12/12/2013
Secrétaire général
SG/SM/15535
SC/11211
AFR/2765

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LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL A UNE IDÉE « CLAIRE » POUR LE SAHEL: LUTTE CONTRE LA PAUVRETÉ, AUTONOMISATION

DES FEMMES, CRÉATION D’EMPLOIS ET MULTIPLICATION DES CHANCES D’UNE VIE MEILLEURE


On trouvera ci-après le discours du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, lors de la réunion du Conseil de sécurité sur la paix et la sécurité en Afrique, le 12 décembre:  


Monsieur le Président, je vous remercie très profondément d’avoir organisé cette séance.  Nous sommes réunis ici pour honorer notre engagement à l’égard des populations du Sahel à un moment où les besoins sont immenses. 


Cette séance du Conseil de sécurité fait suite à la visite que j’ai effectuée au Mali, au Niger, au Burkina Faso et au Tchad le mois dernier avec la Présidente de la Commission de l’Union africaine, les Présidents de la Banque mondiale et de la Banque africaine de développement et le Commissaire européen au développement.


Nous nous sommes rendus dans ces pays pour témoigner notre solidarité, souligner le lien existant entre la paix et le développement et prendre l’engagement de poursuivre notre appui. 


Pendant la visite, la Banque mondiale et l’Union européenne se sont engagées à fournir plus de 8,2 milliards de dollars à la région.  Nous aurons plus de précisions aujourd’hui concernant les modalités d’octroi de ces fonds.


Par ailleurs, nous entendrons un exposé de mon Envoyé spécial, M. Romano Prodi, sur les progrès que nous avons réalisés dans la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel.  Et M. Téte António, le représentant de l’Union africaine, nous présentera le point de vue du continent sur tous ces éléments. 


À chaque escale pendant la visite, j’ai eu des entretiens approfondis avec les dirigeants nationaux, qui s’emploient à relever les défis et à trouver des solutions. 


Nous avons franchi une première étape importante au Mali durant la réunion régionale.  Les ministres africains et des représentants des organisations et institutions financières régionales et internationales se sont réunis en vue de renforcer la coordination et de remédier à la fragilité du Sahel.  Ils se sont félicités de la création par la Banque africaine de développement d’un fonds d’action, qui permettra de faire démarrer des projets sous-financés et contribuera au développement à long terme.  À l’avenir, les ministres se rencontreront deux fois par an pour adapter les solutions aux problèmes du Sahel. 


J’ai également effectué une visite très émouvante à Tombouctou.  La population sur place tente de se remettre des violations de ses droits fondamentaux et des troubles.  Il m’a été donné de voir les trésors culturels endommagés lors des attaques.  C’est une terrible perte pour le Mali et pour notre patrimoine mondial commun, mais, avec l’aide de l’UNESCO, nous sommes en train de prendre des mesures pour sauvegarder ce patrimoine.  Je condamne toutes les attaques contre des lieux de culte, et je lance un appel à la réconciliation et à l’application du principe de responsabilité. 


Nous devons continuer de renforcer la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali.  Le Mali a accompli des progrès sur la voie du rétablissement de l’ordre constitutionnel.  Le premier tour des élections législatives s’est déroulé dans le calme.  Toutefois, le processus politique entre le Gouvernement et les groupes armés a pris du retard.  Je demeure préoccupé par l’insécurité dans le nord du pays. 


Dans toute la région, les actes de terrorisme, le trafic d’armes, de drogue et de personnes et les autres formes de criminalité transnationale organisée menacent la sécurité.  Nous devons accentuer nos efforts pour lutter plus efficacement contre les crises alimentaires qui touchent le Sahel.  Nous devons également améliorer les conditions de vie des communautés d’origine des migrants tout en offrant aux migrants davantage de possibilités légales de travailler à l’étranger.  En raison de la taille de la région du Sahel et de la porosité de ses frontières, ces problèmes ne pourront être réglés que si les pays de la région travaillent de concert.  L’ONU continuera de déployer des efforts pour promouvoir la sécurité, la bonne gouvernance et la résistance.


Je suis revenu de ma visite avec une idée claire, à savoir que nous devons faire beaucoup plus pour lutter contre la pauvreté, autonomiser les femmes, créer des possibilités d’emploi pour les jeunes et veiller à ce que l’ensemble de la population du Sahel dispose de tous les moyens nécessaires pour bâtir un avenir meilleur.


Je remercie par avance les membres du Conseil de leurs vues sur les moyens d’y parvenir, et je compte sur tous les partenaires pour tenir leurs promesses afin que cette ambition puisse rompre le cycle de la pauvreté et de l’insécurité et marquer le début d’une nouvelle ère de prospérité et de stabilité pour tous.


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