7/04/2014
Assemblée générale
CD/3486

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Commission du désarmement

Session de fond de 2014

337e & 338e séances – matin & après-midi                    


M. JAN ELIASSON APPELLE LES ÉTATS MEMBRES À METTRE FIN À L’IMPASSE QUI PARALYSE

DEPUIS QUINZE ANS LES TRAVAUX DE LA COMMISSION DU DÉSARMEMENT


Le Vice-Secrétaire général de l’ONU a appelé, ce matin, les États Membres à trouver les moyens de mettre un terme à l’impasse qui empêche la Commission du désarmement de parvenir à un accord sur des recommandations en matière de désarmement nucléaire et d’armes classiques depuis 1999.  S’exprimant à l’ouverture de la session de fond annuelle de la Commission, M. Jan Eliasson a regretté que la communauté internationale reste incapable de financer les objectifs de développement, en faisant observer que dans le monde, les dépenses militaires d’une seule journée représentaient l’équivalent du budget biannuel de l’Organisation.


Si la Commission du désarmement, organe subsidiaire et délibérant de l’Assemblée générale en matière de désarmement, n’est pas parvenue à s’entendre sur ces recommandations depuis 1999, cette première journée de débat a été l’occasion pour une trentaine de délégations d’explorer les moyens de sortir de l’impasse. 


Le Mouvement des pays non alignés (NAM), par la voix de l’Indonésie; la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), par celle du Costa Rica; et le Groupe des États d’Afrique, par la voix du Nigéria; ont estimé que la seule garantie contre l’utilisation des armes nucléaires était leur élimination complète.  Ils ont appelé les États dotés de l’arme nucléaire à faire preuve de tolérance en permettant aux pays en développement d’utiliser l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.  « Les pays qui ont les arsenaux les plus importants ont une responsabilité particulière et devraient prendre des mesures pour réduire leurs arsenaux de manière irréversible », a insisté le représentant de la Chine, avant de réaffirmer que son pays était engagé en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne sur la base d’un dialogue équilibré.


De son côté, le représentant de la Fédération de Russie a jugé contreproductif le développement d’un système de défense antimissile.  Il a fustigé le refus des États-Unis de renoncer à la militarisation de l’espace extra-atmosphérique.  Sur le même ton, le représentant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a déclaré que le monde ne pourra se diriger vers le désarmement nucléaire que lorsque les États-Unis donneront l’exemple en matière de désarmement nucléaire et cesseront de moderniser leur arsenal et de développer leur système de défense antimissile balistique.  Le représentant des États-Unis a prévenu que la « voie zéro arme nucléaire » nécessitait de la patience et de la persistance.  La session du Comité préparatoire de la Conférence d’examen 2015 -qui se tiendra du 28 avril au 9 mai 2014-, a-t-il espéré, devrait contribuer à renforcer le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Estimant que les objectifs de non-prolifération aident à réaliser l’objectif du désarmement nucléaire total, le représentant des États-Unis a demandé que les États invitent l’Iran, la RPDC et la Syrie à respecter, à nouveau, leurs obligations dans ce domaine. 


Le représentant de l’Ukraine a cité le « cas unique » de son pays qui avait renoncé à son arsenal nucléaire.  Il a néanmoins regretté que la Fédération de Russie n’ait pas tenu son engagement de respecter l’intégrité territoriale de l’Ukraine en échange de son abandon de l’arme nucléaire.  Réagissant à ces propos, le représentant russe a estimé que les assurances de sécurité négatives conférées à Budapest en 1994 ne pouvaient s’appliquer lorsque des minorités russes étaient menacées en Crimée.  À ce sujet, le représentant des États-Unis s’est voulu confiant en rappelant que, même dans les périodes les plus sombres de la guerre froide, les États-Unis et la Fédération de Russie n’avaient jamais oublié qu’il était de leur intérêt mutuel de travailler ensemble à la réduction de la menace nucléaire. 


Citant le danger du perfectionnement des armes nucléaires et de la création de nouvelles générations d’armes nucléaires, le représentant de la CELAC s’est dit convaincu que seul un instrument juridiquement contraignant permettra de parvenir à un désarmement nucléaire irréversible.  Son homologue du NAM a jugé prioritaire d’appliquer les engagements des conférences d’examen de la mise en œuvre du TNP.  Dans ce contexte, il a exhorté l’ONU à ne plus reporter la conférence sur une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, qui devait se tenir en 2012.  À l’instar de la délégation de la République islamique d’Iran, il a estimé que la possession d’armes nucléaires par Israël représentait une menace à la sécurité pour tous les pays voisins.


S’appuyant sur le succès de la première Réunion de haut niveau que l'Assemblée générale avait consacrée au désarmement nucléaire, le 26 septembre 2013, le représentant du Groupe des États d’Afrique a souhaité que cette date soit proclamée « Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires ».


Les délégations de la RPDC et de la République de Corée, après une déclaration sur le fond, ont exercé leur droit de réponse.  Si la première a dénoncé l’intrusion d’armes nucléaires étrangères dans la péninsule coréenne, la seconde a dénoncé les essais nucléaires et tirs de missiles illégaux menés par la RPDC.  À cet égard, le représentant du Japon s’ést dit gravement préoccupé par les activités nucléaires illégales de la RPDC, en dépit de nombreuses résolutions du Conseil de sécurité.  « L’aspect humanitaire du désarmement doit être la force motrice de nos efforts », a-t-il souligné, avant de rappeler que l’année 2015, date à laquelle se tiendra la prochaine Conférence d’examen du TNP, marquera le soixante-dixième anniversaire des attaques d’Hiroshima et Nagasaki.   


En début de séance, la Commission avait adopté son ordre du jour1, l’organisation des travaux2 et complété la composition de son Bureau3, en élisant M. Bouchaib El Oumni, du Maroc, et M. Isidor Marcel Sene, du Sénégal, aux postes de vice-présidents de la Commission et M. Peter Winkler, de l’Allemagne, aux fonctions de rapporteur.


La Commission du désarmement, dont les travaux se poursuivront jusqu’au 24 avril, se réunira demain, mardi 8 avril, à 10 heures.  Le Groupe de travail I chargé des « Recommandations en vue de réaliser le désarmement nucléaire et la non-prolifération des armes nucléaires » commencera ses travaux le 9 avril et la Groupe de travail II chargé des « Mesures de confiance concrètes dans le domaine des armes classiques » débutera les siens le 10 avril.


