la poursuite de cette coopération;


16.   Souligne le rôle que doit jouer la Mission, si le Gouvernement afghan en fait la demande, dans l’appui à un processus de paix et de réconciliation sans exclusive, mené et pris en charge par les Afghans, y compris au Programme afghan pour la paix et la réintégration, tout en continuant d’évaluer, notamment en collaboration avec la Commission indépendante des droits de l’homme en Afghanistan, les incidences sur les droits de l’homme et les droits fondamentaux des femmes, y compris la promotion et la défense des droits de l’homme, et engage la communauté internationale à soutenir les efforts que le Gouvernement afghan déploie dans ce domaine, notamment en continuant d’alimenter le Fonds d’affectation spéciale pour la paix et la réintégration;


17.   Réaffirme son soutien à l’action régionale que mène actuellement l’Afghanistan dans le cadre du « Processus d’Istanbul sur la sécurité et la coopération régionales pour la paix et la stabilité en Afghanistan », attend avec intérêt la tenue de la prochaine Conférence ministérielle « Au cœur de l’Asie » prévue à Tianjin (Chine) en 2014, invite l’Afghanistan et ses partenaires régionaux à maintenir l’élan imprimé et à poursuivre leurs efforts afin de raffermir le dialogue et la confiance dans la région par le biais du Processus d’Istanbul, et note que celui-ci est censé compléter et faciliter les efforts déployés par les organisations régionales, en particulier en ce qui concerne l’Afghanistan, et non s’y substituer;


18.   Salue les efforts que font le Gouvernement afghan, ses partenaires des pays voisins et de la région et les organisations internationales, dont l’Organisation de la coopération islamique, pour susciter la confiance et la coopération mutuelles, ainsi que les récentes initiatives de coopération prises par des pays concernés et des organisations régionales, y compris lors des Sommets trilatéraux et quadrilatéraux et des Sommets de l’Organisation de Shangai pour la coopération et de l’Association sud-asiatique de coopération régionale;


19.   Appelle à renforcer le processus de coopération régionale et à prendre des mesures propres à faciliter le commerce et le transit régionaux, notamment par des accords de commerce et de transit régionaux et bilatéraux, une meilleure coopération consulaire pour l’octroi de visas et la facilitation des voyages d’affaires, à favoriser le commerce international, à accroître les investissements étrangers et à développer les infrastructures, notamment en ce qui concerne les raccordements, l’offre énergétique, les transports et la gestion intégrée des frontières, afin de renforcer le rôle de l’Afghanistan dans la coopération économique régionale et de promouvoir une croissance économique durable et la création d’emplois dans le pays;


20.   Souligne, à cet égard, qu’il importe de renforcer les réseaux locaux et régionaux de transport afin de favoriser le développement économique, la stabilité et l’autosuffisance, en particulier par la construction et l’entretien de voies ferrées locales et de routes, l’élaboration de projets régionaux visant à améliorer encore les liaisons et le renforcement des capacités de l’aviation civile internationale;


21.   Réaffirme que le Conseil commun de coordination et de suivi joue un rôle central s’agissant de coordonner, de faciliter et de suivre la mise en œuvre de la Stratégie de développement national de l’Afghanistan et les programmes prioritaires nationaux et demande à tous les intéressés de renforcer leur coopération avec le Conseil à cette fin de manière à améliorer encore son efficacité;


22.   Demande aux organisations et donateurs internationaux ainsi qu’au Gouvernement afghan d’honorer les engagements qu’ils ont pris à la Conférence de Tokyo et aux conférences internationales précédentes, et réaffirme qu’il importe de faire davantage pour améliorer la coordination et l’efficacité de l’aide, notamment en assurant la transparence et en luttant contre la corruption, et pour aider le Gouvernement afghan à être mieux à même de coordonner l’aide;


23.   Appelle le Gouvernement afghan, aidé en cela par la communauté internationale, et notamment la Force internationale d’assistance à la sécurité et la coalition de l’opération Liberté immuable, conformément à leurs attributions évolutives respectives, à continuer à faire face à la menace que font peser sur la sécurité et la stabilité de l’Afghanistan les Taliban, les membres d’Al-Qaida, les autres groupes extrémistes violents, les groupes armés illégaux, les criminels et ceux qui se livrent à la production ou au trafic de stupéfiants;


24.   Réaffirme qu’il importe de rendre le secteur de la sécurité afghan plus fonctionnel, professionnel et responsable, dans un cadre global, par le biais de procédures d’agrément appropriées et d’efforts de formation, notamment en ce qui concerne les droits de l’enfant, d’encadrement, d’équipement et de responsabilisation, à l’intention tant des femmes que des hommes, afin d’accélérer la réalisation de l’objectif consistant à constituer des forces de sécurité afghanes autosuffisantes et ethniquement équilibrées ouvertes aux femmes et qui assurent le maintien de la sécurité et de l’état de droit dans tout le pays, et souligne l’importance de l’engagement à long terme pris par la communauté internationale d’assurer, au-delà de 2014, une force de sécurité nationale afghane fonctionnelle, professionnelle et pérenne;


25.   Se félicite à cet égard que l’armée nationale afghane continue de se développer et soit de plus en plus à même de planifier et de mener des opérations et se déclare favorable aux efforts de formation qui continuent d’être faits, notamment grâce à l’apport de formateurs, de ressources et d’équipes consultatives par l’intermédiaire de la Mission de formation de l’OTAN en Afghanistan, aux conseils qui sont donnés en vue d’une planification durable de la défense et à l’assistance aux initiatives de réforme de la défense;


26.   Prend note des efforts que continuent de faire les autorités afghanes pour renforcer les capacités de la Police nationale afghane, invite à faire des efforts supplémentaires à cette fin et souligne l’importance, dans ce contexte, de l’assistance internationale fournie sous forme d’un appui financier et d’un apport en personnel de formation et d’encadrement, y compris de la contribution qu’apportent la Mission de formation de l’OTAN en Afghanistan, la Force de gendarmerie européenne et l’Union européenne par le biais de sa mission de police EUPOL-Afghanistan de même que l’Équipe allemande pour le projet de police, sachant l’importance que revêt une force de police suffisante et capable pour la sécurité à long terme de l’Afghanistan, se félicite du plan prospectif pour les 10 années à venir du Ministère de l’intérieur et de la Police nationale afghane, notamment de l’engagement pris d’énoncer une stratégie visant à recruter des femmes au sein de la Police nationale afghane et à les retenir, les former et les promouvoir, ainsi que de poursuivre la mise en œuvre de leur stratégie d’intégration de la problématique hommes-femmes, et se réjouit de l’appui que la MANUA continue de procurer aux associations de femmes policières;


27.   Se félicite des progrès accomplis par le Gouvernement afghan concernant le programme de démantèlement des groupes armés illégaux et son intégration au Programme afghan pour la paix et la réintégration et demande que les efforts soient accélérés et coordonnés pour que de nouveaux progrès soient enregistrés, avec l’appui de la communauté internationale;


28.   Condamne avec la plus grande fermeté tous les attentats visant des civils et les forces afghanes et internationales, qu’il s’agisse d’attentats commis à l’aide d’engins explosifs improvisés, d’attentats-suicide, d’assassinats ou d’enlèvements, qui nuisent à l’entreprise de stabilisation, de reconstruction et de développement de l’Afghanistan, et condamne en outre l’utilisation par les Taliban et d’autres groupes extrémistes de civils comme boucliers humains;


29.   Note avec préoccupation la persistance des attaques contre le personnel humanitaire et les agents de l’aide au développement, et notamment des attaques contre le personnel médical, les transports médicaux et les installations de santé, les condamne dans les termes les plus énergiques en faisant valoir qu’elles entravent les efforts faits pour venir en aide au peuple afghan, et engage toutes les parties à garantir un accès illimité, sûr et sans entrave à tous les agents humanitaires, y compris au personnel des Nations Unies et au personnel associé, et respecter pleinement le droit international humanitaire applicable et les principes des Nations Unies régissant l’aide humanitaire d’urgence;


