24/09/2013
Conseil économique et social
ENV/DEV/1383

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Forum politique de haut niveau

pour le développement                                      

1re séance – après-midi


INAUGURATION DU FORUM POLITIQUE DE HAUT NIVEAU POUR LE DÉVELOPPEMENT: LES PARTICIPANTS SOULIGNENT

LE LIEN ENTRE ÉRADICATION DE LA PAUVRETÉ ET PROTECTION DE L’ENVIRONNEMENT


Le Forum politique de haut niveau pour le développement a été inauguré, aujourd’hui, à l’occasion d’une première séance marquée par la présence de plusieurs chefs d’État et de gouvernement.


« À Rio+20, nous avons pris des mesures décisives pour bâtir un modèle de développement durable », a déclaré Mme Dilma Roussef, Présidente du Brésil, qui a réaffirmé l’importance d’éradiquer la pauvreté, qui reste « le plus grand défi posé au monde ».


Avant cet appel, le Président de la soixante-huitième session de l’Assemblée générale, M. John Ashe, d’Antigua-et-Barbuda, avait indiqué que le Forum, qui remplace la Commission du développement durable, aura « un rôle central à jouer dans l’élaboration et la mise en œuvre du programme de développement pour l’après-2015 ».  Le Président du Conseil économique et social (ECOSOC), M. Néstor Osorio, de la Colombie, a quant à lui rappelé que le développement économique et social et la protection de l’environnement sont des phénomènes « inextricablement liés ».


Établi par le Document final de la Conférence Rio+20 –« L’Avenir que nous voulons  »-, le Forum, qualifié de « plateforme » dans le Document a été chargé d’impulser un « dialogue régulier » entre les États Membres et à « élaborer un programme pour le développement durable » renforçant l’intégration de ses trois dimensions: économique, sociale et environnementale.


Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, qui participait aujourd’hui au débat de cette séance inaugurale, a demandé aux acteurs du Forum de « surmonter les fossés institutionnels entre les trois dimensions du développement durable » et de « donner un nouvel élan politique à nos efforts via des partenariats mondiaux renforcés ».  M. Ban a également annoncé la création d’un conseil consultatif scientifique, dont l’UNESCO accueillera le secrétariat, pour éclairer les débats du Forum.  « Il faut bâtir sur les progrès accomplis dans le cadre de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et revoir nos ambitions à la hausse, car le développement durable est le principe de base de notre lutte contre la pauvreté et contre les effets des changements climatiques », a aussi déclaré le Secrétaire général de l’ONU.


« Le Forum sera un succès s’il permet d’accélérer la réalisation du développement durable de manière intégrée, cela après nous être concentrés sur le pilier environnemental », a quant à lui estimé le Premier Ministre de l’Italie, M. Enrico Letta.  Plaidant pour un développement plus rapide de l’économie verte, « qui peut générer des emplois décents tout en réduisant les pressions sur l’environnement », M. Letta a ajouté que son pays, qui présidera l’Union européenne en 2014, lancera bientôt une initiative de consensus mondial sur la sécurité alimentaire.


Sur la question de l’économie verte, la Directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Mme Christine Lagarde, a lancé un appel à la prudence, invitant les États à « bien calculer » le coût de sa promotion et des programmes y afférent. 


Assurant que le FMI peut apporter sa contribution à la préservation de l’environnement, elle a déploré que les subventions allouées au secteur de la consommation de l’énergie « tombent souvent dans les mauvaises poches ».  Ces subventions, a-t-elle précisé, s’élèvent à 2,5% du produit intérieur brut (PIB) mondial et sont contre-productives parce qu’elles bénéficient à un secteur qui contribue à la dégradation de l’environnement.  Mme Lagarde a de plus insisté sur la nécessité de renforcer l’égalité entre les sexes: « Si on oublie la contribution des femmes à l’économie, les revenus en seront affaiblis », a-t-elle prévenu.


Enfin, s’exprimant au nom des Grands groupes, Mme Gita Sen, Professeur au Centre des politiques publiques de l’Institut de gestion de Bangalore, en Inde, a averti que « le développement durable est impossible à atteindre sans le respect des droits de l’homme ».  Elle a exhorté les pays à prévenir les violences sexuelles et racistes et a salué l’utilité des mécanismes de responsabilisation sociale des entreprises. 