1         A/CN.10/L.72

2    A/CN.10/2014/CRP.1

3    Voir communiqué de presse CD/3467


Déclarations liminaires


M. JAN ELIASSON, Vice-Secrétaire général de l’ONU, a souligné l’importance de cette Commission qui est, a-t-il rappelé, la source de toutes les initiatives en matière de désarmement depuis sa création en 1952.  Il a dit combien l’Assemblée générale restait très préoccupée par l’absence de confiance dans le monde face à la course de l’armement et à la persistance de la menace de la guerre.  M. Eliasson a fait remarquer que ces mots et ces inquiétudes étaient exprimés dans la résolution portant création de la Commission du désarmement. Illustrant une situation qui a peu évolué depuis 1952, le Vice-Secrétaire général a indiqué qu’« une seule journée de dépenses militaires dans le monde représentait l’équivalent de deux années de budget des Nations Unies ».  Il a regretté le niveau de ces dépenses militaires, en notant que la communauté internationale était incapable de financer les objectifs de développement et de paix dans le monde.


Le Vice-Secrétaire général a jugé essentiel de parvenir à plus de transparence dans le commerce des armes.  Il a appelé à trouver des moyens de parvenir à des recommandations en vue de réaliser le désarmement nucléaire et la non-prolifération des armes nucléaires et des mesures de confiance concrètes dans le domaine des armes classiques.  Il a cité en exemple les initiatives innovantes initiées par la société civile.  Qui peut contester que la paix et la sécurité représentent l’objectif ultime des Nations Unies? a-t-il demandé, en exprimant l’espoir que 2014 sera une année qui permettra aux diplomates de l’emporter sur la haine.  « Votre objectif est de trouver de nouveaux terrains d’entente et de rompre l’impasse qui a empêché cette Commission de formuler des recommandations depuis 1999 », a-t-il insisté avant de conclure. 


M. VLADIMIR DROBNJAK (Croatie), Président de la Commission du désarmement, s’est dit très préoccupé par le risque d’affaiblir la crédibilité de la Commission du désarmement dont les travaux donnent de plus en plus rarement de résultats.  Il a par exemple noté que les questions de la réduction et de l’élimination des armes nucléaires, tout comme celle des armes conventionnelles, n’avaient pas donné lieu à des progrès significatifs au cours des 15 dernières années.  « Ce qui est en jeu en ce moment c’est la crédibilité même de la Commission du désarmement », a–t-il mis en garde, tout en rappelant que de 1979 à 1999, la Commission du désarmement avait adopté par consensus 16 recommandations, directives et déclarations.  Il a néanmoins salué les récentes ratifications, par 18 États Membres, du Traité sur le commerce des armes, ce qui, a-t-il dit, marque un progrès en faveur de l’entrée en vigueur de cet instrument. 


M. Drobnjak a ensuite rappelé qu’au cours de sa soixante-huitième session, l’Assemblée générale avait adopté une cinquantaine de résolutions ayant trait au désarmement.  Il a néanmoins prévenu contre la prolifération d’armes nucléaires qui risque de mettre en danger la paix et la sécurité internationales.  Il a également attiré l’attention sur le risque de voir ces armes tomber entre les mains des terroristes.  Si la Commission du désarmement n’est pas un organisme contraignant, elle est cependant un organe délibérant dont la force réside dans sa composition ouverte à tous, a rappelé le représentant.  Il a également expliqué qu’il était important de consacrer le temps nécessaire pour adopter des textes solides plutôt que d’accélérer les étapes et obtenir des résultats mitigés.


Débat général


S’exprimant au nom du Mouvement des pays non alignés (NAM), M. DESRA PERCAYA (Indonésie) a souligné qu’il était urgent pour la Conférence du désarmement de parvenir à des résultats concrets lors de cette session, qui est aussi la dernière du cycle en cours.  Soucieuse de contribuer à la recherche de solutions aux questions inscrites à l’ordre du jour de la Conférence, le Mouvement des pays non alignés, a-t-il indiqué, a fait circuler un document de travail présentant des recommandations sur le désarmement nucléaire et la non-prolifération des armes nucléaires visant à être intégrées dans le document final de la Conférence.  Le NAM, a poursuivi M. Percaya, réitère sa profonde préoccupation devant la lenteur des progrès en faveur du désarmement nucléaire et, en particulier, l’absence de progrès par les États dotés d’armes nucléaires qu’il appelle à éliminer leurs arsenaux.  Le représentant a toutefois réaffirmé l’importance de la pleine réalisation du droit inaliénable des pays en développement à développer la recherche, la production et l’usage de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques.


M. Percaya a ensuite exprimé la profonde déception des pays non alignés devant l’absence de consensus sur la tenue d’une conférence sur l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires et d’armes de destruction massive au Moyen-Orient, initialement prévue en 2012.  « Ce retard continu va à l’encontre de la lettre et de l’esprit de la résolution de 1995 sur le Moyen-Orient », a dénoncé le représentant, pour qui il s’agit également d’une violation de l’accord collectif conclu lors de la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération (TNP) de 2010.  C’est pourquoi le NAM exhorte les organisateurs à fournir des assurances crédibles de la participation inconditionnelle d’Israël à cette Conférence, qui doit être convoquée dans les meilleurs délais afin d’éviter toute répercussion négative sur l’efficacité et la crédibilité du TNP, à son processus d’examen de 2015, et au régime de désarmement et de non-prolifération dans son ensemble.  Le représentant a en conclusion appelé Israël, seul État à ne pas y être partie, à rejoindre le TNP sans tarder et sans condition préalable.


S’exprimant au nom de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes (CELAC), M. SAUL WEISLEDER (Costa Rica) a réaffirmé qu’il était nécessaire de progresser vers l’objectif primordial du désarmement nucléaire mondial et de lutter contre toute expansion des arsenaux existants.  Il a également plaidé en faveur de la mise au point d’un instrument universel juridiquement contraignant afin de parvenir à l’élimination de toutes les armes nucléaires, assorti d’un échéancier agréé au niveau multilatéral.  La CELAC se félicite du succès de la deuxième Conférence internationale sur l’impact humanitaire des armes nucléaires qui s’est tenue à Nayarit, au Mexique, en février 2014, a souligné le représentant, qui a appelé à élaborer un tel instrument.  À l’instar d’autres délégations, la CELAC a regretté l’incapacité de parvenir à un accord sur la tenue de la Conférence internationale sur l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires et autres armes de destruction massive au Moyen-Orient.  Après avoir rappelé le soutien de la CELAC au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) et à ses trois piliers –désarmement nucléaire, non-prolifération et utilisation de l’énergie nucléaire à des fins pacifiques–, le Costa Rica a rappelé l’importance de l’universalité de cet instrument.  Il a ainsi exhorté les États qui ne l’ont pas encore fait à y adhérer.