30.   Se félicite des résultats obtenus à ce jour dans l’exécution du Programme de lutte antimines pour l’Afghanistan et encourage le Gouvernement afghan, avec l’appui des Nations Unies et d’autres parties intéressées, à poursuivre son action en vue d’enlever et de détruire les mines antipersonnel et antichars et les restes d’explosifs de guerre et de réduire ainsi les menaces qu’ils font peser sur la vie humaine et sur la paix et la sécurité dans le pays, et note qu’il convient de fournir une aide en vue de soigner les victimes et d’assurer leur réadaptation et leur réinsertion économique et sociale, s’agissant notamment des personnes handicapées;


31.   Salue les progrès accomplis par la Force internationale d’assistance à la sécurité et les autres forces internationales en vue de réduire le plus possible les risques de pertes civiles, prend note du rapport de la MANUA du 8 février 2014 sur la protection des civils en période de conflit armé, et les exhorte à poursuivre leurs efforts à cet égard, notamment en réexaminant constamment leurs tactiques et leurs procédures, en faisant avec les autorités afghanes le bilan de toute intervention qui aurait causé des pertes civiles et en procédant à une enquête en pareil cas et lorsque le Gouvernement afghan estime qu’une enquête conjointe est nécessaire;


32.   Exprime sa profonde préoccupation devant le recrutement et l’utilisation d’enfants par les Taliban, Al-Qaida et d’autres groupes extrémistes violents en Afghanistan ainsi que devant le meurtre et les mutilations d’enfants du fait du conflit, condamne de nouveau fermement le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats en violation du droit international applicable, ainsi que toutes autres formes de violations et tous autres sévices exercés sur des enfants en période de conflit armé, en particulier à l’occasion d’attaques contre les écoles et les établissements d’enseignement et de santé, notamment leur incendie et leur fermeture forcée, les actes d’intimidation, les enlèvements et les assassinats dont fait l’objet le personnel enseignant, en particulier les attaques contre l’éducation des filles menées par des groupes armés illégaux, dont les Taliban, et notant, dans ce contexte, que les Taliban ont été inscrits sur la liste figurant dans l’annexe du rapport du Secrétaire général sur le sort des enfants en temps de conflit armé (S/2013/245), et l’utilisation d’enfants pour perpétrer des attentats-suicide, et demande que les responsables soient traduits en justice;


33.   Souligne que, dans ce contexte, il importe d’appliquer la résolution 1612 (2005) du Conseil de sécurité sur le sort des enfants en temps de conflit armé et les résolutions suivantes, approuve le décret publié par le Ministre de l’intérieur réaffirmant l’engagement du Gouvernement afghan à prévenir les violations des droits des enfants, en date du 6 juillet 2011, se félicite des progrès réalisés dans l’application du Plan d’action relatif aux enfants associés aux Forces de sécurité nationales en Afghanistan, signé en janvier 2011, ainsi que de son annexe, en particulier de la création du Comité directeur interministériel afghan sur le sort des enfants en temps de conflit armé, de la désignation d’un responsable de la protection des enfants et de l’approbation par le Gouvernement afghan d’une feuille de route visant à accélérer l’application du plan d’action, demande que les dispositions du plan soient pleinement appliquées, en étroite coopération avec la MANUA, et prie le Secrétaire général de continuer à accorder la priorité aux activités et capacités de protection de l’enfance de la MANUA, et à traiter de la question du sort des enfants en temps de conflit armé dans le pays dans ses rapports futurs conformément à ses propres résolutions pertinentes;


34.   Demeure préoccupé par les conséquences néfastes de la culture, de la production, du trafic et de la consommation d’opium pour la sécurité, le développement et la gouvernance en Afghanistan, ainsi que pour la région et le monde, prend note de l’enquête de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime sur l’opium en Afghanistan, publiée en novembre 2013, engage le Gouvernement afghan, aidé en cela par la communauté internationale, à accélérer la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la drogue, notamment en exécutant des programmes offrant d’autres moyens de subsistance, et à faire une place à la lutte contre les stupéfiants dans tous les programmes nationaux, et encourage la communauté internationale à appuyer davantage les quatre priorités dégagées dans la Stratégie, se félicite de l’appui fourni par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime à l’Initiative triangulaire et au Centre régional d’information et de coordination pour l’Asie centrale dans le cadre de l’Initiative du Pacte de Paris et de la Stratégie Arc-en-ciel, ainsi que du programme régional de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime pour l’Afghanistan et les pays voisins; ainsi que de la contribution de l’Académie de police de Domodedovo (Russie);


35.   Salue l’action que continue de mener l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime pour doter le Ministère afghan de la lutte contre les stupéfiants des moyens de mettre en œuvre la Stratégie nationale afghane de lutte contre la drogue, notamment par le biais du Mécanisme de suivi de la lutte contre les stupéfiants du Conseil commun de coordination et de suivi;


36.   Demande aux États de renforcer la coopération internationale et régionale pour faire pièce à la menace que la production, le trafic et la consommation de drogues illicites au départ de l’Afghanistan font peser sur la communauté internationale, l’objectif étant d’en venir peu à peu à bout, conformément au principe de responsabilité commune et partagée de la résolution du problème de la drogue en Afghanistan, notamment grâce au renforcement des moyens dont disposent les services de répression et de la coopération dans le domaine de la lutte contre les stupéfiants et les précurseurs et contre le blanchiment d’argent et la corruption liée à ce trafic, et demande que sa résolution 1817 (2008) soit pleinement appliquée;


37.   Apprécie les travaux menés au titre de l’Initiative du Pacte de Paris et de son processus dit « Paris-Moscou » pour lutter contre la production, le trafic et la consommation d’opium et d’héroïne en Afghanistan, pour éliminer les cultures de pavot, les laboratoires de fabrication de drogues et les stocks et pour intercepter les convois de drogues, insiste sur l’importance de la coopération en matière de gestion des frontières et se félicite que les organismes compétents des Nations Unies aient intensifié leur collaboration avec l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe et l’Organisation du Traité de sécurité collective à cet égard;


38.   Souligne de nouveau qu’il importe que toutes les institutions afghanes et autres intervenants achèvent la mise en application du Programme prioritaire national « Droit et justice pour tous » afin d’instituer dans les meilleurs délais une justice équitable et transparente, de mettre fin à l’impunité et de consolider l’état de droit dans l’ensemble du pays;


39.   Souligne à cet égard qu’il importe de progresser encore sur la voie de la reconstruction et de la réforme du secteur pénitentiaire en Afghanistan afin que la légalité et les droits de l’homme y soient mieux respectés et que les organisations compétentes aient accès, le cas échéant, à toutes les prisons et à tous les lieux de détention en Afghanistan, demande que soit pleinement respecté le droit international, dont le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, et prend note des recommandations figurant dans le rapport de la Mission d’assistance en date du 20 janvier 2013, et que le Gouvernement afghan nomme une commission chargée d’enquêter sur les conclusions du rapport;


40.   Note avec une forte préoccupation que la corruption nuit à la sécurité, à la bonne gouvernance, à la lutte contre les stupéfiants et au développement économique, salue les engagements pris par le Gouvernement afghan dans le domaine de la lutte contre la corruption à la Conférence de Tokyo, et qu’il a renouvelés avec une vigueur accrue dans le Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo, loue l’action que le Gouvernement afghan mène à cet égard, notamment la publication du décret présidentiel en date de juillet 2012, l’invite instamment à continuer de s’attacher à les honorer, pour rendre l’administration plus efficace, plus responsable et plus transparente au sein des instances nationales, provinciales et locales de gouvernement, et se félicite du soutien inlassable que la communauté internationale apporte à la réalisation des objectifs de l’Afghanistan en matière de gouvernance;