FORUM POLITIQUE DE HAUT NIVEAU POUR LE DÉVELOPPEMENT DURABLE SOUS LES AUSPICES DU PRÉSIDENT DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE


Dialogue des dirigeants: Forum politique de haut niveau – De la vision à l’action


Au cours de cette discussion, présidée par EKATERINA PARRILLA, Secrétaire d’État à la planification du Guatemala, le Premier Ministre de Fidji, le Commodore JOSAIA V. BAINIMARAMA, qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a souhaité que le Forum donne une visibilité accrue aux enjeux du développement durable.  « À charge pour nous de conférer un poids politique véritablement collectif à ce projet, de lui donner une direction claire et d’asseoir son rôle, qui est celui de chef de file venant compléter l’Assemblée générale et le Conseil économique et social (ECOSOC) sur toutes les questions de développement durable ».  Le responsable fidjien a noté, à son tour, que le Forum devrait contribuer à l’intégration de toutes les dimensions du développement durable, et ce de manière globale et trans-sectorielle.  Le Forum devra être le catalyseur de l’élaboration du programme de développement des Nations Unies pour l’après-2015, et ce, en conservant l’ouverture à tous les acteurs pertinents qu’avait instaurés la CDD, a dit le Premier Ministre de Fidji.


Le Président de la Commission européenne, M. JOSÉ MANUEL BARROSO, qui a souligné le rôle actif joué par l’Union européenne dans le processus d’élaboration du Forum, a estimé que « ce nouvel organe devra trouver sa place au cœur d’un système onusien mieux coordonné, afin de renforcer l’efficacité de la lutte contre la pauvreté ».  « Ce combat et celui pour la protection de l’environnement sont les deux faces d’une même pièce de monnaie », a-t-il poursuivi, jugeant que « cela est cohérent du point de vue moral autant qu’économique ».  Après avoir rappelé l’importance d’établir un programme de développement pour l’après-2015 dans un cadre inclusif, M. Barroso a appelé les États Membres « à investir plus avant dans le capital naturel », ce qui, a-t-il dit, serait une contribution directe « à la lutte contre la pauvreté ».


Intervenant après ces propos, le Président de la Turquie, M. ABDULLAH GÜL, a insisté sur le fait que la définition du programme de développement pour l’après-2015 devrait tenir compte des acquis des 20 dernières années.  Il a ensuite déclaré que les décisions de l’heure devaient être prises dans le souci « d’optimiser les possibilités de développement de demain ». 


« L’autonomisation des femmes reste une priorité de mon pays, tout comme la modification de nos styles de vie, de production et de consommation, que les progrès scientifiques peuvent rendre plus durables et gages de bien-être », a ajouté le dirigeant turc.


Pour sa part, la Premier Ministre du Bangladesh, Mme SHEIKH HASINA, a rappelé combien son pays était exposé aux effets nocifs du réchauffement de la planète.  « Si la température moyenne du globe augmente ne serait-ce que d’un pourcent, un cinquième de nos terres seront submergées, ce qui provoquera l’exil de 50 millions de réfugiés climatiques », a-t-elle expliqué.  Elle a ainsi exhorté le Forum à mettre l’accent sur le pilier environnemental du développement durable en proposant de nouvelles mesures d’adaptation et d’atténuation.  Mme Hasina a, par ailleurs, considéré que 2% du produit intérieur brut (PIB) des pays développés devraient être consacrés à l’appui aux pays les moins avancés (PMA), cela par le biais de transferts de technologies propres.


De leurs côtés, le Vice-Président du Conseil fédéral de la Suisse et le Premier Ministre de la Belgique, ont plaidé pour un Forum « interactif, inclusif, tenant compte des apports de la science et ouvert à la société civile et aux entreprises du secteur privé ».  Les deux dirigeants ont aussi plaidé pour que le Forum soit doté de moyens financiers adéquats.