Le représentant a également exhorté les États figurant dans l’annexe 2 du Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires à adhérer à cet autre instrument, dans la mesure où leur ratification est indispensable pour l’entrée en vigueur dudit instrument.  Partisane de mesures visant à renforcer la confiance mutuelle, la CELAC a souligné que le multilatéralisme devrait prévaloir à tous les niveaux, y compris dans le cadre du Programme d’action des Nations Unies sur les armes légères, dont la cinquième réunion biennale se tiendra en juin 2014.  Pour sa part, la CELAC, a ajouté le représentant, a établi un Groupe de travail chargé d’examiner la question du trafic d’armes légères et de petit calibre et de leurs munitions et de présenter une proposition pour un mécanisme et des procédures destinés à mieux coordonner les efforts de ses États membres.


S’exprimant au nom du Groupe des États d’Afrique, M. USMAN SARKI (Nigéria) a appelé les États dotés de l’arme nucléaire à faire preuve de souplesse dans le cadre des délibérations de la conférence sur le désarmement.  Rappelant la tenue, le 26 septembre dernier, d’une Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur les armes nucléaires, le représentant nigérian a demandé, à l’instar d’autres États Membres et, conformément à la résolution 68/32 de l’Assemblée générale, de consacrer cette date comme la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, afin de sensibiliser l’opinion internationale.  Réaffirmant par ailleurs le soutien des pays membres de son Groupe au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, le représentant a assuré que ces pays étaient profondément attachés aux principes de transparence, d’irréversibilité et de vérification applicables aux États dotés d’armes nucléaires. 


Le Groupe des États d’Afrique est également favorable, a ajouté M. Sarki, à la mise en œuvre de tous les plans d’action adoptés lors de la Conférence d’examen du TNP de 2010 sur le désarmement nucléaire, la non-prolifération et les usages pacifiques de l’énergie nucléaire, ainsi que de la résolution de 1995 sur le Moyen-Orient.  Sur ce dernier point, il a souligné l’importance du consensus sur le Document final de la Conférence d’examen de 2010, lequel prévoit l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires dans cette région.  Le Groupe des États d’Afrique a également salué l’initiative sur les mesures à prendre pour concrétiser une telle zone que l’Égypte avait présentée le 28 septembre dernier.  Le Groupe des États d’Afrique salue l’adoption, le 2 avril 2013, du Traité sur le commerce des armes et se dit convaincu que sa mise en œuvre est possible avec la coopération de tous, a ajouté M. Sarki.


M. PAUL SEGER (Suisse) a émis l’espoir que la Commission du désarmement fera des progrès substantiels en 2014.  Il s’est dit convaincu que l’entrée en vigueur du Traité sur le commerce des armes sera porteuse de nouvelles opportunités.  Au sujet du désarmement nucléaire, il a déclaré qu’il était « grand temps que la communauté internationale s’accorde sur la dimension humanitaire dans le discours sur les armes nucléaires ».  Il a aussi invité la Commission du désarmement à réfléchir sur les moyens d’améliorer ses méthodes de travail et d’optimiser son fonctionnement.  Il a ainsi proposé une collaboration et une cohésion accrues entre les deux grands groupes de travail qui s’occupent respectivement des questions relatives aux armes conventionnelles et aux armes nucléaires.  En outre, le représentant a suggéré que la Commission du désarmement puisse traiter de questions plus spécifiques et précises et non plus seulement de thèmes généraux tels que le désarmement nucléaire et le désarmement conventionnel. 


La Commission du désarmement devrait collaborer avec la société civile et le monde universitaire, a estimé le représentant, qui a par ailleurs souligné que la Conférence sur le désarmement, autre organe des Nations Unies sur les questions de désarmement, basé à Genève en Suisse, se trouve dans « la même impasse » que la Commission du désarmement en matière d’adoption de directives.  Avant de conclure, il a souligné qu’il était primordial de dépasser les divergences politiques entre États et de travailler collectivement afin de réaliser la noble mission de la Commission du désarmement.


M. LEONARDO LUÍS GORGULHO NOGUEIRA FERNANDES (Brésil) a déploré le fait que la Commission du désarmement n’ait pas adopté de nouvelles recommandations depuis 14 ans.  Il a souhaité que les membres puissent identifier les obstacles expliquant cette situation.  Le représentant brésilien a estimé que les obstacles qui causent cette impasse sont d’ordre politique et non procédural.  La Commission, dont le rôle est important, doit être en mesure de continuer d’adopter des recommandations par consensus, a-t-il souligné.  Il a ainsi rappelé des textes fondamentaux adoptés par la Commission, comme les directives pour le transfert international d’armes adoptées en 1996 ou encore les directives de 1999 relatives à l’établissement de zones exemptes d’armes nucléaires.  Notant que les progrès en matière de désarmement nucléaire demeuraient faibles, le représentant du Brésil a souligné que l’élimination complète et l’interdiction d’armes nucléaires devrait se faire de manière transparente, irréversible et vérifiable afin de mettre fin aux conséquences dévastatrices qui ont lieu sur les populations.


Le représentant a par ailleurs regretté que les fonds qui pourraient contribuer à éliminer la pauvreté et financer le développement soient plutôt utilisés dans l’armement nucléaire.  « Tant que les armes nucléaires existent, le monde ne sera jamais complètement libre de tout risque de destruction nucléaire intentionnelle ou accidentelle », a-t-il fait remarquer.  Le représentant a également expliqué que tant qu’un groupe de pays continuera à se considérer comme étant le seul à être autorisé à posséder des armes nucléaires, cela va augmenter le risque de voir d’autres États ou des acteurs non étatiques réclamer ce même droit.  Il a aussi déploré le fait que seulement 39% de la population mondiale vivent dans des zones exemptes d’armes nucléaires, avant de saluer la coopération établie entre le Brésil et l’Argentine en matière de contrôle des matériaux nucléaires.  Avant de conclure, il a appelé à mettre en place et renforcer, au niveau régional, les mesures de confiance en matière nucléaire.


M. KAIRAT ABDRAKHMANOV (Kazakhstan) a émis l’espoir que cette dernière année d’un cycle triennal de négociations permettra d’avancer sur des recommandations en vue de réaliser le désarmement nucléaire et la non-prolifération des armes nucléaires et des mesures de confiance concrètes dans le domaine des armes classiques.   Au-delà de ces deux thématiques, le représentant du Kazakhstan a souligné qu’il était essentiel pour la Commission d’améliorer ses méthodes de travail.  Compte tenu de plusieurs tensions régionales, a-t-il fait valoir, la question du désarmement nucléaire est une priorité incontournable.  À cet égard, il a mis l’accent sur la tenue, à la fin de ce mois à New York, de la session du Comité préparatoire de la Conférence 2015 d’examen de la mise en œuvre du TNP.  Soulignant les efforts entrepris par son pays, il a indiqué qu’à l’occasion du dixième anniversaire de l’adoption de la résolution 1540 du Conseil de sécurité, le Kazakhstan avait organisé, en mars dernier, un séminaire pour l’Asie centrale sur la mise en œuvre de cette résolution. 


