08/03/2013
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Commémoration de la Journée

internationale de la femme

matin


L’ONU CELEBRE EN CHANSON LA JOURNEE INTERNATIONALE DE LA FEMME


« One Woman », première chanson produite par l’Organisation, est un message d’unité et de solidarité pour les droits des femmes


« Nous sommes une femme. »  C’est sur ce refrain que l’ONU a célébré, ce matin à New York, la Journée internationale de la femme en lançant une chanson*, produite par l’Organisation et interprétée par 25 artistes du monde entier.  Vingt-cinq voix de femmes, de toutes origines, qui appellent à l’unité et à la solidarité pour défendre les droits de toutes.


C’est devant une salle comble, et malgré la neige qui tombe depuis la nuit dernière sur New York, que l’ONU a projeté, ce matin, le clip vidéo qui réunit ces 25 artistes, lançant ainsi la première chanson produite par l’Organisation.  Sous le titre « Une femme.  Une chanson pour ONU-Femmes », les paroles appellent tout un chacun à lutter pour les droits des femmes et à défendre l’égalité entre les sexes.  


« Dans mon pays, la neige est souvent considérée comme un signe de bon augure », a fait remarquer le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon.  Saluant les participants à cette séance commémorative, il a considéré que ce signe, aujourd’hui, montrait que « rien ne peut nous arrêter dans notre lutte pour l’autonomisation des femmes et l’égalité entre les sexes ».  « Cette chanson, a-t-il ajouté, nous rappelle que si nous sommes unis, nous rencontrerons des succès. » 


« Je sens dans cette salle une force, une énergie, un dévouement et un dynamisme très forts.  Cette salle est d’ailleurs trop petite pour faire place à toute votre énergie », a–t-il dit. 


La cérémonie de ce 8 mars, qui avait pour thème « Une promesse est une promesse: Il est temps d’agir pour mettre fin à la violence à l’encontre des femmes », pouvait être visionnée dans une deuxième salle du bâtiment temporaire de la pelouse nord, qui avait accueilli autant de personnes.


« Aujourd’hui, nous rendons hommage aux défenseurs et aux pionnières, à tous ceux qui font avancer la cause de l’égalité pour les femmes et pour les filles dans le monde.  Nous célébrons aussi les efforts entrepris en faveur des femmes pour qu’elles puissent jouir pleinement de leurs droits fondamentaux », a ajouté M. Ban.


Le Secrétaire général a rappelé que les femmes étaient souvent « moins rémunérées que les hommes pour un travail identique », que « leur rôle inestimable au sein des ménages n’est pas valorisé » et que nombre d’entre elles « sont opprimées ou laissées pour compte, victimes d’agressions choquantes et violentes perpétrées par des maris, des pères, des collègues ou d’autres personnes en qui elles devraient avoir confiance ».  


« La violence à l’encontre des femmes n’est pas un phénomène inévitable », a-t-il ajouté, en appelant les États à renforcer la collecte de données sur le phénomène, à fournir un accompagnement juridique aux victimes, à dénoncer, à sanctionner et à traduire les auteurs de ces actes en justice.  Il a aussi réaffirmé qu’il était pleinement engagé à collaborer avec tous les dirigeants du monde et tous les autres acteurs dans ce combat, notamment par le biais de sa campagne « Unissons-nous pour mettre fin aux violences contre les femmes », le Réseau des dirigeants masculins pour lutter contre la violence à l’encontre des femmes, ainsi que la campagne « Engageons-nous » d’ONU-Femmes.


Le Secrétaire général a cependant regretté que le Fonds d’affection spéciale des Nations Unies à l’appui de la lutte contre la violence à l’encontre des femmes ne pourra, cette année, satisfaire que seulement 1% des demandes reçues et c’est pourquoi, il a appelé les États Membres à apporter leur soutien à ce Fonds et à ONU-Femmes.


La Secrétaire générale adjointe et Directrice exécutive de l’Entité des Nations Unies pour l’égalité de sexes et l’autonomisation des femmes (ONU-Femmes), Mme Michelle Bachelet, a ensuite rappelé plusieurs avancées majeures réalisées en faveur des droits des femmes et de l’égalité au cours des 20 dernières années, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes de 1979 ou la résolution 1325 (2000) sur les femmes, la paix et la sécurité du Conseil de sécurité.