« Le respect des valeurs démocratiques, le renforcement de l’état de droit, la lutte contre la corruption et l’instauration de l’égalité de droits entre hommes et femmes devraient constituer la toile de fond de la réalisation d’un développement durable conforme à la vision consacrée dans le Document final de Rio+20 », a estimé quant à lui, M. EVANGELOS VENIZELOS, Vice-Premier Ministre de la Grèce


En écho à cette intervention, le Ministre des affaires étrangères de la Chine, M. WANG YI, a indiqué que l’harmonie homme-nature était une notion ancienne, inscrite « au cœur de la culture traditionnelle chinoise ».  « Le développement durable doit préserver à la fois les intérêts vitaux des populations et ceux de l’environnement », a-t-il insisté, considérant que protéger collectivement l’environnement était une condition de la prospérité économique « et le meilleur moyen de bâtir un monde plus juste ». 


Le respect du principe des responsabilités communes mais différenciées, entre pays développés et en développement, a en outre été réaffirmé par la plupart des intervenants, dont le Ministre des affaires étrangères de l’Inde, M. SALMAN KHURSHID, et son homologue du Japon, M. FUMIO KISHIDA.  Les deux hommes ont aussi demandé que le programme de développement pour l’après-2015 s’efforce de mener à bien ce qui n’a pas pu l’être dans le cadre de la réalisation des OMD. 


Le Vice-Premier Ministre de la Slovaquie, la Ministre du développement national de l’Indonésie et le Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Égypte, ont souligné la nécessité que les prochains objectifs mondiaux de développement durable reflètent la vision commune, en matière sociale, économique et environnementale, exprimée par les États Membres lors du Sommet de Rio+20.


« Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) donnaient la fâcheuse impression d’être imposés aux pays les plus pauvres », a par ailleurs noté la Secrétaire d’État de l’environnement du Royaume-Uni, qui a appelé les États Membres « à écouter les voix de toutes les parties et à favoriser la participation de tous -société civile et entreprises- dans la préparation du programme de développement pour l’après-2015 ». 


Enfin, la Vice-Ministre des affaires étrangères de la République bolivarienne du Venezuela a déclaré que le paradigme environnemental du XXI siècle devrait être à caractère « humaniste ».


Dialogue des dirigeants: Partenariats mondiaux pour le développement au service de la création d’emplois et de l’amélioration des modes de vie durables


Cette seconde discussion était coprésidée par M. TITUS CORLATEAN, Ministre des affaires étrangères de la Roumanie et Mme SIMONA MICULESCU, Représentante de la Roumanie auprès des Nations Unies.


M. Corlatean a ouvert les échanges en appelant la communauté internationale à passer des paroles aux actes afin de renforcer les partenariats entre pays riches et pauvres. 


M. BARON DIVAVESI WAQA, Président de Nauru, a abondé dans le même sens en rappelant que l’un des thèmes qui revient dans le cadre du développement durable est celui du partenariat.  Il a expliqué que le partenariat véritable implique une union entre deux parties, et non une division entre donateurs d’un côté et receveurs de l’aide au développement de l’autre.  « Nous ne devons pas avoir peur de changer de voie si nous trouvons qu’il faut réorienter les partenariats », a-t-il souligné, tout en notant de nouveau que « les partenariats se trouvent au cœur de notre succès et ou de notre échec dans l’optique du développement durable ».


M. MILO DUKANOVIĆ, Premier Ministre du Monténégro, a souhaité que le nouveau cadre de développement mondial pour l’après-2015 puisse tenir compte des exigences des pays développés comme de ceux en développement.  Il a également encouragé à la création de formes innovantes de financement du développement.  Il a relevé que le développement ne pourra être durable que s’il est « vert » et tourné vers l’innovation scientifique et la création d’emplois.


M. NASSIROU BAKO ARIFARI, Ministre des affaires étrangères du Bénin, s’est exprimé au nom des pays les moins avancés (PMA).  Il a relevé que les PMA souhaitaient que le nouveau Forum politique de haut niveau pour le développement soit une plateforme véritable de responsabilité mutuelle entre les PMA et leurs partenaires au développement dans la réalisation des futurs objectifs de développement durable.  Il a ajouté que dans le programme de développement pour l’après-2015, les PMA voudraient voir intégrer des thèmes tels que le développement des capacités productives, l’accès au commerce et aux facilités commerciales, la création d’emplois décents et la promotion d’une croissance inclusive, entre autres.