Afin de garantir la sécurité physique du matériel nucléaire et prévenir la prolifération de ces armes vers des organisations terroristes, a estimé le représentant, il est important de créer des zones exemptes d’armes nucléaires fortes.  Le représentant s’est ensuite félicité des discussions en cours pour parvenir à des garanties de sécurité négatives en faveur de la zone exempte d’armes nucléaires en Asie centrale.  Dans le souci de contribuer à la sécurité régionale, le Kazakhstan accueillera sous peu une « banque » de combustible nucléaire sous les auspices de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour transformer du combustible hautement enrichi en combustible faiblement enrichi.  Il a jugé indispensable de relancer les travaux de la Commission du désarmement dans l’optique de garantir le succès de la Conférence d’examen 2015 du TNP.  Il a souligné qu’il était urgent de parvenir à un traité interdisant la production de matières fissiles.  Le Kazakhstan fera de la sécurité nucléaire et de la non-prolifération une question clef de ses travaux s’il est élu pour siéger au sein du Conseil de sécurité pour la période 2017-2018.  Avant de conclure, le représentant s’est dit encouragé par le nombre accru de pays signataires du Traité sur le commerce des armes.  


Après avoir réaffirmé son attachement au désarmement comme moyen de garantir la paix et la sécurité internationales, M. SABRI BOUKADOUM (Algérie) a souligné les enjeux de cette nouvelle session de la Commission du désarmement, qui parvient au terme d’un cycle de trois ans.  Il a d’emblée mis l’accent sur la nécessité d’universaliser le Traité sur la non-prolifération, « pierre angulaire du désarmement nucléaire et du régime de non-prolifération », et de ses trois piliers.  Rappelant ensuite l’importance des usages civils et pacifiques de l’énergie nucléaire pour de nombreux États Membres, M. Boukadoum a expliqué qu’il s’agissait d’un choix stratégique pour leur développement économique et leur sécurité énergétique.  Adhérant à la feuille de route proposée par le Mouvement des pays non alignés (NAM) au cours de la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale du 26 septembre 2013, l’Algérie a plaidé pour la mise en œuvre de la résolution 68/32, en particulier concernant le démarrage des négociations pour finaliser une convention globale visant à interdire la possession, le développement, la production, l’acquisition, le stockage et le transfert d’armes nucléaires, et à garantir leur destruction. 


Faisant référence au Traité de Pelindaba de 2009, qui fait de l’Afrique une zone exempte d’armes nucléaires, le représentant de l’Algérie a estimé qu’une telle zone devrait être créée ailleurs, notamment au Moyen-Orient où, à ce jour, aucun accord n’a pu être réalisé pour parvenir à ce même résultat.  L’Algérie a ainsi rejoint les rangs des délégations qui ont demandé aujourd’hui la convocation, dans les meilleurs délais, de la conférence sur l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, repoussée depuis deux ans, et à laquelle tous les États de la région sans exception, participeraient.  Préoccupé par le trafic d’armes conventionnelles dans la région du Sahel, le représentant a demandé que soit intégralement appliqué le Programme d’action des Nations Unies sur les armes légères.  S’agissant de la question du renforcement des mesures de confiance mutuelle, M. Boukadoum a estimé que l’application de telles mesures devrait se faire conformément aux principes de la Charte des Nations Unies, en particulier le droit à l’autodétermination de tous les peuples, y compris ceux sous domination coloniale ou occupation étrangère, « en reconnaissant le droit de ces peuples à entreprendre une action légitime pour réaliser leur droit inaliénable à l’autodétermination ».


M. GHOLAMHOSSEIN DEHGHANI (République islamique d’Iran) a rappelé que le désarmement nucléaire était une obligation de longue date et un élément essentiel pour la paix et la sécurité internationales.  Il a ainsi rappelé le rôle et la place cruciale de la Commission du désarmement sur cette question.  Il a aussi regretté la « position inflexible de certains États », qui, a-t-il dit, constitue un obstacle majeur qui a empêché la Commission d’adopter des directives sur la question du désarmement nucléaire.  Il a appelé les États dotés de l’arme nucléaire à s’acquitter de leurs responsabilités dans ce domaine.  Ces États, a-t-il rappelé, doivent respecter leurs obligations juridiques, conformément à l’article VI du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, qui prescrit l’élimination d’armes nucléaires.  Le représentant iranien a par ailleurs souligné que l’élimination de toutes les armes nucléaires devrait être irréversible, transparente et vérifiable par la communauté internationale, afin de prévenir toute menace de recours à ces armes.


Le représentant a en outre regretté qu’en application de la résolution 67/73 de l’Assemblée générale sur la prolifération nucléaire au Moyen-Orient, adoptée en 1995, la conférence sur le désarmement, qui aurait dû se tenir en 2010 sur cette question, n’ait pas eu lieu en raison du refus d’Israël d’y participer.  L’Iran, qui avait proposé l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient en 1974, continuera d’œuvrer à la réalisation de cet objectif, a assuré M. Dehghani.  Le seul obstacle à cette fin ce sont « les armes nucléaires israéliennes et son rejet constant d’adhérer au TNP », a-t-il fait remarquer.  C’est pourquoi il a appelé la communauté internationale à tout faire pour qu’Israël puisse participer à la conférence sur les armes nucléaires au Moyen-Orient, que le pays renonce à ses armes nucléaires et qu’il adhère au TNP sans condition préalable.


M. ABDOU SALAM DIALLO (Sénégal) s’est réjoui de l’adoption, l’année dernière, du Traité sur le commerce des armes.  Rappelant que la prolifération des armes classiques a été un facteur important de la déstabilisation du Sahel, le représentant a émis l’espoir que ce Traité pourra entrer en vigueur aussi vite que possible.  Il a indiqué que le Sénégal avait largement entamé le processus de ratification de cet instrument.  Il a rappelé que le Sénégal avait souscrit à la Déclaration de Wellington qui avait ensuite abouti à l’adoption de la Convention d’Oslo sur les armes à sous-munitions en décembre 2008.  Il a appelé au renforcement du Programme d’action des Nations Unies sur les armes légères.  Le représentant du Sénégal s’est dit en faveur de l’éradication totale des armes nucléaires parce qu’elles menacent, a-t-il insisté, la paix et exacerbent les tensions au niveau international.  Il a jugé urgent de conclure un traité d’interdiction de la production de matières fissiles.  Le représentant du Sénégal a appelé les États détenteurs de l’arme nucléaire à s’entendre sur un programme irréversible, transparent et plus ambitieux de réduction de leurs arsenaux et, concomitamment, à accorder des garanties de sécurité, à travers un instrument contraignant aux États non dotés de l’arme nucléaire. 


