23/5/2013
Communiqué de presse
IHA/1322

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CLÔTURE DE LA QUATRIÈME SESSION DE LA PLATE-FORME MONDIALE POUR LA RÉDUCTION DES RISQUES DE CATASTROPHE


Le secteur privé et la prise en compte des besoins des enfants

 doivent être au cœur des efforts de réduction des risques de catastrophe


GENÈVE, 23 mai 2013 (Stratégie internationale de prévention des catastrophes des Nations Unies) -- La quatrième session de la Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe, qui était réunie depuis le dimanche 19 mai au Centre international de conférences Genève (CIGC), a clos ses travaux cet après-midi. 


Présentant les importants enseignements tirés de cette session, la Représentante spéciale du Secrétariat général pour la réduction des risques de catastrophe, Mme Margareta Wahlström, a déclaré que les travaux de ces trois derniers jours reflètent largement, compte tenu du taux de participation exceptionnel, la diversité des positions exprimées et des approches proposées concernant la réduction des risques de catastrophe.  La communauté internationale, a-t-elle insisté, doit relever le niveau de ses ambitions tout en mettant l’accent sur les mesures concrètes.  Les efforts de réduction des risques de catastrophe devront porter explicitement sur les enfants et les adolescents, dont les besoins et les capacités ne doivent pas être confondus, a-t-elle précisé.


La participation de plus de 3 500 représentants de gouvernement, d’institutions internationales, du secteur privé, des communautés locales, des organisations non gouvernementales et du monde académique, a démontré l’engagement en faveur du futur cadre d’action, qui remplacera le Cadre d’action de Hyogo, après son expiration en 2015.  Le nouveau cadre d’action devrait être basé sur les principes d’ouverture, de participation, de compréhension des risques, d’inclusion sociale et de connectivité.  De nombreuses propositions concrètes ont été formulées au cours de la session, en particulier en ce qui concerne l’intégration des risques de catastrophe dans les pratiques de gestion du secteur privé et dans les investissements pour des infrastructures résilientes.


Le Directeur général de la Direction suisse du développement et de la coopération, M. Martin Dahinden, qui a présidé la session, a présenté la synthèse des travaux, en soulignant notamment que le secteur privé devrait être reconnu comme un acteur et un partenaire pour la réduction des risques de catastrophe.  Les entreprises ne sont pas seulement exposées aux catastrophes, elles peuvent également être la source de catastrophes, a-t-il fait remarquer.  Le secteur privé, qui investit progressivement pour prévenir les risques et pour renforcer la résilience, ouvre de nouvelles perspectives de partenariats innovants avec le secteur public.


M. Dahinden a aussi estimé qu’il faudrait systématiquement inclure les communautés locales dans la planification et la prise de décisions, car « les catastrophes ont lieu sur le plan local et les solutions doivent venir des communautés concernées ».  Le cadre d’action post-2015 doit tirer profit du premier Cadre d’action de Hyogo et se concentrer sur la mise en œuvre, sur la base d’un ensemble de principes clairs.  Un mécanisme d’examen périodique par les pairs devrait également être mis sur pied pour évaluer les progrès accomplis.  La Conférence mondiale sur la réduction des risques de catastrophe de 2015 sera l’occasion de faire le bilan de la mise en œuvre du Cadre d’action de Hyogo et des synergies régionales dans ce domaine.


Les États et observateurs suivants ont commenté le projet de rapport du Président: Norvège, Bénin, Royaume-Uni, Libye, Colombie, Mexique, Éthiopie, Soudan, Chili, Cuba, Inde, Indonésie, Palestine, Fidji, Nicaragua, Pakistan, Algérie, Mauritanie et Canada.


Des organisations intergouvernementales et institutions des Nations Unies ont aussi apporté leur contribution: Ligue de États arabes, Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), Banque mondiale, Organisation météorologique mondiale (OMM), Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), Union internationale des télécommunications (UIT), Bureau des affaires spatiales des Nations Unies, Global Network for Disaster Reduction, East African Community, Norwegian Refugee Council.


