01/04/2014
Assemblée générale
AG/COL/3262

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Comité spécial chargé d’étudier la situation               

en ce qui concerne l’application de la Déclaration         

sur l’octroi de l’indépendance aux pays

et aux peuples coloniaux

2e séance – matin


LE COMITÉ DE LA DÉCOLONISATION REND COMPTE DE SA RÉCENTE MISSION EN NOUVELLE-CALÉDONIE ET

PRÉPARE SON SÉMINAIRE RÉGIONAL POUR LE PACIFIQUE, QUI SE TIENDRA À FIDJI DU 21 AU 23 MAI


Le Comité spécial chargé d’étudier la situation en ce qui concerne l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux (Comité spécial des Vingt-Quatre) a entendu, ce matin, une présentation de la récente visite effectuée en Nouvelle-Calédonie, du 10 au 15 mars 2014, dans le but d’y vérifier l’état du processus d’autodétermination.  « Le rapport final de cette mission sera disponible au mois de juin et contiendra des éléments importants de réflexion recueillis sur le terrain », a indiqué le Président du Comité, M. Xavier Lasso Mendoza, de l’Équateur.     


Le Comité spécial des Vingt-Quatre a aussi préparé son Séminaire régional1 pour le Pacifique qui se tiendra à Fidji, du 21 au 23 mai prochain.  Il a affiné les derniers détails de cette préparation en autorisant son Président à établir la liste des six experts qui seront invités à ce Séminaire.  Le représentant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée a émis l’espoir que ce Séminaire, qui a pour objet de recueillir les points de vue des représentants des territoires non autonomes, d’experts, de membres de la société civile et d’autres parties prenantes au processus de décolonisation, bénéficiera mieux que les années précédentes de l’apport de ces experts.


Le Vice-Président du Comité, M. Amadu Koroma (Sierra Leone), a rendu compte, dans un rapport préliminaire, de la mission qu’il a conduite en Nouvelle-Calédonie du 10 au 15 mars et qui était suivie d’une rencontre avec des responsables gouvernementaux français à Paris, le 17 mars.


 Il a indiqué que cette visite visait à analyser de plus près le problème de la liste électorale spéciale pour les prochaines élections provinciales du 11 mai et, plus largement, conformément au mandat du Comité, d’examiner la situation politique, économique et sociale de ce territoire non autonome.


Il a noté des différences d’interprétation des dispositions de l’Accord de Nouméa et de la loi électorale  en ce qui concerne les conditions requises pour la constitution de la liste électorale spéciale.


Des préoccupations ont également été exprimées au sujet du temps imparti, jugée insuffisant,  pour accomplir un travail de révision minutieux, le manque d’une formation appropriée des membres des commissions administratives, ainsi que le manque d'informations importantes sur la date d'arrivée, de l’installation et de la première inscription des personnes.  Des préoccupations ont été aussi exprimées au sujet des défis pour notifier les électeurs des décisions des Commissions Administratives Spéciales, se trouvant dans des endroits isolés.


La mission a été en outre informée d’autres éléments de préoccupation y compris l’augmentation présumée de la circulation des armes légères, des possibilités insuffisantes de formation à l'intention des Kanak et un afflux d'immigrants.


La mission a visité l'Université de Nouvelle-Calédonie où le programme Cadres Avenir a été présenté.  Ce programme, créé par l'Accord de Nouméa, concerne les enseignements secondaire, supérieur, et professionnel, et vise à promouvoir le rééquilibrage et l’accession des Kanak aux responsabilités dans tous les secteurs d’activités, avec le soutien accordé par le Gouvernement français.


La mission a eu l'occasion de visiter dans la province Nord un régiment du programme Service Militaire Adapté visant à aider les jeunes qui éprouvent des difficultés à s'intégrer dans la société et le marché du travail. Ce programme, qui est placé sous la coordination du Ministère de l’Outre-mer, aide les jeunes qui adhèrent volontairement au programme d'acquérir des compétences professionnelles, de garantir leur insertion professionnelle et sociale ou de poursuivre leur formation.


Toutes les parties concernées ont admis que ces dispositions étaient très complexes.  M. Koroma a aussi relevé qu’il avait rencontré des Européens en faveur de l’indépendance et des Kanaks qui souhaitent rester Français.  


Il a ajouté que la mission avait pris note également des efforts entrepris en vue de préparer efficacement la phase finale de la mise en œuvre de l’Accord de Nouméa, signé en 1998 par le Gouvernement français et les dirigeants de Nouvelle-Calédonie représentant les deux principales tendances dans le territoire, les pro-indépendantistes et ceux qui s’y opposent.


À la suite de cet exposé, le représentant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée a rappelé que la mission du Comité spécial des 24 était perçue de manière négative avant son arrivée à Nouméa.  « Mais grâce au travail de M. Koroma, la mission a su expliquer qu’elle n’était pas venue pour imposer des vues mais pour examiner une situation afin de mieux l’accompagner », a insisté le représentant.   


Le représentant de la Papouasie-Nouvelle-Guinée a indiqué que des efforts étaient en cours pour finaliser le rapport de mission.  Le référendum dépend de veiller à ce que la liste spéciale soit correcte et que ceux qui sont censés voter puissent effectivement le faire.  Il revient à la Puissance administrante de veiller à ce que la liste soit certaine.


À sa soixante-cinquième session, l’Assemblée générale, dans sa résolution 65/119, avait proclamé la période 2011-2020 troisième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme et prié les États Membres de redoubler d’efforts pour continuer d’appliquer le plan d’action pour la deuxième Décennie internationale de l’élimination du colonialisme (A/56/61, annexe) et de coopérer avec le Comité spécial chargé d’étudier la situation en ce qui concerne l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux pour le mettre à jour, selon qu’il conviendra, et en faire la base du plan d’action pour la troisième Décennie.


Dans ses remarques de clôture, le Président du Comité spécial des 24 a souhaité que tout soit mis en œuvre au cours de cette décennie afin de ne pas décevoir les personnes qui ont placé leurs espoirs dans le Comité.


1A/AC.109/2014/17*


*   ***   *


À l’intention des organes d’information • Document non officiel