41.   Encourage toutes les institutions afghanes, notamment les pouvoirs exécutif et législatif, à œuvrer dans un esprit de coopération, constate les efforts que continue de déployer le Gouvernement afghan dans le cadre de la poursuite de la réforme législative et de la réforme de l’administration publique afin d’y combattre la corruption et d’y asseoir les principes de bonne gouvernance, y compris la pleine représentation de toutes les Afghanes et de tous les Afghans, et de responsabilité aux échelons tant national que local en saluant la publication du décret présidentiel de juillet 2012, et souligne que la communauté internationale doit continuer à prêter son concours technique à cet égard, constate l’action menée par le Gouvernement afghan en la matière, et souligne à nouveau qu’il importe que le Programme prioritaire national « Transparence et responsabilité nationales » soit mis en application dans son intégralité et de façon suivie et coordonnée;


42.   Lance un appel pour que soient pleinement respectés et protégés les droits de l’homme et les libertés fondamentales, y compris ceux des défenseurs des droits de l’homme, ainsi que le droit international humanitaire sur tout le territoire afghan, se félicite que les médias libres afghans se développent, mais constate avec préoccupation que la liberté des médias continue de faire l’objet de restrictions et les journalistes d’être la cible d’attaques de la part de groupes terroristes, ainsi que de groupes extrémistes et criminels, rend hommage à la Commission indépendante des droits de l’homme en Afghanistan pour les efforts courageux qu’elle déploie afin de surveiller le respect des droits de l’homme dans le pays, d’assurer la promotion et la défense de ces droits et de favoriser l’avènement d’une société civile pluraliste, souligne qu’il importe que tous les intéressés coopèrent sans réserve avec la Commission, dans le respect de leur indépendance et de leur sécurité, encourage l’ensemble des services de l’État et de la société civile à s’investir largement en faveur du respect des engagements mutuels qu’ils ont pris, notamment celui d’assurer un financement public suffisant à la Commission indépendante des droits de l’homme, réaffirme l’importance de son rôle et appuie les efforts qu’elle déploie pour renforcer ses capacités institutionnelles et son indépendance dans le cadre de la Constitution afghane;


43.   Constate qu’en dépit des progrès accomplis sur la voie de l’égalité des sexes, il est nécessaire de redoubler d’efforts, y compris en ce qui concerne des objectifs mesurables et orientés sur l’action, pour garantir les droits et la pleine participation des femmes et des filles et pour faire en sorte que toutes les femmes et les filles d’Afghanistan soient protégées contre la violence et les mauvais traitements, que les auteurs de ces actes de violence soient tenus responsables, et que les femmes et les filles bénéficient d’une égale protection devant la loi et de l’égalité d’accès à la justice, souligne qu’il faut que la loi afghane continue de protéger les femmes comme il se doit, condamne avec fermeté les formes de discrimination et de violence dont sont victimes les filles et les femmes, en particulier la violence visant à empêcher les filles d’aller à l’école, et souligne qu’il importe d’appliquer ses résolutions 1325 (2000), 1820 (2008), 1888 (2009), 1889 (2009), 1960 (2010), 2106 (2013) et 2122 (2013) en prenant note des principaux engagements y énoncés, et de s’assurer que les femmes qui fuient les violences conjugales puissent trouver un refuge sûr;


44.   Se félicite de l’engagement du Gouvernement afghan d’accroître la représentation des femmes dans toutes les institutions liées à la gouvernance, y compris les organes dont les membres sont élus et nommés et la fonction publique, note les progrès enregistrés à cet égard, se félicite de l’action qui continue d’être menée pour promouvoir la pleine participation des femmes au processus électoral et garantir leur protection à cette occasion, appuie les efforts visant à accélérer la mise en œuvre du Plan d’action national en faveur des femmes en Afghanistan, à intégrer ses objectifs dans les programmes prioritaires nationaux et à élaborer une stratégie destinée à faire appliquer la loi sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes, notamment à mettre en place des services d’aide aux victimes et d’accès à la justice, rappelle que la promotion et la protection des droits de la femme font partie intégrante du programme de paix, de réintégration et de réconciliation, réaffirme que les femmes jouent un rôle crucial dans le processus de paix, se félicite de l’engagement pris par le Gouvernement afghan d’assurer l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi du plan d’action national sur les femmes, la paix et la sécurité et de recenser de nouveaux moyens de promouvoir la participation des femmes au processus de paix et de réconciliation mené et contrôlé par l’Afghanistan, prend acte du rapport de la MANUA sur l’application de la loi sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes en Afghanistan, et de l’importance de l’application intégrale de celle-ci, et prie le Secrétaire général de continuer de donner dans ses rapports des renseignements sur l’intégration des femmes à la vie politique, économique et sociale de l’Afghanistan;


45.   Souligne qu’il importe que les derniers réfugiés afghans rentrent chez eux de leur plein gré, en toute sécurité et en bon ordre, et s’y réintègrent pour de bon, aux fins de la stabilité du pays et de la région, et demande à cet égard à la communauté internationale d’apporter une aide régulière et accrue;


46.   Affirme aussi qu’il importe que les déplacés rentrent chez eux de plein gré, en toute sécurité et en bon ordre, et s’y réintègrent pour de bon, et se félicite de la participation de l’Afghanistan comme pays pilote à l’initiative du Secrétaire général sur la recherche de solutions durables, et des progrès accomplis dans le cadre de l’élaboration d’une politique en faveur des déplacés pour l’Afghanistan;


47.   Constate qu’il faut continuer de renforcer, avec l’aide de la communauté internationale, la capacité d’absorption de l’Afghanistan en vue de la pleine réadaptation et de la pleine réintégration des derniers réfugiés et déplacés afghans;


48.   Prie le Secrétaire général de lui présenter tous les trois mois un rapport sur l’évolution de la situation en Afghanistan dans lequel seront évalués les progrès réalisés au regard des critères définis pour mesurer et suivre l’avancement de la mise en œuvre du mandat, y compris au niveau infranational, et des priorités de la MANUA définies dans la présente résolution;


49.   Décide de rester activement saisi de la question.


Rapport du Secrétaire général sur la situation en Afghanistan et ses conséquences pour la paix et la sécurité internationales (S/2014/163)


Dans ce rapport, le Secrétaire général rappelle d’abord que le 17 janvier dernier, quatre membres de la famille des Nations Unies ont trouvé la mort lors d’une attaque perpétrée dans un restaurant de Kaboul et revendiquée par les Taliban.  Dix-sept Afghans et ressortissants d’autres pays ont aussi péri dans cette attaque.


Le Secrétaire général indique ensuite que les préparatifs des prochaines élections sont bien engagés et que le scrutin devrait pouvoir se dérouler comme prévu le 5 avril.  Mais des actes de violence se sont produits en marge du processus électoral.  Le Ministère de l’intérieur a conclu néanmoins que les Forces de sécurité afghanes seraient en mesure de sécuriser 94% des centres de vote, même si 796 étaient considérés comme à haut risque.


Les progrès accomplis pour lancer un processus de paix officiel avec l’opposition armée sont restés limités, avoue le Secrétaire général.  Le 12 février, un ancien responsable du régime des Taliban, Agha Jan Mutasim, a annoncé que plusieurs dirigeants du mouvement s’étaient réunis à Doubaï et étaient convenus d’inaugurer des concertations « interafghanes » entre le Gouvernement afghan, les Taliban et d’autres groupes d’insurgés.  Mais le 19 février, les Taliban ont fait une déclaration dans laquelle ils niaient avoir participé à la réunion de Doubaï ou prendre part à des pourparlers d’aucune sorte avec les autorités afghanes.


Le Secrétaire général indique aussi que l’accord bilatéral de sécurité conclu entre l’Afghanistan et les États-Unis n’est toujours pas signé.  Les forces afghanes commencent à montrer qu’elles sont à même de défendre le territoire contre les attaques d’éléments hostiles au Gouvernement et de reprendre du terrain, même si c’est au prix de nombreuses victimes.  À la mi-janvier, l’armée nationale comptait 193 427 hommes, dont 7 300 militaires servant dans les forces de l’air.