Dans leurs interventions, les intervenants se sont notamment félicités de la participation des enfants à la présente session, en appelant à pérenniser leur participation dans les efforts de réduction des risques de catastrophe.  Les enfants font face à des risques différents en fonction de leur âge et de leur sexe, risques dont il faut tenir compte, ont-ils dit.


La Ministre d’État à l’environnement de la République-Unie de Tanzanie, Mme Terezya Huvisa, a présenté les résultats de la séance plénière du matin, consacrée à l’engagement durable des gouvernements en faveur de la réduction des risques de catastrophe.  Les intervenants, a-t-elle indiqué, étaient convaincus que la réduction des risques de catastrophe est intimement liée à l’adaptation aux changements climatiques et à la réalisation du développement durable.


Le Président de Titan America et Président du Groupe consultatif du secteur privé a préconisé l’adoption d’un nouveau cadre d’action plus ferme et plus inclusif et des législations nationales mieux adaptées aux risques de catastrophe.  Compte tenu du niveau des investissements privés en matière de réduction des risques de catastrophe, les gouvernements doivent établir des partenariats avec le secteur privé, a-t-il insisté.


Pour Mme Violet Shivutse, de la Community Health Workers du Kenya, le cadre d’action post-2015 devrait se concentrer sur la construction de bâtiments résilients.  Les capacités des communautés locales à faire face aux catastrophes devraient être améliorées, notamment par le biais d’échanges d’informations et d’expériences entre communautés.


Le Président de la Fondation MunichRe, M. Thomas Loster, a présenté le Risk Award décerné par sa fondation.  Le prix a récompensé un projet visant à renforcer la résilience des villes face aux inondations, grâce à des moyens techniques simples et accessibles.


GOUVERNEMENTS ET RÉDUCTION DES RISQUES DE CATASTROPHE: UN ENGAGEMENT DURABLE


Déclarations


Mme JIAN LI, Vice-Ministre des affaires civiles de la République populaire de Chine, a fait état des mesures prises par son pays dans le domaine de la réduction des risques de catastrophe.  La Chine a intégré les ressources des secteurs privé et public à une approche centrée sur l’intégralité des risques, qui a été coordonnée par le Comité national de coordination.  L’action est globalement encadrée par un plan directeur définissant huit objectifs, dont la réduction des pertes en vies humaines et économiques, la prévention au niveau des pouvoirs locaux, le redressement des régions affectées et l’information au public.  La Vice-Ministre a présenté en outre certains des projets ponctuels réalisés par son pays dans le domaine de la réduction des risques de catastrophe, en citant notamment l’exploitation des possibilités offertes par la cartographie et la télédétection satellitaire.  Sur la base de son expérience, la Chine est disposée à partager des connaissances avec tous les pays intéressés, a-t-elle assuré.


M. A.K. MANGOTRA, Secrétaire au Ministère de l’intérieur de l’Inde, a souligné l’importance d’un engagement politique concret qui se traduise par une action sur le terrain jusqu’au niveau des villages.  Il est important, a-t-il ajouté, que l’action nationale implique la contribution de différents ministères.  Pour améliorer la planification financière de la réduction des risques de catastrophe, les gouvernements doivent associer les assureurs aux discussions.


Mme TEREZYA HUVISA, Ministre d’État à l’environnement de la République-Unie de Tanzanie, a déclaré que son pays était confronté à plusieurs problèmes liés à l’accès et à la diffusion des moyens scientifiques et techniques de prévention dans les communautés locales.  Concernant l’accès aux zones isolées, elle a estimé qu’il était utile de recourir aux méthodes et connaissances ancestrales de prévention.


M. SERGIO SIMOES, Chef de la protection civile du Brésil, a indiqué que son pays avait adopté une politique nationale forte en faveur la protection civile.  Le Parlement a récemment amendé la législation, qui permet aujourd’hui de faire face de manière appropriée aux événements.  Par ailleurs, la recherche scientifique est nécessaire.  Un centre de recherche a récemment été mis sur pied au Brésil pour faciliter l’échange d’informations entre le secteur académique et les acteurs concernés par la réduction des risques de catastrophe.