M. JENS STOLTENBERG, Premier Ministre de la Norvège, a reconnu que le développement durable est un programme bien vaste, et que les deux plus grands défis qui se posent à la communauté internationale sont la lutte contre la pauvreté et le réchauffement de la planète.  Nous avons besoin d’un nouvel accord sur le climat, a-t-il plaidé, ajoutant qu’il faut agir maintenant en réduisant les émissions dues au déboisement, ainsi que les émissions de gaz à effet de serre d’origines industrielles.  Il a en outre estimé qu’il fallait procéder à l’augmentation du prix des émissions de carbone, afin de décourager les éventuels pollueurs dans leur volonté d’acheter des permis de pollution.  Il a également invité la communauté internationale à se tourner vers les énergies renouvelables comme l’ont fait les pays nordiques.


M. MARK RUTTE, Premier Ministre et Ministre des affaires générales des Pays-Bas, a souhaité que le Forum politique de haut niveau pour le développement établisse un bon équilibre entre les trois piliers du développement durable.  Il a invité la communauté internationale à établir des objectifs véritablement universels dans le programme de développement pour l’après-2015.  Il a reconnu que les pays des Caraïbes connaissent un problème particulier de développement du fait de leur vulnérabilité aux changements climatiques.


M. MUHAMMAD NAWAZ SHARIF, Premier Ministre du Pakistan, a pour sa part relevé que personne n’est protégé contre les changements climatiques.  Il a ensuite parlé des programmes de développement économique mis en œuvre au Pakistan afin de passer de 3,6% de croissance à 7% dans les prochaines années.  Il a insisté sur la création d’emplois et il a décrié l’aide au développement qui, de son avis, crée la dépendance et freine le développement des nations.  Le Premier Ministre a souhaité que le Forum politique de haut niveau sur le développement soit un cadre d’échanges afin de trouver les solutions à la question de l’emploi dans le monde.  


M. TUILAEPA SAILELE MALIELEGAOI, Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères et du commerce de Samoa, a souligné que Samoa va accueillir la troisième Conférence internationale sur les petits États insulaires en développement (PEID) en septembre 2014, avec comme point central des discussions la création d’emplois durables pour les jeunes.


Mme BATHABILE OLIVE DLAMINI, Ministre du développement social de l’Afrique du Sud, a relevé que le Forum politique de haut niveau pour le développement offre la possibilité à chaque nation de faire entendre sa voix.  Elle a souhaité que les trois piliers du développement durable soient véritablement et équitablement promus par le Forum.  Elle a également plaidé pour un partenariat mondial pour la création d’emplois, afin de garantir un développement mondial inclusif, d’éliminer la pauvreté et de lutter contre les inégalités.  


Le représentant de la Malaisie, a reconnu que la création d’emplois décents est cruciale pour le développement durable.  Il a estimé que le Forum de haut niveau peut être une occasion pour toutes les parties prenantes de partager des idées sur les comportements des consommateurs et des producteurs. 


Le représentant du Kazakhstan a relevé que son pays a abordé la transition vers l’économie verte qui devrait, à terme, créer de nombreux emplois.  Il a aussi noté que le Kazakhstan a pris des mesures pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre.


M. NIMAL SIIRIPALA DE SILVA, Ministre de l’irrigation et de la gestion des ressources en eau du Sri Lanka, a rappelé que la communauté internationale devrait se focaliser sur la lutte contre la pauvreté et sur l’élimination de la faim.  Il a également insisté sur l’implication des jeunes et a annoncé la tenue de la Conférence mondiale de la jeunesse au Sri Lanka l’an prochain.


M. PASCAL CANFIN, Ministre délégué chargé du développement auprès du Ministre des relations extérieures de la France, a estimé que la paix dans le monde est fonction de la capacité de la communauté internationale à construire ensemble un avenir durable et une prospérité partagée.  Il a relevé que la première menace qui se pose au développement semble être les changements climatiques.  Il a ensuite plaidé pour l’invention de nouveaux modes de production et de consommation afin que les milliards d’humains qui peuplent la terre puissent avoir de quoi se nourrir.


M. ERKKI TUOMIOJA, Ministre des affaires étrangères de la Finlande, a souhaité la mise en place d’un mécanisme de suivi afin de pouvoir évaluer les actions du Forum.  Il a également invité la communauté internationale à faire des choix intelligents et à établir de nouvelles valeurs à promouvoir dans l’optique du développement durable.


