22/5/2013
Communiqué de presse
IHA/1319

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

LES OUTILS DE LA RECHERCHE SCIENTIFIQUE CONTRIBUENT À AMÉLIORER LA RÉSILIENCE À LA SÉCHERESSE


GENÈVE, 22 mai (Stratégie internationale de prévention des catastrophes des Nations Unies)--La quatrième session de la Plate-forme mondiale sur la réduction des risques de catastrophe a tenu, ce matin, un évènement spécial consacré à la résilience à la sécheresse dans le contexte des changements climatiques.  Animant la discussion, le Directeur général de l’Organisation mondiale de la météorologie, M. Michel Jarraud, a souligné que les connaissances scientifiques dont nous disposons à ce jour devraient permettre non seulement de gérer les crises de sécheresse, mais également de les prévenir.


Pour faire face à la sécheresse récurrente, qui intervient à un rythme accéléré tous les deux ou trois ans, le Niger a établi un programme qui assure la prise en charge des personnes touchées pendant la phase d’urgence, a indiqué le Directeur de Cabinet du Premier Ministre, M. Saidou Sidibé.  Le dispositif de base sera étendu à d’autres mesures concrètes, comme la construction d’un barrage, qui est le point de départ d’un vaste programme d’irrigation, a-t-il ajouté.  Le représentant de l’organisation 786 Disability Awareness, (Kenya), M. Abdi Gedi Hussein, a indiqué que la sécheresse causait, dans son pays, la perte de 50% des moyens de subsistance des populations pastorales et nomades.  L’organisation met l’accent sur le renforcement de la résilience à la sécheresse, sur la souscription de polices d’assurances, l’octroi de fonds de roulement et la création de réseaux d’irrigation.  La résilience à la sécheresse passe, a-t-il dit, par l’information et l’autonomisation des communautés locales.


Le Mexique, a noté le Directeur des services météorologiques nationaux de ce pays, M. Juan Manuel Caballero, modernise ses systèmes d’irrigation et de récupération de l’eau de pluie pour lutter contre la sécheresse qui touche une grande partie de son territoire.  Il a cependant reconnu qu’un pays ne peut, à lui seul, faire face à cette situation.  Le Directeur général du Fonds de prévention des catastrophes de la Colombie, M. Javier Pava, a assuré que son pays, dans le cadre d’un programme national, a diversifié les sources d’approvisionnement en eau.


Le Directeur des études sur les ressources foncières au Centre arabe pour l’étude des zones arides, à Damas, M. Wadid Erian, qui a prévenu contre la détérioration rapide de la planète, a estimé que les outils mis au point par la recherche scientifique permettront d’approfondir les connaissances sur les risques liés à la sécheresse et de mieux répondre à ce défi. 


Une série d’évènements spéciaux sont également organisés cet après-midi, à 15 heures, en salles 3 et 4 du CICG.


ÉVÉNEMENT SPÉCIAL: RÉSILIENCE À LA SÉCHERESSE FACE AUX CHANGEMENTS CLIMATIQUES


Déclarations


Ouvrant la séance, le modérateur, M. MICHEL JARRAUD, Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), a souligné que les connaissances scientifiques dont nous disposons à ce jour doivent permettre non seulement de gérer les crises de sécheresse, mais également de les prévenir.  Quelles sont les manières de mettre sur pied une résilience institutionnelle, tant au niveau national qu’au niveau régional? a-t-il demandé.


M. SAIDOU SIDIBÉ, Directeur de Cabinet du Premier Ministre du Niger, a présenté l’expérience de son pays dans la gestion du problème de la sécheresse.  Le Niger, a-t-il rappelé, est un immense pays dont les deux tiers du territoire sont désertiques.  Les sécheresses y sont récurrentes et de plus en plus rapprochées, au rythme d’une tous les deux à trois ans.  Elles détruisent les sources de revenus des paysans et provoquent des épidémies.  C’est pourquoi, un dispositif a été mis en place pour diffuser l’information vers l’ensemble des communes afin de lutter contre les maladies causées par la sécheresse et d’assurer la sécurité alimentaire.