M. BILAL HAMAD, Maire de Beyrouth (Liban), a déclaré que la ville de Beyrouth se trouve dans une zone à risque sismique, mais compte tenu de l’instabilité politique, les préoccupations sont concentrées sur d’autres problèmes, comme l’accueil des réfugiés et la reconstruction des infrastructures.  Cependant, des efforts doivent être consentis pour mettre sur pied des programmes de résilience à long terme.  Les autorités locales planifient des projets, mais elles ont besoin de financement.  Cette décision incombe aux autorités centrales.  Pour des raisons politiques, le Gouvernement du Liban a du mal à réunir le Parlement, ce qui retarde le financement et la mise en œuvre des programmes municipaux.  M. Hamad a également noté que des plans de réhabilitation des édifices historiques de Beyrouth sont en cours, en partenariat avec le secteur privé et dans le respect des normes de résilience.


M. FUAT OKTAY, Directeur général de la Direction pour la gestion des situations de crise et d’urgence (AFAD) de la Turquie, a déclaré que l’un des grands problèmes de son pays avait été le flou entourant la responsabilité concernant les mesures de réduction des risques.  Aujourd’hui, les autorités adoptent une attitude beaucoup plus systématique et globale, dans le cadre de stratégies articulant rationnellement tous les niveaux d’intervention, ce qui suppose l’existence d’un cadre juridique adéquat.  M. Oktay a également souligné l’importance de la mise en place d’une infrastructure technique solide, garantissant les communications pendant et après les catastrophes.  La question du financement est toujours problématique, a observé l’expert, relevant toutefois que la condition de l’efficacité des mesures de réduction des risques consistait à obtenir la mobilisation de toutes les parties concernées, surtout les pouvoirs locaux.


M. RICARDO TORO, Directeur de l’Office national des situations d’urgence au Ministère de l’intérieur du Chili, a, lui aussi, insisté sur l’importance d’un cadre juridique qui facilite la coordination des mécanismes de prévention, d’alerte précoce et d’intervention.  Le Chili travaille à faire participer tous les secteurs et acteurs concernés, notamment le secteur privé et les collectivités locales qui ont non seulement des pouvoirs mais aussi des devoirs de coordination.  D’une manière générale, le Chili s’efforce de créer un système qui soit bien organisé.


Échange interactif


La Vice-Ministre des affaires civiles de la République populaire de Chine a précisé que dans son pays, l’État central jouait un rôle moteur dans la réduction des risques et dans la réaction aux catastrophes.  Elle a constaté la nécessité, mais aussi la difficulté de mobiliser le secteur privé et les pouvoirs locaux.


Le secteur privé libanais, a indiqué le Maire de Beyrouth, a permis de réaliser le « miracle libanais », qui a mis fin à la guerre civile dans le pays.  Le secteur privé et le monde académique ont plaidé en faveur de l’adoption d’une législation sur les constructions, qui prévoit désormais des normes antisismiques.  Sans une adaptation des infrastructures, les villes ne seraient pas en mesure de faire face à un tremblement de terre.  C’est le secteur privé qui, en raison des difficultés financières des autorités publiques, investit massivement dans ce domaine.  Les entreprises y voient un intérêt manifeste, car ces investissements protègent leurs actifs des risques de catastrophe, a-t-il précisé.


En réponse à une question sur l’appropriation des programmes de résilience par les communautés locales, le Secrétaire au Ministère de l’intérieur de l’Inde a relevé que la notion d’échelle était importante pour un pays aussi grand et aussi peuplé que l’Inde.  En outre, les différents États fédérés de l’Inde connaissent des situations très variées.  Au lendemain d’un séisme, les responsabilités gouvernementales ont été modifiées.  Auparavant, c’était le Ministère de l’agriculture qui était en charge du redressement, mais aujourd’hui, cette responsabilité incombe au Ministère de l’intérieur.  En outre, le Parlement a créé un organisme chargé de la réduction des risques de catastrophe.  Cet organisme mène des enquêtes et publie des documents de sensibilisation et des rapports sur l’activité gouvernementale dans ce domaine.  Le secteur privé crée des risques de catastrophe, comme le démontre l’accident de Bhopal.  Le secteur privé doit travailler avec les autorités publiques car il a tout à y gagner.