M. YURIY SERGEYEV (Ukraine) a souligné que l’Ukraine commémorait, cette année, le vingtième anniversaire de l’adhésion du pays au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP).  Il a rappelé qu’il y a 23 ans, au moment du démantèlement de l’Union soviétique, l’Ukraine détenait l’un des arsenaux nucléaires les plus importants du monde.  Il a rappelé que l’Ukraine avait alors choisi de s’en débarrasser afin de témoigner de sa volonté de soutenir les efforts internationaux de désarmement nucléaire.  Saluant ensuite les États qui ont soutenu l’inviolabilité de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, le représentant a précisé que l’Ukraine n’avait jamais accepté l’annexion d’une partie de son territoire.  Le représentant a aussi noté qu’au sujet des armes classiques, son pays approuvait toutes les mesures visant leur contrôle.  Il a aussi salué les mesures de confiance y afférentes, notamment les accords bilatéraux entre plusieurs pays d’Europe, tout en regrettant que la Fédération de Russie n’ait pas accepté une demande faite par l’Ukraine sur cette question.


M. MICHAEL AHO (États-Unis) a encouragé un examen équilibré de la mise en œuvre du TNP et de chacun de ses trois piliers en s’appuyant sur le consensus de 2010.  Après la déclaration faite par le Président Obama à Prague, les États-Unis veulent créer les conditions permettant d’atteindre cet objectif de désarmement total, a assuré le représentant américain.  Il a cependant prévenu que la « voie zéro arme nucléaire » nécessitait de la patience et de la persistance.  M. Aho a émis l’espoir que la session du Comité préparatoire de la Conférence d’examen 2015, qui se tiendra du 28 avril au 9 mai 2014, devrait contribuer à renforcer le TNP.  En tant que prochaine étape vers le désarmement nucléaire, les États–Unis demeurent engagés à encourager l’entrée en vigueur du Traité sur l’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) et à parvenir à un accord pour lancer des négociations sur un traité interdisant la production de matières fissiles.  Il a indiqué que son pays participait activement aux travaux des groupes d’experts gouvernementaux de l’Assemblée générale sur le traité interdisant la production de matières fissiles. 


Le représentant des États-Unis a remercié la Chine pour accueillir, les 14 et 15 avril prochains, la cinquième Conférence des cinq membres permanents du Conseil de sécurité, en exprimant l’espoir que ce dialogue contribuera à poser les fondements d’éventuelles négociations multilatérales sur le nucléaire.  Estimant que les objectifs de non-prolifération aident à réaliser l’objectif du désarmement nucléaire total, le représentant des États-Unis a demandé que tous les États invitent l’Iran, la RPDC et la Syrie à respecter à nouveau leurs obligations internationales dans ce domaine.  Il a réaffirmé l’importance des négociations « 5+1 » en cours avec l’Iran.


Mettant l’accent sur la prévention de l’acquisition d’armes ou matériels nucléaires par des organisations terroristes, le représentant des États-Unis s’est félicité des progrès réalisés depuis le lancement par le Président Obama en 2010 du premier Sommet sur la sécurité nucléaire.  Il a remercié les Pays-Bas pour avoir accueilli, les 24 et 25 mars, le dernier Sommet sur la sécurité nucléaire.  « Après trois sommets de ce type, nous sommes parvenus à mettre en place un réseau d’experts actifs auprès de 53 gouvernements », a-t-il précisé.  M. Aho s’est réjoui du fait que le nombre de pays et d’infrastructures disposant d’uranium et de plutonium hautement enrichis diminuait, que la sécurité des zones de stockage s’améliorait et que, de plus en plus de pays demandaient des conseils au niveau international. 


Par ailleurs, le représentant a estimé que la récente crise en Ukraine avait démontré l’importance d’assurer la transparence et de renforcer la confiance par le biais de mesures comme le Document de Vienne sur les mesures de confiance et le Traité « Ciel ouvert ».  Bien que les actions de la Fédération de Russie en Ukraine aient sapé la confiance mutuelle, nous ne devons pas oublier que, même lors des périodes les plus sombres de la guerre froide, les États-Unis et la Fédération de Russie n’avaient jamais oublié qu’il était de leur intérêt mutuel de travailler ensemble à la réduction de la menace nucléaire.


Les États-Unis sont prêts à discuter des modalités d’organisation d’une conférence sur une zone exempte d’armes nucléaire au Moyen-Orient, a indiqué le représentant.  Il a ensuite salué les recommandations du Groupe d’experts gouvernementaux sur les mesures de transparence et de confiance relatives aux activités spatiales.  Rappelant que la Commission du désarmement devrait conclure, cette année, la dernière année de son cycle triennal de négociations, le représentant des États-Unis a tenu à saluer la contribution des présidents des Groupes de travail I et II qui ont fait tout ce qui était possible.  La volonté politique ne peut insuffler des résultats que lorsqu’elle est pratiquée de bonne foi, a-t-il fait observer avant de conclure.  


Mme MARÍA CRISTINA PERCEVAL (Argentine) a souhaité que les États Membres puissent parvenir à un accord pour faire avancer les travaux de la Commission du désarmement dont le rôle, a-t-elle rappelé, est très important.  Elle a aussi invité les États Membres à faire preuve de pragmatisme afin que la présente session puisse être couronnée de succès et mettre ainsi fin à l’impasse qui subsiste depuis quelques années dans la Commission.


M. MASOOD KHAN (Pakistan) a relevé que la sécurité mondiale était « indivisible », et que les trois raisons qui poussent à la course aux armements étaient les perceptions de menaces par d’autres États ou de groupes non étatiques, les conflits contre des États plus puissants militairement et la politique du « deux poids, deux mesures » dans l’application du droit international.  Il a en outre plaidé afin que l’usage de drones et autres robots puisse se faire en conformité avec le droit international.  Le représentant a appelé à un engagement renouvelé de la communauté internationale en faveur du désarmement nucléaire.  Tant que le désarmement nucléaire n’est pas effectif, a-t-il estimé, les États qui ne possèdent pas l’arme nucléaire devraient avoir l’assurance, à travers un traité universel contraignant, qu’ils ne seront pas menacés par ceux qui en sont dotés.  Il a également prôné la non-militarisation de l’espace extra-atmosphérique.