Dans certains cas, a-t-il noté, ce programme a encouragé une certaine mentalité d’assistanat.  Dès 2011, un programme plus structurant a été établi par le Gouvernement du Niger, qui prévoit la prise en charge des populations touchées par une catastrophe pendant la phase d’urgence et étend le dispositif de base à des actions de fond, comme la construction d’un barrage, point de départ d’un vaste programme d’irrigation.  La crise d’insécurité alimentaire de 2012 avait pu être atténuée par un programme test de compensation des déficits de la production de denrées alimentaires.  Grâce aux excellents résultats obtenus, ce programme sera mis en œuvre dès cette année.


M. ABDI GEDI HUSSEIN, de l’organisation 786 Disability Awareness, au Kenya, a précisé que la sécheresse causait, dans son pays, la perte de 50% des moyens de subsistance des populations pastorales et nomades.  La priorité est de chercher à assurer l’accès à l’eau, car, a-t-il fait remarquer, les populations gravement touchées par la sécheresse doivent trouver refuge dans les pays voisins.  L’organisation a commencé par un travail d’éducation des communautés, en vue de susciter une véritable culture du risque et un intérêt pour la recherche de solutions.  Elle met également l’accent, pour renforcer la résilience à la sécheresse, l’octroi de fonds de roulement et la création de réseaux d’irrigation.  M. Husein a salué l’action de la communauté internationale, tout en regrettant que l’action au niveau communautaire soit encore limitée, en raison notamment de la carence des autorités nationales.


M. JUAN MANUEL CABALLERO, Directeur des services météorologiques nationaux du Mexique, a déclaré que si beaucoup était fait au niveau international, il restait encore beaucoup à réaliser sur le plan national.  La communauté internationale doit appuyer ces efforts, a-t-il insisté.  Le Mexique est confronté, sur une grande partie de son territoire, au problème de la sécheresse, a fait remarquer M. Caballero.  Les autorités du pays s’efforcent de moderniser les systèmes d’irrigation et de récupération de l’eau de pluie.  Elles mettent en place un système d’alerte précoce et, pour ce faire, multiplient les contacts avec des partenaires internationaux, notamment aux États-Unis et au Canada.


M. WADID ERIAN, Directeur des études sur les ressources foncières au Centre arabe pour l’étude des zones arides, à Damas (Syrie), a rappelé que la sécheresse faisait désormais l’objet d’études périodiques par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.  Les bassins transfrontaliers sont un sujet d’études important, a-t-il souligné, en précisant qu’ils ont un impact important sur l’état des sols et qu’ils concernent de nombreux pays.  La sécheresse est en train de gagner plusieurs régions de la planète, a-t-il averti, en insistant sur la nécessité urgente de prendre des mesures vigoureuses pour prévenir une catastrophe.  Les outils mis au point grâce à la recherche scientifique contribueront à mieux connaître ces phénomènes naturels et à mieux y répondre.


M. MATHEWOS HUNDE, Conseiller en réduction des risques de catastrophe à l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), a déclaré que les autorités de l’Éthiopie avaient pris un certain nombre de mesures contre la sécheresse, source de dégâts importants dans ce pays.  Ces mesures visent, notamment, à améliorer la capacité de préparation aux événements extrêmes avant qu’ils ne se produisent, grâce à la mise sur pied d’une politique de gestion du risque et de diffusion de l’information auprès des collectivités locales.  Des efforts sont également consentis pour adapter les programmes internationaux à la situation locale.  Au niveau régional, un projet intitulé « Filet de sécurité » vise à renforcer la résilience dans les communautés locales et les ménages.  Ce programme dispose aussi d’un mécanisme de financement pour la préparation aux risques et de protection des moyens de subsistance en vue de garantir la sécurité alimentaire.


En outre, le système d’alerte précoce mis au point par les autorités du pays, en partenariat avec des donateurs internationaux permet d’améliorer le système d’information, a assuré M. Hunde.  Les partenaires appuient, sur les plans technique et financier, la mise en œuvre du programme régional pour la réduction de la sécheresse qui aide les pays de la région à renforcer leur résilience.  Dans ce cadre, les pays joignent leurs efforts et partagent leurs expériences de façon constructive, a-t-il dit.  La cartographie régionale des changements climatiques permet aussi de mieux informer les populations qui risquent d’être touchées.  Cette approche globale a produit des résultats satisfaisants en Éthiopie, qui a démontré sa capacité de résister à la sécheresse qui frappe la Corne de l’Afrique.