Le Directeur de l’Office national des situations d’urgence au Ministère de l’intérieur du Chili a, pour sa part, indiqué que la rupture du contact entre le centre et la périphérie d’un pays constitue un grand problème en matière de réduction des risques de catastrophe.  Le plus difficile est d’organiser des campagnes de prévention efficaces.  Les communautés locales doivent être en mesure de faire face aux catastrophes.  Au Chili, il existe peu de risques de rupture des liens entre le centre et la périphérie, a-t-il noté.  Des plans régionaux d’urgence et la formation des gouvernements locaux aux catastrophes sont cruciaux et devraient être intégrés aux plans nationaux de préparation, a-t-il estimé.


Répondant à une question concernant la différence qui est faite entre réaction d’urgence et réduction du risque, le Directeur général de la Direction pour la gestion des situations de crise et d’urgence de la Turquie a indiqué que cette nuance était devenue une évidence pour les autorités de son pays.  C’est pourquoi, elles mettent au point un plan intégrant ces deux dimensions au niveau local et en collaboration avec les organisations de la société civile.  Dans une deuxième phase, des organismes de coordination seront créés au niveau local.  Outre cette stratégie, un plan national de réduction des risques est en cours d’élaboration.  En partenariat avec le secteur privé, les autorités du pays visent à établir des normes de sécurité de plusieurs millions de maisons et bâtiments.  Les constructions ne répondant pas à ces futures normes seraient soit démolies, soit entièrement rénovées.  Des millions de dollars seront consacrés par ailleurs à l’aménagement des cours d’eau et à une analyse de risque complète.


Le Chef de la protection civile du Brésil a rappelé que Rio de Janeiro a une population de 16 millions d’habitants.  Le Gouvernement ne met pas à la disposition de la ville les ressources nécessaires pour reloger les 200 000 personnes qui vivent dans des zones à risque.  La ville de Rio est aussi confrontée à l’absence totale de planification de l’occupation des sols.  La première priorité des maires est donc d’interdire l’occupation illégale de parcelles vulnérables aux effets des catastrophes.


Répondant à des questions sur les investissements étrangers en Tanzanie, la Ministre d’État à l’environnement de la République-Unie a indiqué que dans son pays, l’investissement s’accompagnait parfois, comme ailleurs, de destructions.  Les autorités tanzaniennes ont créé des comités interministériels chargés d’établir des projets pilotes et de faire des recommandations en matière de gestion des risques.  La Ministre a fait observer que les femmes africaines jouaient un rôle central dans la prise en charge de la vie de toute la famille.  Certaines décisions d’investissement, qui sont prises sans tenir compte de cette réalité, risquent d’avoir des incidences négatives sur l’action déterminante des femmes.


Plutôt que d’imposer la réglementation aux institutions et aux gens, il faudrait commencer par sensibiliser les parties concernées, a souligné le Directeur général de la Direction pour la gestion des situations de crise et d’urgence de la Turquie.  La première étape est de faire changer les mentalités et d’évaluer les besoins spécifiques à chaque région.  Auparavant, la Turquie disposait déjà d’une législation en la matière, mais son impact était limité en raison du manque d’appropriation par les populations concernées.  Le cadre d’action post-2015 doit prendre en compte l’importance de la diffusion de l’information, a-t-il estimé.


Le Chef de la protection civile de la Colombie a indiqué que la législation nationale fixait un cadre général de gestion du risque, cadre prescrivant les obligations de chaque acteur et la coordination par les autorités.  Les gouvernements doivent assumer leurs responsabilités au même titre que le secteur privé, qui est aussi source de risque, et apprendre à tirer parti des expériences d’autrui, a-t-il précisé.  Le Directeur de l’Office national des situations d’urgence au Ministère de l’intérieur du Chili a indiqué que l’action publique de son pays en matière de réduction des risques était justement basée sur une analyse de mesures réussies ailleurs.