M. LINAS ANTANAS LINKEVIČIUS, Ministre des affaires étrangères de la Lituanie, a également souhaité la mise en place de styles de vie durables, dans le cadre d’une collaboration entre tous les acteurs sociaux.  


La représentante de l’Allemagne a prôné un développement économique de qualité tourné vers la création d’emplois dignes.  Elle a rappelé que 75% des pauvres vivent dans des pays dotés de ressources naturelles et a insisté sur la mise en place de systèmes de gestion transparents afin de savoir où vont les flux financiers tirés de l’exploitation de ces ressources.   


M. RICARDO PATINO AROCA, Ministre des affaires étrangères, du commerce extérieur et de l’intégration de l’Équateur, a regretté que les promesses de Rio n’aient pas été tenues, notamment du fait que les pays développés continuent de ne pas payer leur dette climatique.  Il a également dénoncé l’impunité dont jouissent les compagnies multinationales en citant le cas de la compagnie d’exploitation pétrolière américaine Texaco-Chevron qui a causé la pollution de 2 millions d’hectares de la forêt amazonienne entre 1964 et 1970.  Il a proposé de faire payer ceux qui polluent et de récompenser ceux qui ne polluent pas.


Mme PATTO LONDONO, Vice-Ministrechargé des affaires multilatérales de la Colombie, s’est demandée quant à elle comment contenir le mécontentement social qui monte à travers le monde.  Elle a souhaité que le Forum soit un cadre clef pour élaborer, mettre en œuvre et surveiller la mise en place du programme de développement pour l’après-2015.  Elle a dit que le développement durable doit pouvoir émaner de tous les secteurs de la société afin de donner lieu à des changements profonds et systémiques.


Parlant au nom du Président Evo Morales, un membre du Gouvernement de la Bolivie, a estimé que les styles de vie actuels ne mènent pas l’humanité vers le développement durable.  Il a invité la communauté internationale à considérer avec attention le concept de « Terre nourricière », et à mettre en œuvre le concept de responsabilité commune mais différenciée au service de la promotion du développement durable.


Messages essentiels concernant les questions de durabilité


Sous la présidence de M. JESUS GARCIA ALDAZ, Vice-Ministrede la coopération internationale et des affaires latino-américaines de l’Espagne, six intervenants ont présenté des « Messages essentiels concernant les questions de durabilité ».


M. WU HONGBO, Secrétaire général adjoint aux affaires économiques et sociales de l’ONU, a indiqué que les scientifiques avaient défini les questions devant être traitées de manière prioritaire par les décideurs.  Il s’est inquiété du manque de données disponibles sur le développement durable et a plaidé en faveur du lancement d’une nouvelle initiative pour améliorer la qualité de ces données.  Pour l’avenir, il a conseillé de bien examiner les progrès réalisés au niveau mondial pour évaluer le succès des objectifs de développement durable.


M. GUY RYDER, Directeur général de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a averti qu’il fallait faire des sacrifices au plan économique pour parvenir à la viabilité sur le plan environnemental.  Il faudra procéder à un certain arbitrage entre les politiques afin qu’elles se renforcent mutuellement, a-t-il préconisé.  Il a aussi fait remarquer que le renforcement des infrastructures afin de mieux promouvoir une économie plus verte pouvait créer des emplois dignes, en particulier pour les jeunes.


Le représentant de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a assuré les membres du Forum du soutien de cet organe envers le Forum politique de haut niveau.  La CNUCED a permis des avancées importantes sur de nombreux fronts, a-t-il rappelé, se disant convaincu que les bénéfices tirés des échanges commerciaux permettraient d’atteindre les objectifs de développement durable.  La libéralisation des échanges est une condition nécessaire, mais pas suffisante de la réalisation du développement durable, a-t-il précisé.


M. KADIR TOPBAS, Maire d’Istanbul et Président des villes unies et des collectivités locales, a présenté les résultats de la manifestation organisée sur le thème des « villes durables » le 23 septembre dernier.  On peut notamment en retenir que les villes devraient avoir des passerelles avec le monde rural dans l’optique de la promotion d’un développement durable, a-t-il indiqué.  Il a également noté que les centres urbains devraient pouvoir offrir des services de base aux populations, tandis que le programme de développement pour l’après-2015 devrait favoriser une gouvernance inclusive et une décentralisation des responsabilités au niveau local.  Il ne peut y avoir de succès dans le développement durable sans la mise en place d’un sens de responsabilité à tous les niveaux d’autorité, a conclu le maire d’Istanbul.


