20/12/2013
Conseil de sécurité
SC/11227
AFR/2775

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

DÉCLARATION À LA PRESSE FAITE PAR LE CONSEIL DE SÉCURITÉ SUR LE SOUDAN DU SUD


On trouvera ci-après le texte de la déclaration à la presse faite aujourd’hui par le Président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre, M. Gérard Araud (France):


Les membres du Conseil de sécurité se sont dits gravement alarmés et préoccupés par la détérioration rapide des conditions de sécurité et de la crise humanitaire au Soudan du Sud du fait du désaccord politique qui oppose les dirigeants politiques du pays, qui menace d’implications sérieuses la sécurité et la stabilité de long-terme du Soudan du Sud, de même que les pays voisins et d’autres sujets de paix et de sécurité dans la région.


Les membres du Conseil ont condamné de la manière la plus ferme les combats et les violences ciblées qui visent les populations civiles et certains groupes ethniques, ou d’autres communautés, dans l’ensemble du pays et qui ont fait des centaines de morts et de blessés et des dizaines de milliers de personnes déplacées.  Ils ont souligné que toutes les parties devaient renoncer à la violence, sous toutes ses formes, et résoudre leurs différends de manière pacifique.  Ils ont demandé au Président Salva Kiir et à l’ancien Vice-Président Riek Machar d’assumer leurs responsabilités et de lancer un appel à la cessation des hostilités et à l’ouverture immédiate du dialogue afin de permettre un règlement rapide et pacifique de cette crise.  Ils ont appelé toutes les parties à protéger les détenus.  Ils ont également engagé tous les dirigeants politiques et militaires du pays à s’impliquer dans un processus de réconciliation nationale et de réforme constitutionnelle par des moyens pacifiques et inclusifs, dans le respect des principes de l’état de droit.


Les membres du Conseil ont demandé à tous les États concernés et à toutes les organisations compétentes d’user de leur influence auprès des dirigeants politiques du Soudan du Sud pour mettre un terme à la violence et engager la réconciliation.


À cet égard, les membres du Conseil se sont félicités de l’initiative rapide prise par l’IGAD, avec l’appui de l’ONU et de l’Union africaine, pour servir d’intermédiaire entre les dirigeants du pays et les amener à la table des négociations.  Ils ont vivement encouragé toutes les parties à coopérer à cette initiative.


Les membres du Conseil ont vigoureusement condamné l’attaque du 19 décembre dirigée contre le camp de la MINUSS, à Akobo, qui a provoqué la mort de deuxsoldats de la paix indiens et blessé un autre, de même que la mort d’au moins 20 personnes ayant recherché la protection de la MINUSS.  Ils ont adressé leurs condoléances aux familles des Casques bleus tués, ainsi qu’au Gouvernement indien et à la MINUSS, et exhorté le Gouvernement du Soudan du Sud à ouvrir sans délai une enquête afin que les responsables soient traduits en justice.  Ils ont aussi souligné que le fait de s’en prendre de manière intentionnelle à du personnel, des installations, du matériel, des unités ou des véhicules affectés à une mission de maintien de la paix menée sur le fondement de la Charte des Nations Unies peut constituer un crime en droit international, pour autant que ceux-ci jouissent de la protection que le droit international des conflits armés accorde aux civils et aux biens civils.


Les membres du Conseil ont condamné les violations des droits de l’homme et les exactions commises par toutes les parties, qu’il s’agisse de groupes armés ou des forces de sécurité nationales, et souligné que ceux qui ont commis des violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme doivent être amenés à rendre compte de leurs actes.


Les membres du Conseil se sont dits profondément préoccupés par les attaques dont font l’objet les populations civiles et par l’augmentation du nombre de personnes déplacées, et ont engagé toutes les parties à permettre et assurer rapidement l’accès sûr et sans entraves des organisations humanitaires et la délivrance en temps utile d’assistance humanitaire aux populations dans le besoin, dans le respect des principes directeurs de l’assistance humanitaire.  Ils ont fermement condamné les attaques contre les installations pétrolières, qui ont causé d’importantes pertes humaines parmi les employés pétroliers, et ont appelé toutes les parties à assurer la sécurité des infrastructures économiques et la sécurité des employés.


Les membres du Conseil ont félicité la MINUSS pour les mesures actives qu’elle a prises pour remplir sa mission et d’autres agences humanitaires qui ont offert refuge et d’autres formes d’assistance dans leurs locaux à des civils pris dans des violences.  Ils ont encouragé la MINUSS à continuer de pleinement mettre en œuvre son mandat, en particulier en ce qui concerne la protection des civils, et ont demandé aux autorités du Soudan du Sud de lui prêter pleinement appui et assistance à cet égard.  Ils ont également souligné qu’ils ne sauraient tolérer que la capacité de la Mission à s’acquitter de son mandat soit entravée, et ils ont exhorté toutes les parties à coopérer pleinement avec cette dernière.


Les membres du Conseil ont réaffirmé leur attachement sans faille à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale de la République du Soudan du Sud.  Ils ont appelé les principaux responsables concernés à assurer leurs responsabilités individuelles vis à vis du peuple sud-soudanais et de faire tout leur possible pour répondre aux aspirations des populations.


Les membres du Conseil ont aussi réaffirmé leur intention de continuer à suivre la situation de près et se sont dits déterminés à passer  aux étapes supplémentaires qu’ils jugeraient nécessaires.


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