L’Afghanistan continue de tendre la main à ses voisins et de promouvoir la coopération régionale, notamment par son rôle de chef de file dans le cadre du Processus d’Istanbul sur la sécurité et la coopération régionales pour la paix et la stabilité en Afghanistan, en favorisant le renforcement du dialogue politique et l’accomplissement de progrès dans les mesures de confiance.  Les préparatifs de la sixième Conférence sur la coopération économique régionale concernant l’Afghanistan, qui doit se tenir à Kaboul le 26 mars, sont en cours, dit le Secrétaire général.


Il fait ensuite le point sur la situation des droits de l’homme, sur la mise en œuvre du Processus de Kaboul, sur l’aide humanitaire, sur la lutte contre les stupéfiants et l’appui à la Mission d’assistance des Nations Unies (MANUA).


Lorsqu’il sera possible d’évaluer plus précisément les incidences politiques, économiques et en matière de sécurité sur la dernière année de la transition en Afghanistan, conclut le Secrétaire général, le moment sera venu d’examiner de plus près le rôle des Nations Unies.  Par conséquent, il demande au Conseil de sécurité de proroger pour une nouvelle période de 12 mois le mandat de la Mission qui prend fin le 19 mars.


Le Secrétaire général présente en annexe les progrès réalisés au regard des critères et indicateurs en vigueur.  Les domaines concernés sont la sécurité, la paix, la réintégration et la réconciliation, la gouvernance et le renforcement des institutions, les droits de l’homme, le développement socioéconomique, la coopération régionale, le partenariat entre le Gouvernement afghan et la communauté internationale, et la lutte contre les stupéfiants. 


Déclarations


M. JÁN KUBIŠ, Représentant spécial du Secrétaire général en Afghanistan, a tout d’abord présenté ses condoléances aux familles des personnes tuées lors de l’attentat-suicide de Kaboul, notamment les quatre membres de la famille de l’ONU, Khanjar Wabel Abdallah, Basra Hassan, Nasreen Khan et Vadim Nazarov.


Il a ensuite parlé des élections présidentielles et provinciales qui, dans moins de trois semaines, devraient déboucher sur le premier transfert démocratique de pouvoir dans le pays.  Il a exhorté tous les citoyens afghans éligibles à se rendre aux urnes et engagé les organes chargés des élections à assurer la transparence de leur processus de prise de décisions et à maintenir des lignes de communications claires, concernant notamment les décisions finales sur l’ouverture des centres de vote et le contrôle des bulletins de vote.  Il s’est félicité de la conduite de la campagne et a exhorté les candidats à s’engager publiquement à s’opposer à toute tentative de fraude.  Il les a appelés à accepter le résultat des élections.


M. Kubiš a fait savoir que le niveau de la violence électorale était plus bas qu’en 2009 et qu’en 2010 bien qu’une augmentation des incidents d’ordre général ait été enregistrée.  Il s’est félicité de l’appui au processus électoral manifesté par certaines parties de l’insurrection mais s’est dit gravement troublé par la dernière déclaration des Taliban selon laquelle ils tenteront de faire dérailler le processus par la force et une campagne de terreur.


Le Représentant spécial s’est dit  porteur d’un message pour le Secrétaire général, signé par 250 000 femmes afghanes « qui ne réclament que la chance d’offrir un avenir meilleur à leur famille ».  C’est un message d’espoir et de résistance au milieu de la misère et de la mort subies à cause du terrorisme, de l’extrémisme, des réseaux criminels transnationaux et des détenteurs du pouvoir local, a-t-il estimé.


Entre janvier et février de cette année, 359 civils ont été tués et 647 blessés, soit une augmentation de 19% par rapport à la même période en 2013, a souligné le Représentant spécial qui s’est inquiété du fait que la fin des pourparlers directs entre les autorités afghanes et les Taliban ne semble pas être à l’ordre du jour malgré les initiatives du Haut Conseil de la paix.  En 2013, la MANUA a facilité sept initiatives de paix dans huit provinces et lancé deux autres initiatives, impliquant sept provinces, depuis le début de l’année.  Dorénavant, ces initiatives mettent également l’accent sur l’implication des oulémas et des autorités religieuses, a indiqué le Représentant spécial.


Il a insisté sur l’importance de l’engagement régional et a expliqué s’être rendu en Fédération de Russie, au Turkménistan, en Inde et au Pakistan pour des débats de haut niveau.  Il s’est félicité de l’engagement du Premier Ministre du Pakistan à améliorer les relations binationales et à s’en tenir à une politique de non-ingérence.  Le Représentant spécial a aussi salué les progrès du Processus d’Istanbul.


Il a prévenu que la paix et la stabilité en Afghanistan ne sauraient être durables sans l’engagement des donateurs.  Il s’est félicité de ce que les montants d’aide promis demeurent « véritablement exceptionnels », bien que dépendant de la réussite de la transition politique et des progrès réalisés par le Gouvernement dans les réformes.  L’autosuffisance de l’Afghanistan exige que davantage d’attention soit accordée au développement économique, à la lutte contre la pauvreté et à la création d’emplois.  Selon la Banque mondiale, a indiqué le Représentant spécial, les défis de l’avenir seront l’écart croissant entre les revenus, le niveau plus bas que prévu des recettes fiscales et les dépenses massives dans le secteur de la sécurité.  L’économie de l’Afghanistan a été déformée par des années de guerre et, au cours de ces 10 dernières années, par l’ampleur de l’intervention internationale et la dépendance à son égard, a-t-il notamment fait observer.


M. Kubiš a parlé de la Conférence sur le développement qui doit se réunir au niveau ministériel, avec le nouveau Gouvernement.  Il a appelé à la lutte contre une économie illicite toujours florissante.  La production et le trafic de stupéfiants mettent non seulement en péril le bien-être de la population, de l’économie et des institutions de l’Afghanistan et de la région, mais contribue également à financer le terrorisme, a-t-il alerté.


Le Cadre de Tokyo demeure le principal instrument pour appuyer le renforcement des capacités civiles, a-t-il dit, regrettant à son tour les incertitudes qui entourent la finalisation de l’Accord de sécurité bilatérale entre l’Afghanistan et les États-Unis qui ajoutent un facteur d’imprévisibilité.


M. Kubiš a conclu en se félicitant de la publication, le 1er mars, du rapport du Gouvernement sur la mise en œuvre de la loi sur l’élimination de la violence faite aux femmes.  Il s’est également félicité de l’engagement de l’Afghanistan à mettre un terme à l’enrôlement des enfants d’ici à 2016.  Les gains acquis demeurent fragiles, a-t-il souligné, tout en rejetant l’idée selon laquelle l’Afghanistan se tient au-dessus de l’abime dans lequel il ne pourrait éviter de sombrer après 2014. Ce qui importe, a-t-il insisté, c’est un transfert de pouvoir sans heurt et en temps voulu.  Le succès des élections d’avril 2014 sera d’une importance critique pour renforcer la stabilité institutionnelle et politique et insuffler un sentiment de confiance en l’avenir.


M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a souligné que son pays arrivait cette année à la dernière étape de la transition, alors que le pays commençait à se tenir debout et à prendre en charge son propre destin.  Il a affirmé que le 5 avril, les Afghans se prononceraient pour choisir le prochain dirigeant du pays et leurs représentants provinciaux.  Il s’agit là d’un événement historique, a-t-il dit, précisant qu’il marquait la première transition pacifique du pouvoir à travers un processus démocratique.  Une transition politique légitime est essentielle aux efforts visant à assurer un avenir meilleur et plus pacifique, a convenu le représentant.


Après des décennies de guerre, les Afghans ont travaillé intensément pour construire de nouvelles fondations pour le progrès, a-t-il dit, soulignant que ces élections représentaient l’espoir que ce travail se poursuivra, et une occasion de le faire évoluer tout au long de la Décennie de la transformation.


Le délégué a indiqué que la participation des Afghans dans la période précédant les élections avait été très importante.  Tous les segments de la société sont fortement impliqués dans les élections, beaucoup d’entre eux pour la première fois.  Il a mis l’accent sur la participation des femmes en tant que candidates, militantes, électrices ou personnel électoral.