Par ailleurs, M. Khan a appelé à l’adoption de mesures visant à renforcer la confiance dans le domaine des armes conventionnelles.  Il a aussi rappelé que le Pakistan avait pris de telles mesures en vue de réduire les risques nucléaires avec l’Inde, notamment les échanges d’informations sur des tests de tirs de missiles et sur des accidents éventuels.  Il a ainsi estimé que la mise en place d’un système de défense de missiles balistiques en Asie du Sud serait déstabilisante pour la région.  La communauté internationale devrait permettre au Pakistan d’utiliser la technologie nucléaire à des fins pacifiques afin de combler le déficit d’énergie électrique que connaît le pays, a estimé le représentant.  Il a enfin plaidé pour une volonté politique plus forte, notamment « de la part des principales puissances », afin de résoudre les blocages qui paralysent les travaux de la Commission du désarmement.


M. JULIO XAVIER LASSO MENDOZA (Équateur) a condamné l’existence même d’armes de destruction massive, en soulignant que le désarmement et la non-prolifération nucléaires étaient deux processus qui doivent être menés de manière parallèle et en même temps.  Il a invité les États dotés de l’arme nucléaire à honorer leurs engagements en matière de désarmement.  Le représentant a souhaité que soit établi un traité interdisant la mise au point et l’utilisation d’armes nucléaires.  Il a aussi plaidé pour la généralisation des zones exemptes d’armes nucléaires.  À cet égard, il a appelé à convoquer la conférence sur le désarmement nucléaire au Moyen-Orient, dont la tenue était envisagée depuis 2010. 


Par ailleurs, le représentant a plaidé pour l’interdiction des mines antipersonnel et d’armes à fragmentation qui constituent, a-t-il dit, des menaces pour les populations.  Il a aussi suggéré l’établissement de mesures de confiance entre États, comme en témoigne, a-t-il souligné, l’activité conjointe de déminage menée par le Pérou et l’Équateur le long de la frontière entre les deux pays.


M. HUSSEIN HANIFF (Malaisie) a estimé que la Commission du désarmement demeurait un unique organe spécialisé dans le domaine du désarmement.  Il s’est félicité des progrès accomplis au cours de sa session 2013, qui avaient permis, pour la première fois en huit ans, d’élaborer trois documents de travail.  La session préparatoire de la Conférence d’examen 2015 du TNP, qui débutera fin avril au Siège de l’ONU à New York, sera très importante.  Il a appelé à une mise en œuvre équilibrée des trois piliers du TNP en gardant à l’esprit les cibles convenues lors de la Conférence d’examen 2010.  « Toutes les parties doivent honorer l’engagement de mener à bien des négociations conduisant au désarmement nucléaire », a insisté le représentant de la Malaisie, qui a ajouté que le désarmement nucléaire demeurait la priorité absolue de la communauté internationale.


Le représentant a félicité le Mexique pour avoir accueilli, les 13 et 14 février, la deuxième Conférence sur les conséquences humanitaires de l’utilisation de l’arme nucléaire et remercié l’Autriche pour avoir accepté d’accueillir la prochaine.  Il s’est dit cependant déçu de l’impossibilité d’organiser une conférence sur une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, dont la tenue était prévue en 2012.


Il a invité tous les États à aborder une telle conférence l’esprit ouvert et sans préjuger de la position des autres pays en matière de sécurité.  Par ailleurs, il a indiqué que l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et les cinq puissances nucléaires devraient conclure sous peu les négociations se rapportant au Traité sur la zone exempte d’armes nucléaires en Asie centrale. 


S’agissant des armes classiques, le représentant s’est félicité de l’adoption par l’Assemblée générale, le 2 avril 2013, du Traité sur le commerce des armes.  « Nous continuons d’appuyer les mesures de confiance à tous les niveaux dans le domaine des armes classiques », a-t-il dit, avant de souligner la pertinence d’un programme des Nations Unies sur les armes légères.  La prochaine réunion biennale sur la mise en œuvre du Programme d’action sera une session très importante pour l’adoption de mesures de confiance, a-t-il assuré. 


Mme PAIK JI-AH (République de Corée) a déclaré que la Commission du désarmement se trouvait à une phase critique, en estimant qu’un nouvel échec du cycle triennal en cours affaiblirait la crédibilité et l’autorité de ce mécanisme multilatéral de désarmement.  Dans ce contexte, elle a souhaité que, durant les trois semaines à venir de la présente session, les délégations se concentrent plus sur ce qui les unit plutôt que sur leurs divergences de vue.  Elle a estimé qu’il serait préférable de parvenir à un accord qui ne satisfait pas tout le monde plutôt que pas d’accord du tout.  Par ailleurs, elle a souligné que le TNP constituait la pierre angulaire du régime de non-prolifération et un élément clef de l’architecture de sécurité internationale.  Il importe que tous les États mettent en œuvre toutes les mesures pratiques identifiées lors de la Conférence d’examen 2010, a-t-elle insisté. 


L’entrée en vigueur du TICE et la négociation d’un traité sur l’interdiction de production de matière fissile demeurent deux questions urgentes dont l’examen ne peut plus être repoussé, a rappelé la représentante.  Elle a précisé que son pays avait présenté quatre propositions lors du troisième Sommet sur la sécurité nucléaire, qui s’est tenu récemment aux Pays-Bas.  Parmi ces mesures figure la lutte contre le cyberterrorisme, contre les installations nucléaires et la promotion d’une synergie entre sécurité nucléaire, désarmement nucléaire et non-prolifération nucléaire.


Dans le domaine des armes classiques, la représentante a estimé que l’augmentation rapide du nombre de ratifications témoignait de l’importance du Traité sur le commerce des armes, adopté par l’Assemblée générale en avril 2013. Si la représentante coréenne a souligné des tendances positives dans les négociations « P5+1 » avec l’Iran, elle s’est inquiétée de la persistance de la menace nucléaire nord-coréenne.  Elle a rappelé que la RPDC s’était, au cours de ces dernières années, retirée du TNP et avait procédé à des tirs de missiles balistiques et à trois essais nucléaires.  Elle a précisé qu’au cours de ces trois dernières semaines, la RPDC a encore mené des tirs de missiles de courte et moyenne portées avec de nouvelles menaces d’essais nucléaires.  Elle a exhorté la RPDC à cesser ses provocations et à renoncer à son programme militaire nucléaire, y compris à l’enrichissement d’uranium.