La Vice-Ministre des affaires civiles de la République populaire de Chine a répondu à une question en indiquant que les autorités de son pays s’efforçaient de rendre visibles les « cibles invisibles » dans les statistiques et dans ses plans d’action.  Le Comité national de réduction des catastrophes élabore actuellement un rapport d’évaluation de l’atteinte des objectifs généraux de son action, qui tiendra pleinement compte de la nécessité de concrétiser les « cibles invisibles », a-t-il assuré.


Répondant à des questions sur la sensibilisation des acteurs concernés, le Maire de Beyrouth a insisté sur l’importance de l’éducation du public au risque lié aux constructions illégales dans les zones vulnérables.  Cette sensibilisation dépend aussi d’une action des gouvernements centraux.  Une intervenante a relevé qu’il est important d’intégrer les exigences en matière d’égalité entre les sexes afin d’aider les femmes à améliorer leur propre résilience face aux catastrophes.  Un autre intervenant a demandé comment assurer le soutien politique nécessaire à la préservation des compétences techniques de réaction aux catastrophes.


Le Directeur de l’Office national des situations d’urgence au Ministère de l’intérieur du Chili a fait remarquer à ce propos que le Chili analysait les facteurs sous-jacents qui sont à l’origine des catastrophes, parallèlement à ses mesures immédiates de réaction aux catastrophes.  Une intervenante a déploré l’affaiblissement de la collaboration régionale autour de la recherche scientifique en matière de réduction des risques.  Le Secrétaire au Ministère de l’intérieur de l’Inde a fait état, au contraire, des nombreuses initiatives dans ce domaine, notamment pour la prévision des tremblements de terre et raz-de-marée, et d’autres démarches présentées lors de cette quatrième session.


S’agissant du nouveau cadre d’action pour la période post-2015, le Directeur de l’Office national des situations d’urgence au Ministère de l’intérieur du Chili a estimé que la mise en œuvre des dispositions de ce cadre d’action devrait être assurée de manière effective.  Aujourd’hui, nous sommes confrontés à de nouvelles réalités qui nécessitent des réformes structurelles pour mieux répondre aux conséquences des changements climatiques.  Le nouveau cadre d’action devrait envisager des solutions innovantes au niveau mondial.


Pour le Maire de Beyrouth, un projet pilote doit être établi par les Nations Unies pour évaluer le niveau de préparation des grandes agglomérations aux risques de catastrophe.  Les Nations Unies doivent jouer un rôle pour atténuer l’instabilité politique au Liban et dans sa région.  Le problème de la Palestine doit être résolu, ainsi que celui plus récent de la Syrie, a-t-il dit.  Il faut donner la priorité aux catastrophes, sans pour autant négliger les problèmes politiques, a-t-il rappelé.


L’intégration régionale des plans nationaux est cruciale, tout comme la mise sur pied de réseaux d’alerte précoce, a rappelé la Vice-Ministre chinoise.  Le Secrétaire au Ministère de l’intérieur de l’Inde a préconisé, pour sa part, une meilleure sensibilisation des acteurs de base et locaux, à l’appui de la mise en œuvre des plans nationaux.


Le Directeur général de la Direction pour la gestion des situations de crise et d’urgence de la Turquie a confirmé que la sensibilisation de tous les intervenants concernés, notamment le secteur privé, était la pierre angulaire de l’action de réduction des risques.  L’expert a souhaité que le cadre d’action post-2015 donne aux intervenants des outils plus concrets.  Le nouveau cadre d’action, a souhaité la Ministre d’État à l’environnement de la Tanzanie, devrait tenir compte des causes profondes des changements climatiques, des connaissances et pratiques traditionnelles, ainsi que du rôle des femmes.


Enfin, le Chef de la protection civile du Brésil a souhaité une collaboration plus importante avec les universités et appelé au renforcement des compétences et moyens des personnes vivant dans les régions vulnérables aux risques de catastrophe.