Les Afghans, a poursuivi M. Tanin, ne perdent pas de vue les défis qui les attendent cette année.  Pour les relever, a-t-il expliqué, il est nécessaire de se concentrer sur trois principaux domaines et d’abord la poursuite de la coopération entre l’Afghanistan et la communauté internationale, essentielle pour une transition réussie cette année, la Décennie de la transformation et la paix à long terme, la sécurité et le développement dans le pays.  Les deux autres domaines sont la stabilité financière et la croissance économique durable ainsi que le développement de l’Afghanistan; et la coopération régionale, indispensable à la paix et à la réconciliation et à la lutte contre les Taliban et d’autres groupes qui continuent de se battre contre le Gouvernement.


Tout au long du processus, la protection des droits de tous les Afghans demeure une priorité fondamentale, a poursuivi le représentant, insistant sur la nécessité de garantir le droit de tous à la bonne gouvernance, à la justice, à la santé, à l’éducation et au droit de vivre à l’abri de la violence.  À cet égard, l’Afghanistan s’est engagé à prévenir et à atténuer l’impact de la violence sur les civils, notamment les femmes et les enfants.  Le représentant a condamné avec la plus grande fermeté la poursuite des violences contre le peuple afghan, y compris les femmes.


Dans ce moment crucial, l’Afghanistan, a-t-il conclu, attend de la communauté internationale qu’elle soutienne fermement la paix et la sécurité afin de faire en sorte que les gains durement acquis au cours de la dernière décennie puissent être préservés.


M. GARY QUINLAN (Australie) a estimé que le niveau de participation aux élections du 5 avril 2014 sera un critère de succès.  Mais au-delà des élections, il a rappelé que le nouveau gouvernement afghan devra, avec l’appui de l’ONU, s’attaquer aux défis politiques, sécuritaires et de gouvernance qui restent pressants.  Si la Conférence de Tokyo en 2012 a atteint un niveau d’annonces de contribution sans précédent, M. Quinlan a insisté sur le fait que le déboursement des fonds dépendra de la capacité du nouveau gouvernement d’améliorer la gouvernance et l’état de droit, dont la justice transitionnelle, l’exécution du budget, la lutte contre la corruption et la reddition des comptes.  Il a exhorté le Gouvernement afghan à mettre pleinement en œuvre la loi sur l’élimination de la violence à l’encontre des femmes et à finaliser le plan d’action national sur les femmes, la paix et la sécurité.  Il lui a aussi demandé de faire en sorte que la Commission indépendante des droits de l’homme puisse remplir son rôle.  


L’Australie, a-t-il conclu, continuera d’appuyer la FIAS conformément à l’accord agréé à Chicago en 2012.  Il a encouragé l’Afghanistan à signer un accord bilatéral de sécurité avec les États-Unis et à conclure aussi vite que possible avec l’OTAN, les négociations sur un accord relatif au statut des forces pour planifier la présence militaire après 2014.


Mme PAIK KI-AH (République de Corée) a affirmé que les prochaines élections constituaient une étape essentielle dans la transition politique en Afghanistan.  La sécurité du personnel électoral et des électeurs doit être garantie, a-t-elle déclaré, en condamnant vivement les attaques aveugles contre les civils et le personnel humanitaire.  Le Gouvernement afghan doit continuer à respecter les principaux engagements du Cadre de responsabilité mutuel de Tokyo, notamment dans la lutte contre la corruption et les activités illicites, a ajouté la déléguée.  Elle a également jugé indispensable d’accompagner la Commission des droits de l’homme de l’Afghanistan pour qu’elle puisse continuer à exercer ses fonctions.  L’appui à l’Afghanistan de la communauté internationale est essentiel, a-t-elle conclu.


M. MARIO OYARZÁBAL (Argentine) a voulu que les prochaines élections permettent à l’Afghanistan de consolider les acquis de la transition et de jeter les bases d’une paix et d’un développement durable. Il a souligné que c’est aux Afghans que revient la responsabilité de veiller au caractère inclusif et à la transparence du processus électoral.  Il a dit l’importance de créer un système de recours fiable et jugé indispensable qu’il y ait un fort taux de participation.  Le délégué s’est ensuite préoccupé du fait que certains candidats aient été disqualifiés au motif qu’ils n’avaient pas suffisamment étudié.  Il a relevé que la majorité de ces personnes étaient des femmes.  Il a souligné que le processus de paix entre le Gouvernement  et les principaux éléments de l’opposition armée est fondamental.  Il a relevé les problèmes de la violence faite aux femmes, du non-accès à l’éducation et de l’insécurité alimentaire.


M. LAWRENCE MANZI (Rwanda) a estimé que les prochaines élections en Afghanistan, qui, a-t-il espéré, se dérouleront dans une atmosphère pacifique et inclusive, constitueront une étape fondamentale, non seulement pour le pays mais aussi pour la région.  Il s’est dit préoccupé par l’augmentation des incidents, condamnant ces actes lâches de violence qui visent le personnel des Nations Unies ainsi que les civils.  Le délégué a souligné la nécessité de travailler avec le Gouvernement et le peuple afghans afin de créer un environnement favorable au processus de réconciliation.  La MANUA doit continuer de jouer un rôle central pour faire avancer le processus de transition, a-t-il également dit, jugeant essentiel que la communauté internationale reste mobilisée en faveur du pays en 2014 et au-delà.


M. KAYODE LARO (Nigéria) s’est félicité de l’engagement du Gouvernement à ne pas s’ingérer dans le processus électoral.  Il s’est dit gravement préoccupé par les menaces contre les personnes impliquées dans les préparatifs électoraux et par les tentatives d’assassinat.  Il a appelé le Gouvernement à renforcer la sécurité et insisté sur le fait que le niveau record des attentats-suicide avaient entravé la capacité de la MANUA à remplir son mandat.  Il a notamment dénoncé l’attaque du  17 janvier, en mettant en garde contre le risque d’un vide sécuritaire.


M. PHILIPPE BERTOUX (France) a déclaré que l’année 2014 fera place à une nouvelle mission de conseil, de formation et d’assistance qui prendra le relais de la FIAS, conformément aux engagements pris lors du Sommet de l’OTAN à Chicago en 2012 pour soutenir les Forces de sécurité afghanes dans la durée.  Il a ajouté que l’élection du 5 avril démontrera l’enracinement de la démocratie dans le pays et verra un nouveau président, le deuxième depuis la chute des Taliban, prendre en main les destinées du pays.  L’action de la communauté internationale en Afghanistan devra s’adapter et en particulier, le modèle de développement, marqué par la stratégie de contre-insurrection devra être revu.


Le représentant a souhaité que le mandat de la MANUA soit renforcé pour faciliter la mise en œuvre des processus politiques afghans, en particulier dans les domaines de la réconciliation et du renforcement de l’état de droit, et appuyer les efforts visant à renforcer la coopération régionale.  La MANUA devra aussi disposer de compétences accrues en matière de défense et de promotion des droits de l’homme, domaine dans lequel elle apporte une réelle expertise et une réelle plus-value, a t-il encore dit.  Il a jugé indispensable le maintien de la présence de la MANUA sur l’entière étendue du territoire afghan pour avoir une vision claire et globale de la situation.


Le représentant de la France s’est inquiété de la recrudescence du trafic de drogues, alors que 2013 a vu un nouveau record de production d’opium et que l’Afghanistan est devenu le premier producteur mondial de résine de cannabis.  Face au risque d’émergence d’un narco-État, M. Bertoux a voulu que l’on envisage les moyens de faire rempart aux effets des narcotrafics que sont la corruption ou la violence.  Il a appelé à toutes les synergies possibles entre l’action de la MANUA et le bureau de l’ONUDC en Afghanistan et appuyé la coopération régionale dans ce domaine et le développement des capacités policières, judiciaires et sanitaires de l’État afghan.


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) s’est félicité des progrès accomplis en Afghanistan.  Néanmoins, l’appui de l’OTAN et de la communauté internationale continuera d’être essentiel pour assurer la sécurité et la stabilisation à long terme de l’Afghanistan, a-t-il reconnu, précisant que le Royaume-Uni accueillerait plus tard cette année un Sommet de l’OTAN.