M. ZHANG JUNAN (Chine) a réaffirmé que son pays restait attaché au renforcement de ses capacités en matière de sécurité nucléaire, tout en maintenant la paix et la sécurité internationales.  « Nous avons toujours maintenu nos forces nucléaires au minimum et nous adhérons à la politique de non-recours à la force nucléaire en premier quelle qu’en soit la raison », a-t-il assuré.  La Chine participera activement au processus d’examen du TNP, a indiqué le représentant de la Chine, avant de préciser que son pays avait organisé une conférence d’experts pour la définition d’un glossaire sur la question de la non-prolifération.


Les pays qui ont les arsenaux les plus importants ont une responsabilité particulière et devraient prendre des mesures pour réduire leurs arsenaux de manière irréversible, a insisté le représentant de la Chine.  La Chine s’engage en faveur de la dénucléarisation de la péninsule coréenne et appuie la reprise d’un dialogue qui doit être équilibré, a soutenu le représentant.  S’agissant du dossier nucléaire iranien, il a expliqué que cinq propositions étaient actuellement à l’examen.  Par ailleurs, il a indiqué que la Chine a fait quatre propositions au Conseil de sécurité pour contrer le trafic illicite des armes légères.


M. ABDULAZIZ A M A ALAJMI (Koweït) a salué le rôle de la Commission du désarmement, tout en regrettant le manque d’action qui la caractérise depuis une quinzaine d’années.  Le Koweït, a-t-il réaffirmé, appuie le principe de « zone exempte d’armes nucléaires ».  Il a regretté que le Moyen-Orient ne puisse pas bénéficier de cette garantie de paix.  Le représentant a par ailleurs plaidé pour la tenue de la conférence sur le désarmement nucléaire au Moyen-Orient, avec la participation d’Israël, sans condition préalable.  Il a rappelé aussi l’importance du respect du droit international, notamment en ce qui concerne le respect de l’intégrité territoriale de chaque État et l’interdiction d’occuper des territoires d’autres États. 


M. KAZUYOSHI UMEMOTO (Japon) a rappelé qu’en dépit de l’adoption de 16 documents de consensus par le passé, notamment les « Directives pour l’établissement d’une zone exempte d’armes nucléaires », la Commission du désarmement se trouvait dans l’impasse depuis 15 ans.  Le rôle de la Commission, qui achève cette année son cycle triennal, pourrait être même remis en question, a-t-il prévenu.   À cela, vient s’ajouter le défi posé aux efforts internationaux dans les domaines du désarmement et de la non-prolifération par les activités nucléaires de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), auxquelles les nombreuses résolutions du Conseil de sécurité n’ont pas réussi à mettre fin.


Pour sa délégation, le désarmement devrait s’appuyer sur deux notions fondamentales.  La première, qui devrait être considérée comme point de départ, c’est l’impact humanitaire que peuvent avoir les armes nucléaires; la seconde, c’est la nécessité de clairement évaluer la diversité des menaces nucléaires auxquelles fait face la communauté internationale aujourd’hui.  Rappelant que les 11 et 12 mai prochains, les Ministres des affaires étrangères de l’Initiative sur la non-prolifération et le désarmement se rencontreront à Hiroshima, au Japon, M. Umemoto a annoncé que leur intention était de faire des propositions utiles pour la troisième session du Comité préparatoire de la Conférence d’examen du Traité sur la non-prolifération (TNP) de 2015, qui débutera plus tard ce mois-ci à New York.  Ces propositions prendront toute leur signification en 2015, lorsque sera commémoré le soixante-dixième anniversaire de l’explosion de la bombe atomique sur Nagasaki et Hiroshima, a souligné M. Umemoto.


En conclusion, le représentant du Japon a identifié les deux défis majeurs auxquels font face les États Membres des Nations Unies dans le domaine des armes conventionnelles.  Tout d’abord, la difficulté à mettre en œuvre les dispositions du Traité sur le commerce des armes, adopté l’an dernier par l’Assemblée générale.  Le Japon, qui l’a signé dès le premier jour de son ouverture à la signature, le 3 avril 2013, encourage les États Membres qui ne l’ont pas encore fait à suivre son exemple.  Le second défi, c’est d’assurer le succès de la cinquième Réunion biennale des États pour l’examen de la mise en œuvre du Programme d’action relatif aux armes légères, a précisé le délégué.


M. NAIF BIN BANDAR AL-SUDAIRY (Arabie saoudite) a réaffirmé les préoccupations exprimées dans le rapport à l’ordre du jour de la Commission concernant la création d’une zone exempte d’armes nucléaires au Moyen-Orient, à laquelle fait obstacle la possession, par Israël, de ce type d’armes.  La paix doit être basée sur la confiance et des intentions sincères entre États et peuples voisins, a-t-il rappelé, en soulignant que cette situation posait plus généralement une menace à la paix et à la sécurité internationales.  La délégation a par ailleurs souhaité que l’Iran poursuive sa coopération avec le Groupe des 5+1, dans l’espoir de réaliser la paix et la sécurité dans le golfe.  Par ailleurs, l’Arabie saoudite, qui assure actuellement la présidence du Groupe de travail de la Commission sur l’élimination et la non-prolifération des armes nucléaires, a assuré qu’elle ferait tout son possible pour faire circuler un nouveau document destiné à constituer une « base raisonnable » en vue de son adoption dans les prochains jours.


M. ALEXANDER A. PANKIN (Fédération de Russie) a affirmé que la Fédération de Russie entendait respecter ses obligations en vertu des accords internationaux en matière de désarmement.  Il a fait observer que le respect, par son pays, du Traité sur la réduction et la limitation des armements stratégiques offensifs (START), conclu avec les États-Unis, montrait la volonté de la Fédération de Russie à s’engager sur la voie du désarmement.  Il a précisé que la Fédération de Russie prendra de nouvelles mesures dans le cadre du désarmement nucléaire si le Traité START est pleinement respecté.  Il a ensuite dénoncé des mesures prises par les États-Unis, telles que la construction d’un système de défense antimissile et son refus de renoncer à un programme de militarisation de l’espace extra-atmosphérique.  Le représentant a souligné que le désarmement nucléaire devrait être mené dans le respect de la résolution 1540 du Conseil de sécurité.  Il a également estimé qu’une zone exempte d’armes nucléaires devrait être créée au Moyen-Orient, tout en appelant à la tenue de la conférence sur cette question, avec la participation de tous les États de la région. 