Déclaration de clôture


Mme MARGARETA WAHLSTRÖM, Représentante spéciale du Secrétaire général pour la réduction des risques de catastrophe, s’est félicitée du succès de la quatrième session de la Plate-forme mondiale pour la réduction des risques de catastrophe, qui a accueilli plus de 3 500 participants.  L’Assemblée générale, a-t-elle rappelé, nous a demandé d’élaborer un cadre d’action pour la réduction des risques de catastrophe pour la période post-2015 qui soit un processus de consultation représentative et inclusive reflétant les vues exprimées par toutes les parties prenantes.  Cela a été reflété dans la synthèse présentée par le Président de la quatrième session.   Avant que la session ne soit officiellement ouverte, près d’une cinquantaine de consultations sur le cadre post-2015 auxquelles ont participé des représentants de gouvernement, d’institutions internationales, du secteur privé, des ONG, des communautés locales et du monde académique.  


Les travaux de ces trois derniers jours reflètent largement, de par l’affluence exceptionnelle qui l’a caractérisée, la diversité des approches et des positions sur la réduction des risques de catastrophe, a déclaré Mme Wahlström, qui a appelé la communauté internationale à relever le niveau de ses ambitions tout en mettant l’accent sur les mesures concrètes.  Les efforts de réduction du risque de catastrophe devront porter explicitement sur les enfants et les adolescents, dont les besoins et les capacités ne doivent pas être confondus.


Mme Wahlström a ensuite souligné que le futur cadre d’action -qui est désigné de manière informelle comme « Cadre d’action de Hyogo II »- devrait intégrer davantage l’évaluation des risques liés aux changements climatiques.  Ce nouveau cadre d’action devrait être basé sur les principes d’ouverture, de participation, de compréhension des risques, d’inclusion sociale et de connectivité.  De nombreuses propositions concrètes ont été formulées, en particulier en ce qui concerne l’élaboration de normes d’évaluation des risques.  Le secteur privé devrait être appelé à intégrer les risques de catastrophe dans ses pratiques de gestion des risques.  Les pertes économiques astronomiques ne cessent d’augmenter mais elles ne peuvent être réduites que grâce au partenariat avec le secteur privé, qui est responsable de 70 à 85% des investissements à travers le monde, a souligné Mme Wahlström.  C’est pourquoi, a-t-elle dit, le partenariat entre le secteur privé et le secteur public, aux niveaux local et national, est essentiel.  La résilience des communautés devrait être renforcée car, a-t-elle rappelé, elles connaissent mieux que quiconque la situation sur le terrain.


« Nous devons aussi aider les pays insulaires en développement à renforcer la résilience et à appliquer les leçons apprises à nos propres villes et communautés », a insisté Mme Wahlström, qui a fait remarquer qu’ils ne demandent pas « la charité mais à être traités comme des leaders de l’innovation ».


Un certain nombre d’objectifs ont été proposés, notamment la sécurisation de tous les bâtiments scolaires et l’accès de toutes les communautés aux mécanismes d’alerte rapide.  Les recommandations faites par les participants, a indiqué la Représentante spéciale pour la réduction des risques de catastrophe, visent à prendre en compte des besoins particuliers des personnes handicapées pendant et après les catastrophes et un large éventail de mesures afin de répondre plus efficacement aux risques de catastrophe.  Les travaux de la session ont également souligné la nécessité de renforcer la coopération entre parlements nationaux, afin d’accélérer les processus législatifs de réaction et de préparation à une catastrophe.  De nombreux participants à cette session ont insisté sur l’importance du financement, a noté Mme Wahlström, qui a précisé que des recommandations avaient été faites sur le pourcentage de l’aide humanitaire qui devrait être consacrée à la réduction des risques de catastrophe.  Cette dimension, a-t-elle assuré, sera intégrée au cadre d’action pour l’après-2015.


« Ne perdons pas de vue notre objectif, qui est l’adoption du futur cadre d’action.  Celui-ci doit être fondé sur une approche inclusive », a-t-elle conclu.


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