M. MIGUEL PESTANA, Vice-Président chargé des affaires extérieures et des relations avec les médias à la compagnie Unilever, a invité la communauté internationale à redoubler d’efforts pour mettre fin à la pauvreté.  Il a relevé que les entreprises sont le moteur de la création d’emplois et de fait, de la lutte contre la pauvreté.  Les entreprises du XXIe siècle, a-t-il expliqué, doivent respecter le caractère périssable des ressources de la planète, et les fruits de la croissance doivent être plus équitablement répartis.  Il a également noté que les entreprises peuvent aider au développement durable grâce à l’innovation technologique et aux programmes de lutte contre la pauvreté menés sur le terrain, comme le montre le programme de promotion d’hygiène qu’Unilever mène en faveur de 235 millions de personnes dans 16 pays.


Mme PHILIPPA GARDNER, Représentante de la jeunesse, a rappelé que plus de la moitié des membres de la population du monde ont moins de 30 ans.  Elle a décrié un monde dans lequel « les jeunes n’ont pas d’emploi et pas d’avenir ».  Elle a indiqué que les médias sociaux ont permis aux jeunes de se rendre compte de ce qui se passe à travers le monde.  Ils veulent apporter leur contribution en tant qu’agents mondiaux du changement, a-t-elle dit.  « Vous devez écouter nos voix », a-t-elle plaidé, en s’adressant aux dirigeants du monde présents au Forum.


Dialogue des dirigeants: Définir la voie à suivre pour éliminer la pauvreté et parvenir à un développement durable


La troisième série d’échanges, présidée par M. JESÚS GARCIA ALDAZ, Vice-Ministrede la coopération internationale et des affaires latino-américaines de l’Espagne, a été l’occasion de soulever les problèmes spécifiques aux petits États insulaires en développement et aux pays en développement sans littoral.  Elle a aussi permis de préciser ce qui est attendu du Forum politique de haut niveau pour atteindre le développement durable.


Dans la voie vers le développement durable, « les progrès n’ont pas été uniformes et ils sont réversibles », a prévenu le Président du Guyana, M. DONALD RABINDRANAUTH RAMOTAR, qui s’est inquiété de la réticence de certains pays à lutter contre les changements climatiques.  Il a demandé aux nations développées de « desserrer les cordons de la bourse pour permettre au monde d’atténuer et de s’adapter aux changements climatiques ».  S’il a indiqué qu’il appréciait les 5 millions de dollars versés à son pays par l’Union européenne à cet effet, il a aussi expliqué que le Guyana avait perdu 45 millions de dollars du fait du déséquilibre de ses échanges commerciaux, accusant ainsi un déficit de 40 millions de dollars.  Les ouragans et les inondations ont détruit les productions agricoles, a-t-il ajouté, avant d’appeler les pays développés à supprimer les subventions agricoles qu’ils versent à leurs producteurs et qui créent des distorsions sur les marchés mondiaux.


S’il n’y a pas de réaction énergique au plan mondial pour faire face aux changements climatiques, le sort et l’existence même de certains pays seront en jeu, a prévenu M. ANOTE TONG, Président de Kiribati, un petit État insulaire en développement (PEID).  Il a aussi expliqué le problème causé par le faible niveau de rendement de la plus grande ressource de Kiribati, qui est la pêche, ce qui rend le pays dépendant de l’aide étrangère.


Attirant également l’attention sur le cas des PEID, le Vice-Présidentdes Seychelles, M. DANNY FAURE, a demandé qu’il soit tenu compte de l’économie « bleue » (économie verte tirant partie des ressources des océans), dans le programme de développement pour l’après-2015.  Les PEID ont des besoins et des vulnérabilités particulières et il faut les aider à renforcer leur résilience, a-t-il ajouté, cet avis étant partagé par le Vice-Ministredes affaires étrangères de la République démocratique populaire lao, M. ALOUNKEO KITTIKHOUM, qui parlait au nom des États sans littoral.