Le délégué britannique s’est en outre réjoui de ce qu’un tiers des candidats aux prochaines élections en Afghanistan étaient des femmes.  La transparence et l’ouverture sont essentielles pour assurer le succès de ces élections, a-t-il insisté.  Il a encouragé le Gouvernement afghan à donner accès à tous les observateurs au processus électoral pour qu’ils puissent fournir des rapports informés.  D’une manière générale, l’amélioration de la condition de la femme est essentielle pour le développement à long terme de l’Afghanistan et l’appui aux financements, a-t-il prévenu.


Soutenant fermement une présence forte de l’ONU en Afghanistan, le représentant a encouragé les Nations Unies à travailler en plus étroite coopération avec les autres agences, à partager leurs ressources et à coopérer avec l’OTAN.  Il a invité les Nations Unies à travailler étroitement avec le Gouvernement afghan, les partenaires internationaux et la société civile pour améliorer la situation des femmes et des jeunes filles.


M. OCTAVIO ERRÁZURIZ (Chili) a jugé essentiel d’assurer la participation des femmes, électrices et candidates, aux prochaines élections.  Il a appelé à la mise en œuvre de la résolution 1325, souhaitant que l’intégration des femmes dans les forces de police et de sécurité doive être une priorité pour les nouvelles autorités.  Il a aussi appelé les autorités à appuyer la Commission indépendante des droits de l’homme.  À son tour, il s’est inquiété de l’augmentation du nombre des attentats terroristes dans le pays, dénonçant plus particulièrement l’attaque du 17 janvier qui a coûté la vie à quatre membres du personnel de l’ONU.  Il a jugé nécessaire de continuer de renforcer les capacités des Forces de sécurité afghanes.  Il a conclu en appelant à la signature de l’accord bilatéral de sécurité entre l’Afghanistan et les États-Unis.


Mme RAIMONDA MURMOKAITĖ (Lituanie) a souligné la contribution de la Lituanie à la construction d’une Afghanistan stable et pacifique en précisant que son pays dirigeait depuis 2005 l’Équipe de reconstruction provinciale à Chaghcharan, la capitale provinciale de Ghor.  Elle s’est félicitée des préparatifs des prochaines élections présidentielles et a salué les progrès réalisés pour favoriser la participation des femmes.  Elle s’est ainsi réjouie que plusieurs femmes soient candidates au poste de vice-président et que des centaines d’autres soient candidates aux élections provinciales.


La représentante a invité la MANUA à continuer de faciliter le dialogue pour la réconciliation, relevant que l’année 2013 est la deuxième année la plus meurtrière depuis la chute du régime taliban en 2002.  Elle a donc exhorté la communauté internationale à appuyer encore plus les Forces de sécurité afghanes et proposé, au nom de son pays, l’organisation d’une nouvelle mission de formation par la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) après 2014.  Elle a exhorté le Gouvernement afghan à tout mettre en œuvre pour permettre à la Commission indépendante des droits de l’homme de remplir son rôle.  Elle a salué la décision du Président Karzai de s’opposer aux dispositions du nouveau projet du Code de procédure pénale qui limiteraient la possibilité des femmes d’ester en justice.  Elle a conclu en appelant à des mesures plus fermes s’agissant de la lutte contre les stupéfiants et ses liens avec la violence et la corruption.    


M. LIU JIEYI (Chine) a affirmé que les élections prévues en avril représentaient une étape fondamentale du processus de transition en Afghanistan.  La sécurité en Afghanistan reste précaire, a-t-il dit, notant le nombre d’incidents importants l’an dernier.  Les parties concernées doivent pleinement tenir compte de la nécessité de garantir la sécurité en Afghanistan, a ajouté le délégué chinois.  Il a indiqué que son pays était favorable au processus de réconciliation conduit par les Afghans eux-mêmes.  De même, la Chine appuie l’Afghanistan dans ses efforts visant à renforcer la coopération régionale et à accroître la confiance mutuelle, a-t-il dit. 


La Chine réfléchit avec la communauté internationale et le Gouvernement afghan aux voies et moyens d’utiliser la MANUA après 2014, a indiqué le représentant, en ajoutant que son pays respecte la souveraineté de l’Afghanistan, son indépendance et son intégrité territoriale, ainsi que la voie choisie par le peuple afghan en fonction de la situation.


M. BANTE MANGARAL (Tchad) s’est dit satisfait des avancées réalisées sur les plans politique, économique, et des droits de l’homme, suite, notamment, à la mise en œuvre du Processus de Kaboul avec l’appui de la MANUA.  Il a engagé les parties à appuyer la consolidation de la paix en Afghanistan et à prendre part à un dialogue politique direct.  Il a aussi formulé l’espoir que les prochaines élections permettront de renforcer la stabilité du pays.  Le représentant s’est inquiété de la situation sécuritaire dans le pays et a estimé qu’une attention particulière doit être accordée à celle des femmes et des enfants souvent victimes de mines antipersonnel, et susceptibles de se trouver entre deux feux.  Il s’est aussi inquiété de l’impact du trafic des stupéfiants et a appelé les pays de la région à renforcer la lutte contre ce fléau.


M. ZEID RA’AD ZEID AL-HUSSEIN (Jordanie) s’est dit en particulier préoccupé par la volatilité en Afghanistan et les violences contre les civils, en particulier contre les femmes et les enfants.  Il a appelé les États et la communauté internationale tout entière à appuyer l’Afghanistan dans la lutte contre le terrorisme et dans le déminage.  Mettant l’accent sur la nécessité de résister à la tentation de prendre l’Islam en otage, le représentant a estimé que l’Afghanistan est aux portes d’une échéance historique qui exige que l’on renforce les capacités des parties prenantes face aux nombreux défis que doit relever le pays.  Il a appelé la communauté internationale à appuyer les efforts visant à renforcer l’état de droit et les droits de l’homme.


Mme ROSEMARY DICARLO (États-Unis) a tout d’abord présenté ses condoléances aux familles des victimes de l’attentat du 17 janvier.  Elle a formulé l’espoir que les élections du 5 avril permettront de déboucher sur le premier transfert démocratique du pouvoir dans le pays.  Elle a engagé la Commission électorale, entre autres, à faire tout son possible pour permettre aux électeurs, les femmes notamment, de se rendre aux urnes.  Elle a souligné que la tenue d’élections crédibles et transparentes ouvrira la voie au développement et a annoncé que son gouvernement versera la somme de 100 millions de dollars pour appuyer les élections du 5 avril, notamment l’observation électorale.  Elle a salué les efforts déployés par les pays de la région pour aider l’Afghanistan à intégrer le Processus d’Istanbul.  Elle n’a pas conclu sans exprimer sa préoccupation face à l’insécurité et aux attaques qui restent une réalité dans le pays.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a souligné la nécessité d’analyser honnêtement et de façon exhaustive les menaces et les risques qui pèsent sur l’Afghanistan.  Le rapport du Secrétaire général, a-t-il estimé, évite plusieurs questions comme les menaces que font peser les Taliban, Al-Qaida et autres groupes terroristes.  L’opposition armée se renforce dans certaines parties du territoire, notamment dans des zones qui étaient contrôlées par le Gouvernement.  Dans le nord et le nord-ouest du pays, la situation est préoccupante, les groupes armés y comptant près de 10 000 combattants.  Leurs activités dépassent même les frontières afghanes, a-t-il dit.


Les Taliban cherchent aujourd’hui à perturber les élections et ont, le 10 mars dernier, appelé, sur leur site Internet, les Afghans à ne pas participer au processus électoral, un acte selon eux profane qui doit être puni.  Dans quelle mesure la coalition a-t-elle réalisé les objectifs qu’elle s’est engagée à remplir devant le Conseil de sécurité? a demandé M. Churkin.  L’OTAN devrait, selon lui, faire d’ici à la fin de l’année un rapport détaillé sur ses engagements et ses objectifs en Afghanistan.