« Nous ne pouvons pas faire marche arrière.  Nous devons continuer à aller de l’avant.  Nous le devons à des millions de femmes qui luttent pour leurs droits dans le monde », a-t-elle dit.  « Nous sommes à un tournant historique.  Jamais, auparavant, nous n’avons été les témoins d’une telle dynamique, d’une telle indignation et d’autant d’appels pour le changement.  Jamais, auparavant, nous n’avions pu sensibiliser immédiatement à travers le monde ce que les nouvelles technologies ont réussi, en l’espace de quelques secondes, à faire pour faire connaître les atrocités et les horreurs de la violence dont sont victimes des femmes et des filles.  Des femmes, des hommes et des jeunes ont élevé leur voix dans chaque région du monde pour dire: Trop, c’est trop.  Les populations exigent qu’on mette immédiatement fin à l’impunité. 


Elle a fait remarquer qu’il ne pouvait y avoir de paix et d’égalité sans que les droits des femmes et que leur participation équitable ne fussent garantis.  Elle a, entre autres, mis l’accent sur la réalisation des droits sexuels et reproductifs.  « On assiste à une transformation sociale en ce qui concerne les croyances, les attitudes et les comportements.  Si nous agissons avec courage, conviction et détermination, nous pouvons faire en sorte que les violences à l’égard des femmes deviennent rares et ne soient pas tolérées. »


Elle a annoncé que 50 gouvernements, ainsi que la Commission européenne, s’étaient engagés à prendre des mesures concrètes pour combattre les violences à l’encontre des femmes et des filles.  Elle a aussi souligné que la cinquante-septième session de la Commission de la condition de la femme était une occasion unique pour prendre un tel engagement.


De son côté, le Représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, M. Gérard Araud, a lui aussi souligné que les droits sexuels et reproductifs des femmes étaient « souvent niés, quelles que soient les sociétés, les cultures ou les religions ».  En France, a-t-il expliqué, environ 600 000 femmes sont victimes de violences domestiques, dont près de 200 000 à caractère sexuel.


Face à ce constat, a-t-il dit, « la France a décidé de renforcer son appareil législatif contre les violences ».  Ainsi, le délit de harcèlement sexuel a été confirmé et renforcé dans le Code pénal, le dispositif contre les mariages forcés sera amélioré, tandis qu’un nouveau délit, l’incitation à subir une mutilation génitale, sera reconnu. 


À cet égard, a précisé l’Ambassadeur Araud, la France s’inscrit dans le cadre ouvert par le Groupe des États d’Afrique, lequel a fait adopter une résolution sur l’élimination des mutilations génitales féminines par l’Assemblée générale.


Le représentant de la France a également insisté sur la nécessité d’encourager la coopération régionale.  Il a en particulier rappelé que la Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, un « texte fondamental », a-t-il dit, adopté à Istanbul en 2011, constituait la première convention contraignante qui traite de la question des violences faites aux femmes.


M. Araud a également fait observer que les femmes étaient les « premières et principales victimes des conflits armés », subissant des « violences sexuelles intolérables, utilisées comme armes de guerre ou de destruction, physique et morale, des populations ».


Il a ainsi souligné que l’intervention française au Mali était guidée par la volonté de répondre aux violations graves des droits fondamentaux de la personne humaine commises par des groupes armés dans le nord du pays, « en particulier à l’encontre des femmes ».


« Le Secrétaire général a pris la mesure de ces violences », a-t-il poursuivi, en précisant qu’il avait créé le poste de Représentant spécial pour les violences sexuelles.  « Il soutient pleinement ONU-Femmes et veille au déploiement de conseillères et conseillers de protection des femmes dans les opérations de maintien de la paix.  Enfin, il a fait de la participation des femmes à la résolution des conflits une priorité de l’Organisation des Nations Unies. »


Au sein de l’Organisation, le cadre normatif pour les droits de la femme s’est élargi, s’est félicité M. Araud, en citant notamment le Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, que préside, a-t-il dit, une Française, Mme Nicole Ameline. 


Le représentant de la France, qui a salué l’adoption récente par l’Assemblée générale d’une résolution importante sur l’élimination de toutes les formes de violence à l’encontre des femmes, a souhaité que la cinquante-septième session de la Commission de la condition de la femme « profite de cet élan en adoptant des conclusions agréées, fortes et ambitieuses ».


Cette cérémonie a ensuite été suivie d’un débat très riche et très actif autour des interventions de quatre femmes: Mme Patricia Brownell, de l’ONG « International Network for the Prevention of Elder Abuse »; Mme Annie Banda, coordonnatrice nationale du « Fonds d’affection spéciale des Nations Unies à l’appui de la lutte contre la violence à l’encontre des femmes »; Mme Nisha Varia, de l’organisation « Human Rights Watch »; et Mme Victoria Tauli-Corpuz, ancienne Présidente de l’Instance permanente sur les questions autochtones.


*     http://song.unwomen.org/


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