Autre pays en difficulté dans la voie vers le développement durable, l’Ukraine souffre d’une baisse de sa production et de ses exportations, a indiqué le Vice-Ministre de l’économie et du commerce de cet État, M. ANATOLY MAKSIUTA.  Dans la conception et la mise au point des objectifs de développement durable, il a demandé de tenir compte des droits de l’homme.  Il a aussi expliqué que le capital humain et la croissance économique se renforcent mutuellement.


L’Administrateur de l’Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), M. RAJIV SHAH, a plaidé en faveur de la création de partenariats à fort impact pour atténuer les effets des phénomènes climatiques qui aggravent la pauvreté.  Il a mis en exergue les efforts déployés par les États-Unis, qui investissent dans les énergies renouvelables.


Le Ministre de la coopération au développement du Danemark, M. CHRISTIAN FRIIS BACH, a reconnu la nécessité pour les pays développés de contribuer à la lutte contre les changements climatiques.  Le Danemark investit dans ce domaine plus de 0,7% de son revenu national brut (RNB), s’est-il félicité en invitant les autres pays à rejoindre le « club des 0,7% » qui ne compte encore que cinq membres.  Il a aussi recommandé de contribuer au Fonds d’investissement pour les changements climatiques qui permet de mobiliser 10 euros pour 1 euro investi.


Plusieurs représentants de haut niveau ont aussi exprimé leurs points de vue et leurs exigences concernant les travaux du Forum, comme notamment la nécessité d’une grande transparence et d’une participation universelle.  À cet égard, le représentant du Programme Nations Unies pour le développement (PNUD) a invité les membres du Forum à se baser sur le rapport du PNUD intitulé « Un million de voies: le monde que nous voulons ».


Pour sa part, le Ministre des affaires étrangères du Qatar, M. KHALIL BIN MOHAMED AL-ATTIYAH, a invité le Forum à tirer parti des expériences du passé.  À l’instar d’autres délégations, la représentante de l’Arabie saoudite a exprimé l’intention de son pays de participer activement aux travaux du Forum politique.


Les représentants de plusieurs programmes des Nations Unies ont apporté leur contribution au débat sous des angles différents.  Ainsi, la représentante d’ONU-Habitat a demandé aux délégations et aux dirigeants du monde de soutenir les villes dans leurs efforts en faveur du développement durable, cette tâche étant importante du fait de la croissance de la population urbaine qui atteindra 70% de la population mondiale en 2050.


De son côté, le représentant du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), a conseillé aux membres du Forum de bien évaluer les liens existant entre les trois dimensions du développement durable afin de les intégrer au mieux dans les objectifs à fixer pour l’après-2015.


Le Président de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) a indiqué que cette organisation souhaitait contribuer à ces efforts sur le plan de la science et des connaissances, grâce à sa base de ressources techniques.  L’UICN offre aussi son expérience dans la recherche de solutions adaptées aux personnes et à la nature, a-t-il souligné.


Enfin, le représentant de TEDxUN Plaza, qui est une « communauté de visionnaires et d’innovateurs », a souligné que les gens ont la possibilité de changer pour le mieux les choses sur le terrain, et il a donné à cet égard l’exemple de l’initiative « My World » qui a permis de consulter de nombreuses personnes sur les questions liées au développement durable et à l’amélioration de la vie dans le monde. 


Remarques de clôture


Le Vice-Ministre de la coopération internationale et des affaires latino-américaines de l’Espagne a présenté, au nom du Président de l’Assemblée générale, les conclusions de cette session inaugurale du Forum politique de haut niveau en soulignant l’interconnexion entre la lutte contre la pauvreté, le développement universel de l’être humain et la santé de la planète.  Mettant l’accent sur la priorité que revêt la lutte contre la pauvreté, il a rappelé la nécessité d’autonomiser les jeunes.  Il a aussi noté l’importance du renforcement des capacités des pays en développement, ainsi que la nécessité de faire participer les scientifiques et la société civile à toute action ou réflexion à mener.  Le Forum devrait disposer d’un mécanisme de responsabilisation transparent pour surveiller le respect et l’application des engagements pris et examiner la mise en œuvre des objectifs de développement durable, a-t-il ajouté.


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