Le trafic de drogues représente une véritable menace pour la stabilité de l’Afghanistan et de la région, et pour le monde en général, a-t-il rappelé, en estimant que même une réduction minime du narco trafic serait un progrès.  Il faut, a-t-il préconisé, mettre l’accent sur la nécessité de renforcer la coopération internationale.  Le Processus d’Istanbul fait l’objet d’analyses optimistes alors que ses résultats ne sont pas démontrés, a-t-il observé.  Un dialogue international devra être généré afin d’aboutir à de nouvelles idées à cet égard, a-t-il dit.


Pour M. Churkin, des efforts concertés et le respect des engagements de la communauté internationale contribueront à un avenir stable, pacifique et prospère pour un Afghanistan débarrassé du terrorisme et du trafic de stupéfiants.


Mme SYLVIE LUCAS (Luxembourg) a déclaré que le rapport de la MANUA du 8 février 2014, sur le coût humain du conflit est un baromètre édifiant des peines endurées par la population.  Face à ce constat, elle a estimé que la sécurité, en particulier celle des civils, des électeurs et des candidats, restera un des défis majeurs à relever pour les élections présidentielles et provinciales du 5 avril.  Le degré de participation des femmes constituera l’un des étalons-mesures essentiels pour juger de la réussite du scrutin et de la crédibilité des résultats.  Ces élections ne sont qu’une étape, a-t-elle dit, en rappelant que la pacification et la stabilisation du pays dépendront également des progrès que les nouveaux dirigeants parviendront à réaliser en matière de droits de l’homme, de lutte contre la pauvreté et de levée des incertitudes concernant la présence internationale à compter du 1er janvier 2015. 


Elle a jugé important que les autorités afghanes permettent à la Commission indépendante des droits de l’homme de jouer son rôle et que les droits de la femme soient pleinement reconnus, conformément au Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo.  Elle a exhorté ces autorités à mettre en œuvre le Plan d’action contre le recrutement et l’exploitation des enfants dans les forces nationales de sécurité. Elle a d’emblée lancé un appel aux futurs dirigeants pour qu’ils réfléchissent à la manière de répartir plus équitablement les richesses. 


M. ASOKE MUKERJI (Inde) a rendu hommage à l’ancien Premier Vice-Président de l’Afghanistan, M. Marshal Fahim, décédé le 9 mars, ainsi qu’aux quatre membres de l’ONU qui ont perdu la vie lors de l’attentat du 17 janvier.  Il a vu dans la tenue des élections du 5 avril l’élément le plus important de la transition politique en Afghanistan et a insisté sur l’importance d’assurer la crédibilité du processus.  Le représentant s’est inquiété du fait que les régions du sud et de l’est soient la cible d’attaques croissantes.  Il a souligné que le terrorisme venant de l’extérieur est la principale menace à la stabilité de l’Afghanistan.  Il a dénoncé les sanctuaires terroristes et le maintien des réseaux d’appui financier et tactiques dont ils bénéficient.  Pour le représentant de l’Inde, le véritable problème de l’Afghanistan n’est pas la rivalité entre différents groupes ethniques ou tribaux, mais le terrorisme.  Il a rejeté tout effort visant à considérer le Gouvernement afghan sur un pied d’égalité avec les Taliban.


M. Mukerji a estimé que le mandat de la MANUA devrait lui permettre d’appuyer les institutions politiques afghanes.  Il a appelé la Mission à mettre l’accent sur le travail humanitaire, le développement et le renforcement des capacités.  Il a évoqué la tenue, le 17 janvier à New Delhi, d’une réunion de haut niveau, dans le cadre du Processus d’Istanbul ainsi que l’inauguration, le 15 février, à Kandahar, par le Ministre des affaires extérieures de l’Inde et le Président afghan de l’Université nationale afghane de la technologie et des sciences agronomiques.


M. SEBASTIANO CARDI (Italie) a exprimé sa satisfaction pour le renouvellement du mandat de la MANUA, un pilier de la présence civile internationale en Afghanistan et une contribution fondamentale au développement et à la stabilisation du pays.  Depuis l’époque de son mandat original, et à chaque renouvellement successif, la MANUA a apporté une contribution remarquable en accompagnant l’Afghanistan sur la voie de la croissance, de la protection des droits de l’homme et du renforcement institutionnel.


Pour le représentant italien, il est d’une importance fondamentale, à l’issue du processus de transition, que l’Afghanistan et les États-Unis signent l’accord bilatéral de sécurité à court terme, tout retard ayant un impact évident sur la planification future de l’OTAN.  L’enjeu est l’ensemble du cadre de l’engagement futur de la communauté internationale en Afghanistan dans les domaines politique, militaire et financier, a-t-il rappelé.


M. MOTOHIDE YASHIKAWA (Japon) a voulu que les prochaines élections garantissent la légitimité du nouveau gouvernement afghan et a appelé l’ensemble des citoyens éligibles à y participer.  Il s’est félicité de la participation des candidats à l’élection présidentielle à la réunion du Conseil de coordination et de suivi, le 29 janvier.  Pour le Japon, il est important d’entendre les candidats reconnaitre leur responsabilité de mettre en œuvre les engagements pris au Cadre de responsabilité mutuelle de Tokyo, a-t-il indiqué.  Le nouveau gouvernement devra lancer les réformes nécessaires sur le plan législatif et institutionnel pour augmenter le montant des revenus annuels, réduire l’économie illicite et développer le secteur industriel.


M. Yashikawa a estimé que la réconciliation est le seul moyen d’assurer une paix durable et a estimé que le prochain gouvernement devra continuer d’engager les Taliban à participer au processus de paix. Il s’est félicité du renforcement du dialogue entre l’Afghanistan et le Pakistan, et a prévenu que le renforcement des capacités des Forces de sécurité nationales afghanes sera une responsabilité essentielle du nouveau gouvernement.  M. Yashikawa a rappelé que depuis 2002, le Japon a versé 5 milliards de dollars pour l’Afghanistan et couvre environ 30% des salaires du personnel de la police nationale afghane.  Le Japon a ouvert ou rénové plus de 820 écoles dans le pays.


M. FRANTIŠEK RUŽIČKA (Slovaquie) a souligné que la prévention et la gestion des défis sécuritaires seront particulièrement importantes à l’approche des élections du mois prochain.  Il a salué les préparatifs et s’est félicité de la participation croissante des femmes au processus.  Le représentant a évoqué la tenue, en marge de la Commission de la condition de la femme, qui se réunit actuellement à New York, d’un atelier sur les femmes et la sécurité auquel a participé la Vice-Ministre de la condition féminine de l’Afghanistan, Mme Fawzia Habibi.  Une telle chose aurait été impensable il y a 13 ans, a-t-il fait observer, avant de saluer les initiatives prises par le Ministère de l’intérieur de l’Afghanistan pour mieux protéger et autonomiser les femmes membres du personnel de la police.  Il a aussi salué le Ministère pour son engagement à embaucher et former 10 000 femmes officiers de police.


M. THOMAS MAYR-HARTING, Chef de la délégation de l’Union européenne, a estimé que les prochains mois et les prochaines élections seraient cruciaux pour l’Afghanistan, le pays ayant besoin de sauvegarder les progrès réalisés au cours des 12 dernières années.  La MANUA a un rôle essentiel à jouer pour permettre au Gouvernement de l’Afghanistan et à la communauté internationale de travailler ensemble en vue de remplir les engagements mutuels pris lors de la Conférence de Tokyo en 2012.


M. Mayr-Harting a mis l’accent sur la nécessité de renforcer et de préserver les gains réalisés concernant les droits de l’homme, les droits de la femme et l’état de droit.  Même s’il y a eu de réelles améliorations dans la vie des femmes et des enfants afghans en raison des progrès observés dans la santé et l’éducation, beaucoup reste à faire, notamment pour garantir une protection juridique aux femmes et leur permettre de jouer un rôle plus important dans la société afghane.  L’Union européenne salue le travail de la MANUA à cet égard.