M. JAVIER PAVA, Directeur général du Fonds de prévention et d’attention des catastrophes de la Colombie, a déclaré que la ville de Bogota était confrontée à des problèmes liés aux changements climatiques qui entraînent un exode rural massif et contaminent les ressources hydriques.  Les autorités colombiennes, a-t-elle assuré, prennent des mesures pour mieux gérer la production et la distribution de l’eau à la population, dans le cadre d’une planification territoriale à l’échelle du pays, afin d’éviter, autant que possible, une concentration démographique dans les régions où les ressources en eau sont très limitées.  Un service public d’adduction d’eau est désormais opérationnel, contribuant ainsi à assurer une meilleure gestion de la distribution.  Les autorités du pays œuvrent, simultanément, à la consolidation et à la diversification des sources et systèmes de distribution d’eau, a également indiqué le représentant de la Colombie.


Dialogue interactif


Un intervenant s’est interrogé sur la mise sur pied de mécanismes d’alerte précoce visant à mieux prévenir des sécheresses.  En 2012, a-t-il fait remarquer, la sécheresse était prévue, mais les mesures avaient été prises trop tardivement. 


Répondant à ces observations, le Conseiller en réduction des risques de catastrophe à l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) a estimé que la préparation devrait se faire à l’échelon local.  Même si un mécanisme d’alerte précoce existe, il faut que les acteurs coordonnent leur action et que les collectivités locales agissent à leur niveau.


Pour sa part, le Directeur de Cabinet du Premier Ministre du Niger a souligné que la coordination entre les experts techniques et les autorités politiques participe de la prévention de la sécheresse.  Mais cela ne résout pas le problème au niveau structurel.  Il faut donc des solutions innovantes pour traiter de manière approfondie ces questions.  Les pays désertiques ont besoin d’une assistance à la fois technique et financière, car leurs revenus ne leur permettent pas de lutter seuls contre la sécheresse.  Il faudrait également prendre des mesures à long terme et non pas seulement de manière ponctuelle, a-t-il recommandé, en rappelant que les sécheresses sont récurrentes.


Pour le Directeur des services météorologiques nationaux du Mexique, la prévision météorologique joue un rôle important pour prévenir des conséquences dévastatrices de la sécheresse.  Des mécanismes financiers de compensation des pertes dues à la sécheresse sont utiles, a-t-il dit, tout en soulignant qu’il était essentiel d’agir de façon proactive.


Un professeur d’hydrologie a relevé que les indices de sécheresse sont soit inutiles, soit incertains, en raison de la faible qualité des données sur lesquelles ils sont basés.  Selon lui, la qualité des mécanismes d’observation se dégrade.  Il faudrait donc convaincre les décideurs d’investir plus de ressources dans ces observatoires, qui constituent un outil primordial pour prendre des mesures d’atténuation des conséquences de la sécheresse.


Dans cette perspective, le Directeur général du Fonds de prévention et d’attention des catastrophes de la Colombie a noté qu’il était indispensable de disposer de mécanismes de financement au niveau national pour garantir la qualité des réseaux d’alerte précoce.


Enfin, le Directeur des études sur les ressources foncières au Centre arabe pour l’étude des zones arides (Syrie) a noté que tous les pays, à des niveaux différents, sont concernés par la sécheresse.  Si le problème s’amplifie dans les pays pauvres, cela aura un impact sur les pays riches.  Il a fait remarquer qu’en raison de la pénurie de l’eau, cela pourrait peut-être provoquer une prise de conscience de la part des bailleurs de fonds.


Le Directeur de Cabinet du Premier Ministre du Niger a souligné que les collectivités locales devraient prendre en charge ces questions.  Les pays touchés par la sécheresse, en particulier en Afrique, devraient disposer de ressources supplémentaires pour se doter de moyens efficaces de prévention.


Le représentant de 786 Disability Awareness a insisté sur le besoin de fournir des informations fiables aux communautés locales et de renforcer leurs capacités afin qu’elles puissent agir à temps.  


À cet égard, Directeur des services météorologiques nationaux du Mexique a insisté sur la nécessité d’investir pour donner les moyens à tous les acteurs concernés de réduire les risques de catastrophe.


Pour sa part, le Directeur des études sur les ressources foncières au Centre arabe pour l’étude des zones arides a estimé que la recherche est primordiale car, a-t-il prévenu, la sécheresse est un phénomène naturel qui s’accélère plus vite qu’on ne le pense.


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