M. Pankin a, de nouveau, indiqué que l’un des éléments les plus importants pour la stabilité stratégique était de prévenir la militarisation de l’espace extra-atmosphérique.  « Nous ne devons pas permettre que l’espace extra-atmosphérique soit transformé en une nouvelle zone de confrontation armée », a-t-il mis en garde.  C’est pourquoi il a appelé à la mise en place d’un accord international, juridiquement contraignant, sur cette question, en ajoutant que son pays préparait un projet de résolution sur cette question, qui sera présenté au cours de la soixante-neuvième session de l’Assemblée générale.  Le représentant a par ailleurs déploré la prolifération d’armes légères, qui alimente, a-t-il dit, les activités illégales et criminelles.  Il a enfin plaidé pour la mise en place de mesures de confiance entre États, afin de promouvoir la stabilité et la sécurité internationales.  


Exerçant ensuite son droit de réponse, le représentant a réagi aux propos tenus, ce matin, par le représentant de l’Ukraine.  Il est ainsi revenu sur le « Mémorandum de Budapest sur les garanties de sécurité », signé en 1994 par l’Ukraine, la Fédération de Russie, les États-Unis et le Royaume-Uni, et par lequel les signataires avaient pris des engagements les uns envers les autres dans le cadre de la dénucléarisation des anciennes républiques soviétiques, et qui garantissaient l’intégrité territoriale de l’Ukraine.  Il a expliqué que la Fédération de Russie n’avait pas pris de mesures pour empêcher les populations de l’Ukraine de garder leur nationalité.  C’est par un référendum, couronné par un oui à 97%, a-t-il cependant rappelé, que les habitants de la région de Crimée avaient décidé leur rattachement à la Fédération de Russie.  M. Pankin a par ailleurs affirmé que la Fédération de Russie avait toujours respecté les engagements pris dans le cadre du Mémorandum de Budapest, en précisant que cela n’était pas le cas de certains pays occidentaux.


M. RI TONG II (République populaire démocratique de Corée - RPDC) a dénoncé la politique militaire du premier État au monde qui détient l’arme nucléaire et l’a utilisée contre des populations civiles.  Il a estimé que la militarisation et le développement des armes nucléaires des États-Unis avaient des répercussions négatives sur les intérêts stratégiques du monde et ne font qu’inciter l’appétit des autres puissances nucléaires et leur course effrénée à l’armement nucléaire.  Le représentant de la RPDC a déclaré que le monde ne pourra se diriger vers le désarmement nucléaire que lorsque les États-Unis donneront l’exemple en matière de désarmement nucléaire et cesseront de moderniser leur programme nucléaire et de développer leur système de défense antimissile.  Les États-Unis doivent cesser les essais nucléaires qu’ils mènent conjointement avec la République de Corée et mettre fin à un jeu de guerre dangereux qui n’a d’autre objet que d’absorber la RPDC, a insisté le représentant.  Il a notamment cité la présence de sous-marin nucléaire américain porteur de missiles de croisière Tomahawk.  Son pays, a-t-il assuré, prend maintenant des mesures de légitimes défense en organisant des manœuvres et exercices pour répondre à ces actes de provocation.  Le représentant de la RPDC a dénoncé le double langage des États-Unis qui qualifient de « routine » leurs propres essais nucléaires, mais parlent de « menaces » dès qu’il s’agit d’essais nucléaires par d’autres pays.  Il a assuré que son pays poursuivra ses efforts de dénucléarisation de la péninsule coréenne à condition que les États-Unis cessent leur « chantage nucléaire ».


Mme MARIA EMMA MEJIA (Colombie) a mis l’accent sur l’exemple que constitue le Traité de Tlatelolco qui a créé une zone exempte d’armes nucléaires en Amérique latine et aux Caraïbes.  Elle a souligné l’importance de la résolution 1540 du Conseil de sécurité parce qu’elle complète les instruments contraignants qui existent en matière de désarmement et de non-prolifération nucléaires.  Rappelant que les armes classiques sont responsables, chaque année, du plus grand nombre de morts dans le monde, la représentante de la Colombie a souligné l’importance du Programme d’action des Nations Unies sur les armes légères et de petit calibre.  Elle s’est inquiétée des conséquences de la circulation illicite des armes légères sur le terrorisme et la criminalité transfrontière organisée. 


La représentante s’est particulièrement félicitée de l’adoption du Traité sur le commerce des armes en avril dernier et s’est réjouie que cet instrument soit déjà signé par 118 États et ratifié par 31 États.  Elle a émis l’espoir que la cinquième Réunion biennale des États pour l’examen de la mise en œuvre du Programme d’action en vue de prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères permettra d’avancer sur cette question.  Elle a indiqué que les chefs d’État du CELAC avaient décidé de créer un groupe de travail pour lutter contre le commerce illicite des armes légères.  La Colombie insiste sur l’importance en matière de transparence du Registre de l’ONU sur les dépenses militaires, a-t-elle indiqué.  La représentante s’est particulièrement inquiétée du nombre de victimes de mines antipersonnel en Colombie, en assurant que son gouvernement était prêt à partager l’expérience acquise par son pays en collaboration avec le Service de la lutte antimines des Nations Unies (SLAM).   


Droits de réponse


Le représentant de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) a rappelé que la politique de son gouvernement visait à prévenir que des armes nucléaires puissent être introduites dans la péninsule coréenne.  Il a rappelé également que depuis les années 1970, les États-Unis avaient installé des armes nucléaires en « Corée du Sud » qui se trouve ainsi « sous le parapluie nucléaire des États-Unis ».  Il a ensuite indiqué que le 23 mars dernier, la RPDC avait effectué un essai de tir balistique sur une distance de 500 km, en précisant que son pays avait tenu cette information secrète avant de la publier plus tard.  


Le représentant de la République de Corée a, pour sa part, rappelé que la RPDC était soumise aux sanctions du Conseil de sécurité à cause de tirs illégaux de missiles balistiques.  Les tirs de missiles par la République de Corée, a-t-il assuré, sont lancés dans le respect des normes internationales en la matière.  Il a aussi précisé que les exercices militaires menés conjointement par son pays avec les États-Unis se déroulent depuis des décennies et de manière transparente.  Il a aussi déclaré qu’il n’y a pas d’arme nucléaire sur le territoire de la République de Corée.


Reprenant la parole, son homologue de la RPDC a rejeté cette assertion, en précisant que depuis 1957, la République de Corée comptait plus de 1 000 armes nucléaires sur son territoire.


Le représentant de la République de Corée a réagi en réaffirmant que toutes les activités qui se déroulent sur le territoire national sont menées dans le strict respect des normes internationales, contrairement à celles qui sont conduites en RPDC.


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