M. SAHEBZADA AHMED KHAN (Pakistan) a affirmé que son pays était convaincu que la MANUA était un facteur de stabilisation en Afghanistan.  Des élections transparentes et crédibles sont fondamentales pour la stabilité du pays, a-t-il également dit, notant à cet égard qu’un consensus sur une non-ingérence régionale était indispensable.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité pour les Afghans de conduire eux-mêmes le processus de stabilisation de leur pays.  Après avoir souligné l’importance de la lutte contre le terrorisme et le trafic de drogues, il a plaidé en faveur d’un plan de retour chez eux des réfugiés afghans au Pakistan.


M. MÅRTEN GRUNDITZ (Suède), intervenant au nom des pays nordiques, a insisté sur l’importance que revêtent les prochaines élections pour l’avenir du pays et a dit la nécessité de veiller à ce qu’elles soient crédibles, inclusives et transparentes.  Il a aussi souligné l’importance de préserver les acquis réalisés dans les domaines de l’éducation, de la santé et des infrastructures et a jugé nécessaire de maintenir le rôle politique de l’ONU en Afghanistan.  Il a voulu que la MANUA maintienne sa présence sur le terrain aux niveaux local et régional et qu’elle soit financée de manière adéquate.


M. Grunditz a appelé les dirigeants politiques afghans à démontrer leur engagement à promouvoir les droits de la femme, à mettre un terme à la corruption et à sauvegarder le bien-être de la population.  Il a insisté sur la pleine mise en œuvre de la loi contre la violence faite aux femmes et pour l’accès des femmes et des filles à l’éducation, et leur participation aux processus de prise de décisions.  Il a relevé que la liberté des médias revêt une importance toute particulière à l’approche des élections et a dénoncé « l’assassinat horrible » du journaliste suédois Nils Horner, à Kaboul, ainsi que les violences dont ont été victimes des journalistes à Mazar-e-Sharif.


M. HARALD BRAUN (Allemagne) a félicité l’Afghanistan pour les préparatifs d’élections qui permettront, dans trois semaines, au peuple afghan d’élire un nouveau président et les conseils provinciaux.  Il a encouragé les Afghans, notamment les femmes, à faire usage de leurs droits constitutionnels et à participer à ces élections.  Il a salué le rôle crucial de la MANUA.  Mais au-delà des élections, le représentant a voulu que l’on n’oublie pas les nombreux défis auxquels l’Afghanistan devra faire face.  Il a insisté sur le rôle « critique » de la Commission indépendante des droits de l’homme et jugé indispensable que la communauté internationale continue d’appuyer les Forces de sécurité nationales afghanes.  Il a donc espéré que l’accord bilatéral de sécurité entre l’Afghanistan et les États-Unis sera rapidement signé.  Il a aussi insisté sur le fait que la promotion de la coordination des engagements pris dans le Cadre de Tokyo nécessite une mission de l’ONU forte, bien équipée et présente sur tout le territoire afghan.


M. LEVENT ELER (Turquie) a estimé que les mois suivants, en particulier après les élections du 5 avril, auront un impact énorme sur la façon dont la décennie suivante se déroulera.  La résolution sur la MANUA intervient à un moment opportun, à une époque où le changement et l’incertitude dominent l’ordre du jour afghan, le maintien du mandat de la MANUA étant une assurance tangible du soutien que l’ONU peut fournir au Gouvernement et au peuple afghans. 


L’avenir de l’Afghanistan devrait être basé sur une stratégie consciente qui tire sa force de l’appropriation nationale, a-t-il également souligné.  Malgré des améliorations significatives en matière de santé, d’éducation, de développement, des infrastructures et des droits de l’homme, l’Afghanistan continuera d’avoir besoin du soutien de la communauté internationale dans les années à venir, a-t-il estimé.


Pour le délégué turc, la bonne gouvernance, la transparence de l’aide et la lutte contre la corruption devront constituer des priorisés conformément au Cadre de responsabilisation mutuelle de Tokyo, tandis que des accords sur les cadres juridiques en vue de déterminer la nature de l’assistance militaire de la communauté internationale devront être recherchés.


Le représentant a, par ailleurs, rappelé l’importance du Processus d’Istanbul, qui maintient une approche régionale globale pour l’intégration de l’Afghanistan dans la région et permet de faire face aux défis régionaux dans son ensemble.  La Turquie, a-t-il ajouté, se réjouit de la tenue prochaine de la réunion ministérielle du Processus d’Istanbul en Chine, et continue de soutenir toutes les initiatives trilatérales, quadrilatérales et multilatérales qui visent au bien-être du peuple afghan.  Il s’est ainsi félicité du succès du dialogue trilatéral entre l’Afghanistan, le Pakistan et la Turquie, les 12 et 13 février dernier à Ankara.


M. GHOLAMHOSSEIN DEHGHANI (Iran) a indiqué que l’Afghanistan est sur le point de franchir un moment critique de son histoire.  Il est revenu sur les prochaines élections, les problèmes politiques et sécuritaires liés à la transition de pouvoir ainsi que sur le départ des forces internationales.  Il a insisté sur l’importance d’appuyer les efforts déployés par l’Afghanistan et ses voisins dans les domaines du commerce, des échanges économiques et du développement.  Il a précisé que l’Iran poursuit sa coopération bilatérale avec le pays, notamment dans le domaine de la sécurité et de la lutte contre les stupéfiants.  Des projets ont également été lancés pour appuyer les infrastructures ferroviaire, énergétique et agricole, entre autres.  M. Dehghani a réclamé la création d’une équipe conjointe entre Afghanistan-Nations Unies pour trouver une solution à la situation des réfugiés.


Le représentant s’est, une nouvelle fois, inquiété de l’augmentation de la culture du pavot dans le nord et le nord-est du pays.  Il a salué l’initiative du Ministre afghan de la lutte contre les stupéfiants d’organiser, les 28 et 29 janvier à Kaboul, une conférence sur les relations de bon voisinage avec la participation des ministres ou dirigeants des principales institutions de lutte contre les stupéfiants de Chine, d’Iran, du Pakistan, du Tadjikistan, du Turkménistan et de l’Ouzbékistan.


M. MICHAEL GRANT (Canada) a souligné que, cette année, l’Afghanistan franchirait un certain nombre de jalons importants: certains feront en sorte que les Afghans assumeront une plus grande responsabilité quant à l’orientation future de leur pays; d’autres répondront aux besoins vitaux de démocratisation, de sécurité et de paix.  La journée électorale historique du 5 avril marquera la première transition démocratique au niveau du pouvoir présidentiel en Afghanistan, a-t-il ajouté.


Le Canada se réjouit du nombre de femmes inscrites au scrutin jusqu’ici, et il exhorte de nouveau tous les citoyens afghans, les fonctionnaires, les organisations de la société civile et la communauté internationale à renforcer leurs efforts pour garantir la participation significative des femmes â tous les aspects du processus électoral menant aux élections du 5 avril.


Par ailleurs, le délégué canadien a souligné que son pays était fier de la contribution qu’il a apportée — et qu’il continue d’apporter en renforçant les Forces de sécurité nationales afghanes.  Il a exhorté le Gouvernement de l’Afghanistan à signer, sans délai, avec les États-Unis, l’accord de sécurité bilatéral et à conclure l’accord OTAN-Afghanistan sur le statut des forces afin de permettre à la communauté internationale de poursuivre son aide militaire à l’Afghanistan.


Il a ajouté que le Canada avait fait du renforcement de la protection des droits de la personne et de l’autonomisation des femmes et des filles afghanes une de ses priorités en matière d’aide au développement pour la période de 2014 à 2017 et la priorité dans ses relations avec l’Afghanistan.  Il a exhorté le Gouvernement afghan à appliquer intégralement la loi sur l’élimination de la violence faite aux femmes et à déployer tous les efforts nécessaires pour assurer la participation des femmes à toutes les facettes de la vie afghane, qu’il s’agisse des domaines de la sécurité, de la politique, de l’économie ou de la culture.


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